Harry Potter
Posté le 02.02.2008 par fandefessees
Pour les fans inconditionnels de HP et des fessées puisqu'il y en a dedans, j'ai un nouveau blog juste sur HP.
C'est http://lnlune.skyrock.com/1.html
En espérant lire vos messages.
Et pour le plaisir des yeux, la jolie photo! Moi la réponse c'est YES! :)
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Posté le 16.01.2008 par fandefessees
Je rappelle que cette histoire est de Perry.
Un nouvel endroit pour grandir, chap11 1/2
Harry agenouillé dans une rangée de romarin à désherber sentait la douce chaleur du soleil de l’après-midi lui caresser le dos à travers son t-shirt. Il avait retiré sa cape une heure auparavant et il n’avait pas l’intention de la remettre, quoique puisse en dire Rogue. Rogue voudrait sûrement qu’il la porte sous le soleil brûlant et se lamenterait ensuite de l’imbécillité d’Harry pour attraper un coup de chaud. Ne nous volons pas la face, Rogue prenait un malin plaisir à souligner les erreurs des autres et encore plus quand il s’agissait d’Harry.
Une brise souffla sur le jardin, ébouriffant les cheveux d’Harry et faisait trembler les jeunes pousses. Les mains d’Harry était recouverte de poussière, ses genoux et son pantalon tâchés de boue. Oh, et bien si Rogue ne lui donnait pas de vêtement pour jardiner, ce n’était pas de la faute d’Harry.
« Vous avez oublié un endroit », dit une voix derrière lui.
Harry tourna la tête et vit par dessus son épaule Rogue qui surveillait son travail, les bras croisés et le visage sévère en supervisant le travail de son pupille.
« Je n’ai pas encore fini », protesta Harry avant de recommencer à désherber. « Je reviendrai dessus après. »
« Ca fait deux heures que vous êtes là et vous n’avez fait que trois plants. Vous les désherbez avec vos dents, ou est-ce que vous aimez aller aussi lentement que les escargots ? »
Le sarcasme sifflant dans la voix de Rogue donna l’envie à Harry de lui lancer une poignée de sable.
« Je fais ce que je peux, arrêtez de me crier dessus », grogna Harry en tirant sur une mauvaise herbe particulièrement vicieuse.
Elle refusait de se déraciner, résistant avec entêtement. Harry l’attrapa par les deux mains et tira de toutes ses forces. Le sol s’ouvrit et la mauvaise herbe en sortit amenant avec elle un des plants de romarin. Harry s’essuya le visage avec sa main, laissant une trace de sueur poussiéreuse sur son front, et attendit que Rogue commente sur les garnements qui s’amusaient à détruire les jardins et qui était une source de problème supérieur à ce qu’ils valaient.
« Doucement Potter », dit Rogue d’une voix sarcastique. « Il y a des mauvaises herbes qui ne viennent pas tout de suite, et vous devez faire attention de ne pas arracher les autres plantes. »
Harry poussa un soupir agacé et jeta la mauvaise herbe sur le tas de mauvaises herbes qui grossissait à mesure que l’après-midi s’écoulait. « Ce serait nettement plus facile avec ma baguette. Je pourrais le faire en quelques minutes et ensuite faire autre chose au lieu de farfouiller dans la saleté. Il fait chaud et humide et je n’avance pas beaucoup et rien n’a l’air bien. »
« Le dur labeur forme le caractère », fit Rogue d’un ton condescendant en faisant demi tour. « Quelque chose dont vous auriez grandement besoin. Un travail dur et laborieux, c’est ce qu’il vous faut, plus que n’importe quoi. Et en tant que bon tuteur, j’ai bien l’intention de vous permettre d’accéder à ce besoin le plus souvent possible. »
Harry ne put se retenir. Il jeta une poignée de boue à Rogue. La boue s’écrasa sur la robe de Rogue, mais retomba à terre sans laisser de trace. Rogue se retourna vers Harry.
« Monsieur Potter, est-ce que vous venez juste de me lancer de la boue parce que j’ai dit la vérité ? »
Harry fronça les sourcils, agacé et tendit les mains vers une autre mauvaise herbe refusant de donner satisfaction à Rogue en lui répondant. Puis, Harry se retrouva volant dans les airs au dessus du jardin et atterrit dans l’étang dans un grand splash. Un instant après, ses fesses touchèrent le fond de l’étang, l’eau lui arrivant au dessus des épaules. Le souffle coupé par la température glaciale de l’eau comparée à la chaleur du soleil, il se débattit pour se remettre debout. Il perdit l’équilibre, battit des bras et finit par se remettre sur ses pieds. Il se retourna de l’eau jusqu’au genou et vit Rogue debout au bord de l’eau, souriant.
« Voyons, voyons, Potter, une baignade si tôt dans la saison. Vous ne pourriez pas d’abord vous changer ? Et j’apprécierai que vous me demandiez l’autorisation avant. »
« Ha, ha, ha, vous êtes fichtrement drôle », lança Harry en sortant de l’eau. « Merci beaucoup de m’avoir envoyé valser dans l’eau. Maintenant, je ne peux plus désherber. »
Rogue leva un sourcil interrogateur.
« Allez quoi », protesta Harry en se retenant de se lancer sur Rogue et de lui envoyer un coup de pied. « Je dégouline. Je ne peux pas travailler comme ça. J’ai froid aussi. »
« Mettez votre cape alors », conseilla Rogue de cet air froid et suffisant qu’Harry détestait. « Ca vous réchauffera. »
« Espèce de sale monstre », marmonna Harry en se dirigeant vers les plantations.
« Je crois que quelqu’un a besoin de faire la sieste », fit Rogue. « Et la bouche lavée au savon avant le dîner. J’ai quelques barres de savon parfumées à la lavande et à la crème pour bébé qui rempliraient très bien votre bouche et qui n’ont pas encore été utilisées. »
Harry s’arrêta et respira profondément pour se calmer. S’énerver ne l’aiderait pas maintenant. « Je suis désolé de vous avoir insulté. Et je n’aurais pas dû vous jeter de la boue. S’il vous plaît, ne me laver pas la bouche au savon. »
Il savait que Rogue ne l’écouterait pas, il ferait ce qu’il voudrait sans se préoccuper des requêtes d’Harry. C’était la façon dont agissait Rogue, déterminé à démontrer qu’il n’était pas le moins du monde impressionné par ce que faisait le garçon qui avait survécu. Rien de ce qu’avait pu dire Harry n’avait jamais rien changé. Même s’il se comportait parfaitement, Rogue trouvait toujours quelque chose à critiquer, les moindres détails insignifiants qu’Harry aurait négligés.
« Ramassez votre cape, commanda Rogue, et aller vous changer à l’intérieur. Vous pouvez étudier dans la bibliothèque cet après-midi jusqu’au souper. Mais si j’entends la moindre grossièreté sortant de votre bouche, vous aurez une bouche lavée au savon et vous passerez une heure au coin. »
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Une fois dans la bibliothèque, Harry se mit à travailler sur son plan. Il commença par faire une liste de ce dont il avait besoin pour partir à l’assaut du Manoir des Malfoy. Il devait connaître les plans du Manoir pour savoir où ils seraient le plus à même de cacher les objets précieux. Il devrait aussi recenser les gens et les créatures du Manoir. Lucius était toujours en prison à Azkaban à ce qu’avait entendu Harry, mais il y avait cependant une chance que le vil Mangemort se soit échappé. Narcissa serait sûrement au Manoir à tenir un profil bas après la disgrâce qui avait touché son mari. En ce qui concernait Draco, et bien, il pouvait être n’importe où, en voyage, à rendre visite à des amis malsains ou à sa famille, à participer à un meeting de Mangemorts, ou simplement à flâner dans le Manoir comme un prince pourri gâté. Et les Malfoys avaient certainement des elfs de maison. Sachant que Rogue en avait deux, Harry ne serait pas surpris que les Malfoys en aient quatre ou cinq, même après avoir perdu Dobby.
Dobby. Où était-il ? Peut-être pourrait-il renseigner Harry sur le Manoir. Dobby saurait tout sur les Malfoys même s’il n’avait pas travaillé pour eux depuis trois ans. Si Harry pouvait trouver Dobby et lui soutirer quelques informations, Harry serait à mi chemin pour mettre la main sur le collier. Mais connaissant les elfs de maison, Dobby serait réticent à dire quoique ce soit et finirait par se frapper la tête avec un gros livre avant de pouvoir fournir un renseignement valable. Harry allait devoir lui tendre un piège mais il fallait déjà qu’il découvre où Dobby se trouvait. Aux dernières nouvelles, Dobby et Winky servaient à Poudlard dans les cuisines.
Pour envoyer un message à Dobby, Harry devait trouver une chouette. Pour se faire, il devrait demander l’autorisation à Rogue et ensuite convaincre Hedwige de prendre la lettre. Quand Harry s’était rendu dans le pigeonnier, Hedwige avait fondu sur lui en colère et lui avait asséné des coups de becs aux oreilles. Mais, faire face à un oiseau en colère était toujours plus facile que de persuader Rogue d’envoyer les lettres.
Harry grogna en imaginant le flot de questions que prononcerait Rogue. Pourquoi voulez-vous envoyer une lettre ? Qu’est-ce que vous avez à dire qui ne puisse attendre que l’école ne redémarrre ? Vous ne souhaitez envoyer de lettres qu’à M. Weasley et Mlle Granger, n’est-ce pas ? Pourquoi avez-vous besoin d’envoyer une lettre à Poudlard ? A un elf de maison ? Potter, cessez de m’importuner et continuez à jardiner avant que je ne vous renvoies les fesses dans le lac.
Une conversation très productive. Est-ce qu’Harry pouvait envoyer Hedwige avec une lettre sans le dire à Rogue ? Non, il devait y avoir une sorte de protection autour du Manoir qui ne laisserait pas passer les animaux sans en être averti.
Harry posa sa tête sur la table, frustré. Il était las d’essayer de surpasser Rogue et de se jouer de lui. Le Maître des Potions semblait être partout, omniscient et toujours avoir un train d’avance sur Harry. Est-ce que c’était cela avoir un parent ? Harry n’avait jamais imaginé que les parents pouvaient être aussi futés.
Pas qu’il pense que les parents étaient idiots. Mais prenons les parents de Ron. Leurs sept enfants faisaient toujours des bêtises et ils s’en sortaient toujours. Leurs parents ne les attrapaient qu’une fois sur deux. Et les autres parents n’avaient aucune idée de ce qui se passait à Poudlard jusqu’à ce que le Ministère réagisse et décide d’intervenir. Les parents étaient tellement aveugles, tellement accaparés par leurs propres problèmes qu’ils ne se rendaient compte de rien jusqu’au moment où le désastre les frappait en plein visage.
Mais Rogue… Harry frémit. Rogue était le pire des parents qu’on pouvait avoir. On ne s’en tirait jamais. Il avait ce sixième sens pour découvrir ce qu’on était en train de faire, et il n’hésitait pas administrer les punitions quand c’était mérité. Rogue vous faisait marcher droit, ne tolérait pas qu’on lui réponde, et savait vous faire comprendre qu’il savait exactement ce que vous faisiez à chaque minute.
Bien sûr, cela pouvait être une bonne chose. Sans s’en rendre compte, Harry se mit à griffonner les coins de la feuille, perdu dans ses pensées. Après un an où personne n’avait cru au retour de Voldemort, à cacher les réunions secrètes de l’AD, et à s’opposer seul à Ombrage, cela faisait du bien d’avoir un adulte qui le prenne au sérieux. C’était le côté sympathique de la chose (peut-être même le seul) de Rogue : il était honnête. On savait à quoi s’en tenir, il ne disait pas quelque chose en pensant le contraire, il était constant dans sa façon de s’occuper de son pupille et ne l’abandonnerait pas sur un coup de tête. Non, Rogue disait ce qu’il pensait, pensait ce qu’il disait et il valait mieux qu’Harry écoute ou sinon… Après des années à côtoyer des adultes aux deux visages, il était plaisant de dépendre d’une personne qui restait fidèle à elle-même.
« Potter ! », raisonna la voix sévère de Rogue à travers la bibliothèque. « Qu’est-ce que vous faites ? Ca fait une heure que vous êtes là, et tout ce que vous avez fait c’est du gribouillage sur une feuille ? C’est pour cette raison que vous n’irez pas voler aujourd’hui. Une fois que vous m’aurez prouvé que vous pouvez mener une tâche à son terme sans que j’ai à vous surveiller constamment, alors je pourrait vous faire confiance et vous laisser seul. C’est l’heure de souper, et ce soir vous vous installerez dans mon bureau que je puisse garder un œil sur vous. »
Ouais, pensa Harry en se levant et en rangeant ses feuilles dans le casier de sa table, c’était du Rogue tout craché. Toujours constant, toujours le même esclavagiste méprisable et machiavélique depuis qu’Harry le connaissait. Rien que des règles, des punitions et des commentaires sarcastiques. Et par chance, Harry était coincé avec lui toutes les grandes vacances.
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« Est-ce que je pourrais envoyer des lettres demain ? », demanda Harry en boutonnant la veste de son pyjamas près à se glisser sous les couvertures.
Rogue se retint de lever les yeux au plafond, mais dit d’une voix à contrecœur : « très bien, mais je me réserve le droit d’y jeter un œil avant que vous ne les envoyiez. Je ne tiens pas à ce que vous envoyiez à la Gazette du Sorcier une plainte pour être secouru des griffes d’un vampire de Maître des Potions, et à voir une flopé de sorciers et de sorcières en colère frapper à ma porte. »
« Je n’envoie pas ce genre de lettre aux journaux », protesta Harry. « La seule chose que j’ai dite aux journaux est cette interview de Rita Skeeter, et seulement pour arrêter Ombrage. L’autre truc, comme cet article que vous avez lu en classe, n’était qu’un amas de propos déformés et faux. »
« Vraiment ? », fit Rogue peu convaincu. « Comme cela vous n’étiez pas intéressé par Mademoiselle Chang pendant le Tournoi des Trois Sorciers ? »
« Pas tant que ça », fit Harry en essayant de cacher les couleurs qui lui montaient aux joues.
Rogue toussota et pointa le lit du doigt. « Couchez vous et prenez votre potion. »
« Dans ma prochaine interview, je leur dirait que j’ai été drogué tout l’été », déclara Harry en prenant la fiole remplie d’un liquide marron des mains de Rogue tout en grimaçant.
« C’est une dose de vitamines et d’oligoéléments pour que vous restiez en pleine forme, et non un somnifère. »
« Beurk », fit Harry en avalant la potion et en tendant la fiole vide à Rogue. « C’est dégoûtant. Pourquoi est-ce que ça doit toujours être écoeurant ? Les Moldus donnent à leurs enfants des médicaments en forme de bonbons et des sirops sucrés. Et non, je ne veux pas de bonbons ou de sirop alors vous pouvez garder vos commentaires pour vous. »
« Susceptible aujourd’hui ? », fit Rogue en souriant. « Vous voulez me dire pourquoi vous êtes si ronchon ou préférez-vous bouder au lit ? »
« Je ne boude pas, et je ne suis pas ronchon », protesta Harry en se laissant tomber sur les oreillers. « Je suis coincé avec vous qui me crier dessus pour le reste des vacances, et je devrais être heureux ? »
« Seriez-vous plus heureux dans votre famille ? »
Harry se redressa sur les coudes et jeta un regard noir à Rogue. « Vous voulez savoir des choses sur ma famille ? Vous aimeriez savoir comment s’était de grandir là-bas, d’être le plus jeune et le plus petit et d’avoir tout le monde qui s’en prend à vous ? »
« S’il vous plaît, Potter », répliqua Rogue en prenant une chaise et en s’asseyant près d’Harry. Il prit l’air de quelqu’un qui était parfaitement à l’écoute s’attendant à apprendre quelque chose de passionnant. « faites moi le plaisir de me raconter cela afin que j’en sache plus sur vous et votre vie. »
A suivre
Posté le 11.01.2008 par fandefessees
« Ca a l’air dégoûtant, et je ne suis pas malade, juste courbaturé d’avoir nettoyé », dit Harry d’une voix fatiguée. C’était ridicule de refuser parce qu’il savait que Rogue pourrait le forcer à prendre la potion, mais Harry n’allait pas faire tout ce que lui demandait Rogue juste parce qu’il était aux commandes. Ce mec était un maniaque du contrôle, se repaissant du pouvoir de la façon dont les vampires se repaissent du sang. Une fois qu’Harry abandonnerait, le maître des Potions le sucerait jusqu’au sang.
« Immobulus ». Rogue avait sortit sa baguette de sa main libre et Harry retomba sur son oreiller dans un bruit sourd. Rogue reposa la cuillère sur la table et attrapa la bouteille. « Je crois que vous avez besoin d’une dose supplémentaire de cette délicieuse médecine pour vous aider à tenir votre langue. » Rogue commença à verser la substance visqueuse dans la bouche ouverte d’Harry, et les yeux d’Harry lui sortirent de la tête au goût horrible de la potion. Franchement, chaque potion semblait être encore plus dégoûtante que la précédente, et seulement faites pour le torturer avec leurs goût détestable. Et maintenant, il allait s’étrangler parce qu’il ne pouvait pas avaler sous le sort, et il ne pouvait pas non plus le dire à Rogue, bien qu’il doutait que Rogue s’intéresserait de savoir si Harry s’étranglerait tant qu’il restait tranquille et silencieux.
Après avoir versé ce qui semblait être la moitié de la bouteille dans la bouche d’Harry, Rogue referma la bouteille et ferma la bouche d’Harry. De la potion coula de la commissure de ses lèvres, mais Rogue l’essuya avec un mouchoir en papier. « Très bien, Potter, maintenant avalez. Vos réflexes naturels marchent. Avalez la potion et ensuite vous dormez. »
La potion ragoûtante fit son chemin dans la gorge d’Harry, laissant un arrière goût immonde sur son passage.
« Comme vous ne pouvez pas m’obéir pour de simples choses, dit Rogue d’un ton plus ferme, j’étends votre temps sous ma supervision à trois jours. » « De plus… », ajouta Rogue juste avant de s’arrêter brusquement, le visage livide de douleur.
La peur traversa Harry, mais il ne pouvait bouger, ni exprimer son inquiétude.
La main droite de Rogue agrippa son poignet gauche, où sous la manche de la robe noire, Harry avait deviné que la marque noire devait le brûler. Voldemort devait appeler un rendez-vous entre Mangemorts.
Rogue se redressa, calme et résolu une fois de plus. « Je dois partir pour quelques temps. Heureusement, c’est l’heure de dormir pour vous alors je n’ai pas besoin de m’inquiéter de vos petites errances. Fermez vos yeux et endormez vous, et je serai de retour dans quelques heures. »
Harry essaya de parler, de crier, mais tout ce qu’il réussit à faire fut un léger grognement étouffé dans sa gorge. Il essaya de parler avec ses yeux, mais cela n’avait pas marché la dernière fois, et il ne s’attendait pas vraiment à ce que ça marche.
« Potter, tout ira bien, à votre grand désarroi je suppose », dit Rogue avec une pointe d’ironie. Il remonta les couvertures jusqu’aux épaules d’Harry et éteignit la bougie. « Le Seigneur Noir n’a pas tué de partisan ces derniers temps, nous ne sommes pas très nombreux déjà, et il a besoin de nous tous en vie et loyaux. Maintenant, décontractez vous et ne vous inquiétez pas. Je rentrerai avant demain matin, et si ce n’est pas le cas, les elfs de maison s’occuperont de vous. »
Harry réémit le grognement étouffé, espérant que Rogue le laisse parler.
« Potter, il n’y a rien que vous puissiez dire qui me fera rester, ou comme vous le préféreriez, que je vous laisse m’accompagner. Vous restez allongé sur ce sofa parce que vous êtes punis. Bonne nuit. »
Rogue disparut dans un craquement tonitruant, laissant Harry seul dans la chambre sombre. Harry fixa le plafond, clignant rapidement des yeux. Il refusa de pleurer, il se fichait de ce que lui avait fait Rogue, mais ce picotement aux coins de ses yeux était plus fort que sa résolution de ne pas pleurer.
La réalité de la situation l’engloutit. Quelques fois, Voldemort et la prophétie semblait être un rêve lointain, quelque chose à se préoccuper que plus tard. Mais ici, dans la maison de Rogue, c’était réelle. Rogue venait d’être appelé à un meeting des Mangemorts, et connaissant par expérience le besoin de Voldemort d’infliger de la souffrance, il y avait des chances que Rogue soit torturé ce soir. Et s’il était torturé au point de craquer et de révéler où se trouvait Harry ? Et si des Magemorts pénétraient dans le manoir de Pendragon cette nuit même pendant qu’Harry était allongé sur le sofa, impuissant et incapable de se défendre ? Il imaginait les masques effrayant s’approcher de son lit, se pencher sur lui avec un regard froid caché derrière.
Harry ferma les yeux fort, essayant de repousser ses images. Rogue était plus fort que ça, il n’aurait pas accepté qu’Harry reste chez lui sans s’assurer de la sécurité d’Harry. Et si Rogue ne pouvait pas révéler où se trouvait Harry et que Voldemort le torture jusqu’à ce qu’il perde l’esprit, comme les Lonbottoms ? Et ensuite, il serait envoyé à St Mungos pour y apsser le reste de ses jours dans un état végétatif, se marmonnant à lui-même comme les parents de Neville. Et Harry serait le responsable, comme il était responsable de tout le reste. Ce n’était pas suffisant qu’il ait ruiné la maison de Rogue et son été, maintenant il s’assurait que Rogue souffre physiquement.
Harry commença à sentir les effets de la potion. Il avait déjà moins mal et se sentait mieux. Son corps ne demandait qu’à plonger dans le sommeil. Mais il se força à garder les yeux ouverts. Il ne dormirait pas tant que Rogue ne serait pas revenu, pas tant que Rogue ne serait pas dans la chambre, en vie et en un seul morceau.
Cela allait être une longue nuit pour tous les deux.
La nuit s’enfonça dans la pénombre. Les bougies brûlèrent lentement, chacune laissant un eu plus les ténèbres envahirent la pièce.
Harry savait qu’il aurait dû dormir, mais il se força à garder les yeux ouvert. Le charme d’immobilisation ne s’effaça pas aussi vite ; Harry entendit l’horloge dans le couloir sonner deux heures du matin, et il n’avait reprit que le contrôle de ses bras. Il s’était assoupi deux ou trois fois mais il réussit à rouvrir les yeux, déterminé à ne pas dormir. La potion que Rogue lui avait donnée ne devait pas le faire somnoler mais relâcher ses muscles.
Les premières lueurs du jour éclairaient déjà à travers la fenêtre quand Harry fut enfin capable de bouger tous les membres de son corps. Il s’assit et repoussa les couvertures. Il n’allait pas rester ici indéfiniment à s’inquiéter de savoir si Rogue était en vie ou à l’agonie au meeting des Mangemorts. Il allait le retrouver.
La porte de la chambre s’ouvrit en grand, et Harry poussa un sourire de soulagement quand il vit Rogue entrer dans la pièce. Ce sentiment de soulagement s’envola quand il vit le visage pâle de Rogue, plus pâle que d’habitude et marquée par la douleur. L’homme pouvait à peine marcher, il se traîna difficilement jusqu’à son lit.
« Qu’est-ce qu’il vous a fait ? », demanda Harry en se levant du sofa.
« Potter, pas si fort, s’il vous plaît. » Rogue commença à retirer avec peine sa robe noire. « J’irai mieux dans un moment. » Rogue retira sa robe en grimaçant et se tint debout à côté du lit en pantalon noir et chemise blanche. On aurait dit qu’il était sur le point de faire une remarque acerbe et méchante, mais il abandonna l’idée.
Harry regarda avec anxiété Rogue se hisser sur son lit et se coucher sur les oreillers. Il n’avait jamais vu Rogue de retour d’un meeting, et qu’importe ce qu’avait pu s’imaginer Harry sur les horrible douleur que devait infliger Voldemort à ses meeting, il n’était pas préparé pour la dure réalité de la torture.
« Potter, dit Rogue sans bouger, pouvez-vous aller dans le placard là-bas et m’apporter la petite bouteille verte sur l’étagère du haut ? »
Rogue demandant gentiment ? Il devait vraiment souffrir. Harry se dépêcha d’aller vers le placard et l’ouvrit. Heureusement, il n’y avait qu’une bouteille verte sur l’étagère du haut et il l’apporta immédiatement à Rogue.
Rogue se redressa un peu et prit la bouteille. Il but la potion en plusieurs gorgées. Rogue posa la bouteille sur la table de chevet, se rallongea sur le lit et ferma à nouveau les yeux.
« Potter, je vais me reposer un moment. »
« Je vais m’en aller », dit Harry en commençant à s’éloigner du lit.
« Non ! » Les yeux toujours clos, Rogue pointa un doigt dans la direction d’Harry. « Je ne vous quitte pas des yeux pendant encore deux jours. Habillez vous. Les elfs de maison vous apporteront le petit déjeuner. Ensuite vous vous assiérez dans le coin et vous lirez calmement. »
« Très bien », répondit Harry dont l’inquiétude s’était changée en agacement en se dirigeant vers la salle de bain. « J’avais oublié que les vampires devaient dormir le jour. »
« J’ai entendu ! », le prévint Rogue de son lit.
Rogue ne bougea pas pendant plusieurs heures. Après avoir petit déjeuné, Harry pensa regarder Rogue dormir juste pour s’assurer que l’homme n’allait pas mourir dans son sommeil. Mais comme Harry était incapable de savoir quand quelqu’un était mort à moins de ne plus voir leur poitrine se lever et s’abaisser quand la personne était allongée, il opta plutôt pour la lecture assis dans un coin de la chambre. Il jetait de temps en temps des regards vers le lit.
La chambre était chaude et calme en cette matinée qui passait. La mauvaise nuit qu’Harry avait passé l’avait fatigué, et il se reposa bien calé dans le fauteuil confortable, ses jambes sur l’un des accoudoirs et son dos sur l’autre. Il ferma un instant les yeux, et le livre qu’il tenait glissa sur sa poitrine.
« Potter ! », raisonna une voix. Harry sentit quelque chose lui taper doucement le genou.
« Allez vous en », marmonna Harry les yeux toujours clos.
« Potter, il est presque quatre heures de l’après-midi. Je n’arriverais jamais à vous faire aller au lit si vous ne vous réveillez pas maintenant. »
« Laissez moi tranquille », grogna Harry. Il s’assit tout de même et frotta ses yeux fatigués. Rogue se tenait debout devant lui. L’homme semblait aller mieux, la douleur ayant quitté son visage et il portait à nouveau sa robe noire. Mais il avait pas l’air content.
« Vous étiez supposé dormir la nuit dernière. Je vous jure que cet entêtement doit cesser. Quand je vous dis d’aller au lit, je veux dire pour dormir et pas pour reste allongé éveillé toute la nuit. LA prochaine fois que je dois m’absenter la nuit, je vous donne une potion e sommeil. »
Harry voulait lui jeter un regard noir, mais il était trop fatigué pour s’intéresser à autre chose se que de se rallonger et de dormir. Rogue, sans cœur comme toujours, l’attrapa par le bras et tira Harry hors de la chaise et le mis sur ses pieds.
« Vous devez toujours nettoyer le sol de ma réserve, et ensuite je veux que vous m’écriviez cinq cents fois ‘je ne dois pas désobéir à mon tuteur pour quelques raisons que ce soit’. »
« Héé », commença à se plaindre Harry, mais Rogue le stoppa net avec un de ses regards menaçants.
« Vous préférez six cents fois ? »
« C’est bon, je vais nettoyer et écrire », répondit Harry en suivant Rogue dans le couloir.
Vinrent ensuite des heures de nettoyage, pendant lesquelles Harry resta sur ses mains et ses genoux pendant que Rogue restait debout au dessus de lui à le critiquer jusqu’à ce qu’Harry est envie de lui transpercer la gorge avec la brosse à dents. Il n’arrivait pas à croire que Rogue l’obligeait à utiliser une brosse à dents.
« J’y arriverais beaucoup plus vite si vous me laissiez utiliser une vraie brosse récurer », protesta Harry en revenant sur le même endroit pour la troisième fois là où une tâche tenace s’était incrustée entre les lattes de bois du plancher.
« Je veux que cela vous prenne du temps », répliqua Rogue en souriant. « Cela vous permet d’être occupé et de ne pas faire de bêtise. Un Potter avec trop de temps libres finit toujours par créer des problèmes à un moment ou à un autre. »
Harry se retint de peu de jeter la brosse à dents sur Rogue. « Ha, ha, très drôle. Vous n’avez pas du travail plus important à faire pour l’Ordre ? »
« J’ai fait ma part en allant au meeting des Mangemorts. Maintenant, j’ai le droit d’avoir un peu de plaisir en vous regardant souffrir. Un peu plus vite, vous n’arriverez jamais à nettoyer ce sol en le caressant de cette façon. »
Harry marmonna quelque chose content que Rogue ne puisse pas entendre.
« Vous êtes le genre de personne qui a besoin de quelque chose pour occuper son temps », continua Rogue, ravi d’avoir capté son public. « J’ai toujours pensé que c’était à cause de cela que vous vous attiriez tant d’ennuis à l’école : trop d’heures sans surveillance. Certaines personnes trouvent des choses constructives à faire pendant leur temps libre, mais apparemment vous et votre père n’avez jamais utilisé ce temps libre à bon escient. »
« Je ne m’amuse pas à ennuyer les gens parce que je ne sais pas quoi faire », répliqua Harry. « J’essaie de ne pas embêter les autres, à part Malfoy, et c’est parce que c’est lui qui a commencé. Et vous n’auriez pas dû les laisser vous traiter comme ça. »
Rogue baissa les yeux sur Harry. « Excusez-moi ? »
« Vous étiez intelligent, vous auriez dû trouver un moyen de vous défendre », insista Harry, en attaquant le sol avec plus de vigueur. « JE veux dire, Malfoy arrive à trouver des tonnes de façons de me rendre la vie impossible, et vous êtes bien plus intelligent qu’il ne le sera jamais. Pourquoi n’avez vous pas transformer mon père en crapaud, ou lui jeter un sort pour qu’il parle comme un troll ? Personne ne l’aurait aimé alors. Vous auriez pu vous lier avec ma mère et ensemble vous auriez pu les battre. »
« Vous auriez voulu que l’on engage une bataille ? » Un sourire se dessina sur les lèvres de Rogue.
« Et bien, la bataille était déjà déclarée, vous auriez pu vous défendre au lieu de subir. Je ne laisse pas Malfoy m’avoir à chaque fois, et c’est plus dur parce que Crabble et Goyle me rosseraient s’ils pensaient que j’essaie quoique ce soit. Est-ce que Sirius et Lupin ont déjà essayé de vous taper ? »
« Non, et concentrez vous sur le sol », répondit Rogue, sans avoir l’air trop fâché.
« J’adorerais pouvoir me venger une bonne fois de Malfoy, juste une fois », déclara Harry songeur. « Moody l’a transformé en furet une fois et il l’a fait rebondir sur le sol. Enfin, c’était Barty Crouch junior mais je me rappelle encore de l’air terrifié qu’avait Malfoy avant d’être transformé. Bien sûr, McGonagall a forcé Barty Crouch Junior à redonner à Malfoy sa véritable apparence, mais on était tous d’accord pour dire qu’il était nettement mieux en furet. »
« C’est plutôt méchant de votre part, Potter, dit Rogue d’un ton désapprobateur. « Où est donc votre noblesse Gryffondor ? »
« Cela ne tient plus quand il s’agit de Malfoy. »
« JE vois. Et supposez que dans quinze ou vingt ans, le jeune Monsieur Mlfoy ait un fils. Comment le verriez-vous ? »
« Vous plaisantez ? N’importe quel fils de Malfoy sera démoniaque, probablement doté de la même attitude déplaisante et de ces cheveux blonds… » la voix d’Harry se tut réalisant ce qu’il venait de dire. C’était vrai, il détesterait sûrement n’importe quel enfant apparenté à Draco Malfoy, même avant de les rencontrer. Harry sentit ses oreilles rougir et il baissa la tête, frottant assez fort pour rayer le parquet.
« Ce sera suffisant pour le moment », dit Rogue d’une voix calme. « Allez vous nettoyer et nous pourrons souper. »
Harry laissa tomber la brosse à dents dans la bassine d’eau sale et se leva. Son dos le faisait souffrir de s’être trop courbé et ses genoux lui faisait également mal. Il savait que Rogue allait lui faire encore boire cette potion immonde de la veille. Combien de litre de potions allait-il ingérer pendant son séjour à Pendragon ? Assez pour toute une vie.
Le souper était délicieux et chaud, et Harry se mit à manger goulûment bien qu’il ralentit avant que Rogue ne fronce les sourcils.
« Quand nous irons au Chemin de Traverse », dit Rogue sur le ton de la conversation. « nous achèterons en même temps vos livres. Comme cela, vous pourrez commencer à étudier vos cours du premier semestre et ce jusqu’à la fin de l’été. »
« Super », grogna Harry. « Une année entière à étudier. Les gens ne distingueront plus Hermione et moi. »
« La sixième année est très importante », insista Rogue. « Et vous serez reconnaissant plus tard d’y avoir consacré du temps et des efforts pendant que el reste des étudiants s’amusent à faire des pitreries. »
Harry haussa les épaules, voyant la logique de Rogue mais refusant de l’admettre.
« Avez-vous pensez à ce que vous ferez pour gagner votre vie ? », demanda Rogue aussi naturellement que possible en commençant à manger. « Après avoir décroché votre diplôme ? »
La tête d’Harry se redressa d’un coup. « Quoi ? JE veux dire, je suis supposé affronter Volde…vous savez, la prophécie ? »
« Oui, mais après ça. Supposez que vous le battiez, c’en est fini pour lui, ou supposez qu’il n’attaque pas avant trente ans. Qu’allez-vous faire en attendant ? »
Harry n’y avait jamais pensé. « Et bien, j’avais envie de devenir un Aurore. »
Rogue secoua la tête. « Non, vous ne serez pas un Aurore. »
La gorge d’Harry se serra, mais il essaya de garder une expression normale. « Oui, je sais que vous savez que je n’ai pas eu d’assez bonnes notes aux BUSE pour prendre le niveau ASPIC pour l’entraînement des Aurores. »
« Non, pas ça Potter. Il y a des moyens de contourner les règles quand il s’agit de prendre les niveaux ASPICs. Je parle de vous, vous n’avez pas la bonne attitude et la bonne personnalité pour devenir un Aurore. »
Harry sentit la colère l’envahir, mais il essaya de rester calme. « Bien sûr que si ! Mes parents étaient des Aurores, et vous dites tout le temps que je suis comme mon père. »
« En fierté et en arrogance, peut-être », le contredit Rogue. « Vous êtes beaucoup trop impatient et impulsif pour être un Aurore. Les Aurores travaillent sous couverture et sont discrets dans leur mission. Vous courez après la gloire et le pouvoir, en combattant tout ce qui se dresse sur votre chemin en faisant assez de bruit pour réveiller les morts. Vous réussissez parce que vous prenez les gens par surprise et cet élément de surprise vous permet de l’emporter. Travailler en tant qu’Aurore signifie des opérations bien étudiées, préparées et menées avec un long travail en couverture, quelque chose que vous détesterez dès la première semaine. Non, vous n’aimeriez pas être un Aurore au bout du compte. »
« Que pensez-vous que je devrais faire alors ? », demanda Harry un peu déprimé. « Et ne dites pas rien car je rate toujours tout ce que je fais. Soyez honnête. »
« Je pense que vous ferez un excellent Professeur de Défense Contre les Forces du Mal »n dit Rogue avant de boire une gorgée de vin.
C’était inattendu et Harry ne put que fixer Rogue les yeux et la bouche grands ouverts, l’air abasourdi.
« Est-ce tellement incroyable que vous soyez obligé de me regarder comme une truite ? », demanda Rogue.
Harry ferma la bouche. « Non, mais vous pensez que je serai un bon professeur ? Je n’ai pas assez de patience pour être un Aurore, et vous pensez que je pourrai supporter des étudiants et rester à Poudlard toute ma vie ? »
« Apparemment. Enseigner n’est pas aussi dur que vous le pensez ou vous n’auriez pas commencé votre petite classe de Défense quand Umbridge se montrait incompétente. »
« Vous le saviez ? », s’étonna Harry.
« S’il vous plaît ! Tous les professeurs savaient pour vos petites pratiques sauf Umbridge qui ne connaissait rien au comportement des enfants. Croyez moi, je l’aurais su si vous vous étiez entraîné à fabriquer des Potions en dehors de ma classe. »
« Mais un professeur ? », répéta Harry avant que Rogue ne puisse le réprimander pour étudier plus et jouer moins. « Je ne sais pas si je ferais un bon professeur. »
« Pourquoi pas ? Les autres étudiants vous ont écouté, et vous saviez de quoi vous parliez. Les élèves savent reconnaître les compétences d’un professeur très rapidement. »
« Ca doit être pour ça qu’on n’écoute pas dans votre classe », répliqua Harry. Cela avait été trop tentant pour ne pas en profiter, et il ne fut pas surpris quand Rogue lui donna une claque derrière la tête, mais elle lui fit moins mal que ce à quoi il s’était attendu.
« Tenez vous bien, ordonna Rogue, ou vous ne vous assiérez pas confortablement toute l’année qui arrive. »
« Vous ne pouvez pas punir un de vos collègues », répliqua Harry en souriant.
« Oui, enfin, je n’ai pas dit que vous seriez enseignant à Poudlard », objecta Rogue. « Il y a d’autres écoles où vous serez très bien, et très loin de moi et de ma réserve de potions. »
Harry sourit malicieusement. « Non, je pense que ce serait sympa d’enseigner à Poudlard. Imaginez un peu, vous et moi, assis à la même table pendant les repas, pendant les réunions d’enseignants, se disputant pour savoir qui aura le terrain pour s’entraîner au Quidditch. Nous nous croiserions dans les couloirs et je dirais, ‘Sévérus’ et vous me répondriez ‘Harry’, et ensuite nous nous séparerions en sachant que nous pourrions nous croiser dans les couloirs encore et encore et ce jusqu’à la fin de nos vies. »
Rogue eut l’air d’avoir avalé une potion abjecte. « A mieux y réfléchir, je crois que le programme des Aurores est tout à fait ce qu’il vous faut. Ou mieux encore, faites de votre mieux pour vous faire tuer pendant la Bataille. »
Harry ne put s’empêcher de sourire tout le reste du dîner. Et pourtant son estomac se soulevait en pensant à ce qu’allait être sa future carrière. Est-ce que devenir un Aurore était un si mauvais choix pour lui ? McGonagall lui avait dit qu’elle l’aiderait, mais avait-elle dit cela pour ennuyer Umbridge ? Devait-il devenir un professeur ? Une fois que Voldemort serait battu, cela aurait du sens de continuer à enseigner la Défense Contre les Forces du Mal pour que personne n’essaie de devenir un autre Seigneur Noir. Il s’imaginait debout devant une classe, revêtu d’une robe noire, et un première année lèverait timidement la main et demanderait : « Professeur Potter, pouvez-vous nous expliquer à nouveau ce que font les Détraqueurs, s’il vous plaît ? »
« Avant de vous enfoncer dans un rêve éveillé où vous êtes sûrement le maître de l’Univers, commenta sarcastiquement Rogue, je vous rappelle que vous avez toujours des lignes à m’écrire ce soir. Je veux que vous en écriviez la moitié ce soir et l’autre moitié pourra attendre demain soir. Demain, juste après le petit déjeuner, nous irons au Chemin de Traverse.
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A huit heures précises, Harry était allongé sur le sofa, sa main lui faisant mal d’avoir autant écrit, à regarder le plafond pendant que Rogue étudiait des papiers. Harry n’était pas fatigué, mais il ne disait rien de peur que Rogue ne lui fasse prendre une potion pour dormir. Il se sentait toujours coupable d’avoir fait sauter la réserve de potions. Une sensation désagréable apparut dans son estomac et il essaya de penser à autre chose.
« Arrêtez de bouger et endormez vous », ordonna Rogue.
« Qu’est-ce qui se passe aux meeting des Mangemorts ? » Harry roula sur le côté pour pouvoir voir Rogue. « Est-ce qu’il y a un schéma précis ou est-ce que les gens se font torturer au hasard ? »
« Cela ne vous regarde pas. Dormez. »
« Non, vraiment », insista Harry, se mettant sur un coude. « Qu’est-ce qui arrive ? Il y a que des Mangemorts ou est-ce que ceux qui postulent peuvent y assister ? Est-ce que c’est un club ou on peut adhérer ou est-ce que c’est plus comme la mafia ? »
« Je ne vous dirai rien », répliqua sèchement Rogue.
« Pourquoi non ? »
« Parce que cela vous effraierait. »
Harry poussa un soupir indigné, mais Rogue secoua la tête. « Non, Potter, je sais que vous pensez avoir vu beaucoup de violence et que vous avez souffert ces dernières années à Poudlard, mais ce n’est qu’un aperçu de ce qui se passe vraiment autour du Seigneur Noir. Vous êtes trop jeune et trop naïf pour supporter la vrai nature du mal. Vous êtes nerveux et impulsif à propos de la prophétie et si je devais vous dévoiler les horreurs qui vous attendent, vous ne réussiriez plus à dormir et je n’aurai plus aucun moment de répit. »
« Mais ne pas savoir me rend encore plus inquiet », protesta Harry. « J’étais terrifié avant la première épreuve au tournoi des Trois Sorciers, mais une fois que je savais ce qu’i m’attendait, je me suis senti mieux et j’ai pu me préparer. »
« Vous pouvez essayer tout ce que vous voulez, mais je ne vous dirai rien », conclut fermement Rogue.
Harry pensa bouder, mais ses pensées l’entraînèrent vers un autre sujet d’inquiétude. « Pourquoi toutes les bons sorciers et les bonnes sorcières ne s’allieraient pas et iraient à un meeting des Mangemorts ensemble et leur règleraient leur compte ? »
« Potter », commença Rogue en soufflant, mais Harry poursuivit.
« Non, sérieusement. On se met tous ensemble et on y va armés de nos baguettes et d’armes. Vous nous conduisez au meeting, on attrape Voldemort par surprise, et on l’écrase. Peut-être que je pourrai me cacher jusqu’à la dernière minute, et ensuite le tuer avant que quelqu’un me voit, et tout serait fini. Attrapés tous les Mangemorts et envoyés à Azkaban, et on jette un sort pour que Voldemort ne puisse plus jamais revenir, et voilà. Une attaque directe, sans espionner, sans s’inquiéter de savoir quand il va attaquer, juste une attaque éclaire. Allez, donnez moi une raison pour laquelle ça ne marcherait pas. »
« Et bien, premièrement, le Seigneur Noir a placé des sorts de protection pour l’alerter si quelqu’un autre qu’un Mangemort essayait de l’approcher à moins de trois kilomètres. Deuxièmement, aux meetings, il a mis des charmes sur lui pour ne pas être blessé. Ces charmes sont très puissants et imprégnés de magie noire, et il me tuerait avant que je puisse retirer le premier. »
« Oh », dit Harry se sentant un peu bête. « On devrait quand même aire quelque chose. On devrait avoir une défense. »
« Potter, grogna Rogue, agacé, que pensez-vous que soit l’Ordre du Phoenix ? Une partie de thé pour discuter des livres ou d’autres sujets futiles ? Nous travaillons très dur, et je sais que vous voudriez pouvoir faire quelque chose mais pour le moment votre contribution c’est de dormir et de me laisser travailler comme je suis un membre de l’Ordre du Phoenix. »
« Un membre suspicieux », marmonna Harry conscient qu’il se ferait punir s’il n’arrêtait pas rapidement. Il essayait pourtant une dernière fois. « Allez-vous retourner à un meeting de Mangemorts pendant que je serais là ? »
Rogue chercha à attraper sa baguette.
« Je veux dire, reprit rapidement Harry, je ne veux pas que vous y retourniez. Je ne savais pas si quelque chose vous était arrivé, et je ne pouvais pas me lever du sofa, et les Mangemorts auraient pu envahir les lieux et je ne pouvais pas bouger. »
« Vous n’étiez pas en réel danger. Au moindre signe de danger, mes elfs de maison avaient l’ordre de vous mener à Dumbledore sur le champ. J’ai posé d’autres protections pour que personne ne sache que vous étiez là. Pour le reste du monde, vous êtes dans votre famille où personne ne sais vraiment où cela se trouve. »
« Ron m’a trouvé en deuxième année », contesta Harry. « Il savait où je me trouvais. »
« M. Wesley Senior savait où vous étiez », corrigea Rogue. « Et il l’a probablement dit à son fils par inadvertance ce qui n’était pas très sage de sa part. »
« Est-ce que je peux écrire à Ron et à Hermione ? », dit Harry en changeant de sujet. « Ils aimeraient savoir où je suis. Je ne leur dirai pas où je suis exactement, juste que je vais bien. J’aimerais bien les voir cet été. Hermione sera tout ce qu’il faut savoir sur les cours du premier semestre, et elle a sûrement reçu les meilleurs notes aux BUSEs. Ron se sentira sûrement idiot car il ne pourra jamais avoir d’aussi bonnes notes, bien qu’ils ne se disputent jamais à propos de l’école. C’est sur tout le reste, ils se crient dessus et ensuite ils ne se parlent plus pendant des jours. Je voudrais juste passer une année tranquille, alors je pourrai… »
Phht ! Sans crier gare, Harry retomba sur les oreillers, les yeux fermés ainsi que la bouche. Il commença à respirer profondément et lentement.
Rogue rangea sa baguette, la fumée du sort d’endormissement s’échappant encore en un mince filet de son bout.
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Harry essaya d’avoir l’air décontracté en attendant près de la porte que Rogue soit prêt. Harry était déjà allé au Chemin de Traverse, il y avait même vécu plusieurs semaines avant de commencer sa troisième année, mais à chaque fois, il était tout excité à l’idée d’y retourner. Il adorait les magasins, spécialement les nouveaux avec des articles de magie qu’il n’avait jamais vu auparavant. Le magasin de farces et attrapes de Fred et George était un lieu très prisé, et Harry espérait pouvoir s’éclipser pour y faire un tour pendant que Rogue marchanderait ses potions. Bien sûr, connaissant Rogue, il garderait sûrement Harry tout près de lui tout le temps, dans quelques vieux magasins douteux qui contenaient des bouteilles d’ingrédients qui donneraient à Harry la nausée.
Et si Rogue était vraiment occupé, Harry déciderait de filer hors des magasins pour aller chercher un remonteur de temps. Oui, il savait qu’il ne devrait pas, et oui, il savait que Rogue lui ferait payer s’il l’apprenait, et Harry serait chanceux s’il pouvait s’asseoir le reste de l’année, mais il avait un plan ! Harry avait un plan et il s’y collerait, et Rogue n’allait pas se dresser en travers de son chemin.
« Vous êtes prêt ? », demanda Rogue en entrant dans le hall d’entrée, tenant un sac et un trousseau de clefs.
« Oui », dit Harry en fermant sa cape avec la pince en forme de serpent. « Ca fait des heures que je vous attends. »
« Ne soyez pas insolent avec moi, Potter », prévint Rogue. « Nous avons une longue journée, et nous n’allons pas commencer avec vos effronteries. »
« Mais on peut commencer avec vos remarques désobligeantes ? », grogna Harry.
Rogue lui donna deux coups de baguette sur la tête. « Et il y en aura d’autre si je vous entends encore faire l’effronté. »
« Comment va-t-on allé au Chemin de Traverse ? », s’enquit Harry, résistant à l’envie de se frotter la tête. Il ne voulait pas voir Rogue se moquer de lui une nouvelle fois. « On peut voler ? »
« Non, c’est trop dangereux. » Ils sortirent, et Rogue se retourna pour fermer la porte à clef.
« Pourquoi est-ce que vous n’utilisez pas votre baguette ? », demanda Harry en clignant des yeux sous le soleil.
« Toutes les magies ne se font pas avec une baguette », répondit Rogue. « En fermant avec la clef, le manoir ne peut être ouvert par quiconque autre que moi avec cette clef. De cette façon, je n’ai pas à m’inquiéter de rentrer chez moi et de trouver une foule de Détraqueurs. »
L’image du Manoir de Pendragon fourmillant de Détraqueurs, forme noires menaçantes flottant dans les airs faisait froid dans le dos même en pleine journée. Harry chassa cette image de sa tête. « Alors si on ne peux pas prendre de balai, on peut apparaître là-bas ? »
« Non, vous êtes trop jeune. » Rogue rangea la clef dans une poche et sortit d’une autre poche une paire de clefs.
« D’accord, le train alors », dit Harry en dernier choix. Ils se dirigèrent vers l’un des côté de la maison.
« Non, nous allons utiliser la vieille façon moldue. »
« On va marcher ? On est si près de Londres ? »
« Non, nous allons y aller en voiture », dit Rogue en montrant du doigt une sedan noire.
La bouche d’Harry s’ouvrit en grand. « On prend la voiture ? »
« Oui, je présume que vous êtes déjà monté dans ce genre d’engin », dit Rogue en marchant vers le côté conducteur.
« Mais c’est une voiture, une voiture moldue », protesta Harry. « Et vous êtes un sorcier. »
« Cela ne veut pas dire que je ne peux pas tirer avantage de la sciences des Moldus quand j’en ai besoin. C’était plus simple et moins cher de louer cette voiture que d’y aller avec un portauloin. »
« Je peux conduire ? », demanda Harry. Ce ne serai pas aussi amusant que de voler sur un balai mais il pourrait toujours s’amuser.
Rogue poussa un petit ricanement. « Oh, cet humour typiquement Potter. J’avais oublié combien vous pouviez être drôle. Siège passager ou arrière ? »
« Très bien », dit Harry en prenant place sur le siège passager et en refermant la portière. Rogue prit place derrière le volant. Harry mit sa ceinture tout comme Rogue.
Rogue se débattait avec les clefs et Harry lui jeta un regard inquiet.
« Vous savez conduire, n’est-ce pas ? »
« Oui, Potter, je sais conduire. J’ai lu le manuel hier soir. » Rogue appuya sur un bouton et sa fenêtre se baissa. « Vous voyez ? Et là », dit Rogue ne appuyant sur un autre bouton ce qui enclencha la fermeture centralisée. « La sécurité enfant. JE suis le seul à pouvoir ouvrir. Et il faut tourner le volant dans la direction où on veut aller. C’est bon, allons-y. » Rogue tourna la clef et le moteur démarra.
Je vais mourir, fut la dernière pensée qui traversa l’esprit d’Harry en s’enfonçant dans le siège et en agrippant l’accoudoir avec ses deux mains.
A suivre
Posté le 11.01.2008 par fandefessees
Rogue marcha jusqu’en haut de la colline et se tint devant son pupille, le regard empli d’une fureur qu’aucun mot n’aurait pu décrire. Harry recula, se demandant q’il ne pouvait pas s’enfuir en courant. Il était plutôt fatigué, mais il pensa qu’il pourrait quand même distancer Rogue s’il essayait. De plus, Harry avait un pantalon et un large t-shirt alors que Rogue était revêtu de ses longues robes.
Harry fit un mouvement pour faire demi-tour, et Rogue mugit : « Potter, si vous faites ne serait-ce qu’un pas en arrière, je vous fige sur un arbre et je vous y laisse jusqu’à vos vingt ans ! »
Harry se retourna vers Rogue. Il ne croyait pas vraiment que Rogue le figerait pendant les quatre prochaines années, mais il n’avait aucun doute que son Professeur le figerait quand même un petit moment. Que Rogue veuille transformer Harry en arbre ou l’enfermer dans un tronc, Harry n’était pas pressé de le savoir.
« Quelle heure est-il ? », demanda Rogue.
« Je ne sais pas, monsieur », dit Harry en haussant les épaules. « Je n’ai pas de montre. »
« Avez-vous pensé à en demander une maintenant que vous devez suivre un emploi du temps ? »
« Non, mais vous ne m’en avez pas donné une », protesta Harry.
« Je pensais que vous étiez assez responsable pour connaître vos besoins sans que je n’ai à m’occuper des moindres petites choses. Je vois que je me suis grandement trompé. »
Harry croisa ses bras et se demanda ce qui se passerait s’il attrapait la baguette de Rogue et qu’il le figeait lui contre un arbre.
« Avant de partir, je vous avais dit de rester sur le chemin en gravier. Vous m’aviez entendu ? »
« Oui, mais on aurait dit qu’il s’arrêtait près d’une espèce de mangeoire à oiseaux », expliqua Harry.
Rogue leva presque les yeux au ciel. « Si vous aviez continué sur ce chemin, vous auriez pu voir que le chemin tourne nettement à gauche après les mangeoires. LE chemin en gravier fait une boucle de cinq cents mètres à travers les jardins devant la maison. Le chemin que vous avez pris va derrière la maison sur des kilomètre. Il revient vers la maison au bout de vingt-cinq kilomètres. Vous avez fait plus de six kilomètre. Vous n’avez pas eu l’impression de faire un long trajet et que vous auriez dû être de retour au Manoir depuis le temps ? »
C’était trop injuste. Harry voulait hurler de frustration. Rogue jouait encore à le tourmenter. Il s’arrangeait pour qu’Harry ait toujours tort. Rogue s’évertuait à ce qu’Harry se sente le plus inconfortable, mal à l’aise et malheureux que possible, et Rogue se délectait de chaque seconde de la misère d’Harry.
« Il y a un chemin de terre qui part de ce chemin là-bas, ajouta Rogue, si vous l’aviez pris, vous seriez arrivé au Manoir des Malfoy ! »
Harry cligna des yeux. « Vous habitez à côté des Malfoy ? »
« Si par à côté, vous voulez dire à vingt-cinq kilomètres, alors oui, j’habite à côté d’eux », rétorqua Rogue. « Et la prochaine fois que je vous dis quelque chose sur la maison ou le jardin, écoutez-moi ! Il est plus de onze heures, et vous avez raté une demi-heure d’étude. »
Rogue plia l’emploi du temps et le fourra dans sa poche. Il mit également sa baguette dans sa robe. Il attrapa Harry par les épaules et l’approcha de lui. « Ne bougez pas. »
Harry voulut se dégager et reculer, il n’aimait pas être si près de Rogue, mais Rogue avait une poigne de fer. Ensuite, ils disparurent dans un crac.
Harry n’aima pas non plus cette sensation. C’était pire que de voyager avec un portauloin , soudain et bruyant avec une sensation d’être tirer dans tous les sens qui tendait tous les muscles du corps. Rogue le relâcha dès qu’ils atterrirent, et Harry tomba par terre en poussant un gémissement. Il regarda autour de lui, ils se trouvaient dans le jardin principal, la maison n’était plus qu’à quelques mètres de là. Rogue se pencha et releva Harry par le bras. Une fois qu’il fut sûr que le garçon était sur ses pieds, Rogue lui pinç al’oreille et commença à le traîner vers le Manoir.
« Aïe ! Mais je croyais que le chemin s’arrêtait », protesta Harry en trottant pour que Rogue ne lui arrache pas complètement l’oreille.
« Vous saviez très bien ce que j’avais dit », dit Rogue en continuant à marcher, ses doigts comme des pinces sur l’oreille d’Harry. « Vous croyiez que vous saviez mieux que les autres alors vous avez décidé de prendre votre propre route en ignorant mes directives. Typique des Potter. Croire que vous savez mieux que les autres. Je croyais qu’on avait déjà eut cette discussion auparavant, mais apparemment le message n’est pas rentré. »
« Non, non », répondit rapidement Harry, sa voix très respectueuse. « Je me suis trompé c’est tout. Je ne pensais pas que vous aviez tort, je promets de rester sur le chemin en gravier la prochaine fois, même si je pense qu’il ne mène nulle part. »
Ils atteignirent la porte, et Rogue lui lâcha enfin l’oreille. Harry eut à peine le temps de lui frotter l’oreille avant que Rogue l’attrape par l’épaule et le propulse vers la bibliothèque.
« Pas un mot de plus, Potter », ordonna le maître des Potions. « Asseyez-vous au bureau et commencer votre essai. Il vaudrait mieux que je n’entende pas un mot sortir de votre bouche jusqu’au déjeuner, ou alors que Merlin m’aide… » Rogue le regarda le regard menaçant avant de faire demi tour et de sortir en claquant la porte derrière lui.
Harry s’assit en tremblant devant le petit bureau et attrapa le parchemin et une plume. Il l’avait échappé belle, ça n’était pas passé loin. Il avait besoin de survivre s’il devait ramener Sirius et Cédric, et énerver Rogue n’allait pas l’aider. Fais ce qu’il dit, pensa Harry en déroulant le morceau de parchemin et en plaçant l’encrier en haut du parchemin pour éviter qu’il ne s’enroule. Fais ce qu’il dit, et quand il se sera habitué à toi, tu te casses.
Comme d’habitude, dès qu’il posa les yeux sur le parchemin vierge, il ne put trouver rien à y écrire. Cela l’ennuyait à l’école quand il s’asseyait pour écrire et Hermione commençait à gratter des mots derechef comme s’ils attendaient de sortir de ses doigts pour se déposer sur la page. Elle commençait à écrire, et elle aurait pu ignorer tout le monde dans la classe et écrire, écrire, écrire, et puis changer un mot ou reconsidérer la fin, tout cela avec un regard de concentration intense sur le visage. Harry essayait de rester concentré, assis à côté d’elle, mais il était toujours déconcentré par Ron qui trifouillait ses livres ou Dean Thomas qui parlait du dernier match de Quidditch. Et après Harry voulait se joindre à la conversation et poser des questions sur le seeker des Serdaigles ou le batteur des Poufsouffle. Et ensuite, il se rendait compte qu’il était très tard et que le préfet envoyait tout le monde au lit.
Mais ici, c’était différent. Pas de distraction dans la silencieuse bibliothèque, personne à qui parler, rien pour le perturber. Et il n’avait quand même rien à dire.
« Comment montrer le respect et l’obéissance dû à ses aînés ». Au moins il pensait que c’était le sujet de la dissertation. Assez propre espérait-il. Le respect, le respect dû. Comme la chanson moldu, R-E-S-P-E-C-T, juste un peu, juste un peu…
Il fredonna l’air entre ses dents en prenant des notes. S’il se mettait à chanter devant Rogue ? Le maître des Potions penserait qu’il était devenu fou. R-E-S-P-E…
Non, concentre-toi ! Ne chante pas, écris !
Harry jeta un regard au parchemin et vit ce qu’il avait écrit. Le respect et l’obéissance sont dus si…si quoi ?...si on veut être malheureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Si vous voulez n’avoir aucune joie et vous ennuyer à mourir ? …si on veut grandir et vivre comme un bon citoyen respectueux des lois (ouais, sûrement ou un Mangemort), et un bon sorcier ou une bonne sorcière (ou un professeur détesté).
Voilà, il y avait une phrase. Une phrase entière qui prenait deux lignes. Il devait écrire deux pages, encore une page trois-quarts. Il essaya de repenser aux réprimandes que lui avait fait McGonagall quant au fait de devoir suivre les règles et rester dans le droit chemin. Il n’avait pas écouter grand chose, plus occupé à rêver debout du prochain match de Quidditch que de prêter attention aux réprimandes. Peut-être qu’ écouter devait se trouver dans son essai, quelque chose comme être attentif à ce que disaient les adultes ?
Harry avait à peine finit la première page quadn il entendit un crac et qu’un elf de maison apparut devant le bureau.
« Oui ? », demanda Harry. Il commençait juste à se sentir inspiré par le sujet et n’aiamit pas être interrompu.
« Maître Rogue dit que M. Potter doit venir déjeuner », couina l’elf de maison.
« Quoi ? ça peut pas déjà être l’heure », objecta Harry. « Je viens de commencer. »
« Maître Rogue a demandé aussi que M. Potter amène son devoir avec lui », continua l’elf de maison comme s’il n’avait pas entendu Harry.
« Mais je n’ai pas fini. Je n’ai eu qu’une heure. J’ai encore un epage à écrire. »
L’elf de maison parut nerveux et mal à l’aise. Finalement, il dit : « M. Potter dira ça à Maître Rogue au déjeuner, et Maître Rogue s’en occupera. »
« Super », dit Harry en reposant la plume dans l’encrier et en suivant l’elf de maison vers la salle à manger.
Rogue était déjà assis à la table, feuilletant des lettres. Il leva les yeux quand Harry approcha de la table. « Où est votre essai ? »
« Je ne l’ai pas fini. Vous ne m’avez pas laissé assez de temps. Je n’écris pas très vite. »
« Vous ne faites pas grand chose très vite, M. Potter », commenta sèchement Rogue. « Pourquoi devrai-je être étonné que l’écriture n’en fait pas partie ? Arrêtez de buder et asseyez-vous. »
Un montre de poche en or était posée à côté de l’assiette d’Harry. Rogue la désigna de la tête.
« Peut-être que ça vous aidera à être dans les temps, Potter, bien que j’en doute. Essayez de ne pas la perdre ou de la casser la première heure, voulez-vous ? »
Le repas était délicieux, et Harry fit très attention à ses manières. Serviette sur ses genoux, assis bien droit, aucun manque de soin pour empêcher Rogue de le critiquer. Le verre devant lui contenait un liquide rouge foncé qu’Harry pensa être du vin ou du jus de canneberge. Il le goûta : forcément Rogue ne le laisserait pas boire du vin. C’était proche de la canneberge, mais avec un goût plus proche de la framboise et de la pomme et d’un autre goût qu’Harry ne réussit pas à identifier. Quelque chose d’âpre mais d’un peu sucré avec un arrière goût de myrtille,peut-être ?
Harry leva soudain les yeux. « Vous avez mis de la potion dedans ? » C’était typique de Rogue, verser de la potion quand les gens s’y attendait le moins. Spécialement après cette conversation lors de sa quatrième année, où Rogue lui avait promis de verser du Veritaserum dans le jus de citrouille d’Harry.
« S’il vous plait, Potter », soupira Rogue. « Si je voulais vous faire prendre une potion, je vous tendrais la fiole et je savourerais le spectacle de vous voir la boire. La plupart des potions ne marchent pas quand elles sont mélangées à d’autres boissons. Les fruits mixés que vous avez appréciés auraient neutralisés les effets de la plus simple des potions. »
Harry remua légèrement le verre et regarda le liquide bouger sur les bords du verre. « Pourquoi vous ne pouvez pas ajouter une saveur aux potions ? Pourquoi faut-il qu’elles aient toujours un goût affreux ? »
Rogue poussa un soupir en reposant son verre.
« Je sais que vous nous l’avez déjà probablement dit un millier de fois en classe, ajouta Harry, en devinant les pensées de Rogue, mais je vous le demande une nouvelle fois. »
« Comme j’ai essayé de le dire à tous les élèves le premier jour de classe », dit Rogue en se parant de l’air qu’il prenait quand il enseignait les Potions à une bande d’imbéciles, « les potions sont des substances délicates et capricieuses. Ce n’est pas comme de faire des cookies où même si vous mettez trop de beurre ou pas assez de farine, ils seront tout de même bons. Vous ne pouvez pas vous mettre à mélanger les ingrédients au hasard en espérant qu’ils vont remplir leurs fonctions. Si vous ajoutez ne serait-ce qu’un vingtième de petite cuillère en trop, la potion tout entière sera fichue. »
Harry ouvrit la bouche pour protester, pour insister sur le fait que les potions ne devraient pas être aussi particulières, mais Rogue secoua la tête.
« Bien, Potter, imaginez que vous voliez droit vers le vif d’or. Si vous accélérez vous l’attrapez dans les cinq mètres. Soudain, le vif d’or vire cinq centimètres sur la droite. Si vous ne changez pas votre direction pour le suivre, vous le rater une fois les cinq mètres parcourus. Les potions sont pareil. Vous avez compris ? »
« Et bien, si les Potions sont si dures à faire, pourquoi est-ce que vous vous énervez quand on les rate en classe ? », demanda Harry, sèchement. « Vous nous reprochez de ne pas les réussir, et vous venez de dire que c’était pratiquement impossible de ne pas rater. »
Rogue reposa sa fourchette qui émit un petit tintement sur la table. « Potter, quel âge avez-vous ? »
Harry rougit. Il n’avait pas envie de jouer au casse-tête avec Rogue. « Vous savez quel âge… »
« Répondez juste à la question. »
« Bien, je vais avoir seize ans dans trois semaines. »
« Et, continua Rogue sans aucune expression sur le visage, depuis combien de temps suivez-vous les cours à Poudlard ? »
« Cinq ans, mais je ne vois pas… »
« Et durant ces cinq années, combien de fois avez-vous pris le cours de Potions ? »
« Pendant toutes mes années, mais… »
« Alors, vous avez dû suivre probablement trois cents classes de Potions ? Je devine bien ? »
Ca faisait tellement que ça ? Harry additionna rapidement dans sa tête. Au moins deux fois par semaine, neuf mois dans l’année, cinq ans. « Ca doit être ça », admit-il.
« Et lors de ces classes, combien de fois diriez-vous que vous êtes venu en ayant lu les lectures recommandées ? »
Harry sentit ses joues s’empourprer. « Heu… »
« A chaque fois ? », demanda Rogue en observant Harry ce qui fit frémir ce dernier. « Une fois par semaine ? »
Harry regarda ailleurs, se trémoussant sur sa chaise.
« Une fois par mois ? Une fois tous les deux mois ? Oh, aller, Potter, mentez si vous le devez ! Vous êtes-vous déjà préparé pour venir en classe ? »
« Oui, je sais que j’ai lu ce qu’il fallait pour au moins quatre de mes classes », insista Harry.
Le silence de Rogue pesa de manière omniprésente dans la salle à manger et Harry sentait un nœud se former dans son estomac et se déplacer. Harry évitait le regard perçant de Rogue en fixant la table devant lui.
« J’avais beaucoup de choses à faire », essaya de se justifier Harry en rompant enfin le silence. « J’avais d’autres classes et… »
« Et le Quidditch, et faire l’imbécile avec vos amis, et vagabonder la nuit », dit le maître des Potions en fronçant les sourcils. « Je sais que Mademoiselle Granger entrait dans la classe en ayant lu ce qu’elle était supposée lire et arrivait tout de même à suivre les matchs de Quidditch et à garder ses amis. Vous avez passé neuf mois de l’année où exactement ? Dans le parc à jeux de Poudlard ? A la garderie de Poudlard ? Non, à l’école de Poudlard ! »
Harry prit une mine boudeuse et poussa son assiette presque vide loin de lui.
« Quant au fait de réussir les potions, espérez-vous vraiment que danser dans un laboratoire et vous mettre à jeter les ingrédients vous feront réussir la potion sans aucun entraînement ou aucune connaissance du sujet ? Cela relève du miracle que vous, les élèves, n’explosent pas ma salle de classe. Si cela ne tenait qu’à moi, aucun sorcier en de moins de quinze ans aurait le droit d’entrer dans un laboratoire de potions. Tant que vous ne réalisez pas la dangerosité de certaines substances, vous ne devriez pas mettre les pieds dans un laboratoire. »
« Je suis désolé d’avoir demandé », rétorqua Harry. « La prochaine fois que j’ai une question, je chercherai la réponse au lieu d’écouter un sermon de dix minutes. »
« Vous êtes impossible », dit Rogue en secouant la tête et en retournant à son repas. « J’offre une petite critique constructive… »
« Constructive ? », cria presque Harry. « Il n’y a rien de constructif là dedans. Vous ne faites que lister ce que je fais de travers, en sachant pertinemment que je ne peux rien faire comme je vis dans votre maison avec vos règles. »
« Que pensez-vous que je souhaite que vous fassiez l’année prochaine ? Hein, Potter ? »
« Etudier plus pour les cours et arrêter de jouer », marmonna Harry.
« Et si vous le faites, je pourrai espérer que vous avez changé vos habitudes épouvantables grâce à mes leçons. Alors, quelque chose de bon en sera ressorti. »
Harry s’adossa à sa chaise, battu. L’homme avait réponse à tout. De plus, il ne voulais pas que Rogue ait raison. Il préférait quand le maître des Potions lui balançait des insultes méprisantes juste pour être désagréable. Alors, il était plus facile de le détester.
« Si je finis mon essai cet après-midi, est-ce que je pourrai me promener autour du Manoir pendant mon temps libre ? », demanda Harry après quelques minutes de silence.
« Vous voulez vous mettre à explorer ? », dit Rogue en levant un sourcil, signifiant implicitement qu’il pensait à un autre mot plus déplaisant.
« Non, je ne vais pas fouiner partout », insista Harry. « Juste jeter un coup d’œil. J’avais l’habitude de marcher dans les couloirs à Poudlard pour voir les portraits et les différentes pièces. Je n’ai jamais été dans une maison de sorcier, à part celle des Weasley, oh, et celle de Sirius. » Une ombre passa sur le visage d’Harry, et Rogue répliqua rapidement.
« Très bien, vous pourrez jeter un coup d’œil, mais il y a deux règles que vous devrez respecter. Une, vous restez au rez-de-chaussée et au premier étage. Vous n’allez ni dans les donjons ni dans les tours. Deux, vous n’entrez pas si la porte est fermée. Compris ? »
Harry voulut protester. Il avait prévu d’aller voir chaque coin du manoir jusqu’à ce qu’il trouve sa cape et sa baguette, mais il n’était pas nécessaire de le dire à Rogue ! Rogue l’enfermerait sûrement dans sa chambre s’il avait des soupçons sur ce que son jeune pupille allait faire.
« Oui, monsieur », dit Harry en hochant la tête.
« Maintenant que nous avons discuté des potions et de votre exploration, peut-être aimeriez-vous parler de votre emploi du temps. Je pense que je n’aurai plus de caprice venant de votre part à moins que vous ne vouliez faire plus ample connaissance avec le coin ? »
« Non », dit Harry en lui jetant un regard noir, mais il ne dit rien de plus.
« Gentil garçon. J’ai relu le planning une dernière fois et j’en suis arrivé à la conclusion que rien n’a besoin d’être changé. J’espère que vous avez arrivé à cette même conclusion. Si ce n’est pas le cas, je peux toujours ajouter des heures d’études et des couvre feu plus tôt. »
« C’est très bien comme ça », l’assura Harry. Il aurait préféré que Rogue lui tende l’emploi du temps en lui disant : « Voilà votre planning, il est à suivre à la lettre, Potter. » Cette discussion ennuyait Harry plus que l’emploi du temps lui-même. Parler des choses rendait Rogue plus humain, et Harry préférait qu’il reste méchant, la chauve-souris démoniaque que Rogue avait toujours été.
« J’ai réfléchi aux conséquences si vous désobéissez », continua Rogue devinant ce qu’Harry pensait. « Idéalement, j’aimerais croire qu’il n’y ait pas besoin d’une quelconque sanction car vous ne désobéirez en rien, mais nous savons tous les deux que ce serait une pensée naïve. »
Il était difficile de na pas bouder. Harry pouvait sentir sa lèvre inférieure le démanger. Il se retint de ne pas la laisser pendre en une bouderie enfantine et serra ses lèvres pour résister à la tentation. Il ne ferait pas ce plaisir à Rogue.
« Maintenant, croyez-le ou non », dit l’homme en buvant une gorgée de son thé. « je crois qu’il y a différent degré de désobéissance. Premièrement, il y a l’ignorance, ne pas connaître les règles. Dans ce cas, il me suffira de vous informer des règles et rien de plus. Ensuite, il y a les erreurs de tous les jours, des choses qui pourraient devenir de vrais problèmes si elles n’étaient pas étouffées dans l’œuf. Il en découlera une réprimande. Ensuite, viennent la mauvaise conduite et le langage, comme par exemple les jurons, les regards insolents et votre passe temps favoris, faire la moue. Selon le degrés de votre mauvais comportement, je vous enverrai au coin ou dans votre chambre. Si vous jurez, en revanche, vous aurez votre bouche lavée au salon. Quatrièmement, la désobéissance pur et simple. Je vous ai dit de faire quelque chose et vous faites l’opposé en sachant très bien que vous désobéissez. Vous recevrez alors la pire des punition. Vous avez des question ? »
Oui, Harry voulut crier, c’est quoi la pire punition ? Mais il avait l’impression qu’il savait très bien de quoi il s’agissait. Il secoua la tête en disant : « Non, monsieur, mais si j’en ai, je pourrai les poser plus tard ? »
« Oui, accepta Rogue, mais les règles s’appliquent des maintenant. Si je vous surprends à me défier ou à ignorer ce que je vous dis encore une fois… »
Si Harry se débrouillait bien, Rogue ne l’attrapera plus pour quoique ce soit. A la première occasion, Harry se tirerait d’ici.
« Maintenant, si vous avez fini, pourquoi n’allez-vous pas continuer votre essai dans votre chambre ? », proposa Rogue en désignant la porte de la salle à manger de la tête.
Entre la fin de son essai et la lecture de quelques chapitres d’un vieux livre d’Histoire de la Magie, et le souper, Harry n’eut pas le temps d’explorer le manoir. Il était sur son lit à finir la dernière phrase de son essai quand Rogue entra dans sa chambre.
« Il est dix heures moins le quart, Potter », annonça le maître des Potions. « Vous avez certainement fini votre essai maintenant. »
Harry lui tendit le parchemin sans un mot. Il espérait que Rogue le mette de côté pour le lire plus tard une fois qu’il serait parti, mais bien sûr, il se mit à le lire debout au milieu de la pièce.
Harry bougea mal à l’aise. Devait-il resté assis sur son lit ou se lever et se mettre au garde à vous pendant que Rogue lisait ? C’était trop injuste. Personne d’autre au monde ne devait avoir à écrire un devoir comme punition pendant les vacances d’été. Horrible, dégoûtant…
« M. Potter ? », demanda Rogue d’une voix sévère.
« Oui, monsieur ? ». Harry sauta sur ses pieds.
« Je crois que je vous avait également demandé une liste de punitions appropriées avec votre devoir. »
Harry était prêt pour cette remarque. « Oui, monsieur, mais nous avons discutez pendant le déjeuner des punitions, alors je croyais qu’on avait déjà couvert le sujet. Cependant, ajouta-t-il prestement avant que Rogue ne désapprouve, je serais heureux de vous citer au mot près pour vous prouver que je vous ai écouté, ce qui et d’ailleurs l’un des points de mon essai. »
« Bien que je serai ravi de vous voir vous transformer an perroquet, dit Rogue, ce ne sera pas nécessaire. Demain, vous aurez une interrogation orale. J’espère que si j’arrive à vous faire garder en tête les conséquences de toute désobéissance, cela vous dissuadera de le faire. Préparez-vous à aller au lit. »
« Mais, je n’ai pas sommeil », se plaint Harry, passant ses pieds au bord du lit et se levant. « Je ne vais jamais dormir à dix heures. » Il s’attendait à ce que Rogue lui rappelle qu’il s’était enflammé vingt-quatre heures auparavant et qu’il avait par conséquent besoin de se reposer, mais Rogue se contenta de rétorquer : « Potter, au lit ! Tout de suite ! »
Cela faisait bizarre de se traîner jusqu’à la salle de bain pour se préparer, de revenir et de se glisser dans le lit avec Rogue debout comme une statue qui l’observait. C’était le quatrième nuit qu’Harry passait au Manoir de Pendragon, mais les autres nuits, il avait été perturbé par ses émotions ou par sa fièvre. Maintenant, Harry ne sentait ni angoissé ni malade, mais comme un gamin, comme un petit garçon qui allait être bordé pour la nuit. Il s’allongea sur les oreillers et remonta la couverture jusqu’à ses épaules pendant que Rogue ramassa ses vêtements sales et les mis dans une panière. A ce rythme là, Harry pensa qu’il devrait s’agripper à un ours en peluche et sucer son pouce avec une veilleuse pour l’aider à dormir. Il doutait que Rogue lui mette une veilleuse.
« Très bien »n dit Rogue en croisant ses bras sur sa poitrine. « Quand j’ai discuté des termes de cette tutelle, le directeur m’a fait promettre que je parlerai avec vous de vos…de vos sentiments. » Le mot sembla coincé dans la gorge de Rogue un instant, et l’homme n’aimait pas le goût de ce dernier. « Bien que je trouve que j’ai vu assez de vos émotions pour vivre trois vies, je tiendrai ma promesse. Comment vous sentez-vous ce soir ? »
Le ton de sa voix était tellement haché qu’Harry cligna des yeux un moment avant de répondre : « Heu, bien, je pense. »
« Est-ce que vous vous sentez triste, malheureux, en colère, ou stressé ? », pressa Rogue se retenant tout juste de lever les yeux au plafond.
« Heu, pas vraiment. » Harry n’était pas sûr de devoir ou non regarder son professeur en répondant. Il n’avait pas l’habitude de répondre à de telles questions tout comme Rogue n’avait pas l’habitude de les poser.
« Alors, je peux en conclure que vous êtes calme et que vous devriez vous endormir sans problème ? », continua Rogue, les bras toujours croisés.
« Oui », hasarda Harry. Il n’allait pas se relever pour explorer cette nuit. Cela devrait attendre le lendemain matin.
« Alors bonne nuit, Potter. Si je vous surprends hors du lit, vous payerez le prix pour le refus de suivre les règles et le mensonge. » Sur ces paroles réconfortantes, Rogue sortit de la chambre et referma la porte derrière lui.
Harry fixa le sombre plafond. Cet endroit était vraiment incongru. Rogue prétendant s’intéresser à ses émotions ? C’était un territoire inexploré ! Toutes ces règles, ces restrictions, et les conséquences…à ce rythme-la il allait répondre aux coups de sifflet comme dans ce film avec les sept enfants où tout le monde se mettaient à danser périodiquement.
Espérant à la fois que Rogue n’allait pas redevenir méchant et que le maître des Potions saute dans un lac et se noie, Harry s’enfonça plus profondément dans le lit. Plus tard, il eut l’impression d’entendre la porte de sa chambre s’ouvrir et il fut persuadé d’avoir ouvert les yeux pour voir Rogue debout au dessus de son lit et lui bordant la couverture autour de ses épaules, mais Harry fut certain qu’il rêvait. Il referma les yeux dans l’espoir de retomber dans ce rêve de l’autre nuit où James lui parlait de vol.
Le lendemain matin, Harry resta sur le chemin en gravier et trouva au lieu des fatigantes montées et descentes sur les collines que le chemin en gravier passait à travers de beaux jardins avec plein d’endroits pour s’asseoir et admirer la vue. Contrairement à l’autre chemin, celui en gravier semblait enchanté. Harry était certain que le Manoir était derrière lui, mais quand il passa sous une arcade en pierre, le Manoir apparut devant lui. Plus loin, une cascade se déversait dans un petit bassin, et Harry se pencha sur la surface de l’eau et aperçut des poissons orange et argentés qui nageaient entre les plantes aquatiques. Dans un coin, des rosiers rouges grimpaient le long d’un mur, s’élevant vers le ciel bleu.
Plus loin encore, le graviers laissa la place à des pierres. Quand Harry posa le pied sur la première pierre, des petits jets d’eau sautèrent du bord du chemin. Il s’écarta mais vit d’autres jets d’eau sauter dans sa direction. Apparemment, vous étiez supposés éviter d’être touché par les jets d’eau en sautant et en se déplaçant sur les côtés. Bien qu’Harry trouve que cela était un jeu plutôt simple, il ne put s’empêcher d’y jouer un bon moment. L’eau était malicieuse et Harry se retrouva touché au visage plus de fois qu’il ne l’aurait admis.
A une cinquantaine de mètres, Harry vit une petite barque attaché à un ponton. Le bassin s’ouvrait sur un lac et Harry put voir plusieurs canards gris de l’autre côté de la rive. Peut-être que Rogue le laisserait ramer et qu’Harry pourrait nourrir les canards là-bas. Pour le moment, il s’amusa à faire des ricochets sur l’eau du lac sous le regard de quelques tortues pas le moins du monde impressionnées.
Bien qu’Harry détestait l’admettre, le chemin en gravier était bien plus amusant que l’autre chemin. Si vous vouliez faire une marche de trois heures, l’autre chemin qui passait par la forêt était tout indiqué. Une petite promenade matinale, en admirant le paysage, restez sur le chemin en gravier.
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Harry passa dans le long couloir sur la pointe des pieds. C’était son temps libre de l’après-midi, mais il se sentait tout de même mal à l’aise d’explorer le manoir sans Rogue. Les portraits le toisaient de haut, silencieux mais d’un air désapprobateur, et Harry fut certain d’en entendre un dire : « Il a l’air louche, celui-la. »
La plupart des portes étaient ouvertes au premier étage, et Harry jeta un coup d’œil à l’intérieur mais ne s’y aventura pas. Rogue n’aurait pas caché les affaires de son pupille à la vue de tous. Harry avait traversé le couloir et avait vu beaucoup de chambres et de petits salons. Deux portes étaient fermées dans un des couloirs, mais il se dit que ce devait être la chambre de Rogue et son dressing. Bien que Rogue pouvait avoir caché la cape et la baguette dans sa propre chambre, Harry ne voulait y entrer qu’en dernier ressort. Quelque part, fouiller dans la chambre de Rogue lui sembla pire que d’avoir mis son nez dans sa pensive.
L’étage inférieur était une autre affaire. La plupart des portes étaient fermées, et Harry essaya toutes les poignets. Elles étaient toutes fermées à clef, apparemment, Rogue ne lui faisait pas confiance pour obéir aux règles, ce qui n’était pas un tort de la part de Rogue toutes choses considérées. La dernière porte fermée au bout du couloir s’ouvrit, et Harry glissa la tête à l’intérieur.
Il faisait sombre mais Harry distingua des étagères qui recouvraient les murs. Il ouvrit la porte pour mieux voir. C’était une réserve de potions, des centaines de bouteilles de toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les formes. Quelques unes étaient étiquetées, d’autres non. Certaines ressemblaient à des épices, et Harry refusa de regarder plus d’une seconde certaines autres. La pièce sentait la poussière, mais elle paraissait propre et entretenue. Une demi-douzaine de chaudrons étaient alignés sur une table en bois. Des instruments pour couper, écraser et remuer étaient également alignés sur la table.
C’était exactement ce à quoi devrait ressembler la réserve privée de Rogue, bien net et fonctionnelle, prête à être utilisée convenablement. Harry pensa au bazar qu’il possédait, habituellement éparpillé dans sa chambre ou au fond d’une male. Comme avec la bibliothèque, Rogue aimait que les choses soient rangées bien en ordre. Pas de rangement au hasard, pas de désordre, tout à la bonne place.
Harry était sur le point de quitter la pièce quand il remarqua quelque chose au dessus de l’étagère dans un coin. Il regarda de plus près et vit une sorte de tissu qui pendait. Couleur vives…c’était sa cape d’invisibilité ! Il l’avait trouvée.
Tout excité, Harry chercha autour de lui une échelle. L’étagère du haut était au moins à un mètre au dessus des bras levés d’Harry, et bien que Rogue soit plus grand, Harry savait qu’il ne pouvait pas atteindre l’étagère du haut. Mais il ne vit aucune échelle, même pas un marche pied. Il y avait un petit tabouret pas loin, et Harry le ramena rapidement sous les étagères.
Une fois debout sur le tabouret, il s’étira le plus qu’il put. Il n’arrivait même pas à toucher le bas de l’étagère du bout de ses doigts. Regardant par dessus son épaule, Harry prit une rapide décision. Il avait besoin de sa cape, et c’était la sienne, et Rogue ne remarquerait probablement pas qu’elle avait disparue.
Harry posa son pied sur une des étagères et se hissa. De sa main droite, il attrapa la cape et tira dessus.
Un moment après, il réalisa avec déception qu’il ne s’agissait pas de sa cape. Elle avait la même taille, mais les couleurs et la forme n’étaient pas les mêmes. Il la replia rapidement et tendit les bras pour la reposer sur l’étagère. Il remettrait le tabouret à sa place, refermerait la porte et Rogue ne saurait jamais qu’il était entré.
Un grincement se fit entendre. Harry jeta un coup d’œil anxieux vers la porte. Personne. Le grincement se fit à nouveau entendre et il regarda les étagères. Au niveau de son regard ; il vit avec étonnement les clous qui sortaient de la planche. C’était bizarre. Il réalisa trop tard que c’était en fait l’étagère qui se détachait du mur et que c’était les clous qui grinçaient.
Une bouteille étiquetée yeux de crapauds glissa de l’étagère et se brisa par terre. Harry regarda en bas, les yeux de crapauds étaient maintenant mélangés aux morceaux de verre de la bouteille le tout éparpillé sur le sol de pierre.
Ensuite, il se sentit tomber en arrière quand l’étagère se détacha complètement du mur et tomba en avant. Harry redescendit rapidement et se rua vers la sortie. Il arriva juste à temps dans le couloir au moment où l’étagères et son contenu se brisa sur le sol.
Il entendit ensuite une explosion. La porte sortit de ses gonds et Harry se couvrit les oreilles. Un moment de silence envahit l’air en même temps qu’une odeur de sulfure et de formol.
Harry entendit ensuite les autres étagères se renverser sur le sol. Le bois craqua comme des centaines d’arbres tombant sur le sol d’une forêt. Le verre des bouteilles ne cessait de se briser et Harry put voir des morceaux de verre glisser jusque sur le sol du couloir.
Ensuite, tout redevint calme à nouveau, à l’exception de quelques bouteilles dont le liquide gouttait sur le sol.
Harry resta figé sur place pendant quelques horribles secondes, entendant le lourd battement de son cœur dans ses oreilles. Il était mort.
Rogue allait le tuer. Rogue allait le découper en morceaux. Oublié le fait d’avoir regarder dans sa pensive, d’avoir volé dans sa réserve personnelle à Poudlard, et d’avoir été irrespectueux dans sa classe, oublié le fait d’avoir fait irruption dans sa maison, d’avoir ignoré les instructions de Rogue, oublié tout cela. C’était la pire chose qu’Harry pouvait faire après mettre le feu à la maison. Quand Rogue en aurait fini avec lui, faire face à Voldemort serait un partie de plaisir.
Les portraits parlaient entre eux avec ferveur, et Harry savait que ce n’était plus qu’une question de temps avant que Rogue arrive dans un tournoiement de robes à travers le couloir et qu’il s’enquière de ce qui s’était passé. Harry entendit des bruits de pas à l’autre bout du couloir, et il se mit à paniquer. Il courut de l’autre côté, ignorant les cris des portraits qui lui intimaient de rester où il était pour que leur maître s’occupe de lui.
Le cœur battant, Harry se faufila par une porte ouverte. C’était le salon où il était arrivé la première fois par la cheminée ensorcelée. Oh, ce sort semblait bien anodin maintenant comparé à ce qu’allait lui faire Rogue.
S’il trouvait de la poudre de cheminette, Harry pourrait essayer de sortir de la maison. Pas pour toujours, mais assez longtemps pour que Rogue se calme et réalise que son invité indésirable n’avait pas fait exprès de faire sauter son laboratoire. Harry se mit à regarder dans les différentes boîtes et vases sur l’étagère au dessus de la cheminée. Personne n’avait jamais utilisé cette cheminée pour se transporter depuis des années, mais Harry était trop angoissé pour réfléchir rationnellement.
« Harold James Potter ! », grogna la voix de Rogue depuis le couloir. « Où êtes-vous ? Montrez vous sur le champ ! »
« Il est allé dans le parloir », dit un portrait.
Au milieu de sa terreur, la seule pensée cohérente d’Harry fut qu’il réduirait ce portrait en lambeaux s’il survivait à la colère de Rogue.
« Merci », répondit la voix de Rogue qui se rapprochait.
Harry sentit la panique l’envahir et il ne pouvait se rappeler un moment où il avait été aussi terrifié. Même la bataille au Ministère de la Magie n’était rien en comparaison. Il fit la seule chose appropriée tant une telle situation…il se cacha. Plus tard, il dû admettre que c’était stupide et infantile mais sur le coup cela sembla sa seule option. Il se précipita vers le sofa et se cacha derrière en se collant au mur. Il enroula ses bras autour de ses genoux repliés et attendit apeuré.
Il était maintenant caché. Peut-être pourrait-il le rester pendant quelques jours. Le Manoir de Pendragon était grand et il était sûr de pouvoir trouver une dizaine de cachettes dès qu’il entendrait Rogue approcher. Harry avait appris à se cacher chez les Dursley pendant dix ans, ce ne serait pas tellement différent excepté que Rogue lui jetterait un sort s’il le trouvait alors que les Dursley le frappait.
Des pas lourds de colère entrèrent dans le salon. Harry essaya de rester assis sans bouger, respirant sans bruit espérant que Rogue ne l’entende pas. Ne bouge pas, ne dit rien, reste tranquille.
« Je sais que vous êtes là Potter », dit Rogue d’une voix dure comme les pierre et froide comme la glace. « Les portraits m’ont dit que vous étiez entré ici, et il n’y a pas d’autre issue. Sortez de votre cachette immédiatement, je suis sérieux. »
Est-ce que Rogue avait déjà dit quelque chose sans être sérieux ? Harry penserait à lui demander pourquoi il finissait toujours ses phrases par je suis sérieux. Enfin, encore fait-il qu’Harry vive assez longtemps pour ça.
« Potter, je suis sérieux. » La voix de Rogue se faisait menaçante. « Je compte jusqu’à trois, et vous feriez mieux de sortir ou que Merlin me vienne en aide, vous vous retrouverez en retenue avec moi tous les soirs de l’année scolaire. Un, retenue de trois heures tous les soirs. Deux, et je m’arrangerai pour que vous ayez une retenue chaque fois que vous aurez un temps libre. Tro… »
« Très bien », dit Harry en sortant de derrière le sofa. « Je suis ici. Mais c’était un accident, je le jure. Je n’ai pas…aïe ! »
Rogue s’était avancé et avait attrapé l’oreille d’Harry entre son pouce et son index. L’homme était livide, plus en colère qu’Harry ne l’avait jamais vu avant, y compris la fois où Sirius s’était échappé avec Buckbeak.
« Je vais vous poser des questions très simples », dit Rogue d’une voix mielleuse. Harry en eut des frissons dans le dos. « Si vous me répondez sincèrement, je vous laisserais peut-être vivre jusqu’à demain matin. Quand vous étiez dans le couloir tout à l’heure, est-ce que la porte était ouverte ? »
« Non », répondit Harry qui se retrouva juste sous le visage de Rogue pour ne pas que ce dernier lui arrache l’oreille. « Mais elle n’était pas fermée à clef. »
« Avez-vous entendu ce que j’ai dit à propos des portes fermées ? », demanda Rogue d’une voix encore plus doucereuse.
« Oui, mais… »
« Et Potter, commença Rogue dans un murmure, avez-vous compris ce que je voulais dire par n’entrez pas dans les pièces dont la porte est fermée ? »
« Oui », répondit Harry en commençant à rougir de honte.
« Alors vous avez ouvert la porte et vous êtes entré en sachant très bien que vous n’aviez pas le droit d’y être. Avez-vous cru qu’il serait amusant de jouer avec les potions, des les mélanger pour voir ce qui se passerait ? »
« Non, j’ai vu la cape sur l’étagère du haut… » Harry s’arrêta brusquement réalisant qu’il venait de s’enfoncer.
Une lueur de colère passa dans le regard de Rogue. « Alors, vous étiez à la recherche de votre cape, n’est-ce pas ? Vous avez décidé de la trouver malgré mes mises en garde selon lesquelles vous n’aviez pas besoin de votre cape. Elle était sur l’étagère du haut. Avez-vous essayé d’escalader les étagères pour l’attraper ? »
« Oui, mais j’ai remis la cape à sa place dès que j’ai vu que ce n’était pas la mienne. Ensuite, les étagères ont commencé à tomber. J’ai sauté et j’ai couru vers la porte, et après tout à explosé. »
« Alors, vous ne m’avez pas seulement désobéit à nouveau mais vous avez risqué à nouveau votre vie simplement que vous pensiez mieux savoir que moi. Commencez-vous à voir votre erreur là, Potter ? »
Harry détourna le regard. Le sentiment horrible dans son estomac revenait à la charge.
« Avez-vous la moindre idée du temps qu’il m’a fallu pour remplir cette réserve ? », demanda Rogue, ses doigts se resserrant sur l’oreille d’Harry qui grimaça de douleur. « Avez-vous une idée du coût de ses potions ? Heureusement, j’ai une autre petite réserve en bas à côté de mon laboratoire, mais je gardais une douzaine de potions extrêmement importantes ici. Les ingrédients qui m’ont servi à faire la potion que je vous ai donné pour vous empêcher de brûler l’autre nuit venaient d’ici. »
« Je suis désolé », s’écria Harry. Il se sentait horrible, comme s’il avait un vide en lui impossible à combler, et il rougissait encore, et peut-être que finalement Rogue ferait mieux de le tuer tout de suite pour qu’il arrête de se sentir si mal. Il gâchait tout, dès que quelqu’un essayait de l’aider, Harry réussissait à tout gâcher.
Rogue n’avait aucune sympathie. « Croyez-moi Potter, vous allez recevoir la pire des punitions que vous pouvez imaginer. Vous saviez ce que je vous avais dit, mais vous avez tout de même fait ce que je vous voulez en ignorant mes ordres. Cela relève de la désobéissance directe. Je ne vous ai pas exposé les différents types de désobéissance juste pou m’entendre parler. Je vous les ai énoncées pour que vous puissiez réfléchir à deux fois avant de me désobéir ! Mais comme vous persisté à vous comporter comme un enfant je vous traiterai comme tel. Pendant les deux prochains jours, autrement dit pendant les prochaines quarante-huit heures, je ne vous quitterai pas des yeux. Comme je ne peux pas vous faire confiance pour suivre mes directives quand je ne suis pas là, je vais rester avec vous tout le temps et voir comment vous vous comportez. Vous vous asseyez à côté de moi quand je travaillerai dans mon laboratoire, vous viendrez avec moi dans mon bureau quand j’enverrai des lettres, et vous dormirez sur le sofa dans ma chambre la nuit. A la fin de ces deux jours, et si je pense que vous pouvez rester seul à nouveau, vous pourrez suivre à nouveau votre emploi du temps sous certaines restrictions. Sinon, vous resterez à mes côté jusqu’à la rentrée des classes. »
La bouche d’Harry s’ouvrit grand mais il ne put articuler aucun son.
« De plus, vous irez au lit à huit heures tous les soirs la semaine qui vient, et vous ferez des corvées dans le manoir pour me prouver combien vous êtes désolé. Si j’entends des plaintes, je prolonge votre punition. Vous m’accompagnerez également dans le chemin de Traverse pour remplacer les ingrédients manquants. En somme, vous allez être le garçon le plus aimable, le plus serviable et le plus prévenant ou vous serez à Potter très malheureux. »
Harry hocha la tête, essayant d’avoir l’air aussi contrit et misérable que possible. Il se sentait mal, cela avait été stupide et irréfléchi de faire sauter le laboratoire de Rogue. Harry se rappela combien il avait été bouleversé en deuxième année quand quelqu’un avait fouillé dans ses affaires pour trouver le journal de Riddle. C’était Ginny et elle était possédée, mais Harry se rappelait combien il avait été en colère que quelqu’un puisse abîmer ses affaires, sans se soucier de ses sentiments. Il n’avait pas aimé ce qu’il avait ressentit et Rogue devait se sentir encore plus frustré parce qu’il avait besoin des potions pour travailler, en tant que professeur et qu’espion.
« Je suis désolé, vraiment désolé », insista Harry. « Je promets que j’écouterai mieux maintenant, c’est vrai. »
« Nous verrons cela », grogna Rogue. « Oh, une dernière chose. » Il tira Harry jusqu’au sofa et s’asseyant dessus tira Harry sur ses genoux.
« Oh, non ! », protesta Harry, à la fois apeuré et honteux. Il avait oublié que c’était ce même sofa où Rogue l’avait puni la première fois. Pourquoi avait-il choisi cette pièce pour se cacher ? S’il s’était caché ailleurs, Rogue ne se serait peut-être pas rappelé combien Harry détestait être puni de cette façon.
« Accio règle », dit Rogue avec un certain plaisir dans la voix.
Harry croisa ses bras en colère, pas facile à faire quand vous êtes allongé sur les genoux de quelqu’un. C’était une chose que Rogue le punisse, mais Harry savait que s’il regardait derrière lui, il verrait Rogue sourire sadiquement, heureux d’avoir une nouvelle excuse de punir son pupille.
Ce n’est pas juste, pensa Harry. Tu as fait sauter son laboratoire et tu es surpris qu’il soit sur le point de te donner une fessée ?, dit une petite voix dans la tête d’Harry.
Oui,mais il va utiliser une règle au lieu de sa main, et il ne devrait pas avoir l’air si heureux quand il me punit. C’est la seule personne mise à part Flinch et Ombrage qui prend du plaisir à faire mal aux autres, à savourer leur punition comme un sadique qu’il était.
Tu lui as désobéi, répliqua la petite voix. Tu as entendu ce qu’il a dit, et tu as fait tout le contraire. Je t’avais dit de ne pas entrer dans la pièce, mais il a fallut que tu y ailles. Et si ça avait été ta cape sur l’étagère, il aurait su qu’elle n’était plus là et il serait venu te trouver. Ce n’est pas Poudlard où tu peux reporter la faute sur un autre étudiant, il n’y a que vous deux.
Et bien, quand même, il ne devrait pas être aussi content. Il pouvait avoir l’air un peu désolé de devoir me botter les fesses alors que je ne l’ai pas fait exprès.
Oh, tais toi, rétorqua la voix. Tu as détruit une partie de sa maison. Tu mérites cette punition de A à Z. En fait, il devrait se servir d’une ceinture même, et pas une règle ridicule. Alors dès qu’il commencera, comporte toi comme un homme et accepte la punition sans broncher.
Toutes ces pensées lui traversèrent l’esprit en quelques secondes, mais Harry eut à peine le temps de se résigner et d’accepter son sort avant que Rogue n’abatte la règle sur son postérieur avec un bruit retentissant.
Harry se mit à haleter et sut que sa conscience avait tort sur deux points. Premièrement, la règle n’était pas frêle du tout. Harry ne pouvait pas la voir mais il eut l’impression qu’un épais morceau de bois lui claqua ses fesses ainsi exposées. Et deuxièmement, il n’y avait aucune chance qu’il encaisse sa punition comme un homme, le second et le troisième coup avait provoqué un picotement dans ses yeux et il put à peine se retenir de passer ses mains derrière lui pour protéger ses fesses.
« J’avais cru que vous étiez trop vieux pour ce genre de punition », dit Rogue entre deux coups retentissants. « Après tout, vous allez bientôt avoir seize ans, et cela est plus approprié pour un enfant de huit voir neuf ans. Cependant, il semble que cela fasse son effet bien plus vite que tout autre chose. »
Harry essaya de ne pas pleurer, il se dit qu’il était trop vieux pour pleurer, et il ne voulait pas conforter Rogue dans son opinion que c’était une punition appropriée. Mais Rogue connaissait son affaire, et après le dixième coup, Harry sentit quelques larmes commencer à couler. Après le vingtième coup de règle, il ne se souciait plus de sa dignité ou de sa fierté et totu ce qui comptait c’était que Rogue arrête rapidement.
« Très bien, très bien », sanglota Harry, se contorsionnant en vain sur les genoux de son professeur pour éviter les coups de règles. « Je jure que je ne…aah…vous désobéirai plus. Je le jure, je le jure, je serai sage. »
« Oh, des promesses, toujours des promesses », se moqua Rogue, ne s’arrêtant pas une seconde. « Au moment même où vous en aurez l’opportunité, vous foncerez tête baissée, oubliant les règles, et ne faisant que ce que vous voulez. Mais une fois que vous vous faites attraper, ce n’est que des larmes et des regards de chiens battus. Alors, arrêtez de couiner et laissez-moi finir. Je peut dire que les seules fois où vous vous comportez bien c’est juste après que je vous ai fessé correctement. Je devrais vous botter les fesses chaque matin pour que vous m’écoutiez le reste de la journée. »
« Non ! » Harry était désespéré. « Non, ne faites pas ça ! S’il vous plait, je serai sage, vous devez me croire. » Les larmes coulaient maintenant abondamment sur ses joues, et il ne se souciait plus de les essuyer.
« Je n’ai pas à vous croire », rétorqua Rogue. « Je m’arrêterai quand j’aurai décidé que vous avez compris la leçon, espèce de petit insolent détestable. »
Quatre coups de règle plus tard, quelque chose en Harry se brisa, faisant écrouler ses résolutions et il se mit à éclater en sanglots. Même après que Rogue eut administré le dernier coup de règle sur le postérieur d’Harry et qu’il ait mis la règle de côté, Harry ne fit pas un seul mouvement, il resta sur les genoux du maître des Potions en larmes et plein de remords. Il s’attendait à ce que Rogue le soulève et l’asseye sur le sofa pour le sermonner à nouveau. Ou pire, qu’il l’envoie au coin un long moment pour le faire réfléchir sur la façon dont il devait s’améliorer. Ou encore qu’il ne lui hurle de sortir de la pièce pour qu’il n’ait plus à le regarder.
Mais Rogue ne fit rien de tout cela. Il secoua la tête en disant : « Vraiment, Potter, vous causez plus de problèmes que ce que vous n’en valez. » Mais en parlant, il aida Harry à se remettre sur ses pieds, et le tint debout par les bras.
L’air profondément contrit, Harry resta là, debout, les larmes coulant sur ses joues et se sentant comme un enfant qui avait été bien puni. Pour des raisons inconnues, il avait envie d’être près de quelqu’un, de n’importe qui pourvu qu’il ne reste pas seul dans sa misère. Il détestait ce sentiment de solitude, encore plus fort depuis la mort de Sirius.
« Aller, Potter, ressaisissez-vous », dit Rogue d’une voix assez sévère mais plaçant une main chaleureuse sur l’épaule d’Harry et la serrant en signe de réconfort.
Plus tard, Harry rougit et regarda ailleurs en repensant à ce qu’il allait faire maintenant. C’était tellement immature, tellement infantile, si Ron l’apprenait, Harry ne pourrait plus jamais le regarder en face. Mais debout dans le salon, Harry abandonna toute logique et entoura ses bras autour des poignets de Rogue et reposa sa tête sur l’avant-bras de son professeur. Cela lui faisait tellement de bien d’être proche de quelqu’un, de ne pas se sentir perdu et seul au monde.
Rogue faillit repousser l’étreinte du garçon mais il soupira lourdement à la place. « Aller, aller », dit-il maladroitement, en donnant à Harry des petites tapes dans le dos. « N’en faites pas toute une histoire. Et je suis toujours très remonté contre vous. Venez maintenant, vous êtes vraiment trop vieux pour pleurer de cette façon. »
Harry recula brusquement, le sentiment de réconfort envolé. « D’abord vous dites que j’agis comme un enfant et que je dois être puni comme tel, et maintenant vous dites que je suis trop vieux ? Faudrait savoir ce que vous dites ! »
Rogue l’attrapa par le col, le tourna sur le côté et lui administra deux claques fermes sur les fesses. « Ne vous avisez pas de me parler sur ce ton, mon garçon, ou vous allez vous retrouver sur mes genoux jusqu’à ce que vous appreniez le respect. Maintenant, nous allons voir si nous pouvons sauver quelque chose de ma réserve de potions. »
Résistant à l’envie de frotter son douloureux postérieur, Harry fut poussé vers le lieu du désastre. Heureusement, ses larmes avaient cessé de couler, mais il se sentait toujours mal à l’aise qu’il se soit laissé aller de la sorte, comme un gamin de deux ans fatigué qui avait eu besoin de faire une sieste et qui avait éclaté en sanglots. Si jamais Rogue racontait ça…et bien, Harry n’était pas sûr de ce qu’il ferait, mais il savait qu’il ne serait pas très content de Rogue.
« Je ne comprends pas pourquoi vous ne pouvez pas utiliser la magie pour remettre tout en état », risqua Harry, faisant très attention de garder une voix très respectueuse. « Ne pouvez-vous pas, vous savez, inverser le processus et décasser les fioles et remettre les potions à l’intérieur ? J’ai vu Hermione réparer mes lunettes qui étaient cassées. »
« Ce n’est pas aussi simple », grogna Rogue, en poussant toujours Harry par le col. « Je pourrai peut-être réparer une bouteille et la remplir d’un ingrédient s’il n’a pas été trop secoué. Mais une fois qu’ils ont été mélangés, vous ne pouvez pas les dissocier. Cela devient un mélange chimique, pas physique. »
« Mais ne pouvez-vous .. ? »
« Non, on ne peut pas », insista Rogue irrité. « Ce n’est pas comme de la glace fondues que l’on peut recongeler. C’est plutôt comme cuire de la viande et essayer ensuite de la remettre crue. LA magie ne peut pas changer toutes les lois de la physique même si un nombre considérable de petits insolents souhaiterait le contraire. Et ajoutez à cela les produits chimiques inflammables qui prennent feu quand ils sont mélangés. »
Harry sentit la main du maître des Potions sur sa nuque se resserrer.
« Potter », commença Rogue de son murmure menaçant, « vous devriez prier pour que je retrouve au moins un ingrédient intacte dans ce chaos ou vous serez incapable de vous asseoir pendant au moins une semaine. »
L’odeur devint insoutenable au fur et à mesure qu’ils s’approchaient de la porte, et Harry essaya de ne pas avoir de haut le cœur. La réserve de potions était en fouillis : des étagères brisées jonchaient le sol, des tessons de verre ébréchés étaient éparpillés un peu partout par terre, des matières poisseuse et visqueuses suintaient un peu partout sur le verre et le bois, des parfums puants s’élevaient encore lentement en l’air en épaisses fumées. Harry plaqua une main sur sa bouche, espérant qu’il n’allait pas vomir.
« Regardez moi ça, mais regardez moi ça », dit Rogue hors de lui.
Harry essayait de ne pas voir.
« Vous ne faites jamais les choses à moitié, n’est-ce pas ? » Rogue enjamba les vestiges de la porte pour avoir une meilleure vue du chaos. « Foies de chauve-souris envolés, ailes de dragons détruites…vous avez cassé ma seule fiole de poussière de corne de licorne ! Avez-vous la moindre idée de la difficulté pour s’en procurer ? Cela va coûter la moitié de la fortune de vos parents pour tout remplacer, alors j’espère que vous êtes content. »
Oh, c’était un fiasco. Harry s’enfonça un peu plus dans le désespoir. L’argent que ses parents avaient amassé à la sueur de leurs fronts pour lui assurer un avenir allait finalement servir à réapprovisionner la réserve de potions du rival de son père. Peut-être était-ce une justice poétique…quelque part.
« Rien, rien », répéta Rogue ne soulevant une étagère en morceaux et en regardant dessous. « Ruiné, écrasé, explosé, ha, ha ! Une bouteille d’œufs de dragon intacte. » Il lévita la bouteille en dehors de la pièce jusque dans le couloir.
Harry ne savait pas s’il devait offrir son aide ou rester où il était. L’un ou l’autre, Rogue allait probablement lui crier dessus. Harry fronça les sourcils et se frotta rapidement les fesses pendant que Rogue regardait ce qui devait être des orteils de cochon et des morceaux de cœurs de dragon. Harry voulait ressentir de la colère, de la haine, mais la vérité c’est que Rogue l’avait laissé vivre pour le moment et Harry avait appris à être reconnaissant pour les petites bénédictions.
« Très bien », dit Rogue en se redressant et en passant une main à travers ses cheveux noirs. « dans une réserve de potions qui contenait 768 ingrédients parfaitement ordonnés, j’ai retrouvé quatre fioles intactes. Cela veut dire qu’il faut que je trouve 764 nouveaux ingrédients avant septembre. Et je pensais que nous pourrions avoir un été relaxant. »
« J’ai dit que j’étais désolé », protesta Harry. « Et je ne me suis pas plaint de ma punition, sur rien. »
« Parce que si vous l’aviez fait, j’utiliserais à l’instant votre langue comme un remplacement de mes ingrédients perdues », rétorqua Rogue. « Bien, cesser de rester planté là comme un idiot. Nous allons allés en bas pour vous équiper de gants de protection, et ensuite, vous allez nettoyer tout cela pendant que j’écrierai des lettres afin d’obtenir de nouveaux ingrédients. Aller, remuez vous ! »
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Rogue était fidèle à ses mots. Pendant deux heures pendant qu’Harry nettoyait, Rogue était assis sur une chaise sur le seuil de la porte à feuilleter des catalogue de fournitures de potions et marquait les potions dont il avait besoin. Harry essaya de travailler rapidement, les gants de caoutchouc épais à ses mains et un linge enchanté plaqué sur son nez et sa bouche pour qu’il puisse respirer en toute sécurité, mais il avait beaucoup à faire. Ce qui enrageait le plus Harry c’était qu’il était persuadé que Rogue pouvait tout nettoyer d’un simple coup de baguette. De plus, Harry aurait également pu tout nettoyer avec sa baguette si la chauve-souris assise sur la chaise le laissait le faire au lieu de le forcer à exécuter pendant des heures ce travail de nettoyage ennuyeux et fastidieux.
« Vous avez oublié un endroit », fit remarquer Rogue en pointant de sa baguette le coin le plus éloigné sans lever le nez de son catalogue.
Harry se raidit, essuya de son bras la sueur perlant à son front et écartant le linge plaqué sur son visage. « Le sol a été taché à plusieurs endroits. Qu’est-ce que j’utilise pour le nettoyer ? »
« Votre langue », répliqua Rogue sans lever le nez de son catalogue.
« très drôle », rétorqua Harry.
« Très bien, j’ai une brosse à dents que vous pourrez utiliser plus tard pour nettoyer le sol », annonça Rogue.
« Ce sera plus utile sur le sol que sur vos dents », marmonna Harry.
Rogue leva les eyux. « Qu’avez-vous dit ? »
« Rien, je nettoie », répondit rapidement Harry en se remettant au travail.
Quand la pièce fut suffisamment nettoyée, tous les morceaux de verre dans les poubelles et le sol débarrassé mais en grand besoin d’un bon nettoyage, il était l’heure de souper. Les épaules d’Harry le faisait souffrir d’avoir soulevé toutes les étagères, et son dos lui faisait mal de s’être penché tout du long. Ses fesses l’élancèrent quand il essaya de s’asseoir sans couiner et en dissimulant son inconfort. Il put remarquer que Rogue essayait de ne pas sourire, ce qui agaça Harry plus que tout autre chose.
Mais le pire fut quand Rogue lui annonça qu’il était l’heure d’aller se coucher. Harry, l’air sinistre, suivit Rogue au premier étage jusqu’à la porte du maître des lieux. La chambre de Rogue était étrangement banale, jolie et très masculine. Rogue tendit à Harry un pyjamas et lui montra du doigt la salle de bain. Un long bain chaud semblait une très bonne idée pour se décontracter.
Harry se dirigea vers la salle de bain, mais quand il se retourna, il vit Rogue debout sur le seuil de la porte, les bras croisés avec un regard décidé.
« Hé, je me déshabille là ! », protesta Harry.
« J’ai dit que je ne vous quittai pas des yeux pendant deux jours », répondit calmement Rogue. « Autant que je sache, vous essaierez d’inonder la salle de bain pour voir si vous pouvez créer une piscine intérieure », ajouta-t-il en campant sur ses positions.
« Je ne me déshabille pas si vous me regardez », déclara Harry en croisant ses bras.
« Oh, ne faites pas le bébé Potter. Vous avez déjà pris des douches avec des garçons, et je suis chef de la Maison Serpentar depuis des années. Ce n’est pas comme si je n’avais jamais vu des garçons tout nus avant, et si ça peut vous réconforter, je préfère quelque chose de plus féminin et de plus âgé, une femme avec des charmes et pas un gamin capricieux à peine pubère. »
« Je ne vous ai jamais vu vous intéresser aux femmes », dit Harry d’un air suspicieux, mais en retirant sa chemise tout en parlant.
« A Poudlard ? Là où les seuls membres de la gente féminine sont des étudiantes mineur et des professeurs mariées ou des vieilles filles ? Vous avez raison Potter, comment avez-vous pu ignorer mon intérêt pour les femmes attirantes quand je suis entouré de si bons partis ? »
Harry était en train de retirer ses chaussures et ses chaussettes, mais il s’arrêta un instant. « Et Tonks ? Elle n’est pas trop jeune ou trop vieille, et vous n’avez jamais eu l’air intéressé. »
« C’est tout ce dont j’ai besoin, une moitié de sorcière avec des cheveux qui changent de couleur et qui joue les petite maligne. Prenez un bain et arrêtez de m’ennuyer avec vos questions. »
Harry était allongé dans le bain chaud et moussant, savonnant un linge de toilette quand il demanda : « Est-ce que les Mangmorts ont le droit de se marier ? »
Rogue qui était adossé à l’entrée de la salle de bain attendant qu’Harry finisse de prendre son bain, posa son regard sur le garçon couvert de savon. « Pardon ? »
« Vous savez, est-ce que vous pouvez vous marier après que vous soyez devenu Mangemort ? Je sais que Lucius Malfoy est un Mangemort et Bellatrix Lestrange aussi, et ils sont tous les deux mariés, mais je crois qu’ils sont devenus des Mangemorts après. Je veux dire, est-ce qu’il autorise ses partisans à aimer quelqu’un d’autre que lui ? »
« Je ne sais pas », répondit rapidement Rogue. « Personne n’a jamais mentionné de mariage aux réunions. Et ne prononcez pas le nom de Bellatrix dans cette maison. »
Harry cligna des yeux. « Vous n’aimez pas Bellatrix ? Mais je croyais… »
« Je vous ai dit de ne pas parler d’elle », ordonna Rogue, la voix ferme. Ses yeux noirs brillaient de rage, et Harry put voir que Rogue serrait les poings à l’intérieur de ses manches. « Arrêtez de parler. Commencez à vous frotter et lavez vos sales cheveux. »
C’était une excellente opportunité de dire à Rogue qu’il ferait mieux de se laver lui-même les cheveux, mais Harry hocha la tête sans dire un mot et il attrapa le shampooing.
Trente minutes plus tard, Harry était allongé sur son nouveau lit : un sofa large avec un oreiller tout doux et des draps et des couvertures bordés autour de lui. Son corps était fatigué de sa journée éreintante de travail, mais l’esprit d’Harry continuait à cogiter, refusant de le laisser se reposer. Pourquoi Rogue haïssait-il Bellatrix ? Elle avait tué l’un des ennemis jurés de Rogue. Et est-ce que Rogue allait vraiment