« Ca a l’air dégoûtant, et je ne suis pas malade, juste courbaturé d’avoir nettoyé », dit Harry d’une voix fatiguée. C’était ridicule de refuser parce qu’il savait que Rogue pourrait le forcer à prendre la potion, mais Harry n’allait pas faire tout ce que lui demandait Rogue juste parce qu’il était aux commandes. Ce mec était un maniaque du contrôle, se repaissant du pouvoir de la façon dont les vampires se repaissent du sang. Une fois qu’Harry abandonnerait, le maître des Potions le sucerait jusqu’au sang.
« Immobulus ». Rogue avait sortit sa baguette de sa main libre et Harry retomba sur son oreiller dans un bruit sourd. Rogue reposa la cuillère sur la table et attrapa la bouteille. « Je crois que vous avez besoin d’une dose supplémentaire de cette délicieuse médecine pour vous aider à tenir votre langue. » Rogue commença à verser la substance visqueuse dans la bouche ouverte d’Harry, et les yeux d’Harry lui sortirent de la tête au goût horrible de la potion. Franchement, chaque potion semblait être encore plus dégoûtante que la précédente, et seulement faites pour le torturer avec leurs goût détestable. Et maintenant, il allait s’étrangler parce qu’il ne pouvait pas avaler sous le sort, et il ne pouvait pas non plus le dire à Rogue, bien qu’il doutait que Rogue s’intéresserait de savoir si Harry s’étranglerait tant qu’il restait tranquille et silencieux.
Après avoir versé ce qui semblait être la moitié de la bouteille dans la bouche d’Harry, Rogue referma la bouteille et ferma la bouche d’Harry. De la potion coula de la commissure de ses lèvres, mais Rogue l’essuya avec un mouchoir en papier. « Très bien, Potter, maintenant avalez. Vos réflexes naturels marchent. Avalez la potion et ensuite vous dormez. »
La potion ragoûtante fit son chemin dans la gorge d’Harry, laissant un arrière goût immonde sur son passage.
« Comme vous ne pouvez pas m’obéir pour de simples choses, dit Rogue d’un ton plus ferme, j’étends votre temps sous ma supervision à trois jours. » « De plus… », ajouta Rogue juste avant de s’arrêter brusquement, le visage livide de douleur.
La peur traversa Harry, mais il ne pouvait bouger, ni exprimer son inquiétude.
La main droite de Rogue agrippa son poignet gauche, où sous la manche de la robe noire, Harry avait deviné que la marque noire devait le brûler. Voldemort devait appeler un rendez-vous entre Mangemorts.
Rogue se redressa, calme et résolu une fois de plus. « Je dois partir pour quelques temps. Heureusement, c’est l’heure de dormir pour vous alors je n’ai pas besoin de m’inquiéter de vos petites errances. Fermez vos yeux et endormez vous, et je serai de retour dans quelques heures. »
Harry essaya de parler, de crier, mais tout ce qu’il réussit à faire fut un léger grognement étouffé dans sa gorge. Il essaya de parler avec ses yeux, mais cela n’avait pas marché la dernière fois, et il ne s’attendait pas vraiment à ce que ça marche.
« Potter, tout ira bien, à votre grand désarroi je suppose », dit Rogue avec une pointe d’ironie. Il remonta les couvertures jusqu’aux épaules d’Harry et éteignit la bougie. « Le Seigneur Noir n’a pas tué de partisan ces derniers temps, nous ne sommes pas très nombreux déjà, et il a besoin de nous tous en vie et loyaux. Maintenant, décontractez vous et ne vous inquiétez pas. Je rentrerai avant demain matin, et si ce n’est pas le cas, les elfs de maison s’occuperont de vous. »
Harry réémit le grognement étouffé, espérant que Rogue le laisse parler.
« Potter, il n’y a rien que vous puissiez dire qui me fera rester, ou comme vous le préféreriez, que je vous laisse m’accompagner. Vous restez allongé sur ce sofa parce que vous êtes punis. Bonne nuit. »
Rogue disparut dans un craquement tonitruant, laissant Harry seul dans la chambre sombre. Harry fixa le plafond, clignant rapidement des yeux. Il refusa de pleurer, il se fichait de ce que lui avait fait Rogue, mais ce picotement aux coins de ses yeux était plus fort que sa résolution de ne pas pleurer.
La réalité de la situation l’engloutit. Quelques fois, Voldemort et la prophétie semblait être un rêve lointain, quelque chose à se préoccuper que plus tard. Mais ici, dans la maison de Rogue, c’était réelle. Rogue venait d’être appelé à un meeting des Mangemorts, et connaissant par expérience le besoin de Voldemort d’infliger de la souffrance, il y avait des chances que Rogue soit torturé ce soir. Et s’il était torturé au point de craquer et de révéler où se trouvait Harry ? Et si des Magemorts pénétraient dans le manoir de Pendragon cette nuit même pendant qu’Harry était allongé sur le sofa, impuissant et incapable de se défendre ? Il imaginait les masques effrayant s’approcher de son lit, se pencher sur lui avec un regard froid caché derrière.
Harry ferma les yeux fort, essayant de repousser ses images. Rogue était plus fort que ça, il n’aurait pas accepté qu’Harry reste chez lui sans s’assurer de la sécurité d’Harry. Et si Rogue ne pouvait pas révéler où se trouvait Harry et que Voldemort le torture jusqu’à ce qu’il perde l’esprit, comme les Lonbottoms ? Et ensuite, il serait envoyé à St Mungos pour y apsser le reste de ses jours dans un état végétatif, se marmonnant à lui-même comme les parents de Neville. Et Harry serait le responsable, comme il était responsable de tout le reste. Ce n’était pas suffisant qu’il ait ruiné la maison de Rogue et son été, maintenant il s’assurait que Rogue souffre physiquement.
Harry commença à sentir les effets de la potion. Il avait déjà moins mal et se sentait mieux. Son corps ne demandait qu’à plonger dans le sommeil. Mais il se força à garder les yeux ouverts. Il ne dormirait pas tant que Rogue ne serait pas revenu, pas tant que Rogue ne serait pas dans la chambre, en vie et en un seul morceau.
Cela allait être une longue nuit pour tous les deux.
La nuit s’enfonça dans la pénombre. Les bougies brûlèrent lentement, chacune laissant un eu plus les ténèbres envahirent la pièce.
Harry savait qu’il aurait dû dormir, mais il se força à garder les yeux ouvert. Le charme d’immobilisation ne s’effaça pas aussi vite ; Harry entendit l’horloge dans le couloir sonner deux heures du matin, et il n’avait reprit que le contrôle de ses bras. Il s’était assoupi deux ou trois fois mais il réussit à rouvrir les yeux, déterminé à ne pas dormir. La potion que Rogue lui avait donnée ne devait pas le faire somnoler mais relâcher ses muscles.
Les premières lueurs du jour éclairaient déjà à travers la fenêtre quand Harry fut enfin capable de bouger tous les membres de son corps. Il s’assit et repoussa les couvertures. Il n’allait pas rester ici indéfiniment à s’inquiéter de savoir si Rogue était en vie ou à l’agonie au meeting des Mangemorts. Il allait le retrouver.
La porte de la chambre s’ouvrit en grand, et Harry poussa un sourire de soulagement quand il vit Rogue entrer dans la pièce. Ce sentiment de soulagement s’envola quand il vit le visage pâle de Rogue, plus pâle que d’habitude et marquée par la douleur. L’homme pouvait à peine marcher, il se traîna difficilement jusqu’à son lit.
« Qu’est-ce qu’il vous a fait ? », demanda Harry en se levant du sofa.
« Potter, pas si fort, s’il vous plaît. » Rogue commença à retirer avec peine sa robe noire. « J’irai mieux dans un moment. » Rogue retira sa robe en grimaçant et se tint debout à côté du lit en pantalon noir et chemise blanche. On aurait dit qu’il était sur le point de faire une remarque acerbe et méchante, mais il abandonna l’idée.
Harry regarda avec anxiété Rogue se hisser sur son lit et se coucher sur les oreillers. Il n’avait jamais vu Rogue de retour d’un meeting, et qu’importe ce qu’avait pu s’imaginer Harry sur les horrible douleur que devait infliger Voldemort à ses meeting, il n’était pas préparé pour la dure réalité de la torture.
« Potter, dit Rogue sans bouger, pouvez-vous aller dans le placard là-bas et m’apporter la petite bouteille verte sur l’étagère du haut ? »
Rogue demandant gentiment ? Il devait vraiment souffrir. Harry se dépêcha d’aller vers le placard et l’ouvrit. Heureusement, il n’y avait qu’une bouteille verte sur l’étagère du haut et il l’apporta immédiatement à Rogue.
Rogue se redressa un peu et prit la bouteille. Il but la potion en plusieurs gorgées. Rogue posa la bouteille sur la table de chevet, se rallongea sur le lit et ferma à nouveau les yeux.
« Potter, je vais me reposer un moment. »
« Je vais m’en aller », dit Harry en commençant à s’éloigner du lit.
« Non ! » Les yeux toujours clos, Rogue pointa un doigt dans la direction d’Harry. « Je ne vous quitte pas des yeux pendant encore deux jours. Habillez vous. Les elfs de maison vous apporteront le petit déjeuner. Ensuite vous vous assiérez dans le coin et vous lirez calmement. »
« Très bien », répondit Harry dont l’inquiétude s’était changée en agacement en se dirigeant vers la salle de bain. « J’avais oublié que les vampires devaient dormir le jour. »
« J’ai entendu ! », le prévint Rogue de son lit.
Rogue ne bougea pas pendant plusieurs heures. Après avoir petit déjeuné, Harry pensa regarder Rogue dormir juste pour s’assurer que l’homme n’allait pas mourir dans son sommeil. Mais comme Harry était incapable de savoir quand quelqu’un était mort à moins de ne plus voir leur poitrine se lever et s’abaisser quand la personne était allongée, il opta plutôt pour la lecture assis dans un coin de la chambre. Il jetait de temps en temps des regards vers le lit.
La chambre était chaude et calme en cette matinée qui passait. La mauvaise nuit qu’Harry avait passé l’avait fatigué, et il se reposa bien calé dans le fauteuil confortable, ses jambes sur l’un des accoudoirs et son dos sur l’autre. Il ferma un instant les yeux, et le livre qu’il tenait glissa sur sa poitrine.
« Potter ! », raisonna une voix. Harry sentit quelque chose lui taper doucement le genou.
« Allez vous en », marmonna Harry les yeux toujours clos.
« Potter, il est presque quatre heures de l’après-midi. Je n’arriverais jamais à vous faire aller au lit si vous ne vous réveillez pas maintenant. »
« Laissez moi tranquille », grogna Harry. Il s’assit tout de même et frotta ses yeux fatigués. Rogue se tenait debout devant lui. L’homme semblait aller mieux, la douleur ayant quitté son visage et il portait à nouveau sa robe noire. Mais il avait pas l’air content.
« Vous étiez supposé dormir la nuit dernière. Je vous jure que cet entêtement doit cesser. Quand je vous dis d’aller au lit, je veux dire pour dormir et pas pour reste allongé éveillé toute la nuit. LA prochaine fois que je dois m’absenter la nuit, je vous donne une potion e sommeil. »
Harry voulait lui jeter un regard noir, mais il était trop fatigué pour s’intéresser à autre chose se que de se rallonger et de dormir. Rogue, sans cœur comme toujours, l’attrapa par le bras et tira Harry hors de la chaise et le mis sur ses pieds.
« Vous devez toujours nettoyer le sol de ma réserve, et ensuite je veux que vous m’écriviez cinq cents fois ‘je ne dois pas désobéir à mon tuteur pour quelques raisons que ce soit’. »
« Héé », commença à se plaindre Harry, mais Rogue le stoppa net avec un de ses regards menaçants.
« Vous préférez six cents fois ? »
« C’est bon, je vais nettoyer et écrire », répondit Harry en suivant Rogue dans le couloir.
Vinrent ensuite des heures de nettoyage, pendant lesquelles Harry resta sur ses mains et ses genoux pendant que Rogue restait debout au dessus de lui à le critiquer jusqu’à ce qu’Harry est envie de lui transpercer la gorge avec la brosse à dents. Il n’arrivait pas à croire que Rogue l’obligeait à utiliser une brosse à dents.
« J’y arriverais beaucoup plus vite si vous me laissiez utiliser une vraie brosse récurer », protesta Harry en revenant sur le même endroit pour la troisième fois là où une tâche tenace s’était incrustée entre les lattes de bois du plancher.
« Je veux que cela vous prenne du temps », répliqua Rogue en souriant. « Cela vous permet d’être occupé et de ne pas faire de bêtise. Un Potter avec trop de temps libres finit toujours par créer des problèmes à un moment ou à un autre. »
Harry se retint de peu de jeter la brosse à dents sur Rogue. « Ha, ha, très drôle. Vous n’avez pas du travail plus important à faire pour l’Ordre ? »
« J’ai fait ma part en allant au meeting des Mangemorts. Maintenant, j’ai le droit d’avoir un peu de plaisir en vous regardant souffrir. Un peu plus vite, vous n’arriverez jamais à nettoyer ce sol en le caressant de cette façon. »
Harry marmonna quelque chose content que Rogue ne puisse pas entendre.
« Vous êtes le genre de personne qui a besoin de quelque chose pour occuper son temps », continua Rogue, ravi d’avoir capté son public. « J’ai toujours pensé que c’était à cause de cela que vous vous attiriez tant d’ennuis à l’école : trop d’heures sans surveillance. Certaines personnes trouvent des choses constructives à faire pendant leur temps libre, mais apparemment vous et votre père n’avez jamais utilisé ce temps libre à bon escient. »
« Je ne m’amuse pas à ennuyer les gens parce que je ne sais pas quoi faire », répliqua Harry. « J’essaie de ne pas embêter les autres, à part Malfoy, et c’est parce que c’est lui qui a commencé. Et vous n’auriez pas dû les laisser vous traiter comme ça. »
Rogue baissa les yeux sur Harry. « Excusez-moi ? »
« Vous étiez intelligent, vous auriez dû trouver un moyen de vous défendre », insista Harry, en attaquant le sol avec plus de vigueur. « JE veux dire, Malfoy arrive à trouver des tonnes de façons de me rendre la vie impossible, et vous êtes bien plus intelligent qu’il ne le sera jamais. Pourquoi n’avez vous pas transformer mon père en crapaud, ou lui jeter un sort pour qu’il parle comme un troll ? Personne ne l’aurait aimé alors. Vous auriez pu vous lier avec ma mère et ensemble vous auriez pu les battre. »
« Vous auriez voulu que l’on engage une bataille ? » Un sourire se dessina sur les lèvres de Rogue.
« Et bien, la bataille était déjà déclarée, vous auriez pu vous défendre au lieu de subir. Je ne laisse pas Malfoy m’avoir à chaque fois, et c’est plus dur parce que Crabble et Goyle me rosseraient s’ils pensaient que j’essaie quoique ce soit. Est-ce que Sirius et Lupin ont déjà essayé de vous taper ? »
« Non, et concentrez vous sur le sol », répondit Rogue, sans avoir l’air trop fâché.
« J’adorerais pouvoir me venger une bonne fois de Malfoy, juste une fois », déclara Harry songeur. « Moody l’a transformé en furet une fois et il l’a fait rebondir sur le sol. Enfin, c’était Barty Crouch junior mais je me rappelle encore de l’air terrifié qu’avait Malfoy avant d’être transformé. Bien sûr, McGonagall a forcé Barty Crouch Junior à redonner à Malfoy sa véritable apparence, mais on était tous d’accord pour dire qu’il était nettement mieux en furet. »
« C’est plutôt méchant de votre part, Potter, dit Rogue d’un ton désapprobateur. « Où est donc votre noblesse Gryffondor ? »
« Cela ne tient plus quand il s’agit de Malfoy. »
« JE vois. Et supposez que dans quinze ou vingt ans, le jeune Monsieur Mlfoy ait un fils. Comment le verriez-vous ? »
« Vous plaisantez ? N’importe quel fils de Malfoy sera démoniaque, probablement doté de la même attitude déplaisante et de ces cheveux blonds… » la voix d’Harry se tut réalisant ce qu’il venait de dire. C’était vrai, il détesterait sûrement n’importe quel enfant apparenté à Draco Malfoy, même avant de les rencontrer. Harry sentit ses oreilles rougir et il baissa la tête, frottant assez fort pour rayer le parquet.
« Ce sera suffisant pour le moment », dit Rogue d’une voix calme. « Allez vous nettoyer et nous pourrons souper. »
Harry laissa tomber la brosse à dents dans la bassine d’eau sale et se leva. Son dos le faisait souffrir de s’être trop courbé et ses genoux lui faisait également mal. Il savait que Rogue allait lui faire encore boire cette potion immonde de la veille. Combien de litre de potions allait-il ingérer pendant son séjour à Pendragon ? Assez pour toute une vie.
Le souper était délicieux et chaud, et Harry se mit à manger goulûment bien qu’il ralentit avant que Rogue ne fronce les sourcils.
« Quand nous irons au Chemin de Traverse », dit Rogue sur le ton de la conversation. « nous achèterons en même temps vos livres. Comme cela, vous pourrez commencer à étudier vos cours du premier semestre et ce jusqu’à la fin de l’été. »
« Super », grogna Harry. « Une année entière à étudier. Les gens ne distingueront plus Hermione et moi. »
« La sixième année est très importante », insista Rogue. « Et vous serez reconnaissant plus tard d’y avoir consacré du temps et des efforts pendant que el reste des étudiants s’amusent à faire des pitreries. »
Harry haussa les épaules, voyant la logique de Rogue mais refusant de l’admettre.
« Avez-vous pensez à ce que vous ferez pour gagner votre vie ? », demanda Rogue aussi naturellement que possible en commençant à manger. « Après avoir décroché votre diplôme ? »
La tête d’Harry se redressa d’un coup. « Quoi ? JE veux dire, je suis supposé affronter Volde…vous savez, la prophécie ? »
« Oui, mais après ça. Supposez que vous le battiez, c’en est fini pour lui, ou supposez qu’il n’attaque pas avant trente ans. Qu’allez-vous faire en attendant ? »
Harry n’y avait jamais pensé. « Et bien, j’avais envie de devenir un Aurore. »
Rogue secoua la tête. « Non, vous ne serez pas un Aurore. »
La gorge d’Harry se serra, mais il essaya de garder une expression normale. « Oui, je sais que vous savez que je n’ai pas eu d’assez bonnes notes aux BUSE pour prendre le niveau ASPIC pour l’entraînement des Aurores. »
« Non, pas ça Potter. Il y a des moyens de contourner les règles quand il s’agit de prendre les niveaux ASPICs. Je parle de vous, vous n’avez pas la bonne attitude et la bonne personnalité pour devenir un Aurore. »
Harry sentit la colère l’envahir, mais il essaya de rester calme. « Bien sûr que si ! Mes parents étaient des Aurores, et vous dites tout le temps que je suis comme mon père. »
« En fierté et en arrogance, peut-être », le contredit Rogue. « Vous êtes beaucoup trop impatient et impulsif pour être un Aurore. Les Aurores travaillent sous couverture et sont discrets dans leur mission. Vous courez après la gloire et le pouvoir, en combattant tout ce qui se dresse sur votre chemin en faisant assez de bruit pour réveiller les morts. Vous réussissez parce que vous prenez les gens par surprise et cet élément de surprise vous permet de l’emporter. Travailler en tant qu’Aurore signifie des opérations bien étudiées, préparées et menées avec un long travail en couverture, quelque chose que vous détesterez dès la première semaine. Non, vous n’aimeriez pas être un Aurore au bout du compte. »
« Que pensez-vous que je devrais faire alors ? », demanda Harry un peu déprimé. « Et ne dites pas rien car je rate toujours tout ce que je fais. Soyez honnête. »
« Je pense que vous ferez un excellent Professeur de Défense Contre les Forces du Mal »n dit Rogue avant de boire une gorgée de vin.
C’était inattendu et Harry ne put que fixer Rogue les yeux et la bouche grands ouverts, l’air abasourdi.
« Est-ce tellement incroyable que vous soyez obligé de me regarder comme une truite ? », demanda Rogue.
Harry ferma la bouche. « Non, mais vous pensez que je serai un bon professeur ? Je n’ai pas assez de patience pour être un Aurore, et vous pensez que je pourrai supporter des étudiants et rester à Poudlard toute ma vie ? »
« Apparemment. Enseigner n’est pas aussi dur que vous le pensez ou vous n’auriez pas commencé votre petite classe de Défense quand Umbridge se montrait incompétente. »
« Vous le saviez ? », s’étonna Harry.
« S’il vous plaît ! Tous les professeurs savaient pour vos petites pratiques sauf Umbridge qui ne connaissait rien au comportement des enfants. Croyez moi, je l’aurais su si vous vous étiez entraîné à fabriquer des Potions en dehors de ma classe. »
« Mais un professeur ? », répéta Harry avant que Rogue ne puisse le réprimander pour étudier plus et jouer moins. « Je ne sais pas si je ferais un bon professeur. »
« Pourquoi pas ? Les autres étudiants vous ont écouté, et vous saviez de quoi vous parliez. Les élèves savent reconnaître les compétences d’un professeur très rapidement. »
« Ca doit être pour ça qu’on n’écoute pas dans votre classe », répliqua Harry. Cela avait été trop tentant pour ne pas en profiter, et il ne fut pas surpris quand Rogue lui donna une claque derrière la tête, mais elle lui fit moins mal que ce à quoi il s’était attendu.
« Tenez vous bien, ordonna Rogue, ou vous ne vous assiérez pas confortablement toute l’année qui arrive. »
« Vous ne pouvez pas punir un de vos collègues », répliqua Harry en souriant.
« Oui, enfin, je n’ai pas dit que vous seriez enseignant à Poudlard », objecta Rogue. « Il y a d’autres écoles où vous serez très bien, et très loin de moi et de ma réserve de potions. »
Harry sourit malicieusement. « Non, je pense que ce serait sympa d’enseigner à Poudlard. Imaginez un peu, vous et moi, assis à la même table pendant les repas, pendant les réunions d’enseignants, se disputant pour savoir qui aura le terrain pour s’entraîner au Quidditch. Nous nous croiserions dans les couloirs et je dirais, ‘Sévérus’ et vous me répondriez ‘Harry’, et ensuite nous nous séparerions en sachant que nous pourrions nous croiser dans les couloirs encore et encore et ce jusqu’à la fin de nos vies. »
Rogue eut l’air d’avoir avalé une potion abjecte. « A mieux y réfléchir, je crois que le programme des Aurores est tout à fait ce qu’il vous faut. Ou mieux encore, faites de votre mieux pour vous faire tuer pendant la Bataille. »
Harry ne put s’empêcher de sourire tout le reste du dîner. Et pourtant son estomac se soulevait en pensant à ce qu’allait être sa future carrière. Est-ce que devenir un Aurore était un si mauvais choix pour lui ? McGonagall lui avait dit qu’elle l’aiderait, mais avait-elle dit cela pour ennuyer Umbridge ? Devait-il devenir un professeur ? Une fois que Voldemort serait battu, cela aurait du sens de continuer à enseigner la Défense Contre les Forces du Mal pour que personne n’essaie de devenir un autre Seigneur Noir. Il s’imaginait debout devant une classe, revêtu d’une robe noire, et un première année lèverait timidement la main et demanderait : « Professeur Potter, pouvez-vous nous expliquer à nouveau ce que font les Détraqueurs, s’il vous plaît ? »
« Avant de vous enfoncer dans un rêve éveillé où vous êtes sûrement le maître de l’Univers, commenta sarcastiquement Rogue, je vous rappelle que vous avez toujours des lignes à m’écrire ce soir. Je veux que vous en écriviez la moitié ce soir et l’autre moitié pourra attendre demain soir. Demain, juste après le petit déjeuner, nous irons au Chemin de Traverse.
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A huit heures précises, Harry était allongé sur le sofa, sa main lui faisant mal d’avoir autant écrit, à regarder le plafond pendant que Rogue étudiait des papiers. Harry n’était pas fatigué, mais il ne disait rien de peur que Rogue ne lui fasse prendre une potion pour dormir. Il se sentait toujours coupable d’avoir fait sauter la réserve de potions. Une sensation désagréable apparut dans son estomac et il essaya de penser à autre chose.
« Arrêtez de bouger et endormez vous », ordonna Rogue.
« Qu’est-ce qui se passe aux meeting des Mangemorts ? » Harry roula sur le côté pour pouvoir voir Rogue. « Est-ce qu’il y a un schéma précis ou est-ce que les gens se font torturer au hasard ? »
« Cela ne vous regarde pas. Dormez. »
« Non, vraiment », insista Harry, se mettant sur un coude. « Qu’est-ce qui arrive ? Il y a que des Mangemorts ou est-ce que ceux qui postulent peuvent y assister ? Est-ce que c’est un club ou on peut adhérer ou est-ce que c’est plus comme la mafia ? »
« Je ne vous dirai rien », répliqua sèchement Rogue.
« Pourquoi non ? »
« Parce que cela vous effraierait. »
Harry poussa un soupir indigné, mais Rogue secoua la tête. « Non, Potter, je sais que vous pensez avoir vu beaucoup de violence et que vous avez souffert ces dernières années à Poudlard, mais ce n’est qu’un aperçu de ce qui se passe vraiment autour du Seigneur Noir. Vous êtes trop jeune et trop naïf pour supporter la vrai nature du mal. Vous êtes nerveux et impulsif à propos de la prophétie et si je devais vous dévoiler les horreurs qui vous attendent, vous ne réussiriez plus à dormir et je n’aurai plus aucun moment de répit. »
« Mais ne pas savoir me rend encore plus inquiet », protesta Harry. « J’étais terrifié avant la première épreuve au tournoi des Trois Sorciers, mais une fois que je savais ce qu’i m’attendait, je me suis senti mieux et j’ai pu me préparer. »
« Vous pouvez essayer tout ce que vous voulez, mais je ne vous dirai rien », conclut fermement Rogue.
Harry pensa bouder, mais ses pensées l’entraînèrent vers un autre sujet d’inquiétude. « Pourquoi toutes les bons sorciers et les bonnes sorcières ne s’allieraient pas et iraient à un meeting des Mangemorts ensemble et leur règleraient leur compte ? »
« Potter », commença Rogue en soufflant, mais Harry poursuivit.
« Non, sérieusement. On se met tous ensemble et on y va armés de nos baguettes et d’armes. Vous nous conduisez au meeting, on attrape Voldemort par surprise, et on l’écrase. Peut-être que je pourrai me cacher jusqu’à la dernière minute, et ensuite le tuer avant que quelqu’un me voit, et tout serait fini. Attrapés tous les Mangemorts et envoyés à Azkaban, et on jette un sort pour que Voldemort ne puisse plus jamais revenir, et voilà. Une attaque directe, sans espionner, sans s’inquiéter de savoir quand il va attaquer, juste une attaque éclaire. Allez, donnez moi une raison pour laquelle ça ne marcherait pas. »
« Et bien, premièrement, le Seigneur Noir a placé des sorts de protection pour l’alerter si quelqu’un autre qu’un Mangemort essayait de l’approcher à moins de trois kilomètres. Deuxièmement, aux meetings, il a mis des charmes sur lui pour ne pas être blessé. Ces charmes sont très puissants et imprégnés de magie noire, et il me tuerait avant que je puisse retirer le premier. »
« Oh », dit Harry se sentant un peu bête. « On devrait quand même aire quelque chose. On devrait avoir une défense. »
« Potter, grogna Rogue, agacé, que pensez-vous que soit l’Ordre du Phoenix ? Une partie de thé pour discuter des livres ou d’autres sujets futiles ? Nous travaillons très dur, et je sais que vous voudriez pouvoir faire quelque chose mais pour le moment votre contribution c’est de dormir et de me laisser travailler comme je suis un membre de l’Ordre du Phoenix. »
« Un membre suspicieux », marmonna Harry conscient qu’il se ferait punir s’il n’arrêtait pas rapidement. Il essayait pourtant une dernière fois. « Allez-vous retourner à un meeting de Mangemorts pendant que je serais là ? »
Rogue chercha à attraper sa baguette.
« Je veux dire, reprit rapidement Harry, je ne veux pas que vous y retourniez. Je ne savais pas si quelque chose vous était arrivé, et je ne pouvais pas me lever du sofa, et les Mangemorts auraient pu envahir les lieux et je ne pouvais pas bouger. »
« Vous n’étiez pas en réel danger. Au moindre signe de danger, mes elfs de maison avaient l’ordre de vous mener à Dumbledore sur le champ. J’ai posé d’autres protections pour que personne ne sache que vous étiez là. Pour le reste du monde, vous êtes dans votre famille où personne ne sais vraiment où cela se trouve. »
« Ron m’a trouvé en deuxième année », contesta Harry. « Il savait où je me trouvais. »
« M. Wesley Senior savait où vous étiez », corrigea Rogue. « Et il l’a probablement dit à son fils par inadvertance ce qui n’était pas très sage de sa part. »
« Est-ce que je peux écrire à Ron et à Hermione ? », dit Harry en changeant de sujet. « Ils aimeraient savoir où je suis. Je ne leur dirai pas où je suis exactement, juste que je vais bien. J’aimerais bien les voir cet été. Hermione sera tout ce qu’il faut savoir sur les cours du premier semestre, et elle a sûrement reçu les meilleurs notes aux BUSEs. Ron se sentira sûrement idiot car il ne pourra jamais avoir d’aussi bonnes notes, bien qu’ils ne se disputent jamais à propos de l’école. C’est sur tout le reste, ils se crient dessus et ensuite ils ne se parlent plus pendant des jours. Je voudrais juste passer une année tranquille, alors je pourrai… »
Phht ! Sans crier gare, Harry retomba sur les oreillers, les yeux fermés ainsi que la bouche. Il commença à respirer profondément et lentement.
Rogue rangea sa baguette, la fumée du sort d’endormissement s’échappant encore en un mince filet de son bout.
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Harry essaya d’avoir l’air décontracté en attendant près de la porte que Rogue soit prêt. Harry était déjà allé au Chemin de Traverse, il y avait même vécu plusieurs semaines avant de commencer sa troisième année, mais à chaque fois, il était tout excité à l’idée d’y retourner. Il adorait les magasins, spécialement les nouveaux avec des articles de magie qu’il n’avait jamais vu auparavant. Le magasin de farces et attrapes de Fred et George était un lieu très prisé, et Harry espérait pouvoir s’éclipser pour y faire un tour pendant que Rogue marchanderait ses potions. Bien sûr, connaissant Rogue, il garderait sûrement Harry tout près de lui tout le temps, dans quelques vieux magasins douteux qui contenaient des bouteilles d’ingrédients qui donneraient à Harry la nausée.
Et si Rogue était vraiment occupé, Harry déciderait de filer hors des magasins pour aller chercher un remonteur de temps. Oui, il savait qu’il ne devrait pas, et oui, il savait que Rogue lui ferait payer s’il l’apprenait, et Harry serait chanceux s’il pouvait s’asseoir le reste de l’année, mais il avait un plan ! Harry avait un plan et il s’y collerait, et Rogue n’allait pas se dresser en travers de son chemin.
« Vous êtes prêt ? », demanda Rogue en entrant dans le hall d’entrée, tenant un sac et un trousseau de clefs.
« Oui », dit Harry en fermant sa cape avec la pince en forme de serpent. « Ca fait des heures que je vous attends. »
« Ne soyez pas insolent avec moi, Potter », prévint Rogue. « Nous avons une longue journée, et nous n’allons pas commencer avec vos effronteries. »
« Mais on peut commencer avec vos remarques désobligeantes ? », grogna Harry.
Rogue lui donna deux coups de baguette sur la tête. « Et il y en aura d’autre si je vous entends encore faire l’effronté. »
« Comment va-t-on allé au Chemin de Traverse ? », s’enquit Harry, résistant à l’envie de se frotter la tête. Il ne voulait pas voir Rogue se moquer de lui une nouvelle fois. « On peut voler ? »
« Non, c’est trop dangereux. » Ils sortirent, et Rogue se retourna pour fermer la porte à clef.
« Pourquoi est-ce que vous n’utilisez pas votre baguette ? », demanda Harry en clignant des yeux sous le soleil.
« Toutes les magies ne se font pas avec une baguette », répondit Rogue. « En fermant avec la clef, le manoir ne peut être ouvert par quiconque autre que moi avec cette clef. De cette façon, je n’ai pas à m’inquiéter de rentrer chez moi et de trouver une foule de Détraqueurs. »
L’image du Manoir de Pendragon fourmillant de Détraqueurs, forme noires menaçantes flottant dans les airs faisait froid dans le dos même en pleine journée. Harry chassa cette image de sa tête. « Alors si on ne peux pas prendre de balai, on peut apparaître là-bas ? »
« Non, vous êtes trop jeune. » Rogue rangea la clef dans une poche et sortit d’une autre poche une paire de clefs.
« D’accord, le train alors », dit Harry en dernier choix. Ils se dirigèrent vers l’un des côté de la maison.
« Non, nous allons utiliser la vieille façon moldue. »
« On va marcher ? On est si près de Londres ? »
« Non, nous allons y aller en voiture », dit Rogue en montrant du doigt une sedan noire.
La bouche d’Harry s’ouvrit en grand. « On prend la voiture ? »
« Oui, je présume que vous êtes déjà monté dans ce genre d’engin », dit Rogue en marchant vers le côté conducteur.
« Mais c’est une voiture, une voiture moldue », protesta Harry. « Et vous êtes un sorcier. »
« Cela ne veut pas dire que je ne peux pas tirer avantage de la sciences des Moldus quand j’en ai besoin. C’était plus simple et moins cher de louer cette voiture que d’y aller avec un portauloin. »
« Je peux conduire ? », demanda Harry. Ce ne serai pas aussi amusant que de voler sur un balai mais il pourrait toujours s’amuser.
Rogue poussa un petit ricanement. « Oh, cet humour typiquement Potter. J’avais oublié combien vous pouviez être drôle. Siège passager ou arrière ? »
« Très bien », dit Harry en prenant place sur le siège passager et en refermant la portière. Rogue prit place derrière le volant. Harry mit sa ceinture tout comme Rogue.
Rogue se débattait avec les clefs et Harry lui jeta un regard inquiet.
« Vous savez conduire, n’est-ce pas ? »
« Oui, Potter, je sais conduire. J’ai lu le manuel hier soir. » Rogue appuya sur un bouton et sa fenêtre se baissa. « Vous voyez ? Et là », dit Rogue ne appuyant sur un autre bouton ce qui enclencha la fermeture centralisée. « La sécurité enfant. JE suis le seul à pouvoir ouvrir. Et il faut tourner le volant dans la direction où on veut aller. C’est bon, allons-y. » Rogue tourna la clef et le moteur démarra.
Je vais mourir, fut la dernière pensée qui traversa l’esprit d’Harry en s’enfonçant dans le siège et en agrippant l’accoudoir avec ses deux mains.
A suivre
j'espere que la suite sera bientot la, je trouve comique se chap, la fin surtout!!!
je voulais juste savoir si la suite de cette fic et du gardien ideal arrive bientot? mais je vais pas t'harceler car je sais que tu dois pas avoir que sa a faire!!lol biz!