J'avais pas vu qu'il n'y avait pas la fin! :)
« Tais-toi Dean », commandai-je. « Sam, allonge toi sur le bord du lit. Tout de suite ou ce sera pire pour toi. »
« Mais…mai sBobby », murmura-t-il, lançant à Dean un regard effrayé. « Allez quoi, j’ai vingt-trois ans. »
« Si tu avais agi comme tel, tu ne seras pas là », lui dis-je, refusant de faire machine arrière. « Ce n’est pas négociable, Sam. Sur le lit, maintenant. »
Dean remuait sur sa chaise, se demandant s’il devait ou pas venir en aide à son frère.
« Tu restes tranquillement assis Dean ou ton tour dureras plus longtemps », dis-je menaçant.
Dean se figea sur sa chaise.
Sam déglutit, lança à son frère un dernier regard désespéré et lentement se pencha sur le bord du lit. Il était si grand que ses genoux touchaient le sol pendant que son torse reposant sur le lit.
« Redresse toi un peu », lui dis-je, la voix dure.
Sam avança un tout petit peu et se redressa jusqu’à ce que ses genoux ne touche plus le sol. Son postérieur était en parfaite position, assez haut pour que je n’ai pas à me baisser.
Je commençai à déboucler ma ceinture.
Entendant le son, Sam me regarda le souffle coupé. A l’autre bout de la pièce, les yeux de Dean s’agrandirent, et il avait l’air sur le point de sauter sur ses peids pour m’attaquer.
J’avais pensé au début n’utiliser que ma main, mais je me dis que la ceinture aurait un meilleur impact. J’aurai besoin de moins de coup pour atteindre le même résultat, et la ceinture semblait plus appropriée pour leurs âges. Ne vous y trompez pas, je peux délivrer une fessée cuisante rien qu’avec ma main si je le dois, mais j’avais décidé que la ceinture ferait l’affaire pour aujourd’hui.
Sam essaya de plaider sa cause une dernière fois. « Bobby, s’il te plait…je ne voulais pas casser la télé…vraiment pas. »
« Ce n’est pas que pour ça », dis-je inflexible en retirant la ceinture des boucles de mon pantalon. « C’est pour ton attitude en générale. Vous deux avez été trop imprudents et inconscients, et tu n’as pas arrêté de t’apitoyer sur ton sort, Sam, d’après ce que m’a dit Dean. Il a peur que cela affecte tes performances pour la chasse. »
« Il ment ! », la voix de Sam était montée d’un octave dans une tentative désespérée d’arrêter ce qui allait lui arriver.
« Pas sur ça », dis-je, pliant la ceinture en deux dans ma main, tenant la boucle pour ne pas blesser Sam avec. « Reste tranquille que je termine ça rapidement. »
J’abattit la ceinture sur ses fesses recouvertes de son bas de pyjamas.
« OOhh », cria-t-il, relevant la tête. De l’autre côté de la pièce, Dean avait un air meurtrier sur son visage, serrant la chaise de toute ses forces et me fixant avec des yeux plein de haine. Je lui lançai un regard signifiant qu’il ne devait pas bouger et j’administrait à Sam un autre coup de ceinture.
« Oaahha ! », gémit Sam. Et quand je lui donnai le suivant : « Ohha ! Bobby, je suis désolé. »
« Pour quoi ? », demandai-je en délivrant un autre coup de ceinture.
« Pour…pour m’être battu avec Dean. Aaaah ! Bobby, s’il te plait, je suis trop vieux pour ça. AAooh ! »
« Quoi d’autre ? », continuai-je en lui donnant des coups de ceinture lent et bien placés.
« Heu », Sam jetait des regards partout essayant désespérément de trouver quelque chose à répondre. « Pour avoir crié après Dean…ohh !...pour lui avoir dit qu’il était stupide. Pour m’être disputé avec lui à l’autre hôtel. Ooaha, Bobby ! »
« Et ? », poursuivais-je sans arrêter de lui claquer les fesses avec la ceinture.
« Je ne sais pas. » Je pouvais entendre les larmes dans la voix de Sam bien que je ne voyais pas son visage. « Pour…pour causer autant de problèmes ! »
Il se mit à pleurer pour de bon, ses épaules tremblant quand il cacha son visage dans ses mains sur le lit. Mais il n’avait pas essayé une fois de bouger pour éviter les coups.
« Hé », dis-je en posant une main sur une de ses épaules. « Tu ne causes pas de problèmes .Tu es un jeune homme talentueux et plein qualités. C’est juste pour te remettre dans le droit chemin. Et c’est presque fini. »
Je reculai et demandai d’une voix ferme : « Quoi d’autre ? »
« Je… ne sais… pas », hoqueta Sam. « Peut-être pour m’être encore battu ce soir ? Pour avoir crié après Dean quand on faisait nos bagages ? »
« Ca me va », dis-je en abattant plusieurs fois la ceinture sur ses fesses. Il recommença à pleurer, essayant d’atténuer ses sanglots dans le creux de ses mains.. Je n’avais pas vraiment une liste de bêtises que je voulais qu’il récite, mais j’avais dans l’idée que ce qui dévorait Sam de l’intérieur sortirait pendant que je le punissais. Peut-être que s’il nommait chacune de ses mauvaises actions, il aurait l’impression d’être puni pour chacune d’elles et il arrêterait de se torturer l’esprit avec. « Rien d’autre ? »
« Je suis désolé de m’inquiéter de devenir mauvais », ajouta-t-il à bout de souffle. « Je suis désolé d’avoir été possédé… »
« Hé, c’était pas sa faute ! », objecta Dean de sa chaise.
« Dean », dis-je en fronçant les sourcils dans sa direction.
« Ca l’était pas ! », protesta-t-il.
« Pas un mot de plus », ordonnai-je avant de me retourner vers Sam.
« C’était de ma faute…c’est vrai », admit Sam entre deux sanglots. « J’ai pas arrêté de m’enfuir parce que…j’étais…j’avais peur. Peur de blesser quelqu’un. Toi, Jo, Dean. J’arrête pas de blesser les gens. Je le fais pas exprès, mais ça arrive quand même. »
Je n’avais plus le cœur à continuer. Je ne lui avais donné que vingt-cinq coups, et j’avais décidé de lui en donner au moins trente, un joli compte rond qui lui aurait permis de passer outre son chagrin, mais je ne pouvais plus continuer. Je posai la ceinture sur le lit et plaçai à nouveau ma main sur son épaule. « Ca va, c’est fini maintenant », lui dis-je. « Assis-toi. »
Très lentement, Sam se redressa. Son visage était rouge et strié de larmes qui continuait à couler sur ses joues. Il s’assit avec précaution sur le lit et commença à essuyer ses larmes en essayant de calmer ses pleurs, ressemblant à un enfant de six ans.
Je m’assit sur le lit à côté de lui et passa, hésitant, un bras sur ses épaules. J’étais persuadé qu’il allait me repousser, mais au lieu de ça il m’entoura de ses deux bras et enfouit sa tête sur mon épaule. Son embrassade me coupa presque le souffle, mais je le laissait me tenir en lui tapotant dans le dos en ce que j’espérais était un geste de réconfort.
« Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé », pleurait-il sur mon épaule.
« Hé, ça va », le réprimandai-je gentiment. « C’est fini maintenant. Tu vas bien. Prends le temps de te calmer et d’oublier. Bon garçon, bon garçon. »
Les mots d’encouragement glissèrent de ma bouche avant que j’ai pu réaliser ce que j’avais dit, et Sam me serra encore plus fort en se remettant à pleurer. Je me demandai combien de temps il allait rester accroché à moi, pas que je me plaigne. Malgré sa taille et sa force, il avait l’air d’un petit garçon, ayant besoin d’être réconforté et rassuré qu’il n’était pas tout seul.
« Je suis désolé pour papa », dit-il d’une voix étouffé. « Je suis désolé de m’être disputé avec lui, et je suis désolé qu’il soit mort sans savoir ce que je ressentais vraiment pour lui. »
« Allez, allez », le réconfortai-je. « John était tellement fier de toi. Quand il parlait de toi, il disait toujours combien tu étais intelligent et combien il t’aimait. Il disait qu’il se disputait quelques fois avec toi parce qu’il voulait que tu sentes que tu faisais partie de la famille, qu’il avait besoin de toi, que tu aies un chez toi. L a dit que ça l’avait déchiré quand tu aies parti, et il était persuadé que tu reviendrais, il voulait tellement te voir, mais il ne savait plus quoi de dire après ce qui s’était passé. Mais il t’a toujours aimé, plus qu’il n’aurait su me le dire. »
Je pu sentir Sam trembler contre moi en même temps qu’il prenait de grandes inspirations étranglées. Ma chemise commençait à être plus qu’humide là où le coton absorbait ses larmes, mais je continuait à le tenir dans mes bras pendant qu’il pleurait.
Au bout d’un moment, il finit par se calmer. Il respirai normalement maintenant et il desserra son étreinte, exténué. Je savais qu’il fallait que je le remette sur ses pieds sinon il allait s’endormir sur moi.
« Ok », dis-je en retirant mon bras de sur ses épaules. Il se tint droit. Il essuya ses dernières larmes, se frottant les yeux avec une main comme les gamins. Il lâcha une profonde expiration et eut l’air si fatigué que j’eu mal pour lui. A l’origine, j’avais eu l’intention de l’envoyer au coin pendant que je m’occupait de son frère, mais je trouvai maintenant que c’était un peu trop sévère. Alors je lui dis : « Va dans la salle de bain et passe toi de l’eau sur le visage. Ensuite, reviens ici et tu t’assiéras à la place de Dean jusqu’à ce que je te dise d’aller au lit. »
Sam hocha la tête, le visage triste et se leva. Il passa sans un mot devant Dean, mais son frère le suivit du regard jusqu’à ce qu’il ait fermé la porte. Ensuite, Dean se tourna vers moi.
« Tu vas payer pour ce que tu as fait », me menaça-t-il en se levant. « Tu n’avais pas le droit. »
« Oh, vraiment ? », demandai-je calmement.
« On allait très bien », déclara Dean, s’arrêtant à un mètre de moi. « Tu peux pas débarquer et mettre ton grain de sel dans nos affaires. »
« C’est pas ce que j’ai fait », répondis-je. « Vous m’avez appelé. »
« Pour nous aider avec le trickster, pas pour frapper Sammy ! », répliqua-t-il.
« Je ne l’ai pas frappé, je lui ai donné une fessée avec ma ceinture », répondis-je. « Et tu ai en train de me dire que je peux aider que pour ce que tu veux et quand tu veux ? »
« Ouais ! », rétorqua Dean.
« Et bien, désolé, la famille ça marche pas comme ça », répondis-je m’aventurant exprès sur un terrain glissant.
« Tu n’ai pas vraiment… »
« Je suis ce que vous avez de plus proche d’une famille maintenant », l’interrompis-je avant qu’il pu finir. « Tous les deux, vous vous sentez peut-être seuls au monde, mais vous ne l’êtes pas, et je ne vais pas vous laisser vous comporter de cette façon. Et si ça te plait pas, c’est bien dommage. »
Dean respirait bruyamment, sifflant l’air entre ses dents, mais ne trouvant rien à répliquer. Alors je décidai qu’il était temps d’arrêter de parler et d’agir.
« Sur le lit, comme Sammy », lui ordonnai-je.
Dean croisa les bras. « T’es complètement à côté de la plaque si tu crois que je vais te laisser me donner des coups de ceinture. »
« Tu ne vas rien me laisser faire du tout », répliquai-je sèchement. « Je pourrai te flanquer sur le lit et t’immobiliser si je voulais, tout comme John pourrait le faire s’il le voulait. Mais je ne vais pas me battre avec toi car tu sais que tu le mérites autant que je le sais. Alors tu peux arrêter de faire le malin et t’allonger sur le lit, et on pourra peut-être avoir le temps de finir avant que ton frère ne sorte de la salle da bain. »
Dean jeta un regard haineux à la porte fermée de la salle de bain. « Je ne vais pas te laisser me faire ça avec lui ici », siffla-t-il.
« Alors c’est ok pour toi de regarder Sam recevoir une fessée, mais pas pour lui de te voir ? », demandai-je en levant un sourcil.
« Tu n’aurais pas dû le faire », dit Dean. « Il ne le méritait pas, en aucune façon. »
« Si c’était vrai », dis-je en regardant attentivement Dean. « Si tu pensais vraiment que j’allais le blesser, rien ne t’aurai empêché de m’arrêter. Je te connais, Dean. Tu ferais n’importe quoi pour le sauver. Tu savais que je n’allais pas le blesser et qu’il avait besoin de ça, et c’est pourquoi tu n’es pas venu à son secours. »
Dean bougeait d’un pied sur l’autre et continuait à respirer bruyamment entre ses dents, mais il ne dit rien.
« Et tu sais que ce n’est pas juste que Sammy soit puni et que toi non quand vous avez tort tous les deux. Alors tu vas t’allonger sur ce lit et je ne me répèterai pas. »
Dean eut l’air sur le point de me tuer, mais je put voir qu’il était tiraillé entre le fait d’accepter la punition pour être juste avec Sammy et l’envie de me taper dessus.
« Fils de pute », marmonna-t-il. Je laissai son juron passer pour cette fois car il était déjà allongé sur le bord du lit.
Je n’eu pas à lui dire de bien se placer car il s’était mis dans la même position que Sam, torse sur le lit, les jambes pliées pendant dans le vide et les orteils touchant le sol.
« Alors ? », lança Dean. « Tu commences ou tu vas me mater le cul toute la nuit ? »
Je dus me mordre l’intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire. Contrairement à Sam qui avait essayé de se sortir de ce mauvais pas en raisonnant avec moi, Dean lui me lançait son attitude « amène-toi, vas-y, gars ! », en véritable guerrier. Dean aimait faire face au combat la tête levée, forçant ses adversaires à agir, mais je refusais de rentrer dans son jeu.
« Si je le veux, je resterai ici toute la nuit, et tu resteras là sans bouger et en silence », déclarai-je fermement.
« Espèce de sale pervers », marmonna-t-il.
J’eu retint encore mon rire. Le gamin essayait de m’énerver pour se sentir en contrôle de la situation au lieu de se sentir impuissant et effrayé. Je fus tenté de le laisser mariner un peu plus, pour lui apprendre à me répondre, mais je savais qu’il détestait se sentir impuissant, et c’est ce qu’il avait dû ressentir un paquet de fois ces derniers temps avec Sam qui s’était enfui et s’était retrouvé possédé. Ne voulant pas prolonger son agonie émotionnelle, je décidai de mettre fin à sa misère et de commencer. Je ramassai ma ceinture sur le lit et me repositionnai derrière lui sur sa gauche.
Tout comme avec Sam, je ne perdit pas de temps à parler. Je pu voir Dean agripper le dessus de lit, ses bras musclés tendus en attendant le premier coup. Les ligaments de son cou étaient également tendus. Tout son corps attendait la suite.
C’était la différence entre les deux garçons. Sam avait essayé de me dissuader de le faire et Dean lui serrait les dents et allait encaisser quoique j’ai l’intention de lui faire. Je levai la ceinture et l’abattit brutalement sur son bas de pyjamas qui recouvrait son postérieur.
Il prit une inspiration sifflante mais n’émit pas un son, agrippant la couverture un peu plus fort.
Je lui donnai un autre coup. Il souffla entre ses dents, mais ce fut tout.
Alors il était prêt à subir sa punition en silence. Ca avait du sens. Même petit, Dean avait toujours voulu que Sammy le voit comme un grand, dur, solide grand frère qui était presque invincible. Apparemment, cela avait continué jusque dans leur vie d’adulte, et bien que Sam n’avait l’air d’avoir aucun problème que Dean le voit pleurer et confesser ses fautes, Dean ne voulait absolument pas que Sam le voit faire la même chose.
Un troisième coup, et je pu voir les mains de Dean agripper la couverture avec tout ce qu’il avait, mais sans émettre le moindre son.
« Tu crois vraiment que ça va marcher ? », lui demandai-je.
« De quoi ? », rétorqua-t-il avant d’expirer entre ses dents sous un autre de mes coups.
« Le truc avec le silence. »
« Quoi ? », gronda Dean entre ses dents. « Tu veux que je me mettes à chialer comme une gonzesse ? Et de dire combien je suis désolé ? Ca n’arrivera pas. »
« Dean », dis-je d’une voix calme en continuant à lui donner des coups de ceinture.
« Tu n’as qu’à continuer à me frapper », répliqua-t-il. « Je peux encaisser. »
« Ce n’est pas la question », commençai-je, mais il me coupa visiblement en colère.
« Ah bon ? Tu veux que je me débarrasse de mon sentiment de culpabilité, que je me sente mieux en me bottant le cul ? T’es encore plus bête que ce je croyais. »
J’étais soulagé que Sam soit encore dans la salle de bain car je ne savais pas ce qu’il aurait pu répondre à ça. Je ne savais pas s’il m’aurait défendu ou s’il aurait été d’accord avec son frère, mais d’une façon ou d’une autre, ce fut une bonne chose qu’il resta dans la salle de bain.
« Je peux continuer autant que tu en as besoin », lui dis-je en lui administrant deux solides coups de ceinture qui le firent bouger.
« Et bien fais ce que tu as à faire et je ferais ce que j’ai à faire », dit-il mais sa voix avait légèrement faibli.
« Dean, ça n’a rien à voir avec le fait de me montrer combien tu peux encaisser », lui dis-je sèchement. « Ce n’est pas les vestiaires où deux mecs s’échangent des coups de serviettes mouillées jusqu’à ce qu’un des deux cri « oncle ! ». C’est à propos de ton frère et de toi. Tu veux deviner la suite ? »
« Non », répondit-il, mais je pu voir qu’il avait relâché la couverture. Et c’était une bonne chose car s’il les avait serré un peu plus fort, il aurait fini par les déchirer et il aurait fallu payer pour ça en plus de la télé.
« Aller », insistai-je tout en lui donnant de sévères coups de ceinture. La ceinture produisait un claquement impressionnant chaque fois qu’elle s’abattait sur ses fesses et je savais que la répétition de ce bruit aiderait à briser son entêtement plus que toute autre chose. Je continuait à délivrer les coups au même rythme, pas trop rapide. « Ton frère n’a eu aucun mal à tout déballer. Tu le peux aussi. »
« Ouais, et bien, Sammy est un bébé », dit Dean. Il essuya son visage rapidement et prétendit qu’il n’avait rien fait de tel, mais je l’avait vu.
« Et tu es M. Gros Dur », dis-je sarcastique. « Tu ne montres jamais tes sentiments et tu ne te trompes jamais. »
« Papa ne m’a jamais fait montrer mes sentiments ! », aboya Dean.
Je laissai presque tomber ma ceinture, abasourdi. D’où c’était venu ? Je continuais à le fesser avec ma ceinture, agissant comme si je m’étais attendu à ça. « John te laissai agir n’importe comment et ne te sautait jamais dessus ? »
« Non, il m’a toujours puni mai sil ne m’a jamais fait nommer mes erreurs et il ne m’a certainement jamais fait pleurer quand il me punissait ! »
« Je n’ai pas dit que tu devais pleurer », lui dis-je sincèrement. « Je voudrais juste que tu me montres que tu comprends pourquoi je fais ça. »
« Ouais, tu veux imiter mon père », cria Dean.
Je lui donnais des coups de ceinture depuis plus longtemps que ce que j’avais fait avec Sam, et une partie de moi se demandait si Dean ne prolongeait pas sa punition parce qu’il pensait en mériter une plus longue. J’avais l’impression que malgré son attitude de petit malin, Dean avait l’habitude de garder tout en lui, se torturant avec sa culpabilité, se faisant bien plus mal que quiconque le punissant. Je n’étais pas surpris que John le punisse fréquemment, surtout après le départ de Sam. John voulait probablement que le gamin se sente avoir été suffisamment puni pour pouvoir se consacrer à la chasse sans que Dean ne ressasse ses erreurs. Qu’allait-il falloir pour venir à bout de cette tête de mule ? »
« Je ne suis pas ton père », dis-je fermement, augmentant la force de mes coups, espérant qu’il craquerait bientôt. « Je n’ai pas l’intention de le remplacer. Je suis fatigué de vous voir vous battre toi et ton frère, et de vous fourrez dans des problèmes. Je suis fatigué que vous paniquiez pour rien et que vous déversiez votre frustration au visage de l’autre ou que vous gardiez ça au fond de vous pour finalement vous déchirer. Maintenant, dis-moi ce que tu as à dire. Pourquoi je suis en train de te donner une fessée ? »
« Parce que je suis un raté ! », beugla Dean, en frappant ses poings sur le lit. « Parce que je bousille tout. J’ai entraîné Sammy avec moi quand je pouvais pas trouver papa. Je fais le con tout le temps parce que je sais que si je commence à être sérieux, je bousille tout ! J’aurai du mourir à l’hôpital. J’aurai du mourir à la place de papa ! Et je sais qu’il est quelque part à souffrir à cause de moi, et ça me rend fou et je peux plus me contrôler, c’est insupportable. JE voudrais mourir, je voudrais être malade, je pourrais faire n’importe quoi pourvu que ça s’arrête, mais ça s’arrête pas ! Ca continue encore et encore, une torture qui n’en fini jamais, et je déteste ça ! Et je sais que papa ne voudrait pas que je sois comme ça, et ça me rend tellement furieux que je pourrais tuer quelqu’un. Je suis fatigué de devoir tout supporter. Je suis fatigué de faire semblant, de devoir avancer. J’en ai ras le cul de ce putain de monde. J’aurai tant aimé mourir dans cet hôpital et que tout soit enfin fini ! »
Et il craqua finalement et se mit à pleurer. Ses épaules tressautaient, et il attrapa une nouvelle fois les couvertures, et il cacha sa tête dans ses bras, combattant la douleur.
Au milieu de son aveu, Sam était sorti de la salle de bain, mais il était resté figé. Et quand Dean continua à hurler sa peine, Sammy ne bougea pas et de nouvelles larmes coulèrent sur ses joues.
J’avais arrêté de fesser Dean mais il ne fit aucun mouvement pour se relever. Je m’assit à côté de lui sur le lit. Dean ne bougea pas et continua à trembler sous les sanglots.
« Hé, hé », dis-je ne posant une main sur son épaule. « Je sais que c’est dur. Vous les garçons, vous n’avez pas eu la vie facile, avec la mort de votre mère, et votre père voulant retrouver son assassin. Ca a été dur, je l’admets. Mais tu ne peux pas continuer à te blâmer pour ça. Et je sais que je ne suis pas ton père, et ce que je vais te dire n’aura pas autant d’impact que si c’était ton père qui te le disait mais tu dois me croire quand je te dis que ça va aller. Tu n’es pas un raté. Tu as peut-être fait des mauvais choix, mais tout le monde le fait, même ton père. Non, écoute », insistai-je quand il se mit à secouer la tête. « John n’était pas parfait. Il faisait des erreurs comme tout le monde. Mais il avait un bon fond, tout comme toi et ton frère. Vous avez fait le mieux que vous pouviez avec ce que vous saviez. C’est sûr que n’importe qui peut regarder en arrière et se dire ‘j’aurai dû faire ça’, ou ‘si j’avais su, cela aurait été différent’. On peut toujours regarder en arrière et penser et ce dire qu’on aurait pu faire autrement. Mais tu as aussi fait de très bonnes choses. Tu as sauvé ton frère quand il était petit, n’est-ce pas ? »
Il hocha faiblement la tête et garda la tête baissée.
« Tu l’as toujours protégé et tu as sauvé des tas de gens aussi. Il n’y a rien à redire. Tu as essayé d’être un bon fils et tu as fait ce que John te demandait même si tu n’étais pas toujours d’accord. Tu es un bon chasseur et malgré les erreurs que tu as pu commettre, et bien tu es toujours en vie. C’est la vie, faire des erreurs et apprendre de nouvelles leçons. »
Dean releva finalement la tête. Ses yeux étaient rouges et son, visage humide de larmes, mais il avait l’air de quelqu’un à qui on vient de retirer un lourd fardeau des épaules.
« Tu te sens mieux ? », demandai-je.
« Ouais », répondit-il en hochant la tête. « Je veux dire que mon cul est en feu et je ne t’apprécie pas beaucoup en ce moment mais ça va aller. »
« Tu es sûr ? », demanda Sam qui se tenait près de la porte de la salle de bain.
« Putain ! », s’ecxlama Dean et se redressant. « Depuis combien de temps t’es là à regarder ? »
« T’es sûr que ça va aller ? », demanda à nouveau Sam en avançant vers son frère.
« Ne recommence pas à jouer le sentimental avec moi », dit Dean en se redressant, essuyant les dernières larmes sur son visage et essayant d’avoir l’air stoïque.
« Dean », dit Sam en le regardant droit dans les yeux, passant outre cette barrière.
« Ouais, ça va aller », grommela Dean. Il essaya d’avoir l’air furieux contre moi, mais il n’arriva tout juste qu’à bouder. Il se frotta furtivement les fesses quand Sam regarda dans ma direction.
« Ok, alors vous deux, vous cous serrez la main, vous vous prenez dans les bras ou quoique ce soit que vous faites pour faire la paix et redevenir ami », leur dis-je. « Et après on va aller dormir et mettre cette journée dernière nous une bonne fois pour toute. »
Les deux frères s’approchèrent maladroitement l’un de l’autre. Dean tendit la main pour que Sam la serre, mais Sam tendit les bras pour embrasser son frère. Ils finirent par d’abord se serrer la main et ensuite se serrer dans leurs bras en se tapant dans le dos. Je résistais à l’envie de lever les yeux au plafond. Pauvre John, il avait dû se crever à élever ses deux-la !
« Maintenant, au lit », dis-je.
Sam prit une grande inspiration. Je crois que l’embrassade avec son frère avait fini de l’achever sentimentalement. Entre le stress de ces derniers jours, leur bagarre et leur punition, il avait l’air crevé. « Et la télé ? », demanda-t-il.
Je regardai la télé gisant par terre, complètement éclatée. « Je m’en occuperai demain matin. Je peux payer et vous vous viendrez chez moi faire deux trois travaux dans la maison. »
« Vraiment ? », demanda Sam surpris par ma proposition.
« Ouais, c’est une vieille maison, et elle a besoin d’être réparée assez souvent. Dean pourra faire ça et toi tu pourras m’aider à ranger mes livres. J’en ai des tonnes qui auraient bien besoin d’être triés. »
Sam lança un regard à Dean, et Dean hocha la tête, pensant manifestement que c’était une bonne idée.
« Aller au lit », répétai-je.
« On ne peut pas », protesta Dean d’une petite voix. « Ils n’ont pas apporté de matelas supplémentaire. »
« Prends les oreillers, dis-je en montrant les oreillers sur le lit, et mets-les entre vous deux dans le grand lit. Comme ça vous pourrez chacun avoir un côté et vous ne cous donnerez pas de coup de pied pendant la nuit. »
Sam attrapa les oreillers, mais Dean secoua la tête.
« On est trop vieux pour partager le même lit », dit-il inflexible.
« Dean, aller », le pressa Sam. « Fais le c’est tout. »
« Mais… »
« Ecoute », murmura Sam, comme si je ne pouvais pas l’entendre à un mètre de lui, « on vient de se faire crier dessus et fesser, alors fais ce qu’il dit. »
Dean rougit mais il attrapa le reste des oreillers. « Tu restes de ton côté où je te vire du lit à coups de pied », menaça-t-il.
Je m’écartai, espérant qu’ils règleraient leurs affaires sans se disputer à nouveau. JE savais que le fait que Dean ait exprimé ses sentiments était bien fini et il était revenu au mode gros malin que l’on connaissait et que l’on aimait.
« Nous faire partager un lit », ronchonna Dean en alignant avec Sam les coussins au milieu du lit. « Il se prend pour qui ? »
« Mec », commença Sam. « Tu n’apprends jamais rien ? »
« Commence pas », le menaça Dean. « Hé, y a plus de place de ton côté. »
« Je suis plus grand », répliqua Sam d’un ton suffisant.
« Ouais, c’est la taille pas la largeur », rétorqua Dean. « Mets-les au milieu. »
« C’est qui le bébé là ? », marmonna Sam en déplaçant les oreillers de quelques centimètres.
« T’as entendu ça ? », interrogea Dean d’un air renfrogné.
« Mec, tout le monde a dû l’entendre. Tu criais assez fort », dit Sam en souriant, ayant l’air content de lui.
« Au moins je pleurais pas comme une gonzesse », rétorqua Dean.
« C’est ce que tu es supposé faire quand tu reçois une punition comme ça », dit Sam, refusant de s’agacer. « Il a été plus long avec toi parce que tu refusais de parler. Grossière erreur. »
« Cause toujours », dit Dean en s’asseyant sur le lit.
Du coin de l’œil, Sam le vit grimacer. Il rit tout bas et Dean lui lança un regard noir.
« Mec, si tu dis ça à quelqu’un… », dit Dean en laissant la menace planer.
« Tu voudrais que je le dise à qui ? », demanda brusquement Sam. « On ne connaît personne. »
« Ouais, c’est sûr », dit Dean en roulant sur le côté pour être plus confortable. « A notre prochaine affaire, au lieu de serrer tout le monde dans tes bras, tu vas te mettre à partager ce que tu as vécu. ‘Oh, l’autre jour, moi et mon frère on a reçu des coups de ceintures alors on sait ce que ça fait d’avoir mal’. »
« Tu l’as ferme jamais ? », demanda Sam.
« Apparemment non », dit Dean en se mettant sur le ventre. « Tu te couches ou pas ? »
« J’ai un peu mal », dit Sam d’une faible voix, se sentant soudain mal à l’aise.
« T’es vraiment qu’une pédale », grogna Dean en serrant son oreiller sous sa tête. « Tu as eu la punition la moins sévère. Viens dans le lit et arrête de te plaindre. »
Sam ronchonna et s’allongea sur le lit. Il roula immédiatement sur le côté, faisant face à son frère.
Je ne savais pas quoi faire. J’avais songé à rester à côté de leur lit et de leur dire : « que ça vous serve de leçon », mais ça semblait un peu exagéré, surtout qu’ils avaient fait ce que je leur avait demandé. Mais je n’avais pas envie d’aller me coucher sans leur avoir dit quelque chose, parce que le lendemain on se serait senti mal à l’aise en se disant au revoir. Je pris mon sac de couchage et le dépliai sur le petit lit.
« Ok, extinction des feux. Et plus de bavardage. »
J’éteignis la lumière de la pièce, laissant la lumière de la salle de bain filtrer faiblement dans la pièce.
« Bonne nuit les garçons », dis-je ne me dirigeant vers la salle de bain.
« Bonne nuit Bobby », répondit immédiatement Sam.
« Ouais », lança Dean.
J’entrai dans la salle de bain pour prendre une douche. Je laissai la porte entre ouverte pour écouter un peu ce qu’ils avaient à se dire pendant que je me rasais et que je me lavais les dents.
« Qu’est-ce qui lui a pris ? », murmura Sam.
« Comment je le saurais ? », ronchonna Dean, raisonnant comme s’il avait la tête écrasée sur son oreiller. « Je pense qu’il a trop traîné avec papa. »
« Il n’était pas comme papa », protesta Sam, faisant attention de garder sa voix pas plus forte qu’un murmure. « Papa était, tu sait, différent. Bobby essayait de nous aider, il nous a puni pour qu’on parle. »
« Oui, j’aurai préféré juste parler, ça fait moins mal », dit Dean.
« On s’est pas mal battu », admit Sam en soupirant. « Tu crois que ça va aller maintenant.
« Comment je le saurais ? Tu vas sûrement te barrer une nouvelle fois. »
« Et toi tu vas continuer à allumer les filles », répliqua Sam.
« Papa n’a jamais eu de problème avec moi et les filles », dit Dean.
« Est-ce que tu draguais les filles devant lui ? »
« Non, mais… »
« Tu as déjà parlé de sexe avec lui ? »
« Bien sûr que non. »
« Tu es sorti avec une fille devant lui ? »
« Non, mais t’es taré ou quoi ? »
« Alors, papa n’a jamais vu l’espèce de pervers que tu es, n’est-ce pas ? », dit Sam, satisfait de son argumentation.
Dean renifla bruyamment incapable de penser à une bonne réplique. « Très bien, mais maintenant on va devoir aller aider Bobby avec sa maison pour le rembourser. »
« Et alors ? », rétorqua Sam. « On a souvent du temps entre deux jobs. On s’arrêtera chez lui un week-end et on l’aidera. Vraiment, mec, t’es trop égoïste ! Il a fait beaucoup pour nous. »
« J’aurai préféré qu’il en fasse moins », dit Dean, toujours râleur. « J’espère juste qu’il ne va pas trop s’enflammer avec son rôle d’oncle Bobby. »
« Oncle Bobby ? », demanda Sam septique.
« C’est comme ça que je vais penser à lui », répondit Dean. « Ce sera plus facile demain matin de me rappeler que j’ai été ^puni par mon oncle Bobby plutôt que de penser que l’ami de papa que je considère comme notre ami nous a donné des coups de ceinture. »
« Ouais, t’as raison, ça sonne mieux », dit Sam pensif.
« Bien. Qu’est-ce qu’il va falloir que je fasse encore pour que tu l’as ferme et que tu dormes ? »
« Je ne sais pas », répliqua Sam, sarcastique. « Demande à ‘oncle Bobby’ de venir nous raconter une histoire ou de nous chanter une chanson. »
« Je vais t’étouffer avec l’oreiller », dit Dean.
« Vas y, essaie », ricana Sam. « Et je te fout par terre à coups de pied ! »
Ayant peur qu’ils s’exécutent et qu’on ait droit à une autre plainte téléphonique, je fis un pas hors de la salle de bain. Je les vis immédiatement se rallonger sur leur oreiller et fermer les yeux. Ils commencèrent à respirer plus lentement, comme s’ils dormaient depuis une heure.
Je cachai mon sourire en disant d’une voix ferme : « Les garçons, arrêtez de papoter. »
Sam hocha la tête coupable, mais Dean ouvrit un œil et le referma sans dire un mot.
Je revins dans la salle de bain.
« Tu as failli nous attirer des ennuis », murmura Sam.
« C’est toi qui parlait », répliqua Dean.
« Crétin », lança Sam.
« Pétasse », marmonna Dean.
« Des fois j’ai vraiment envie de me casser pour de bon », souffla Sam.
« Je te retrouverai et je t’amènerai à Bobby pour qu’il te botte le cul », marmonna Dean. « Maintenant, la ferme. »
Pendant quelques instants, le silence s’imposa. Puis Sam murmura à nouveau : « Je crois que papa aurait été content qu’on appelle Bobby. »
Dean grogna, partageant à moitié ce point de vue.
« Je veux dire, il ne peut pas remplacer papa, mais c’est cool d’avoir quelqu’un à qui parler. Papa ne nous laissait pas vraiment parler. Il était plutôt du genre ‘faites ce que je dis’. Pas que je lui en veuille pour ça, mais…aïe ! Dean c’était mon pied ! »
« Et je le tape encore si tu l’as ferme pas ! », menaça Dean en grognant.
« Les garçons ! », lançai-je de la salle de bain.
Et ils se turent. Après avoir pris ma douche, je revins dans la pièce sombre. Ils étaient profondément endormis. Dean avait sa tête enfoncée dans son oreiller, un bras pendant hors du lit et il respirait doucement. Sam dormait sur le côté, en serrant les couvertures contre lui.
Je n’entendis pas un autre son émaner d’eux le reste de la nuit.
FIN.
C’est une histoire de Perry. Alors il y a des spoilers pour la saison 2. Sinon, Bobby c’est un chasseur d’une quarantaine d’années qui connaissait John, le père de Dean et Sam.
L’histoire est écrite du point de vue de Bobby.
Oncle Bobby
Je dois admettre que j’ai été surpris d’entendre parler des garçons, surtout si tôt après que Sam ait été possédé et que Dean se soit fait tiré dessus. Je ne pensais pas qu’ils remettraient si tôt le pied à l’étrier. J’aurai pensé qu’ils auraient pris un peu de repos, ou qu’ils auraient glandouiller, enfin n’importe quoi à part sauter tout de suite sur une autre chasse. Détrompez-vous, la chasse c’est cool. Rien de pareil, le danger, l’excitation, le moment où votre vie de tient qu’à un fil, et finalement où vous vous en tirez. Mec ! C’est comme du sexe avec une belle gonzesse. Pas que j’ai eu tant de femmes que ça, mais vous m’avez compris.
Mes ces deux-la n’avait pas fait de pause, ils avaient replongé dedans.
Et maintenant, ils étaient coincés. Alors, il m’ont appelé.
Je dois vous dire que je ne m’attendais pas à ça. Je veux dire, je les avais déjà aidé auparavant, mais c’étaient eux qui venaient me voir chez moi. Ca ne me gêne pas, ce sont les gamins de John et des gosses bien, et ça me chagrine de ne pas avoir pu les aider plus après que John se soit fait tuer. J’admets que je suis pas très bon dans ce domaine. Pas le truc de la chasse, celui des sentiments. Je me suis battu au côté de John tous les jours de la semaine, mais j’ai toujours eu du mal à lui parler de sa famille, ou comment il supportait la disparition de Mary. Il partait une fois le travail fini, sans avoir beaucoup parlé, et je me sentais soulagé à chaque fois.
Mais, il n’était plus là, et ils m’avaient appelé.
John avait aussi reçu des appels venant d’eux. Quand les choses se compliquaient vraiment, ils l’avaient appelé pour qu’il les aide. La plupart du temps, il n’avait même pas répondu. Je n’ai pas de famille à moi alors je ne suis pas un expert, mais je me dis qu’il faut avoir les nerfs solides pour ignorer un cri d’appel à l’aide venant de vos enfants. Le fait qu’ils les appelé prouve qu’ils avaient toujours besoin de lui, mais ce fils de pu… les avait ignorés, sans même les rappeler pour s’assurer qu’ils allaient bien.
J’aurai pu les ignorer moi aussi. J’aurai pu prétendre n’être pas chez moi, mort ou pas intéressé, mais je suis venu. Ce n’était pas si loin, et après les problèmes de la possession de Sam, je me suis surpris à rouler bien au dessus de la limitation de vitesse. Etait-ce un piège ? Est-ce que l’un deux était encore possédé ? Ca me mit les jetons, me rappelant le visage de Sam après qu’il ait but une gorgé de cette bière. Le gentil Sam, Sam le poli, celui qui s’intéressait aux gens, celui qui montrait facilement ses sentiments bien plus que cette tête dure de grand frère. Dean essayait de bien faire, je pense, mais la façon dont il continuait à perdre son frère me dépassait. J’avais l’impression qu’à chaque fois que je détournais le regard, j’entendais l’histoire narrant comment Sam avait encore disparu. Vraiment, comment on pouvait perdre un gars si grand ? C’est pas comme s’il pouvait se fondre dans la foule facilement !
Une fois arrivé là-bas, je suis directement allé les voir. Ils étaient dans une sorte de motel à louer pour la semaine qui avait tout d’un endroit pour un couple de chasseur : sombre, morne et miteux. Je garais ma voiture et montait les escaliers menant à la porte de leur chambre.
Je frappai, et Sam m’ouvrit, Dean derrière lui.
Je leur jetai un coup d’œil, essayant d’avoir l’air décontracté. Ils n’avaient pas l’air possédé. Tendu, les nerfs à fleur de peau et affecté par quelque chose, mais pas possédé. J’avais une fiole d’eau bénite dans ma veste, et j’ai brièvement considéré la possibilité de les arroser avec. S’il n’était pas possédés, l’eau pourrait au moins détourner leur attention de ce qui les irritait.
A la place, je leur ai sourit.
Ensuite, on s’est mis au travail.
Comme je l’ai dit tout à l’heure, je n’ai pas de famille à moi, alors je sais pas grand chose des enfants. Une fois, je suis resté une semaine chez une cousine. Elle avait des jumeaux de quatre ans qui se chamaillaient constamment. C’était il y a des années, et je suis sûr que les jumeaux se sont assagis maintenant, mais je jure que les deux garçons sous mes yeux se comportaient comme ces jumeaux, ils étaient râleurs et avaient bien besoin de faire la sieste.
Au lieu de me raconter l’histoire d’une traite, ils n’arrêtaient pas de se couper la parole, essayant de raconter leur version de l’histoire. JE devais donc croire que Dean était un vrai coureur de jupons et un buveur invétéré. Ensuite, j’étais supposé croire que Sam était un sale gamin maniaque qui n’arrêtait pas de débiter des conneries. Ils continuèrent leur histoire qui devenait au fur et à mesure de plus en plus exagérée. Sam était devenu hyper sensible, prenant tout le monde dans ses bras et leur pleurant dessus, Dean était un morfale et bloquait les ordinateurs sur des sites pornos. Sam était furieux car Dean lui avait pris son ordinateur, et Dean était en rage car Sam avait abîmé sa voiture. Quelle prise de tête !
A la moitié de leur histoire, après avoir fait cesser leur deuxième prise de bec, j’ai deviné à quoi ils avaient à faire. C’était un trickster, une créature rusée qui vous jouait des tours. Ils attiraient votre attention sur quelque chose et ils vous faisaient perdre la tête. C’était très frustrant et pas marrant du tout, et certainement pas ce que ces deux garçons avaient besoin en ce moment après la possession de Sam. Oui, c’était un trickster, et je les ai laissé raconter leur histoire jusqu’à la fin avant de leur dire.
Leur chamaillerie ne me gênaient pas plus que ça, ils devaient bien se taper sur les nerfs de temps en temps. Dean pouvait être un petit malin avec ses remarques et son air cool, et je pariais que les ronchonnements étriqués de Sam devaient être agaçants, surtout quand ses ronchonnements se transformaient en mouchardises à chaque fois qui’l voulait faire quelque chose seul et que Dean lui disait non.
Quand ils évoquèrent le moment où ils s’étaient battu à propos de l’argent de Sam, je résistai à l’envie de leur donner une claque derrière la tête à chacun. Se quereller était une chose, après tout, tout le monde finissait par se prendre la tête un jour ou l’autre, et ils avaient été ensemble un long moment, et pas dans les meilleures circonstances. Alors, crier, avoir une dispute, et (je suis sûr pour Sam) pleurer ça allait, mais se taper dessus c’était autre chose. Deux types de cette taille s’échangeant des coups, quelqu’un allait être blessé. Sam était plus grand, mais j’aurai parié que Dean était plus fort. Ce garçon semblait pouvoir de battre salement s’il le devait. Et dans une chambre d’hôtel avec les lits, les tables et la télé que le gérant leur aurait facturé s’ils les avaient cassés…et le fait que quelqu’un pouvait les entendre renverser les meubles à travers le plancher et venir voir ce qui se passait…et le fait que Dean soit recherché par les fédéraux, et ils ne pouvaient pas gagner leur vie autrement qu’avec des escroqueries… !
Je dû me mordre la langue pour ne pas céder à la colère. Comment avait fait John ? Quand ils étaient petits, et bien vous les mettiez sur vos genoux et vous leur bottiez les fesses jusqu’à faire ressortir leur insolence. Mais ils étaient grands maintenant, tous les deux dans leurs vingtaines et honnêtement assez vieux pour se comporter mieux.
Je leur ai finalement dit que c’était la faute du trickster. Dean prétendit l’avoir compris de puis le début et Sam était prêt à s’en occuper et à terminer cette affaire.
Nous avons concocté un plan d’attaque pour détourner l’attention du trickster et l’attaquer. Les garçons feraient semblant de se séparer, et Dean resterait sur place à la fac et prétendrait faire irruption. Le trickster, pensant que Dean était seul, lui sauterait dessus et Sam et moi nous arriverions pour protéger ses arrières.
Pendant que Dean se baladerait devant le collège, Sam et moi nous irions réparer la voiture de Dean. Je savais qu’il suffisait seulement de remettre de l’air dans les pneus, les jantes n’avait pas été si abîmées que ça. Mais Dean avait protesté quand il avait entendu cette partie du plan.
« Non ! », avait-il dit buté. « On laisse Sam attendre et je t’aide avec la voiture. »
« Non », avais-je répondu calmement. « Le trickster s’attend à ce que tu fasses attendre Sam. Et si c’est Sam qui fait irruption dans l’immeuble, le trickster saura que quelque chose ne va pas. Sam n’est pas le genre à charger. »
« Je pourrais l’être », protesta Sam.
« Et le trickster ne nous connaît pas tant que ça », ajouta Dean en rajoutant son grain de sel.
« Dean tu restes », ai-je répété fermement. « Et la voiture ira bien. Je sais comment mettre de l’air dans un pneu sans faire tout exploser ! »
Dean avait lancé un dernier regard agonisant vers son Impala adorée. « ok », dit-il en soupirant, « mais si elle a ne serait-ce qu’une éraflure… »
« Elle n’aura rien », répondis-je agacé. Je veux dire, honnêtement, je conduisait bien avant que ce gamin soit né.
Malgré les réticences de Dean, le plan se passa sans un accroc. Enfin, seulement un ou deux accrocs. Je ne m’attendais pas au maniaque à la tronçonneuse, ou au stars du porno sur la scène. Le mec à la tronçonneuse me fit paniquer un moment, je n’étais pas sûr que Sam l’ai vu, mais le coup des call-girls m’avaient agacés. Je ne sais pas ce que John avait dit à Dean à propos des filles débauchées quand il était plus jeune, mais je me demande si John approuverait l’intérêt que Dean leur portait. Je veux dire, le gamin en bavait presque et il savait qu’elles n’étaient même pas réelles. Probablement une autre raison qui agaçait Sam. Je me demandait si le besoin de sexe de Dean entravait leurs chasses. Je ne voyais pas Dean resté toute la nuit à faire des recherches alors qu’il pouvait sortir et draguer des filles.
Maintenant, je ne voyais rien de mal à jouer au poker ou au billard pour gagner de l’argetn. Il est vrai que ce n’est le métier de chasseur qui rapportait de quoi payer les frais occasionnés. Mais courtiser les filles, cela lui coûtait de l’argent à leur payer des coups à boire et à manger.
« Où va-t-on ? », demanda Sam assis devant côté passager quand nous quittâmes le campus de l’université. Dean conduisait, et Sam avait automatiquement pris la place de devant. Cela aurait dû m’ennuyer, j’étais le plus vieux, il m’avait appelé et c’était moi qui avait mis le plan au point pendant qu’ils avaient passé leur temps à se chamailler, mais je laissais couler. Pas la peine de s’embêter avec des détails après avoir eu affaire à un trickster.
« Je ne sais pas », Dean marmonna à son frère. « Il faut qu’on s’arrête à notre chambre récupérer nos affaires, mais après on peut se casser vite fait de la ville. »
Nous devions emballer nos affaires avant d’aller nous occupez du trickster mais ça nous avait pris un temps fou à moi et à Sam pour réparer l’Impala et pour rassembler les armes.
« Mon pick-up est près d’ici », dis-je, me penchant sur la banquette avant. « Pourquoi on irait pas dans la prochaine ville, vous pourriez trouver un motel pas cher avant de repartir demain matin. Je vais rentrer chez moi… »
Non, Bobby », dit Sam en me regardant. « Tu es venu pour nous aider. Laisse-nous t’héberger pour la nuit. »
Dean lança un regard à son frère, un regard qui signifiait qu’il n’avait pas assez d’argent.
« J’ai assez », dit Sam à son frère. Il aurait pu dire que c’était la moindre des choses pour rendre la faveur, mais il resta silencieux.
Dean tourna dans la rue de l’hôtel, et je leur dis : « Ecoutez, si on peut trouver une chambre avec trois lits, c’est bon. Sinon, je nous vais pas vous embêter. »
Dean se décontracta un peu, mais sa voix était émoussée quand il dit : « On n’a payé pour cette nuit, mais j’ai pas envie de courir le risque de me faire attraper. Ok pour la prochaien ville. Dépêchons nous d’emballer nos affaires. »
« bon garçons », dis-je, me reposant sur la banquette arrière.
Je pensais que c’était quelque chose de gentil à dire, quelques mots d’encouragement, mais l’atmosphère dans la voiture se glaça d’un coup. Dean lança un autre regard à Sam, et Sam essaya d’avoir l’air décontracté en remuant dans son siège, ayant soudain l’air stressé.
Je les regardais tous les deux. Je remarquais que Dean agrippa le volant très fort en arrêtant la voiture près du trottoir et Sam n’attendit pas que la voiture soit complètement arrêtée avant de bondir au dehors.
Est-ce que ce que j’avais dit avait touché un point sensible ? Je ne voyais pas où était le problème, c’était tous les deux des garçons et ils avaient été bien, alors « bon garçons » avait semblé approprié. Pas la peine de se mettre en colère, de s’énerver oud e jeter des regards furieux. A moins que…est-ce que John leur avait déjà dit ça ? Peut-être après une chasse ? Peut-être quand ils lui avaient sauvé la vie ou quand ils avaient fait quelque chose qui lui fasse plaisir. Qu’aurait-il pu dire ? « Bien joué, vous deux » ? « Bon travail, Dean et Sam » ?ou simplement « Bon garçons » ?
Je restai silencieux en les suivant dans les escaliers menant à leur chambre.
J’ai entendu une fois que rien ne rend un criminel plus nerveux que de retourner sur le lieu de son crime. Pour ces deux-la, revenir dans cette chambre d’hôtel, c’était comme de retourner à l’endroit de toutes leurs frustrations et contestations. Ils étaient de nouveau à cran. Trois pas dans la chambre et déjà Sam lança à Dean : « Mec, regarde tes affaires ! Tu pourrais pas ranger ton bordel, ou c’est que tu aimes vivre dans une déchetterie ? »
« Pour sûr Mary Poppins », répliqua Dean. « Si je te laissais faire, tu mettrais des rideaux dans l’Impala. »
« Nan, mais au moins je ramasse de temps en temps tes ordures », répondit Sam en bourrant des affaires trouvées sur le lit ou par terre dans son sac. « Si je te laissais faire, on cherchait les flingues sous dix centimètres de déchets. »
« Les garçons », dis-je. « Le trickster n’est plus là, alors vous n’avez plus de raison de vous sauter à la gorge. »
Dean haussa les épaules un sourire jaune aux lèvres. Sam leva les yeux au plafond et continua à ranger ses affaires.
J’ai déjà plié bagages rapidement dans le passé, c’est une compétence nécessaire chez les chasseurs ; apprendre à partir rapidement sans rien oublier. Mais avec ces eux là, j’ai bien cru qu’on ne partirait jamais, vu comme ils s’arrêtaient toutes les cinq minutes pour s’envoyer des réflexions.
« Dean, n’oublie pas tes chaussettes sales dans l’évier. »
« Au moins, elles sont propres », répliqua Dean en rammassant des t-shirt et en les lançant à son frère.
« Et on emmène pas ta bouffe », annonça Sam finissant de remplri un sac et s’occupant d’un deuxième. « On la laisse ici et avec un peu de chance ils la jetteront dans la rue pour qu’un chien tombe malade. »
« Ce n’est pas la seule chose qui rendrait un chien malade », marmonna Dean.
Ce n’était pas une bonne vanne, ou même une qui avait du sens. Je restais là à les regarder faire leur sac et se lancer des piques. Le sentiment qu’ils avaient exprimé tout à l’heure près de la voiture, celui où ils avaient essayé de s’excuser mutuellement sans trouver les mots, et qui me fit lever les yeux au ciel, était bien parti maintenant. C’était comme si ils rejouaient l’après-midi de chamailleries, seulement il était temps de ranger les affaires et de partir, et pas de résoudre le problème.
« Les gars », dis-je en croisant les bras. « On doit se dépêcher. »
« On pourrait, dit Sam en prenant une poigné de fringues et en les bourrant dans le sac, si quelqu’un n’avait pas éparpillé ses affaires partout. »
« Alors, je m’éparpille ? », répliqua Dean. « Je suis désolé de pas être un maniaque du rangement et du nettoyage, à placer chaque chose bien à sa place. On est des chasseurs pas des femmes de ménages ! »
Sam se redressa, et je vis la tempête arriver. Alors je m’immisça entre eux me disant qu’on ne partirait jamais à ce rythme la.
« Dean, tu vérifies la salle de bain. Sam, tu m’aides à vérifier les placards. »
« Y a rien dans les placards », dit Sam en même temps que Dean en entrant dans la salle de bain.
J’avais déjà ouvert un placard. Je clignais des yeux et sortit un objet lourd et dur. « C’est à toi ? »
« Mon ordinateur ! », dit Sam en s’approchant précipitamment et en l’attrapant.
« C’est un portable ? », demandais-je prétendant être au courant de cette nouvelle technologie.
« Oui mais ils les appellent des pocket computer maintenant. » Sam glissa l’ordinateur dans sa housse. « En fait on n’est pas sensé les poser sur nos genoux car ils chauffent et peuvent nous brûler. Je suis sûr que Dean a dû se brûler et le laisser tomber par terre. »
Sam jeta un regard vers la salle de bain où Dean faisait tout un potin en vérifiant s’il restait des affaires à prendre.
« C’est bon, tu l’as retrouvé, tout va bien maintenant », dis-je en regardant dans les autres placards sans trouver autre chose.
« Ca va pas, il est coincé sur un site porno. »
Tu crois que les Fédéraux vont remonter jusqu’à toi pour ça ? », demandai-je en le regardant. « Si ce n’est pas un truc pédophile ou quelque chose de hard, je crois que tu n’as rien à craindre. »
« Ce n’est pas la question », rétorqua Sam inflexible. « Cet ordinateur nous sert pour les recherches, pas pour regarder du porno. Et c’est le mien. L’autre a buggé et j’avais des trucs importants de la fac dessus. J’ai pu sauvegarder des dossiers que j’ai mis sur celui-la. Je ne veux pas que Dean fasse le con avec et le casse. Je suis surpris qu’il arrive même à l’allumer. »
« Tu crois que je connais rien des ordinateurs », lança Dean en sortant de la salle de bain, et tenant à la main un sac en plastique contenant des chaussettes et d’autres vêtements.
« Tu croyais que myspace était un truc porno », dit Sam d’un air méprisant.
« Ca aurait pu », insista Dean. « Vas-y eh ! Myspace ? Ca sonne plutôt cochon. »
« Touche pas à mon ordinateur ! », lâcha Sam en collant son ordinateur sur sa poitrine comme s’il protégeait un nouveau né.
« Tu crois que tu es le seul à devoir t’en servir ? »
« Je suis le seul qui en soit capable ! Si c’était toi qui était chargé de faire les recherches, on serait assis dans des bibliothèque à griffonner des gonzesses à poils ! »
« Je sais faire des recherches », rétorqua Dean. « Papa et moi on s’en sortait très bien sans toi et ta super technologie. »
« Ouais, mais ça vous prenait un temps fou », répliqua Sam. « A feuilleter des livres et à demander à tout le monde pour trouver la moindre petite information, pas étonnant qu’il ait pas trouvé le démon avant ! »
Les deux garçons de figèrent. Ils restèrent là à se regarder dans les yeux, respirant très fort. Je pus voir que Sam avait les larmes aux yeux, mais Dean avait l’air enragé. Ils étaient à deux doigts de se sauter dessus. Mais cette fois ce n’était pas à cause de l’argent ou des blagues débiles. Il était question de leurs différents profonds, et on n’avait pas le temps pour ça.
« Les garçons ! », dis-je de ma voix la plus ferme espérant détourner leur attention. « Prenez vos affaires maintenant. On n’a pas le temps pour ces conneries. On part tout de suite sans discussion. Dean, tu me suis dans l’Impala. Sam tu viens avec moi. »
« Mais… », commença Sam. Je levais ma main pour le faire taire. « Vous bougez tous les deux et maintenant », ordonnai-je.
Ils se lancèrent des regards noirs sans rien dire, mais ils attrapèrent leurs affaires, Sam toujours accroché à la housse de son ordinateur, et se dirigèrent vers la porte.
Je poussai un long soupir en les suivant. Et j’avais cru que le plus dur serait de tuer le trickster.
Avec l’aide des garçons, je leur fit ranger leurs affaires dans leur voiture en minimisant au maximum leur querelle. Je demandai à Sam de monter dans ma camionnette, et avec un dernier regard hostile lancé à son frère, il obéit, claquant la porte avec un peu plus de force que nécessaire.
« Tu me suis », dis-je à Dean.
« Je connais la route », protesta Dean, mas je lui lançai un regard sévère.
« On ne fais pas d’excès de vitesse ce soir. Des fois, c’est nécessaire, mais pas ce soir. Je ne veux pas attirer l’attention, et j’ai encore moins envie de me prendre une putain d’amende. »
Dean acquiesça à contre cœur et monta dans l’Impala. Je sortais de la place de stationnement et attendit de voir la voiture de Dean derrière moi avant de démarrer vers la voie rapide.
Le trajet vers le ville prochaine fut silencieux. Je vis une ou deux voitures nous croiser, mais il n’y avait pas beaucoup de personnes sur la voie rapide. Il n’était pas si tard que ça, mais une petite ville universitaire semblait ne pas regorger de monde se promenant le soir. Sam assis à côté de moi avait les bras croisés sur sa poitrine et fixait la nuit avec un regard buté dessiné sur son visage d’habitude si calme. Je n’avais aucune idée de ce à quoi il était en train de penser, mais après quelques minutes, je lui demandais d’un air décontracté :
« Alors vous allez bien tous les deux ? A part cette affaire ? »
« Ouais, ouais, on va bien », répondit-il automatiquement.
Je jetai un coup d’œil dans le rétroviseur. Dean me collait le train, les yeux grands ouverts et déterminés dans les feux arrières de ma camionnette. C’était encore un point sur lequel il avait besoin d’être sermonné : les distances de sécurité. Je ralentissais lentement jusqu’à rouler à 75-80 km/h. Dean avait l’air frustré, en colère mais il arrêta de me coller et garda une bonne distance. Je n’accélérai pas pour autant car je voulais pouvoir avoir une conversation avec Sam. Il restait silencieux, mais je pouvais deviner qu’il avait envie de sortir ce qu’il avait sur le cœur, de dire ce qui le chiffonnait.
« Ecoute », dis-je d’une voix douce, « je sais que la chasse ça devient dure après un certain temps. Sur la route, à combattre le mal, pas assez d’argent, et je sais que vous n’avez pas un vrai chez vous où rentrer. »
Sam renifla soudain, mais quand je le regardai son visage était crispé mais sous contrôle même si ses yeux avaient rougis.
Je continuai avec précaution : « personne ne vous blâme de vous monter sur les nerfs. Borde, si je devais passer autant de temps avec mon frère… »
Sam se tourna vers moi. « Tu as un frère ? »
« Ouais, plus vieux que moi. »
« Il vit près de chez toi ? ». Sam était tout d’un coup intéressé.
J’attendis quelques secondes avant de répondre : « il est en prison. »
Sam se raidit. Puis, il renifla à nouveau et fixa son regard devant lui à travers le pare-brise. Mais il était très pâle et sa respiration était courte et rapide.
« Tu t’inquiètes pour Dean ? », demandai-je toujours sur un ton désinvolte.
« Ouais », admit Sam, avec la voix qui tremblait. « On essaie d’être prudent mais Dean…tu sais, il est juste… »
« Juste quoi ? », le poussai-je à poursuivre.
« Il…Je suis juste…j’ai pas envie d’en parler ». Sam était sur la défensive.
« Comme tu veux. » Je hochai la tête et me concentrai sur la route. Je comptais dans ma tête : un mississippi, deux mississippi, trois…
« Il est complètement inconscient ! » Les mots sortirent d’un coup. Et comme un barrage qui venait de céder, il ne plus pu s’arrêter de tout déballer. « Il continue à faire ses tours de force. Ce métier est déjà assez dangereux comme ça, mais il pousse le risque encore plus loin. Il est recherché par la police, et il arrive à passer aux infos, et maintenant les Fédéraux sont après nous, et la moindre chance pour nous de vivre un jour une vie normale est fichue. Et quand il n’est pas en train de merder, il va dans des bars pour boire et draguer des filles comme si c’était un don juan. Et comme je ne saute pas en l’air en criant hourra chaque fois qu’il ramène le numéro de téléphone d’une fille ou qu’il sort avec, il pense que je suis coincé et que je ne sais pas m’amuser. »
Je cachai mon sourire à la vue de son expression énervée et j’acquiesçai : « ça doit être dur. »
« Ca l’ai et après papa est mort. J’allais pas bien du tout, surtout à cause de la façon dont je me battais toujours avec lui. On ne pouvait pas s’empêcher de nous disputer, et tout ce qu’il faisait me rendait malade et j’ai continué à m’opposer à lui jusqu’à… »
Sam renifla bruyamment et s’essuya rapidement les yeux.
« Mais Dean… ? », demandai-je pour l’inciter à parler.
« Dean s’est fermé après que p’pa soit mort. Il refusait d’admettre qu’il n’allait pas bien, il disait qu’il allait bien, qu’il vivait avec, et un jour il a arrêté la voiture sur le bord de la route et il a dit que c’était entièrement de sa faute. Pendant des semaines il a rien dit, et d’un coup il me sort qu’il croit être responsable de la mort de papa. Alors d’abord il ne me parle pas et après il balance tout d’un coup quand il veut. »
« Les gens gèrent la douleur différemment », commentai-je. Je vis le panneau annonçant la prochaine ville : 15 kilomètres alors je ralentis encore un peu pour lui laisser le temps de parler. Dans le rétroviseur, je vis Dean frapper le volant de ses mains, frustré que l’on roule si lentement.
Sam poursuivit sans remarquer. « Et y a d’autres trucs aussi. Avant de mourir, papa lui a dit…enfin tu sais. »
« Ouais, je sais », dis-je d’un ton grave.
« Et bien Dean a attendu une éternité avant de me le dire. Je lui ai demandé encore et encore s’il savait quelque chose, si papa lui avait dit quoique ce soit, et à chaque fois il me disait que non. Il m’a menti, en pleine face. Si ça avait été moi à sa place, si c’était moi qui lui avait caché ça et qu’il l’avait découvert, il m’aurait sauté dessus. Il m’aurait crié dessus et m’aurait tapé jusqu’à ce que je comprenne que lui mentir n’était pas une option. Mais il crois qu’il peut garder tous les secrets qu’il veut parce qu’il est plus vieux et que c’est lui qui commande et que papa lui faisait plus confiance, et que… »
Deux larmes coulèrent sur ses joues, et il déglutit difficilement, enroulant ses bras autour de son torse pour se réconforter.
« Ca doit paraître très injuste », dis-je, me surprenant moi-même par la diplomatie dont je faisait preuve. Je devrais postuler pour travailler dans l’assistance aux personnes.
« Il croit qu’il a toujours raison », reprit Sam d’une vois rauque. « Il s’énerve si je ne suis pas d’accord avec ce qu’il dit. Comme cette fois où je n’aimais pas ce chasseur, et que Dean lui si. Je lui ai dit qu’il essayait de remplacer papa, il s’est retourné et il m’a donné un coup de poing au visage. »
Je sursautai, surpris. « Comme la fois où il t’a tapé après que le démon ait quitté ton corps ? »
« Ouais », répondit Sam. « Je sais qu’il était en colère, les deux fois, mais il ne s’arrête jamais pour réfléchir un moment et en parler. Il s’énerve de plus en plus, et au bout d’un moment il explose. Je ne le vois jamais venir avant son explosion. Papa n’était pas comme ça. »
« Nan ? Il ne s’énervais jamais ? »
« Oh, si il s’énervait tout le temps, mais on le voyait venir avec lui, comme une tempête. Et je savais quand on commençait à se disputer qu’il allait s’énerver à la fin mais pas d’un coup comme Dean. Je me demande toujours s’il va exploser d’un coup ou s’il me cache encore quelque chose. »
Sam tripotait quelque chose dans sa main. Je jetai un coup d’œil aussi discrètement que possible. C’était l’amulette que je lui avait donnée.
« Tu l’as toujours ? », demandai-je agréablement surpris. « J’avais peur que tu l’aies perdue. »
« Non. » Il secoua la tête fermement et sa main serra l’amulette. « Je la garde toujours avec moi où que j’aille, même dans la douche ou quand je dors. Je ne veux pas être à nouveau possédé.
Je sortis de la voie rapide, Dean me suivit. Sam reniflait toujours, mais je sentais qu’il avait eut le temps de se soulager.
Nous trouvâmes un motel faisant la pub pour des chambres à 29 dollars avec le panneau chambres de libre allumé. Je m’arrêtait devant l’accueil et dit à Sam d’attendre dans la voiture.
Il hocha la tête sans rien dire, et j’eu à peine le temps de sortir de ma camionnette que Dean était déjà sorti de l’Impala. « C’était quoi ce cirque ? », lança-t-il.
« Quel cirque ? », demandai-je calmement.
« Cette façon de conduire. Y a une raison pour qu’on se soit traînés tout le long, ou c’est ta façon de conduire ? »
« Je prenais mon temps c’est tout », répondis-je, refusant de m’emporter à mon tour. « Sam me parlait, et j’ai pensé que c’était important qu’il ait le temps de tout me dire. »
Dean lança un regard furieux à la camionnette garée à quelques pas de là. « Quoiqu’il t’ai dit, oublie. Il parle toujours trop, et il fait confiance à tout ceux qui passent. »
« Dean… »
« Nan, on trouve une piaule et on pionce c’est tout. »
« Il n’est que 22h30 », lui rappelai-je en nous dirigeant vers l’accueil.
« Ouais, et bien on a travaillé toutes les nuits, à essayer de trouver ce que c’était », répliqua Dean.
« Je vais à l’accueil », décidai-je. Il se tourna vers moi, prêt à protester, mais je levai une main. « Non, je ne veux pas que tu te mettes à crier sur le gérant. Tu restes dans la voiture et tu me suis quand je sors avec la clef de la chambre. »
Dean souffla d’un air agacé mais se dirigea vers sa voiture , s’arrêtant pour dire : « laisse moi te filer l’argent pour.. »
« On verra ça demain », dis-je.
« Ok. » Il retourna à sa voiture, et ouvrit la portière conducteur dans un grincement.
J’entrai dans l’accueil du motel. Le gars derrière le comptoir avait l’air à moitié endormi, mais il se leva tout juste pour demander : « Un lit deux places, ou deux lits une place ? »
« Vous avez une chambre avec trois lits ? », demandai-je en m’appuyant sur le comptoire.
« Vous avez des enfants ? », demanda le gars en ouvrant le registre.
« Oui, deux garçons, enfin deux grands garçons, et… »
« Et bien, j’ai une chambre avec un lit deux place et un petit lit », dit le gérant en parcourant le registre. « Si vous voulez, je peux vous donner des oreillers supplémentaires pour mettre entre vos deux garçons. C’est un truc que m’a donné une cliente. Elle avait quatre gamins, deux garçons et deux filles. Elle disait que si on met assez d’oreiller au milieu du lit, les gosses ont l’impression d’avoir chacun leur lit et ils se donnent pas de coups de pied. »
Je ne savais pas si les garçons allaient accepter de partager le lit, Sam était tellement grand. Mais je n’avais pas envie de débourser encore 29 dollars et il n’était pas question que je dorme par terre.
« Ouais, ça sera parfait », dis-je. Je me dis que Dean allait encore être énervé après moi le reste de la nuit. Ca lui donnera une raison de s’agacer.
Et agacé, il l’était, dès qu’on entra dans la chambre.
« t’es malade ? », demanda-t-il, en laissant tomber les sacs par terre. Je croyais qu’on avait dit trois lits. »
« Ils n’avait pas de chambre avec trois lits. » J’allumai la lumière. La chambre était de taille moyenne, pas super mais pas trop défraîchie. Il y avait une petite télé contre un des murs avec un signe annonçant qu’on recevait quinze chaînes.
« Ok, je dors par terre alors », lança Dean en avançant dans la chambre.
« Je les appelle pour voir ce qu’ils peuvent faire », proposai-je en me demandant comment je faisait pour me retenir de l’étrangler. C’est drôle, mais jusqu’à cette nuit, j’aurais dit que je préférait Dean à Sam. Je trouvais que Dean et moi avions plus de chose en commun, et une partie de moi avait toujours attendu que Sam laisse tomber ses idées d’aller à la fac. Ce n’était pas juste, mais je commençai à rapidement perdre patience avec Dean. Mais j’avais besoin d’entendre sa version des choses.
« Dean, pourquoi tu n’irais pas prendre une douche pendant que j’appelle la réception pour voir s’ils n’auraient pas un lit de camp où je pourrais dormir. »
« Non, Bobby », commença Sam, mais je le coupai.
« Vas y Dean. Sam et moi on va s’occuper de tout. »
« Ok », répondit sèchement Dean en attrapant son sac et en se dirigeant dans la salle de bain. « Vous deux vous êtes tellement proche et pote maintenant. »
Après que la porte se soit refermée et qu’on pouvait entendre l’eau couler, Sam se tourna vers moi. « Désolé, il est pas très doué pour les relations humaines. Il passe beaucoup de temps tout seul, et il… » Sam s’arrêta et haussa les épaules.
Le gérant arriva avec des oreillers supplémentaires. Je me demandai s’il gérait seul le motel, servant aussi de femme de chambre le matin. Je le remerciai et pris les cinq oreillers. Sam était assez reculé dans la chambre pour que le gars le voit, sinon ce dernier m’aurait sûrement fait une réflexion sur mes « grands garçons ». Hé, je dois bien mesurer un bon mètre quatre-vingt et Sam me dépasse largement.
« On va faire une bataille de polochons ? », demanda Sam, un sourire illuminant sa bouche si triste. Il avait toujours l’air exténué et abattu, mais j’appréciai sa tentative de faire de l’humour.
« Vous pouvez avoir des oreillers entre vous deux dans le grand lit », dis-je en jetant les oreillers sur le lit à deux places. « Comme ça vous vous ne roulerez pas l’un sur l’autre. »
« Ecoute, Dean va pas vouloir… »
« La dernière fois que ton père vous a amené chez moi, toi et ton frère, vous avez partagé un lit », répliqua-t-il froidement. « Vous aviez treize et neuf ans, et si je me rappelle bien, Dean s’est plaint d’être trop grand pour partager un lit. J’aurai bien laissé un de vous d’eux dormir sur le canapé, mais ton père n’a pas voulu en entendre parler. Je me rappelle qu’il attrapé Dean par l’oreille et qu’il la menacé d’une fessée s’il ne se montrait pas plus courtois. »
« Oh ouais », le sourire de Sam s’élargit. « Je m’en rappelle aussi. J’adorais partager un lit avec lui car on pouvait parler dans le noir sans que papa entende et nous dise de dormir. Je crois qu’à la fin Dean s’en fichait, mais il voulait en faire une histoire car il pensait être assez grand pour avoir son propre lit comme les autres chasseurs. Quand on était sur la route on partageait toujours le même lit, jusqu’à ce que j’ai seize ans et que je sois devenu si grand. J’avais l’habitude de donner des coups de pied dans mon sommeil, et Dean n’aimait pas ça, mais j’étais petit à l’époque. Papa disait que ce n’était pas grave jusqu’à cette nuit-la où j’ai fait tomber Dean du lit en lui donnant des coups de pied. »
Les yeux de Sam s’étaient adoucis en se remémorant ce souvenir. « Je l’avais pas fait exprès, mais Dean est tombé du lit et il a cru qu’il était attaqué par un démon. Il a attrapé son couteau et a commencé à hurler dans le noir. Je me suis réveillé et j’ai allumé la lumière, il a compris que je l’avais fait tomber du lit. Je me suis excusé,mais il a pété les plombs et il s’est mis à me donner des coups de poings. Il avait posé le couteau avant heureusement. Au lieu d’appeler papa, je me suis mis à me battre aussi, et on a cassé la lampe de la lampe de chevet de l’hôtel en se battant à travers la pièce. Papa est arrivé en trombe pour voir ce qui se passait, il a vu la lampe cassé et les gens du dessous se sont plaint du bruit. »
« Je parie que John n’était pas content. »
Sam secoua la tête en souriant avec ironie. « Papa était tellement en colère après nous. J’ai essayé de lui expliquer ce qui s’était passé, mais il ne voulait rien entendre. Il nous a donné une fessée à tous les deux, un peu plus sévère pour Dean car c’est lui qui avait commencé, et ensuite, il nous a fait retourner au lit. C’est la dernière fois qu’on a partagé un lit, mais malheureusement pas la dernière fois qu’il nous a puni. »
« Il était dur avec vous ? »
« Dur ? », Sam rit jaune. « Pendant les neuf premières années de ma vie, je pensais que la sele réponse quand on disait non à un adulte, c’était de se retrouver la tête en bas et les fesses en l’air et de se faire chauffer les fesses jusqu’à en pleurer. Pendant ma première année ç la fac, j’ai eut la trouille de voir papa débarquer pour me botter les fesses au milieu de l’internat, juste pour l’avoir défié. La deuxième année, j’avais envie qu’il débarque. »
Sam baissa la tête et renifla.
« Je suis sûr que John a fait de son mieux », lui dis-je espérant que ça l’aiderait.
Les larmes lui montèrent aux yeux et il hocha la tête tristement. « Je sais. »
Je voulais dire plus, lui dire comment John parlait de ses fils. A chaque fois que je demandais à John comment allaient ses fils, la réponse était toujours la même. « Oh, Dean est comme moi, un bon chasseur. Mais Sammy, et bien, Sammy est le plus malin. Il lit et pense beaucoup trop, mais il est plus comme Marie, comme je ne l’aurai jamais imaginé. Ce sont tous les deux de bons garçons. »
Avant que je ne puisse partager ce souvenir, la porte de la salle de bain s’ouvrit et Dean ne sortit. Il portait un short et un vieux t-shirt, et ses cheveux mouillés se dressaient en pic sur sa tête. Il avait toujours l’air énervé.
« Où est le lit de camp ? », demanda-t-il, satisfait de trouver une raison pour râler.
Sam se leva, et je répondis calmement : « Sam, va prendre ta douche. J’ai besoin de parler à Dean. »
« A propos de quoi ? », demanda Dean. « Quoique tu aies à dire, il peut l’entendre. »
« Ca va », dit Sam en attrapant son sac. « Je vais prendre ma douche. »
Il se dépêcha d’entrer dans la salle de bain et referma doucement la porte derrière lui.
Restant seul avec moi, Dean me lança un regard noir, ses yeux vers brûlant de rage. « Alors tu veux quoi, Bobby ? »
Je lui montrai une chaise pour qu’il s’assoit. « Je crois qu’on a besoin de parler. »
« Je crois pas », répliqua-t-il mais s’asseyant tout de même.
Je pris une profonde inspiration, rassemblai mes esprits avant de commencer la discussion.
A suivre
Perso, je sais que je me répète mais j’adore. Y a donc que moi comme fan de Supernatural ? hou, hou ! :)
L’eau commença à couler dans la salle de bain, et je fixait Dean avec attention. Je pensais qu’il ne voudrait pas parler s’il croyait que Sam pouvait l’entendre, mais ce n’était en fait pas ça qui le retenait. Dean était toujours en colère. Sa bouche était scellée par son entêtement borné qui je le jure le faisait ressembler à John. Je me rappelle avoir eu des divergences d’opinions avec John, et à la fin de chaque dispute, il prenait cet air là. Silencieux, furieux, mais refusant de dire quoique ce soit. C’était du John tout craché, sauf que Dean était plus jeune et j’ai toujours pensé que les gosses doivent respecter leurs aînés. Quand j’étais gamin et jusqu’à mes vingt ans, je n’ai jamais été autorisé à répondre à mes oncles et tantes ou à aucun des amis de mes parents. Je me rappelle d’une fois, je devais avoir quinze ans, j’ai répondu à un ami de chasse de mon père, et mon père m’a filé une calotte derrière la tête et m’avait ordonné de m’excuser sur le champ ou sinon.
Mais Dean était assis raide sur sa chaise, comme un homme près à être électrocuté, et me fixait avec un regard froid.
« Je parlais avec ton frère… »
« Sur moi, pas vrai ? », me coupa-t-il sèchement. « Mec, Sam déballe toujours tout. J’essaie de garder nos problèmes pour nous, et lui il court les déballer à tout le monde comme si c’étati leur putain de problème. »
« Je ne suis pas tout le monde », lui rappelai-je calmement. « Sam était un peu remué par tout ce que vous avez traversé, et il avait besoin d’en parler. »
« Et bien pas moi », répliqua Dean en s’adossant au fond de sa chaise avec cette attitude ‘j’ai-pas-envie-tu-peux-pas-me-forcer’.
« Je pensais qu’il était juste que tu aies ta chance pour me dire ta version de l’histoire », dis-je patiemment. Ces deux-la n’étaient pas facile à gérer. Pas étonnant que John est toujours eu l’air fatigué.
Dean haussa les épaules. « Rien à dire. »
« Bien », répondis-je en haussant également les épaules. « C’est juste que Sam a dit que tu étais imprudent et il en avait marre de se demander quelle autre tour de force tu allais exécuter la prochaine fois, mais si tu n’as rien à dire… », continuai-je prétendant que d’une façon ou d’une autre ça m’était égal qu’il parle ou pas.
Dean me fixa avec intensité, le regard froid. Sa mâchoires étaient serrées, et je sais qu’il se retenait pour ne pas parler. Je n’en étais pas sûr mais je ne pensais aps que le silence ferait parler Dean. Sam pouvait parler si personne ne le faisait mais Dean lui avait besoin d’un autre coup de pouce. Alors je le provoquai encore un peu.
« Sam a probablement raison. Il te connaît mieux que moi forcément. Mais ça me chagrine qu’il s’inquiète pour toi. Ca doit être dur pour lui, surtout quand tu ne lui as pas dit ce que votre père t’avait dit. Peut-être que Sam trouve que c’était une grossière erreur de ta part. »
Cela le fit. Je savais que j’avais poussé Dean à bout.
« Dur pour lui ? », explosa Dean, agrippant avec force les accoudoirs de la chaise, si fort que je crus qu’il allait les casser. « C’est dur pour lui ? »
« C’est ce que j’ai compris de ce qu’il m’a dit », répondis d’une voix posée.
« Ohhh », dit Dean en regardant tout autour de lui, tellement frustré qu’il ne trouvait pas les mots justes. « Vous…vous ne savez pas comment c’était. »
« Alors dis le moi. » J’avais peur qu’il se referme encore, mais Dean n’était pas comme ça. Une fois qu’il avait commencé, il ne s’arrêtait pas.
« J’avais de bonnes raisons de ne pas lui dire », rétorqua-t-il. « Papa me l’a demandé, et il voulait que je protège Sammy. Je n’allais pas lui dire du tout au départ, mais après la trouille du virus démoniaque, j’ai cru qu’il fallait qu’il le sache. Alors contre mon bon sens, j elui ai dit. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Exactement ce que je pensais qu’il allait se passer. Il a flippé. »
« C’est compréhensible », fis-je remarquer.
« Maintenant, je comprends », dit Dean en me fixant intensément. « Si j’apprenais un truc comme ça je flipperais aussi. J’ai flippé quand papa me l’a dit. Mais j’ai pris sur moi, j’ai fait ce u’il fallait et je ne me suis pas laissé dépassé. Mais Sammy…il a écouté et il s’est barré en courant. Comme ça, comme si je n’existais plus. Alors j’ai dû partir à sa recherche. Je jure que j’ai eu envie de lui botter le cul dès que je l’ai retrouvé. Il doit être vraiment idiot pour faire des truc comme ça ! Si je ne l’avais pas retrouvé, il serait mort. Alors je suis désolé d’avoir gardé le secret, mais juste après la mort de papa, je ne pense pas que Sam aurait pu gérer. J’ai attendu mais il a quand même pété les plombs. »
« Je comprend pourquoi tu as fait ça », dis-je en essayant d’avoir l’air compréhensif.
Dean me jeta un regard noir, n’appréciant visiblement pas le ton de ma voix. « Et ce n’est pas qu’à cause de ce secret. Qu’il soit fou à cause de ça, je comprends. C’est tout son attitude le reste du temps. Il s’attend toujours au pire. Je sais que le secret à été dur à encaisser et je sais que la morte de Jess l’a vraiment traumatisé. C’était horrible, je comprends ça, vraiment. Mais il arrête pas de broyer du noir avec toute cette mélancolie et cette fatalité qui lui pend au dessus de la tête. Il me fait ressembler à cette putain de Pollyanna ! »
J’essayais de cacher mon sourie, me rappelant le film Disney que j’avais regardé étant petit et que j’avais détesté.
Il s’offusqua de voir mon amusement. « Ouais, je sais que ça paraît stupide, mais c’est la vérité. Dès que quelque chose arrive, je dois l’empêcher de tomber dans le gouffre du désespoir. Il arrête pas de répéter : « je vais peut-être devenir démoniaque et Dean devra me tuer en dernier recours » ou « Je suis démoniaque et Dean va me tuer la semaine prochaine. » Maintenant, dès qu’il pète un câble ou qu’il stresse, il croit qu’il devient démoniaque. Bordel, tout le monde s’énerve à un moment ou à un autre, et ça veut pas dire qu’on est possédé. »
« Mais lui a été possédé », fis-je remarqué.
« Ouais », grogna Dean. « Et je suis toujours en rogne à cause de ça. Je ne sais pas quand il a été possédé, mais j’ai comme l’impression que tout cette vague de mélancolie et de déprime a aidé le démon à entrer en lui. Il ne l’a probablement même pas combattu. Il a dû juste le regarder avec ses yeux de chien battu et l’a laissé le posséder ! »
« C’est un peu exagéré », commentai-je, faisant attention à ne pas le froisser.
« Sam ne sait jamais quand il doit s’arrêter de ressentir toute cette merde ! » Dean leva les mains d’exaspération. « Je sais qu’il est trop sensible et susceptible comme les gonzesse, mais faut pas pousser. Dès que quelque chose va mal, c’est la fin du monde. C’est comme la fois où on a bosser sur cette affaire où les gens tuaient d’autres gens et qu’ils pensaient que c’était un ange qui leur apparaissait et leur demandait de le faire. Et bien, Sam était tellement sûr que c’était un ange, moi j’étais un peu sceptique, et ça l’a blessé. Il me dit qu’il croit aux anges, et ça me va, même si ça n’a pas sauvé maman, mais Sammy peut croire ce qu’il veut. »
Je lui lançai un bref regard. Je pensais qu’il aurait été un peu bouleversé de parler de Mary, mais Dean était trop occupé à s’occuper du cas de son frère.
« Alors, à la fin, on trouve que c’était en fait le fantôme un prêtre décédé, et on s’en occupe. Mais Sam se met dans tous ses états et il décide qu’il avait tors de croire aux anges. Il aurait pu ignorer le truc et se dire, ok ce n’était pas un ange cette fois, mais peut-être la prochaine. Et non, au lieu de ça il envoie balader tout ce à quoi il croyait, il le balance par la fenêtre parce que cette fois-la n’a pas prouvé que les anges existent. »
« Peut-être qu’il croyait que tu allais le charrier avec ça », dis-je. « Tu sais, lui rappeler qu’il avait eu tord. »
« Peut-être, mais c’était pas la seule fois. Une seule affaire et il ne sait plus ce à quoi il doit croire. Adieu les anges, bonjour désespoir. Cette crise de foie qui fait perdre la tête à tout le monde. Et ne me parle pas de confiance. »
« Il ne te fais pas confiance ? »
« Non ! Il a ces visions démentes, et on laisse tomber tout ce qu’on est en train de faire pour aller sauver les gens de sa vision. Je ne les remets jamais en question, sans chercher à savoir d’où elles lui viennent ou qui est derrière tout ça, je me contente de l’accompagner. Mais il ne me fais as confiance. J’ai des instincts aussi, même s’il refuse de l’admettre. Comme cette affaire avec la gonzesse morte que son petit ami avait ramené à la vie. J’ai dit à Sam que je savais que c’était une chasse, mais il ne me croyait pas. Lui et ses visions, c’est la vérité absolue, et il est persuadé d’avoir raison. Avec moi, c’est comme, ouais tu as peut-être raison, mais c’est un coup de chance. Tu sais, papa me faisait assez confiance pour me dire le secret, mais Sam ne me fait pas assez confiance pour faire simplement notre boulot. »
« La confiance, c’est dur », dis-je, me demandant comment j’allais réconcilier ces deux-la.
« J’en ai marre de toutes ces conneries », gronda Dean. « Il veut que je partage mes sentiments. Avec papa, Sam a été sur mon dos pendant des mois pour que j’admette ce que je ressentais. J’étais furieux, ok ? Je croyais que j’aurais pu l’empêcher de mourir, je crois que cela aurait dû être moi, et je me sentais coupable ! Je peux pas ressentir quelque chose une fois sans avoir à en parler pendant des heures ? J’ai rien dit. JE ne me suis pas enfui et ait manqué de me faire tuer. Je ne me suis pas retrouvé possédé et essayé de tuer des gens. Je suis resté là où je devais rester, j’ai fait mon boulot et j’ai essayé de garder la situation sous contrôle. Mais Sammy ne comprend pas. Un de nous d’eux devait rester fort, stable pour pouvoir réfléchir, et comme il est devenu mélancolique et sensible, et bien c’est moi qui est dû assumer ce rôle ! »
« Dean », essayai-je de le raisonner, mais il était trop furieux pour écouter. Je me demandai s’il ressemblait à ça quand il était au combat. Si j’étais un démon et que ce regard m’était destiné, je prendrais le premier bus direction l’enfer.
« Et c’est ça le remerciement auquel j’ai droit », dit-il en frappant du poing sur les accoudoirs de la chaise. « Merci mec, tu as fait beaucoup, ou ça a dû être dur, papa a mis beaucoup de pression sur toi, et je comprends que tu aies besoin de temps pour tout digérer. Mais non, pas de remerciement ou la moindre considération. Juste des reproches pour tout ce qui s’est passé. Ouais, je suis peut-être imprudent. Je porte tout sur mes épaules alors forcément quelques fois je merde. Il ne pense jamais que ça peut être dur pour moi, Sam se plaint de ma boisson, que je drague les filles, de ma bouffe, de mes vêtements, de mon porno. J’en tellement ras le cul de ses plaintes et sa connerie de ça va être la fin du monde à cause de moi,mais est-ce que je me plains ? Non ! Je la ferme et je vais le boulot. »
« Mais tu as voulu faire ce boulot », lui rappelai-je. Mon dieu, j’avais l’impression de lui faire une psycho thérapie.
« Oh, c’est clair, lui est parti à la fac et je suis resté coincé avec papa », dit Dean en croisant les bras sur sa poitrine. « Ils ont eu cette grosse dispute et Sammy s’est cassé, en pensant que papa ne lui pardonnerait jamais ou ne lui parlerait plus jamais. Mais devine qui est resté à la maison et s’est débrouillé avec le vieux ? Ouais, c’est moi encore une fois. Tu crois que papa était dur quand tu l’as rencontré ? Tu n’as aucune idée de comment il était hors de lui et comment les choses étaient horribles quand Sam est parti. Lui et papa avaient l’habitude de s’engueuler, papa imposait sa loi et Sam se mettait à faire la tronche. Ils commençaient à s’engueuler, alors j’essayais de les faire arrêter, et papa m’envoyait dans ma chambre. Mais je pouvais toujours les entendre se crier dessus, ils faisaient trembler les murs de la maison en se bagarrant sur des trucs stupides comme Sam passant les tests pour entrer en fac ou papa qui buvait trop. Mais ensuite, Sam est parti, et papa n’avait plus personne avec qui s’engueuler. Alors il s’est occupé de mon cas. Pendant les deux années suivantes, il a surveillé tout ce que je faisait. Il me sautait dessus à propos de ma technique et de ma chasse et de mon concentration et de ma traque, pointant chaque petit détail qui n’allait pas. »
« John était dans les Marines », lui rappelai-je.
« Ouais, les Marines aurait été une partie de plaisir après avoir vécu avec lui pendant deux ans. Il m’entraînait pendant des heures, me sermonnait sur mon tir, mon lacer de couteau et comment je m’occupais des armes et est-ce que j’avais appris mes mots de Latin pour la semaine ? Une fois, j’ai laissé une dague en argent dehors derrière la maison qu’on louait parce que j’étais occupé à nettoyer les armes, et il l’a découverte. Après m’avoir arraché la tête à force de me hurler dessus, il m’a fait courir autour de la maison, sous la pluie, une centaine de fois sans m’arrêter avec un sac à dos de quarante kilos de matos. Je pouvais à peine marcher après ça, mais il m’a fait me tenir au garde à vous dans le salon et il m’a interrogé sur mon Latin. J’ai oublié quelques mots et il m’a consigné jusqu’à ce que je les ai tous retenu. Il m’a consigné ! J’avais vingt ans à l’époque, et il m’a consigné comme si j’en avais quinze. Mais je ne pouvais pas me plaindre sinon il aurait été encore pire avec moi. Alors j’ai fermé ma gueule et j’ai fait ce qu’il m’a dit. Pendant ce temps, Sam était pénard à la fac. »
« Tu aurais pu partir. » Je ne sais pas pourquoi j’avais dit ça. Les mots sont sortis comme ça et je sus que ce n’était pas juste de dire ça au moment où je les avais prononcés. Dean n’aurait jamais lâcher son père comme Sam n’arrêterait jamais de ressentir les choses.
« Non, je n’aurais pas pu », répondit Dean. « Papa avait déjà perdu maman et Sammy. Il ne pouvait pas me perdre aussi.. » Il déglutit difficilement, retenant ses larmes.
Je pris une grande inspiration, me demandant que dire maintenant. J’avais simplement voulu les faire parler et j’avais réussi à les séparer encore plus, sans trouver une idée pour les réconcilier. Je commençai à comprendre pourquoi John avait choisi d’être leur sergent instructeur. Ca semblait fichtrement plus facile que de gérer des sentiments. Tant que vous criiez des ordres et administrait des punitions, vous n’aviez pas à vous inquiéter de comment ils allaient à l’intérieur. Je n’aurai pas dû les faire parler dès le départ. Les femmes peuvent geindres et se lamenter à propos de leurs sentiments tant qu’elles voulaient et aller toujours bien, mais il y avait une raison pourquoi les hommes ne parlaient pas de leurs sentiments. C’est une spirale sans fin une fois que vous démarrez, et on n’était perdu au milieu.
Alors j’ai dit la seule à laquelle je pouvais penser, la seule chose qui avait du sens après tout ce qu’il avait dit : « Dean, es-tu en colère parce que tu as dû rester avec ton père et de ne pas être parti ou es-tu en colère parce que Sam est parti ? »
Dean cligna rapidement des yeux, son visage toujours figé par la colère.
« C’est parce que Sam est parti, n’est-ce pas ? » dis-je doucement.
« Oui ! Après que tout fut dit, il nous a quitté. Lui il choisit quand il appartient à cette famille ou pas et quand il se la joue en solo. Et je trouve que c’est dégueulasse ! »
Le silence tomba dans la pièce une fois qu’il eut parlé. Il s’assit dans sa chaise, respirant difficilement et se débattant intérieurement pour ne montrer aucun signe d’émotion, ce qui ne marcha pas, considérant le fait que son visage n’arrêtait pas de se contracter et qu’il clignait tout le temps des yeux.
Je passais en revue dans ma tête les conversations qu’on pourrait avoir, ce que je pourrais dire et ce qu’il dirait en retour. J’aurai pu lui rappeler que grandir était difficile et que Sam avait besoin de temps pour comprendre qu’il avait besoin de sa famille, mais Dean aurait sûrement répliqué que si Sam avait tellement besoin de lui, pourquoi est-ce qu’il continuait à s’enfuir ? J’aurais pu dire que John avait fait de son mieux mais j’aurais eu l’air d’excuser le comportement de John ce qui aurait pu agacer Dean ou lui faire croire que je critiquai la façon dont John les avait élevés ce qui aurait rendu Dean furieux. Hey, je suis pas dingue. Un mec peut se lamenter sur sa femme et sur sa vie encore et encore, et vous vous êtes acquiescer ou pas et d’un coup le mec est prêt à vous sauter dessus. Et la même chose était vrai pour les pères morts.
« C’est dur la famille », m’entendis-je dire, sans mettre un sens derrière ce que je disais. « Tu auras toujours des problèmes, et faudra que tu fasses avec. »
Dean rétorqua : « C’est tout ce que tu as ? Un conseil pourri. »
« Fais attention gamin », dis-je d’un air sévère. « C’est pas parce que je n’ai pas réponse à tout que tu peux faire le malin avec moi. »
Dean ouvrit la bouche, probablement pour dire quelque chose qu’il regretterait après, mais la porte de la salle de bain s’ouvrit et Sam en sortit.
Ses cheveux étaient mouillés et il portait un pantalon en flanelle et un t-shirt. Il avait l’air mieux après cette douche, mais il avait toujours l’air crevé.
Dean prit sa frustration qu’il avait ressenti pour moi et la dirigea vers son frère. « T’as pris une douche assez longue là ? On est trois ici, tu sais. »
« Vous parliez », répliqua Sam, essuyant ses cheveux avec une petite serviette. « J’essayais de vous laisser un peu d’espace. »
« D’un coup, ça t’inquiète de me laisser de l’espace », répliqua Dean.
« Ca veut dire quoi ? », demanda Sam d’un air surpris.
« Avec toi, soit tu es sur ma tronche soit à des kilomètres. »
Sam cligna des yeux, essayant de comprendre ce que Dean voulait dire. « C’est parce que je suis parti ? Mec, je t’ai dit que j’avais besoin de réfléchir par rapport à ce que papa t’a dit. Tu as dit que tu avais compris, mais apparemment, mais ça veut juste dire que tu allais prendre su toi jusqu’à ce que tu veuille me le balancer en pleine tête. »
« Et bien, si tu racontes des trucs à Bobby, je peux aussi », rétorqua Dean.
« Je lui disais juste ce que je ressentais ! », dit Sam en jetant la serviette sur le grand lit.
« Ouais, et tu as toujours que ça à raconter, dit Dean en se levant et en faisant face à son frère, toi et tes sentiments. J’en ai trop ras le cul de t’entendre parler de tes sentiments. T’as qu’à prendre tes putain de sentiments et ton putain d’ordinateur et te les mettre dans le cul ! »
« Pourquoi tu l’a fermes pas ? », lança Sam. « Chaque fois que tu commences à parler, c’est comme si j’appuyais sur un putain de bouton d’une stupide poupée qui parle. »
Je n’étais pas sûr si c’était une bonne vanne, mais je crois que le mot stupide a fait péter les plomb à Dean.
« Ta gueule », rétorqua-t-il à Sam.
« Pourquoi tu feras gaffe à ce que je dis ? Tu peux pas me comprendre, je ne parle pas le crétin », se moqua Sam.
Et là, Dean péta un câble. Il agrippa et poussa à moitié son frère, mais Sam était prêt et il l’attrapa aussi et le repoussa.
Ca ne ressemblait en rien aux combats que j’avais déjà vu. Ceux que j’avais vu se passaient dans des bars avec des mecs qui titubaient, se balançaient des coups de poing, se manquaient et se ramassaient par terre. Ces deux-la se tiraient et se poussaient dans tous les sens essayant plus de faire tomber l’autre que de lui faire mal.
« Les garçons », dis-je d’un ton de mis en garde. « Ca suffit. »
Mais ils n’écoutaient pas, et le combat devient plus violent. Ils se poussaient, grognaient, s’agrippaient et commençaient à se déplaçaient dans toute la pièce utilisant ces coups de pied de kung-fu que j’avais rarement vu. Je me dis que John avait été plus dans les combats modernes que moi. Je suis plutôt du genre coups de poing et coups de fusil.
Je continuais à leur dire d’arrêter, mais ils n’écoutaient toujours pas, et ils il sdevenaient de plus en plus incontrôlables.
Et puis c’est arrivé. Sam a donné un coup de pied à Dean dans les côtes, et Dean a juré, un regard sauvage dans les yeux. Dean a chargé sur Sam et Sam est tombé contre le mur. Il a perdu l’équilibre et est tombé sur le côté. Il est tombé sur la télévision.
La télé a vacillé un moment et ensuite est tombée du meuble.
Elle a touché le sol avec un bruit énorme, se fracassant comme vous n’auriez jamais cru ça possible, l’écran se brisant en plusieurs morceaux sur la fine moquette.
Leur bagarre s’arrêta sur le coup. Les deux garçons se tinrent droits et regardèrent les débris de la télévision.
« Les garçons ! », dis-je en colère.
Ils prirent un air honteux pendant quelques secondes, Dean plus que Sam. Mais ensuite, Sam jeta un regard noir à son frère.
« Tu m’as poussé ! », dit-il à nouveau énervé. « Et c’est toi qui a commencé aussi. Toi et ton caractère de chien ! »
« Oh, la ferme ! », hurla Dean en prononçant chaque mot avec mépris.
Je continuais à fixer la télé. J’avais une petite télé chez moi, surtout pour regarder les informations et occasionnellement une course de voiture. Ma télé m’avait coûtée autour des 120 dollars quand je l’avais achetée huit ans plus tôt. Cette télé était deux fois plus grosse et plus récente, elle devait coûter dans les 300$ au moins. C’était un vrai problème, un gros problème. C’était quelque chose dont se souviendrait le gérant, surtout si les Fédéraux traquaient les garçons jusqu’ici.
« Quoi ? Deux frères ? Ouais, je m’en rappelle. Ils m’ont cassé une télé. »
La sonnerie du téléphone retentit, surprenant les deux frères et me fit cligner des yeux. Sam me regarda avec des grands yeux marron et Dean jura entre ses dents pendant que le téléphone continuait de sonner.
Mais il me parut évident qu’ils s’attendaient à ce que ce soit moi qui réponde car ils ne firent pas un mouvement vers le combiné. J’étais plus près, alors je décrochai. « Allo ? »
« On a entendu un bruit », s’exclama une femme à l’autre bout du fil. « Est-ce que tout va bien là haut ? »
« Oui, madame », répondis-je, faisant attention de rester le plus poli possible. « Mes, heu, mes enfants se chamaillaient pour rire et ils ont renversé deux trois choses. Je vais calmer les choses. »
eOh », dit-elle hésitant avant d’ajouter : « et bien, il se fait tard… »
« Désolée, madame », dis-je très poliment. « Nous allons baisser d’un ton. C’est l’heure d’aller au lit pour eux de toute façon. »
Je raccrochai et me retournai pour faire face au garçon. Sam avait l’air honteux, Dean le remarqua et ça l’énerva encore plus.
« Probablement une vieille bique », dit-il en désignant vaguement le téléphone. « qui fourre sonnez dans ce qui la regarde pas. J’en ai trop marre de tout ces gens qui nous font chier. »
« On faisait beaucoup de bruit », lui dit Sam. « Elle avait raison de s’interroger. »
« Oh, c’est clair, rétorqua Dean, mets toi de son côté ! »
J’en avais assez. J’étati sûr qu’ils continueraient à se quereller si je ne faisais rien, et soudain je me sentis hyper frustré par ce deux-la. Toutes leurs querelles, leur bagarre et le fait de casser la télé, surtout à un moment où ils devaient faire attention à ne pas se faire repérer, et pas passer leur temps à se chamailler.
« Ca suffit », dis-je en avançant vers eux.
Ce fut intéressant de voir leur façon différente de réagir à une menace physique. Sam recula un peu, levant ses mains devant lui plus pour se défendre que pour attaquer. Dean avança d’un pas, se mit en appuie prêt à se battre, serra les poings, prêt à attaquer. J’ignorai leur deux réactions et attrapait d’abord Dean par le col avant d’attraper Sam à son tour.
« Qu’est-ce que tu fais ? », protesta Dean, même s’il ne se débattit pas.
« Ce que j’aurais dû faire plus tôt quand toutes vos querelles ont commencé », répondis-je rapidement, en les poussant vers le grand lit.
Dean lança un regard furieux à Sam, et Sam essaya de le regarder méchamment, mais continua à me lancer des regards inquiets par dessus son épaule. C’est exactement la réaction que je souhaitais. Une petite peur ait salutaire quelques fois.
Je m’arrêtait au bout du lit, me demandant avec lequel commencer. Je voulais d’abord réprimander Dean comme c’était le plus vieux, et que c’était lui qui avait commencé. Mais mon instinct me dit de commencer avec Sam, celui qui serait plus enclin à accepter ce que je j’allais lui faire. Je décidai de commencer par à une petite réprimande.
« Je ne sais comment vous gérer vos bagarre, dis-je en les tenant toujours par le col, mais c’est ridicule. Vous ne vous lancer pas de coups de poing, vous ne casser pas les choses, et vous n’attirez pas l’attention. »
« Mais c’est lui qui a commencé ! », protesta Sam, sonnant comme un gamin de huit ans.
Normalement, il était plus grand que moi, mais la façon dont il se tenait , les épaules et la tête basses, j’avais l’impression d’être aussi grand que lui et que je dominait la situation.
« Je m’en fiche de qui a commencé. Vous vous êtes sauté à la gorge pendant toute la journée, et j’en ai plus qu’assez. Je ne sais pas comment votre père gérait ce genre de comportement, mais je doute qu’il vous laissait continuer vos conneries. »
Sam renifla, mais Dean me fixa avec un regard plein de fureur.
« Ne parle pas de mon père », ordonna-t-il.
Je campai sur mes positions, pas près d’être effrayé par un petit malin. « Je parlerai de ton père autant que je veux. Il était mon ami, la plupart du temps, et il ne vous laissait pas vous en tirer comme ça quand vous étiez chez moi, et je ne pense pas qu’il le ferait encore maintenant s’il était ici, j’ai pas raison ? »
Dean continua à me lancer des regards noirs, mais ne dit rien.
« pas vrai ? », demandai-je, plus fort et leur donnait à chacun une bonne secousse.
« Non, monsieur », marmonna Sam. Je remarquai qu’il allait se mettre dans tous ses états si je ne prenais pas rapidement les choses en main. Dean regarda Sam, et immédiatement je vis que Dean n’était plus fâché après lui mais seulement après moi. Et bien, c’était un début.
« Dean », dis-je d’une voix la plus autoritaire possible. « va t’asseoir sur la chaise dans le coin. »
« Pourquoi ? », demanda-t-il avec une pointe d’arrogance.
« Ne discute pas et vas y, ordonnai-je d’une voix implacable, et ne bouge pas de là jusqu’à ce que je t’appelle. »
Dean me regarda, suspicieux, mais il alla à contre coeur s’asseoir sur la chaise. Il continua à me fixer du regard, regardant avec attention, se demandant ce que j’allais faire de son petit frère.
J’y pensais une demi seconde. La vérité c’était que Sam était plus grand que moi, j’étais toujours assez costaud mais je ne savais si ça allait être pratique de le mettre sur mes genoux.
Oui, même l’idée à laquelle j’avais pensé me surprit , mais j’étais déjà passé à l’étape suivante. Temps pour l’action.
« Couche toi face au lit », dis-je à Sam.
Il tourna vers moi des yeux incrédules, ne croyant pas que je puisse être sérieux ayant compris où je voulais en venir.
« Quoi ? », demanda Dean d’une voix coupante.
« Tais-toi Dean », commandai-je. « Sam, allonge toi sur le bord du lit. Tout de suite
C’est une histoire sur la série Supernatural. J’ai eu l’autorisation de son auteur Jen pour la traduire et la poster ici.
Attention : cette histoire contient une fessée. Si ce n’est pas votre truc, ne lisez pas.
Revenu de l’enfer
Dean se laissa tomber sur le lit. Il se demanda si la pièce arrêterait enfin de tourner s’il fermait les yeux. Il entendit Sam se plaindre qu’il allait se noyer dans son propre vomi ou quelque chose dans ce genre, mais il s’efforça de ne pas l’écouter. C’était son anniversaire bon sang et s’il voulait se bourrer et bien Sam n’avait qu’à s’y faire. Dean pensait qu’il pouvait au moins un jour dans l’année ne pas avoir à prendre soin de son petit frère.
Sam essaya de pousser Dean sur le côté pensant qu’il allait sûrement vomir après la quantité d’alcool qu’il avait ingéré. Dean essaya de le repousser vivement en disant : « arrête Sammy ! J’vais bien ! »
Sam s’écarta et s’assit sur son lit attendant que Dean s’endorme. Trois minutes plus tard, il fit rouler Dean sur le côté et s’assura que la poubelle était tout près. Sam se rassit sur son lit et fixa son grand frère en repensant à leur journée. Sam avait réveillé Dean avec une tasse de café, des beignets et un « joyeux anniversaire ». Dean s’était tourné de l’autre côté et lui avait lancé : « Fais chier. Laisse-moi dormir ! »
La journée avait empiré. Dean avait refusé de travailler, et avait passé la journée entière dans des bars à dire à tout va que c’était son anniversaire et à se faire payer des coups par des femmes aux mœurs douteuses. Cela n’avait pas dérangé Dean d’avoir Sam avec lui tant qu’il ne disait rien. Mais quand Sam parla d’un job, Dean lui lança un regard noir et Sam se tût.
Jetant un coup d’œil à l’horloge, Sam vit qu’il était seulement 22 heures. Sam regarda son frère et fut submergé par le désespoir. Il sentit des larmes couler sur son visage. Il ne se sentit pas forcé de s’arrêter de pleurer comme Dean n’était pas réveillé pour le charrier. Il savait que Dean avait besoin d’aide et Sam avait essayé de l’aider mais tout ce qu’il avait entreprit avait lamentablement échoué.
Sam savait comment faire pour se sentir mieux et comme Dean dormait il décida de le faire. Il se leva, se retourna et s’agenouilla au pied de son lit. Il ferma les yeux et commença à prier. Il concentra toute son énergie dans sa prière et supplia dieu de lui montrer la voix pour aider son grand frère.
Quelques minutes plus tard, Sam ressentit un mélange inhabituel de joie et de bien-être l’envahir. Prenant une grande inspiration, il réalisa qu’il ne pleurait plus. Il essuya les dernières larmes sur ses joues. Il sourit et ouvrit les yeux pour voir son père assis sur le lit qui le regardait.
Sam se dit soudain qu’il aurait dû être étonné, peut-être même terrifié de voir son père mort assis là aussi vivant qu’avant. Mais, au lieu de cela, son sentiment de bonheur s’intensifia. « Bonjour papa », dit-il.
John lui sourit et posa une main sur le visage de Sam. « Tu as eu une mauvaise journée fils », demanda John.
Sam acquiesça et répondit : « Je ne sais pas comment l’aider ». Il s’attendait à ce que son père comprenne.
Acquiesçant à son tour, John dit : « Ca va aller. Je suis là et tout va s’arranger pour vous deux après ce soir. »
Sam le crut. John se leva et tendit la main pour aider Sam à se relever. Prenant la main tendue, Sam se leva et se retrouva dans les bras de son père. Sam serra son père dans ses bras et réussit à lui dire sans ressentir de peine : « tu m’as manqué ».
« Je sais et je sais aussi que tu te sens mal parce que les choses n’étaient pas terribles entre nous quand je suis parti, mais tu ne dois plus y penser. Je t’ai toujours aimé et je t’aimerai toujours. Peu importe nos disputes, je sais que tu m’as toujours aimé. »
Sam relâcha son étreinte et dit doucement : « merci papa. »
John posa une main sur le front de Sam et une lueur blanche sortit de sa main. « Tu as besoin de te reposer fils », dit John en retirant sa main.
Les yeux de Sam était déjà mi-clos. Il retira ses chaussures avec ses pieds en hochant la tête et se glissa dans son lit encore tout habillé. Sam s’endormit paisiblement aussitôt que sa tête toucha l’oreiller. John se pencha et embrassa Sam sur le front. « Bonne nuit Sammy ».
John se tourna vers Dean et marcha vers son lit. John plaça ses deux mains au dessus du ventre de Dean quelques secondes pendant qu’une lueur blanche se mit à briller. John attrapa la poubelle et attendit deux secondes.
Se poussant brusquement dans une position assise, Dean attrapa la poubelle qui était devant lui et vomit dedans trois fois. Dean resta assis à reprendre profondément sa respiration pendant quelques secondes et cracha plusieurs fois dans la poubelle avant de lever les yeux. Son corps se figea quand il vit John debout devant lui.
John prit la poubelle des mains de Dean et alla dans la salle de bain. Dean regarda son père aller dans la salle de bain en marmonnant : « quelqu’un a dû mettre de la drogue dans ma boisson ».
Quelques secondes plus tard, John sortit de la salle de bain avec un verre d’eau. Il le tendit à Dean et dit : « Bois fils ».
Dean prit le verre et but quelques gorgées. John rendit la main pour prendre le gobelet et Dean lui donna. « Papa ».
John posa le gobelet sur la table de nuit et se retourna vers Dean. « Oui Dean, c’est moi. Ce n’est pas une hallucination, je ne suis pas un shapeshifter, tu n’es plus saoul et ce n’est pas non plus un rêve », dit John.
Secouant légèrement la tête Dean bégaya : « Mais…mais… »
« Je suis mort ? »
« Ouais »
John s’assit sur le lit de Dean et inconsciemment Dean s’éloigna de lui. « Oui, je suis mort », dit John.
« Mais alors… ? »
John posa ses coudes sur ses genoux. « Beaucoup de forces ont convergées ce soir pour que cela soit possible et nous n’avons pas autant de temps que ça. Alors il va falloir que tu l’acceptes. »
Dean regarda Sam qui dormait dans son lit et l’appela : « Sam ».
« Il dort », dit John.
« Qu’est-ce que tu lui as fait ? »
« Je me suis assuré qu’il dorme toute la nuit pour que nous puissions parler sans être interrompus. »
Dean le fixa d’un regard noir et demanda : « Tu lui as laissé le choix ? »
« Tu as assez d’ennuis comme ça Dean alors tu ferais mieux d’écouter », répondit John.
Dean secoua la tête montrant son désaccord mais écouta.
« Je suis ici pour te remettre sur le droit chemin parce que depuis que je suis mort tu n’as fait que erreur après erreur et il faut que ça s’arrête. »
Dean jeta un autre regard noir : « J’ai fait des erreurs ? Et toi ? S’il te plaît n’essaie pas de me dire que tu n’as pas échangé ta vie contre la mienne, parce que je sais que tu l’as fait. »
« Tu as raison Dean, c’est exactement ce que j’ai fait et si j’en avait la possibilité je le referais sans hésiter. »
« Tu n’avais pas le droit »
John fit signe à Dean de venir plus près de lui : « Approche-toi fils »
Dean s’assit à côté de son père. John posa son bras sur les épaules de Dean et le tira doucement vers lui jusqu’à ce que la tête de Dean touche son épaule. Dean respira l’odeur de son père et ses derniers doutes sur le fait d’avoir réellement son père sous ses yeux s’envolèrent. John frotta le bras de Dean de haut en bas d’un geste réconfortant et dit d’une voix douce mais autoritaire : « Dean, je t’aime. Je t’aime plus que ma vie. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger, y compris donner ma vie. »
Dean passa un bras autour de son père et le serrant fort se mit à pleurer : « mais tu souffre en Enfer tous les jours ».
John passa son autre bras autour de Dean et le serra fort contre lui. « Je ne vais pas insulter ton intelligence en te disant que je ne suis pas en enfer, mais crois-moi quand je te dis que je souffrirais bien plus si j’étais en vie et que toi tu étais mort. Je ne regrette pas le marché que j’ai conclu. C’était juste. »
Dean secoua la tête pleurant trop pour parler. « Eh, regarde-moi fils », dit John.
Dean desserra son étreinte et se recula assez pour regarder son père. « L’enfer ne peut pas me garder éternellement Dean. Malgré le marché que j’ai conclu, une bonne âme ne peut pas rester éternellement en Enfer. L’univers ne fonctionne pas comme ça. Et en tout honnêteté j’ai fait beaucoup d’erreurs dans ma vie, alors aller directement au Paradis n’était certainement pas une option de toute façon. Les choses que j’ai faites avec vous et les choses que j’ai faites avant avec les Marines avant de rencontrer ta mère… et bien, c’était mal. Mais j’ai aussi fait de bonnes choses dans la vie, et les démons qui me gardent en enfer ne peuvent l’ignorer. »
Pour la première fois depuis la mort de son père, Dean ressentit un sentiment de paix. Il dit entre deux sanglots : « Tu ne me racontes pas de conneries ? »
John pouffa et dit : « C’est la vérité. Parole de Scouts ».
Dean lâcha John et essuya son visage. John était satisfait d’avoir trouvé les mots juste qui avaient apaisé Dean, mais il n’était pas enthousiasmé de ce qu’il s’apprêtait à faire. John soupira et dit : « je trouve que c’est ironique que je puisse te voir aujourd’hui car c’est ton anniversaire ».
Dean sembla surpris par ce propos et demanda : « pourquoi ? »
« Parce que je crois que tu vas recevoir la pire des fessées d’anniversaire que tu n’as jamais reçue. »
Dean essaya de s’éloigner de son père mais John lui attrapa le poignet. Dean rit nerveusement et dit : « j’ai arrêté de trouver ça drôle le jour de mes 10 ans. »
« Il ne va rien y avoir de drôle ce soir. Viens sur mes genoux »
« Mais… »
« Non Dean. Tu vas recevoir la fessée que tu as méritée depuis ces derniers mois. »
Dean secoua la tête en sentant son estomac se nouer. John tira le bras de Dean assez fort pour que Dean se retrouve en travers de ses genoux. Dean se laissa faire jusqu’à ce qu’il sente son père passer sa main sous lui pour lui défaire son jean. « Non, protesta Dean, p’pa, non ! »
La réponse de John fut de baisser le jean et le boxer de Dean à ses genoux. Dean essayait frénétiquement de trouver une raison qui empêcherait ça d’arriver. « P’pa j’ai 28 ans », finit-il par dire.
« Pas pendant les 20 prochaines minutes et tu crois vraiment que ton âge peut me faire changer d’avis ? »
Dean grimaça en repensant à la dernière fois où il avait utilisé l’excuse de son âge. Il avait 25 ans et cela n’avait pas marché du tout. « Non »
« Alors voyons une par une les erreurs que tu as faites », reprit John.
Dean grogna. Il savait par expérience que cela signifiait qu’il allait rester sur les genoux de son père pendant un long moment.
« Premièrement, tu as très mal réconforté ton frère après ma mort. Je sais que tu avais aussi de la peine mais nous savons tous les deux que ton frère te prend en exemple et moi parti, tu dois prendre ma place mieux que ça. »
Dean se sentait mal par rapport à ça. Il avait été entraîné pour protéger et prendre soin de Sam depuis tout petit, et il savait qu’il n’avait pas assuré ces derniers temps. « Oui », répondit-il.
John se mit à abattre fermement et rapidement sa main sur le postérieur de Dean indiquant clairement son mécontentement. Dean se mordit la lèvre et essaya de rester silencieux sachant qu’il le méritait. En même temps qu’il fessait son fils, John se demanda s’il n’était jamais venu à l’esprit de Dean que son père n’était pas juste en lui imposant une telle responsabilité par rapport à son frère. D’un autre côté, cela importait peu car John n’avait personne a qui confier cette tâche, mais il espérait qu