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fandefessees
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Histoires sur les séries Supernatural, Smallville, Charmed, Harry Potter... contenant des fessées :)
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10.07.2007
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08.08.2008
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Un nouvel endroit pour grandir 4

Un nouvel endroit pour grandir 4

Posté le 11.01.2008 par fandefessees
Rogue marcha jusqu’en haut de la colline et se tint devant son pupille, le regard empli d’une fureur qu’aucun mot n’aurait pu décrire. Harry recula, se demandant q’il ne pouvait pas s’enfuir en courant. Il était plutôt fatigué, mais il pensa qu’il pourrait quand même distancer Rogue s’il essayait. De plus, Harry avait un pantalon et un large t-shirt alors que Rogue était revêtu de ses longues robes.

Harry fit un mouvement pour faire demi-tour, et Rogue mugit : « Potter, si vous faites ne serait-ce qu’un pas en arrière, je vous fige sur un arbre et je vous y laisse jusqu’à vos vingt ans ! »

Harry se retourna vers Rogue. Il ne croyait pas vraiment que Rogue le figerait pendant les quatre prochaines années, mais il n’avait aucun doute que son Professeur le figerait quand même un petit moment. Que Rogue veuille transformer Harry en arbre ou l’enfermer dans un tronc, Harry n’était pas pressé de le savoir.

« Quelle heure est-il ? », demanda Rogue.

« Je ne sais pas, monsieur », dit Harry en haussant les épaules. « Je n’ai pas de montre. »

« Avez-vous pensé à en demander une maintenant que vous devez suivre un emploi du temps ? »

« Non, mais vous ne m’en avez pas donné une », protesta Harry.

« Je pensais que vous étiez assez responsable pour connaître vos besoins sans que je n’ai à m’occuper des moindres petites choses. Je vois que je me suis grandement trompé. »

Harry croisa ses bras et se demanda ce qui se passerait s’il attrapait la baguette de Rogue et qu’il le figeait lui contre un arbre.

« Avant de partir, je vous avais dit de rester sur le chemin en gravier. Vous m’aviez entendu ? »

« Oui, mais on aurait dit qu’il s’arrêtait près d’une espèce de mangeoire à oiseaux », expliqua Harry.

Rogue leva presque les yeux au ciel. « Si vous aviez continué sur ce chemin, vous auriez pu voir que le chemin tourne nettement à gauche après les mangeoires. LE chemin en gravier fait une boucle de cinq cents mètres à travers les jardins devant la maison. Le chemin que vous avez pris va derrière la maison sur des kilomètre. Il revient vers la maison au bout de vingt-cinq kilomètres. Vous avez fait plus de six kilomètre. Vous n’avez pas eu l’impression de faire un long trajet et que vous auriez dû être de retour au Manoir depuis le temps ? »

C’était trop injuste. Harry voulait hurler de frustration. Rogue jouait encore à le tourmenter. Il s’arrangeait pour qu’Harry ait toujours tort. Rogue s’évertuait à ce qu’Harry se sente le plus inconfortable, mal à l’aise et malheureux que possible, et Rogue se délectait de chaque seconde de la misère d’Harry.

« Il y a un chemin de terre qui part de ce chemin là-bas, ajouta Rogue, si vous l’aviez pris, vous seriez arrivé au Manoir des Malfoy ! »

Harry cligna des yeux. « Vous habitez à côté des Malfoy ? »

« Si par à côté, vous voulez dire à vingt-cinq kilomètres, alors oui, j’habite à côté d’eux », rétorqua Rogue. « Et la prochaine fois que je vous dis quelque chose sur la maison ou le jardin, écoutez-moi ! Il est plus de onze heures, et vous avez raté une demi-heure d’étude. »

Rogue plia l’emploi du temps et le fourra dans sa poche. Il mit également sa baguette dans sa robe. Il attrapa Harry par les épaules et l’approcha de lui. « Ne bougez pas. »

Harry voulut se dégager et reculer, il n’aimait pas être si près de Rogue, mais Rogue avait une poigne de fer. Ensuite, ils disparurent dans un crac.

Harry n’aima pas non plus cette sensation. C’était pire que de voyager avec un portauloin , soudain et bruyant avec une sensation d’être tirer dans tous les sens qui tendait tous les muscles du corps. Rogue le relâcha dès qu’ils atterrirent, et Harry tomba par terre en poussant un gémissement. Il regarda autour de lui, ils se trouvaient dans le jardin principal, la maison n’était plus qu’à quelques mètres de là. Rogue se pencha et releva Harry par le bras. Une fois qu’il fut sûr que le garçon était sur ses pieds, Rogue lui pinç al’oreille et commença à le traîner vers le Manoir.

« Aïe ! Mais je croyais que le chemin s’arrêtait », protesta Harry en trottant pour que Rogue ne lui arrache pas complètement l’oreille.

« Vous saviez très bien ce que j’avais dit », dit Rogue en continuant à marcher, ses doigts comme des pinces sur l’oreille d’Harry. « Vous croyiez que vous saviez mieux que les autres alors vous avez décidé de prendre votre propre route en ignorant mes directives. Typique des Potter. Croire que vous savez mieux que les autres. Je croyais qu’on avait déjà eut cette discussion auparavant, mais apparemment le message n’est pas rentré. »

« Non, non », répondit rapidement Harry, sa voix très respectueuse. « Je me suis trompé c’est tout. Je ne pensais pas que vous aviez tort, je promets de rester sur le chemin en gravier la prochaine fois, même si je pense qu’il ne mène nulle part. »

Ils atteignirent la porte, et Rogue lui lâcha enfin l’oreille. Harry eut à peine le temps de lui frotter l’oreille avant que Rogue l’attrape par l’épaule et le propulse vers la bibliothèque.

« Pas un mot de plus, Potter », ordonna le maître des Potions. « Asseyez-vous au bureau et commencer votre essai. Il vaudrait mieux que je n’entende pas un mot sortir de votre bouche jusqu’au déjeuner, ou alors que Merlin m’aide… » Rogue le regarda le regard menaçant avant de faire demi tour et de sortir en claquant la porte derrière lui.

Harry s’assit en tremblant devant le petit bureau et attrapa le parchemin et une plume. Il l’avait échappé belle, ça n’était pas passé loin. Il avait besoin de survivre s’il devait ramener Sirius et Cédric, et énerver Rogue n’allait pas l’aider. Fais ce qu’il dit, pensa Harry en déroulant le morceau de parchemin et en plaçant l’encrier en haut du parchemin pour éviter qu’il ne s’enroule. Fais ce qu’il dit, et quand il se sera habitué à toi, tu te casses.

Comme d’habitude, dès qu’il posa les yeux sur le parchemin vierge, il ne put trouver rien à y écrire. Cela l’ennuyait à l’école quand il s’asseyait pour écrire et Hermione commençait à gratter des mots derechef comme s’ils attendaient de sortir de ses doigts pour se déposer sur la page. Elle commençait à écrire, et elle aurait pu ignorer tout le monde dans la classe et écrire, écrire, écrire, et puis changer un mot ou reconsidérer la fin, tout cela avec un regard de concentration intense sur le visage. Harry essayait de rester concentré, assis à côté d’elle, mais il était toujours déconcentré par Ron qui trifouillait ses livres ou Dean Thomas qui parlait du dernier match de Quidditch. Et après Harry voulait se joindre à la conversation et poser des questions sur le seeker des Serdaigles ou le batteur des Poufsouffle. Et ensuite, il se rendait compte qu’il était très tard et que le préfet envoyait tout le monde au lit.

Mais ici, c’était différent. Pas de distraction dans la silencieuse bibliothèque, personne à qui parler, rien pour le perturber. Et il n’avait quand même rien à dire.

« Comment montrer le respect et l’obéissance dû à ses aînés ». Au moins il pensait que c’était le sujet de la dissertation. Assez propre espérait-il. Le respect, le respect dû. Comme la chanson moldu, R-E-S-P-E-C-T, juste un peu, juste un peu…

Il fredonna l’air entre ses dents en prenant des notes. S’il se mettait à chanter devant Rogue ? Le maître des Potions penserait qu’il était devenu fou. R-E-S-P-E…

Non, concentre-toi ! Ne chante pas, écris !

Harry jeta un regard au parchemin et vit ce qu’il avait écrit. Le respect et l’obéissance sont dus si…si quoi ?...si on veut être malheureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Si vous voulez n’avoir aucune joie et vous ennuyer à mourir ? …si on veut grandir et vivre comme un bon citoyen respectueux des lois (ouais, sûrement ou un Mangemort), et un bon sorcier ou une bonne sorcière (ou un professeur détesté).

Voilà, il y avait une phrase. Une phrase entière qui prenait deux lignes. Il devait écrire deux pages, encore une page trois-quarts. Il essaya de repenser aux réprimandes que lui avait fait McGonagall quant au fait de devoir suivre les règles et rester dans le droit chemin. Il n’avait pas écouter grand chose, plus occupé à rêver debout du prochain match de Quidditch que de prêter attention aux réprimandes. Peut-être qu’ écouter devait se trouver dans son essai, quelque chose comme être attentif à ce que disaient les adultes ?

Harry avait à peine finit la première page quadn il entendit un crac et qu’un elf de maison apparut devant le bureau.

« Oui ? », demanda Harry. Il commençait juste à se sentir inspiré par le sujet et n’aiamit pas être interrompu.

« Maître Rogue dit que M. Potter doit venir déjeuner », couina l’elf de maison.

« Quoi ? ça peut pas déjà être l’heure », objecta Harry. « Je viens de commencer. »

« Maître Rogue a demandé aussi que M. Potter amène son devoir avec lui », continua l’elf de maison comme s’il n’avait pas entendu Harry.

« Mais je n’ai pas fini. Je n’ai eu qu’une heure. J’ai encore un epage à écrire. »

L’elf de maison parut nerveux et mal à l’aise. Finalement, il dit : « M. Potter dira ça à Maître Rogue au déjeuner, et Maître Rogue s’en occupera. »

« Super », dit Harry en reposant la plume dans l’encrier et en suivant l’elf de maison vers la salle à manger.

Rogue était déjà assis à la table, feuilletant des lettres. Il leva les yeux quand Harry approcha de la table. « Où est votre essai ? »

« Je ne l’ai pas fini. Vous ne m’avez pas laissé assez de temps. Je n’écris pas très vite. »

« Vous ne faites pas grand chose très vite, M. Potter », commenta sèchement Rogue. « Pourquoi devrai-je être étonné que l’écriture n’en fait pas partie ? Arrêtez de buder et asseyez-vous. »

Un montre de poche en or était posée à côté de l’assiette d’Harry. Rogue la désigna de la tête.

« Peut-être que ça vous aidera à être dans les temps, Potter, bien que j’en doute. Essayez de ne pas la perdre ou de la casser la première heure, voulez-vous ? »

Le repas était délicieux, et Harry fit très attention à ses manières. Serviette sur ses genoux, assis bien droit, aucun manque de soin pour empêcher Rogue de le critiquer. Le verre devant lui contenait un liquide rouge foncé qu’Harry pensa être du vin ou du jus de canneberge. Il le goûta : forcément Rogue ne le laisserait pas boire du vin. C’était proche de la canneberge, mais avec un goût plus proche de la framboise et de la pomme et d’un autre goût qu’Harry ne réussit pas à identifier. Quelque chose d’âpre mais d’un peu sucré avec un arrière goût de myrtille,peut-être ?

Harry leva soudain les yeux. « Vous avez mis de la potion dedans ? » C’était typique de Rogue, verser de la potion quand les gens s’y attendait le moins. Spécialement après cette conversation lors de sa quatrième année, où Rogue lui avait promis de verser du Veritaserum dans le jus de citrouille d’Harry.

« S’il vous plait, Potter », soupira Rogue. « Si je voulais vous faire prendre une potion, je vous tendrais la fiole et je savourerais le spectacle de vous voir la boire. La plupart des potions ne marchent pas quand elles sont mélangées à d’autres boissons. Les fruits mixés que vous avez appréciés auraient neutralisés les effets de la plus simple des potions. »

Harry remua légèrement le verre et regarda le liquide bouger sur les bords du verre. « Pourquoi vous ne pouvez pas ajouter une saveur aux potions ? Pourquoi faut-il qu’elles aient toujours un goût affreux ? »

Rogue poussa un soupir en reposant son verre.

« Je sais que vous nous l’avez déjà probablement dit un millier de fois en classe, ajouta Harry, en devinant les pensées de Rogue, mais je vous le demande une nouvelle fois. »

« Comme j’ai essayé de le dire à tous les élèves le premier jour de classe », dit Rogue en se parant de l’air qu’il prenait quand il enseignait les Potions à une bande d’imbéciles, « les potions sont des substances délicates et capricieuses. Ce n’est pas comme de faire des cookies où même si vous mettez trop de beurre ou pas assez de farine, ils seront tout de même bons. Vous ne pouvez pas vous mettre à mélanger les ingrédients au hasard en espérant qu’ils vont remplir leurs fonctions. Si vous ajoutez ne serait-ce qu’un vingtième de petite cuillère en trop, la potion tout entière sera fichue. »

Harry ouvrit la bouche pour protester, pour insister sur le fait que les potions ne devraient pas être aussi particulières, mais Rogue secoua la tête.

« Bien, Potter, imaginez que vous voliez droit vers le vif d’or. Si vous accélérez vous l’attrapez dans les cinq mètres. Soudain, le vif d’or vire cinq centimètres sur la droite. Si vous ne changez pas votre direction pour le suivre, vous le rater une fois les cinq mètres parcourus. Les potions sont pareil. Vous avez compris ? »

« Et bien, si les Potions sont si dures à faire, pourquoi est-ce que vous vous énervez quand on les rate en classe ? », demanda Harry, sèchement. « Vous nous reprochez de ne pas les réussir, et vous venez de dire que c’était pratiquement impossible de ne pas rater. »

Rogue reposa sa fourchette qui émit un petit tintement sur la table. « Potter, quel âge avez-vous ? »

Harry rougit. Il n’avait pas envie de jouer au casse-tête avec Rogue. « Vous savez quel âge… »

« Répondez juste à la question. »

« Bien, je vais avoir seize ans dans trois semaines. »

« Et, continua Rogue sans aucune expression sur le visage, depuis combien de temps suivez-vous les cours à Poudlard ? »

« Cinq ans, mais je ne vois pas… »

« Et durant ces cinq années, combien de fois avez-vous pris le cours de Potions ? »

« Pendant toutes mes années, mais… »

« Alors, vous avez dû suivre probablement trois cents classes de Potions ? Je devine bien ? »

Ca faisait tellement que ça ? Harry additionna rapidement dans sa tête. Au moins deux fois par semaine, neuf mois dans l’année, cinq ans. « Ca doit être ça », admit-il.

« Et lors de ces classes, combien de fois diriez-vous que vous êtes venu en ayant lu les lectures recommandées ? »

Harry sentit ses joues s’empourprer. « Heu… »

« A chaque fois ? », demanda Rogue en observant Harry ce qui fit frémir ce dernier. « Une fois par semaine ? »

Harry regarda ailleurs, se trémoussant sur sa chaise.

« Une fois par mois ? Une fois tous les deux mois ? Oh, aller, Potter, mentez si vous le devez ! Vous êtes-vous déjà préparé pour venir en classe ? »

« Oui, je sais que j’ai lu ce qu’il fallait pour au moins quatre de mes classes », insista Harry.

Le silence de Rogue pesa de manière omniprésente dans la salle à manger et Harry sentait un nœud se former dans son estomac et se déplacer. Harry évitait le regard perçant de Rogue en fixant la table devant lui.

« J’avais beaucoup de choses à faire », essaya de se justifier Harry en rompant enfin le silence. « J’avais d’autres classes et… »

« Et le Quidditch, et faire l’imbécile avec vos amis, et vagabonder la nuit », dit le maître des Potions en fronçant les sourcils. « Je sais que Mademoiselle Granger entrait dans la classe en ayant lu ce qu’elle était supposée lire et arrivait tout de même à suivre les matchs de Quidditch et à garder ses amis. Vous avez passé neuf mois de l’année où exactement ? Dans le parc à jeux de Poudlard ? A la garderie de Poudlard ? Non, à l’école de Poudlard ! »

Harry prit une mine boudeuse et poussa son assiette presque vide loin de lui.

« Quant au fait de réussir les potions, espérez-vous vraiment que danser dans un laboratoire et vous mettre à jeter les ingrédients vous feront réussir la potion sans aucun entraînement ou aucune connaissance du sujet ? Cela relève du miracle que vous, les élèves, n’explosent pas ma salle de classe. Si cela ne tenait qu’à moi, aucun sorcier en de moins de quinze ans aurait le droit d’entrer dans un laboratoire de potions. Tant que vous ne réalisez pas la dangerosité de certaines substances, vous ne devriez pas mettre les pieds dans un laboratoire. »

« Je suis désolé d’avoir demandé », rétorqua Harry. « La prochaine fois que j’ai une question, je chercherai la réponse au lieu d’écouter un sermon de dix minutes. »

« Vous êtes impossible », dit Rogue en secouant la tête et en retournant à son repas. « J’offre une petite critique constructive… »

« Constructive ? », cria presque Harry. « Il n’y a rien de constructif là dedans. Vous ne faites que lister ce que je fais de travers, en sachant pertinemment que je ne peux rien faire comme je vis dans votre maison avec vos règles. »

« Que pensez-vous que je souhaite que vous fassiez l’année prochaine ? Hein, Potter ? »

« Etudier plus pour les cours et arrêter de jouer », marmonna Harry.

« Et si vous le faites, je pourrai espérer que vous avez changé vos habitudes épouvantables grâce à mes leçons. Alors, quelque chose de bon en sera ressorti. »

Harry s’adossa à sa chaise, battu. L’homme avait réponse à tout. De plus, il ne voulais pas que Rogue ait raison. Il préférait quand le maître des Potions lui balançait des insultes méprisantes juste pour être désagréable. Alors, il était plus facile de le détester.

« Si je finis mon essai cet après-midi, est-ce que je pourrai me promener autour du Manoir pendant mon temps libre ? », demanda Harry après quelques minutes de silence.

« Vous voulez vous mettre à explorer ? », dit Rogue en levant un sourcil, signifiant implicitement qu’il pensait à un autre mot plus déplaisant.

« Non, je ne vais pas fouiner partout », insista Harry. « Juste jeter un coup d’œil. J’avais l’habitude de marcher dans les couloirs à Poudlard pour voir les portraits et les différentes pièces. Je n’ai jamais été dans une maison de sorcier, à part celle des Weasley, oh, et celle de Sirius. » Une ombre passa sur le visage d’Harry, et Rogue répliqua rapidement.

« Très bien, vous pourrez jeter un coup d’œil, mais il y a deux règles que vous devrez respecter. Une, vous restez au rez-de-chaussée et au premier étage. Vous n’allez ni dans les donjons ni dans les tours. Deux, vous n’entrez pas si la porte est fermée. Compris ? »

Harry voulut protester. Il avait prévu d’aller voir chaque coin du manoir jusqu’à ce qu’il trouve sa cape et sa baguette, mais il n’était pas nécessaire de le dire à Rogue ! Rogue l’enfermerait sûrement dans sa chambre s’il avait des soupçons sur ce que son jeune pupille allait faire.

« Oui, monsieur », dit Harry en hochant la tête.

« Maintenant que nous avons discuté des potions et de votre exploration, peut-être aimeriez-vous parler de votre emploi du temps. Je pense que je n’aurai plus de caprice venant de votre part à moins que vous ne vouliez faire plus ample connaissance avec le coin ? »

« Non », dit Harry en lui jetant un regard noir, mais il ne dit rien de plus.

« Gentil garçon. J’ai relu le planning une dernière fois et j’en suis arrivé à la conclusion que rien n’a besoin d’être changé. J’espère que vous avez arrivé à cette même conclusion. Si ce n’est pas le cas, je peux toujours ajouter des heures d’études et des couvre feu plus tôt. »

« C’est très bien comme ça », l’assura Harry. Il aurait préféré que Rogue lui tende l’emploi du temps en lui disant : « Voilà votre planning, il est à suivre à la lettre, Potter. » Cette discussion ennuyait Harry plus que l’emploi du temps lui-même. Parler des choses rendait Rogue plus humain, et Harry préférait qu’il reste méchant, la chauve-souris démoniaque que Rogue avait toujours été.

« J’ai réfléchi aux conséquences si vous désobéissez », continua Rogue devinant ce qu’Harry pensait. « Idéalement, j’aimerais croire qu’il n’y ait pas besoin d’une quelconque sanction car vous ne désobéirez en rien, mais nous savons tous les deux que ce serait une pensée naïve. »

Il était difficile de na pas bouder. Harry pouvait sentir sa lèvre inférieure le démanger. Il se retint de ne pas la laisser pendre en une bouderie enfantine et serra ses lèvres pour résister à la tentation. Il ne ferait pas ce plaisir à Rogue.

« Maintenant, croyez-le ou non », dit l’homme en buvant une gorgée de son thé. « je crois qu’il y a différent degré de désobéissance. Premièrement, il y a l’ignorance, ne pas connaître les règles. Dans ce cas, il me suffira de vous informer des règles et rien de plus. Ensuite, il y a les erreurs de tous les jours, des choses qui pourraient devenir de vrais problèmes si elles n’étaient pas étouffées dans l’œuf. Il en découlera une réprimande. Ensuite, viennent la mauvaise conduite et le langage, comme par exemple les jurons, les regards insolents et votre passe temps favoris, faire la moue. Selon le degrés de votre mauvais comportement, je vous enverrai au coin ou dans votre chambre. Si vous jurez, en revanche, vous aurez votre bouche lavée au salon. Quatrièmement, la désobéissance pur et simple. Je vous ai dit de faire quelque chose et vous faites l’opposé en sachant très bien que vous désobéissez. Vous recevrez alors la pire des punition. Vous avez des question ? »

Oui, Harry voulut crier, c’est quoi la pire punition ? Mais il avait l’impression qu’il savait très bien de quoi il s’agissait. Il secoua la tête en disant : « Non, monsieur, mais si j’en ai, je pourrai les poser plus tard ? »

« Oui, accepta Rogue, mais les règles s’appliquent des maintenant. Si je vous surprends à me défier ou à ignorer ce que je vous dis encore une fois… »

Si Harry se débrouillait bien, Rogue ne l’attrapera plus pour quoique ce soit. A la première occasion, Harry se tirerait d’ici.

« Maintenant, si vous avez fini, pourquoi n’allez-vous pas continuer votre essai dans votre chambre ? », proposa Rogue en désignant la porte de la salle à manger de la tête.

Entre la fin de son essai et la lecture de quelques chapitres d’un vieux livre d’Histoire de la Magie, et le souper, Harry n’eut pas le temps d’explorer le manoir. Il était sur son lit à finir la dernière phrase de son essai quand Rogue entra dans sa chambre.

« Il est dix heures moins le quart, Potter », annonça le maître des Potions. « Vous avez certainement fini votre essai maintenant. »

Harry lui tendit le parchemin sans un mot. Il espérait que Rogue le mette de côté pour le lire plus tard une fois qu’il serait parti, mais bien sûr, il se mit à le lire debout au milieu de la pièce.

Harry bougea mal à l’aise. Devait-il resté assis sur son lit ou se lever et se mettre au garde à vous pendant que Rogue lisait ? C’était trop injuste. Personne d’autre au monde ne devait avoir à écrire un devoir comme punition pendant les vacances d’été. Horrible, dégoûtant…

« M. Potter ? », demanda Rogue d’une voix sévère.

« Oui, monsieur ? ». Harry sauta sur ses pieds.

« Je crois que je vous avait également demandé une liste de punitions appropriées avec votre devoir. »

Harry était prêt pour cette remarque. « Oui, monsieur, mais nous avons discutez pendant le déjeuner des punitions, alors je croyais qu’on avait déjà couvert le sujet. Cependant, ajouta-t-il prestement avant que Rogue ne désapprouve, je serais heureux de vous citer au mot près pour vous prouver que je vous ai écouté, ce qui et d’ailleurs l’un des points de mon essai. »

« Bien que je serai ravi de vous voir vous transformer an perroquet, dit Rogue, ce ne sera pas nécessaire. Demain, vous aurez une interrogation orale. J’espère que si j’arrive à vous faire garder en tête les conséquences de toute désobéissance, cela vous dissuadera de le faire. Préparez-vous à aller au lit. »

« Mais, je n’ai pas sommeil », se plaint Harry, passant ses pieds au bord du lit et se levant. « Je ne vais jamais dormir à dix heures. » Il s’attendait à ce que Rogue lui rappelle qu’il s’était enflammé vingt-quatre heures auparavant et qu’il avait par conséquent besoin de se reposer, mais Rogue se contenta de rétorquer : « Potter, au lit ! Tout de suite ! »

Cela faisait bizarre de se traîner jusqu’à la salle de bain pour se préparer, de revenir et de se glisser dans le lit avec Rogue debout comme une statue qui l’observait. C’était le quatrième nuit qu’Harry passait au Manoir de Pendragon, mais les autres nuits, il avait été perturbé par ses émotions ou par sa fièvre. Maintenant, Harry ne sentait ni angoissé ni malade, mais comme un gamin, comme un petit garçon qui allait être bordé pour la nuit. Il s’allongea sur les oreillers et remonta la couverture jusqu’à ses épaules pendant que Rogue ramassa ses vêtements sales et les mis dans une panière. A ce rythme là, Harry pensa qu’il devrait s’agripper à un ours en peluche et sucer son pouce avec une veilleuse pour l’aider à dormir. Il doutait que Rogue lui mette une veilleuse.

« Très bien »n dit Rogue en croisant ses bras sur sa poitrine. « Quand j’ai discuté des termes de cette tutelle, le directeur m’a fait promettre que je parlerai avec vous de vos…de vos sentiments. » Le mot sembla coincé dans la gorge de Rogue un instant, et l’homme n’aimait pas le goût de ce dernier. « Bien que je trouve que j’ai vu assez de vos émotions pour vivre trois vies, je tiendrai ma promesse. Comment vous sentez-vous ce soir ? »

Le ton de sa voix était tellement haché qu’Harry cligna des yeux un moment avant de répondre : « Heu, bien, je pense. »

« Est-ce que vous vous sentez triste, malheureux, en colère, ou stressé ? », pressa Rogue se retenant tout juste de lever les yeux au plafond.

« Heu, pas vraiment. » Harry n’était pas sûr de devoir ou non regarder son professeur en répondant. Il n’avait pas l’habitude de répondre à de telles questions tout comme Rogue n’avait pas l’habitude de les poser.

« Alors, je peux en conclure que vous êtes calme et que vous devriez vous endormir sans problème ? », continua Rogue, les bras toujours croisés.

« Oui », hasarda Harry. Il n’allait pas se relever pour explorer cette nuit. Cela devrait attendre le lendemain matin.

« Alors bonne nuit, Potter. Si je vous surprends hors du lit, vous payerez le prix pour le refus de suivre les règles et le mensonge. » Sur ces paroles réconfortantes, Rogue sortit de la chambre et referma la porte derrière lui.

Harry fixa le sombre plafond. Cet endroit était vraiment incongru. Rogue prétendant s’intéresser à ses émotions ? C’était un territoire inexploré ! Toutes ces règles, ces restrictions, et les conséquences…à ce rythme-la il allait répondre aux coups de sifflet comme dans ce film avec les sept enfants où tout le monde se mettaient à danser périodiquement.


Espérant à la fois que Rogue n’allait pas redevenir méchant et que le maître des Potions saute dans un lac et se noie, Harry s’enfonça plus profondément dans le lit. Plus tard, il eut l’impression d’entendre la porte de sa chambre s’ouvrir et il fut persuadé d’avoir ouvert les yeux pour voir Rogue debout au dessus de son lit et lui bordant la couverture autour de ses épaules, mais Harry fut certain qu’il rêvait. Il referma les yeux dans l’espoir de retomber dans ce rêve de l’autre nuit où James lui parlait de vol.

Le lendemain matin, Harry resta sur le chemin en gravier et trouva au lieu des fatigantes montées et descentes sur les collines que le chemin en gravier passait à travers de beaux jardins avec plein d’endroits pour s’asseoir et admirer la vue. Contrairement à l’autre chemin, celui en gravier semblait enchanté. Harry était certain que le Manoir était derrière lui, mais quand il passa sous une arcade en pierre, le Manoir apparut devant lui. Plus loin, une cascade se déversait dans un petit bassin, et Harry se pencha sur la surface de l’eau et aperçut des poissons orange et argentés qui nageaient entre les plantes aquatiques. Dans un coin, des rosiers rouges grimpaient le long d’un mur, s’élevant vers le ciel bleu.

Plus loin encore, le graviers laissa la place à des pierres. Quand Harry posa le pied sur la première pierre, des petits jets d’eau sautèrent du bord du chemin. Il s’écarta mais vit d’autres jets d’eau sauter dans sa direction. Apparemment, vous étiez supposés éviter d’être touché par les jets d’eau en sautant et en se déplaçant sur les côtés. Bien qu’Harry trouve que cela était un jeu plutôt simple, il ne put s’empêcher d’y jouer un bon moment. L’eau était malicieuse et Harry se retrouva touché au visage plus de fois qu’il ne l’aurait admis.

A une cinquantaine de mètres, Harry vit une petite barque attaché à un ponton. Le bassin s’ouvrait sur un lac et Harry put voir plusieurs canards gris de l’autre côté de la rive. Peut-être que Rogue le laisserait ramer et qu’Harry pourrait nourrir les canards là-bas. Pour le moment, il s’amusa à faire des ricochets sur l’eau du lac sous le regard de quelques tortues pas le moins du monde impressionnées.

Bien qu’Harry détestait l’admettre, le chemin en gravier était bien plus amusant que l’autre chemin. Si vous vouliez faire une marche de trois heures, l’autre chemin qui passait par la forêt était tout indiqué. Une petite promenade matinale, en admirant le paysage, restez sur le chemin en gravier.

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Harry passa dans le long couloir sur la pointe des pieds. C’était son temps libre de l’après-midi, mais il se sentait tout de même mal à l’aise d’explorer le manoir sans Rogue. Les portraits le toisaient de haut, silencieux mais d’un air désapprobateur, et Harry fut certain d’en entendre un dire : « Il a l’air louche, celui-la. »

La plupart des portes étaient ouvertes au premier étage, et Harry jeta un coup d’œil à l’intérieur mais ne s’y aventura pas. Rogue n’aurait pas caché les affaires de son pupille à la vue de tous. Harry avait traversé le couloir et avait vu beaucoup de chambres et de petits salons. Deux portes étaient fermées dans un des couloirs, mais il se dit que ce devait être la chambre de Rogue et son dressing. Bien que Rogue pouvait avoir caché la cape et la baguette dans sa propre chambre, Harry ne voulait y entrer qu’en dernier ressort. Quelque part, fouiller dans la chambre de Rogue lui sembla pire que d’avoir mis son nez dans sa pensive.

L’étage inférieur était une autre affaire. La plupart des portes étaient fermées, et Harry essaya toutes les poignets. Elles étaient toutes fermées à clef, apparemment, Rogue ne lui faisait pas confiance pour obéir aux règles, ce qui n’était pas un tort de la part de Rogue toutes choses considérées. La dernière porte fermée au bout du couloir s’ouvrit, et Harry glissa la tête à l’intérieur.

Il faisait sombre mais Harry distingua des étagères qui recouvraient les murs. Il ouvrit la porte pour mieux voir. C’était une réserve de potions, des centaines de bouteilles de toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les formes. Quelques unes étaient étiquetées, d’autres non. Certaines ressemblaient à des épices, et Harry refusa de regarder plus d’une seconde certaines autres. La pièce sentait la poussière, mais elle paraissait propre et entretenue. Une demi-douzaine de chaudrons étaient alignés sur une table en bois. Des instruments pour couper, écraser et remuer étaient également alignés sur la table.

C’était exactement ce à quoi devrait ressembler la réserve privée de Rogue, bien net et fonctionnelle, prête à être utilisée convenablement. Harry pensa au bazar qu’il possédait, habituellement éparpillé dans sa chambre ou au fond d’une male. Comme avec la bibliothèque, Rogue aimait que les choses soient rangées bien en ordre. Pas de rangement au hasard, pas de désordre, tout à la bonne place.

Harry était sur le point de quitter la pièce quand il remarqua quelque chose au dessus de l’étagère dans un coin. Il regarda de plus près et vit une sorte de tissu qui pendait. Couleur vives…c’était sa cape d’invisibilité ! Il l’avait trouvée.

Tout excité, Harry chercha autour de lui une échelle. L’étagère du haut était au moins à un mètre au dessus des bras levés d’Harry, et bien que Rogue soit plus grand, Harry savait qu’il ne pouvait pas atteindre l’étagère du haut. Mais il ne vit aucune échelle, même pas un marche pied. Il y avait un petit tabouret pas loin, et Harry le ramena rapidement sous les étagères.

Une fois debout sur le tabouret, il s’étira le plus qu’il put. Il n’arrivait même pas à toucher le bas de l’étagère du bout de ses doigts. Regardant par dessus son épaule, Harry prit une rapide décision. Il avait besoin de sa cape, et c’était la sienne, et Rogue ne remarquerait probablement pas qu’elle avait disparue.

Harry posa son pied sur une des étagères et se hissa. De sa main droite, il attrapa la cape et tira dessus.

Un moment après, il réalisa avec déception qu’il ne s’agissait pas de sa cape. Elle avait la même taille, mais les couleurs et la forme n’étaient pas les mêmes. Il la replia rapidement et tendit les bras pour la reposer sur l’étagère. Il remettrait le tabouret à sa place, refermerait la porte et Rogue ne saurait jamais qu’il était entré.

Un grincement se fit entendre. Harry jeta un coup d’œil anxieux vers la porte. Personne. Le grincement se fit à nouveau entendre et il regarda les étagères. Au niveau de son regard ; il vit avec étonnement les clous qui sortaient de la planche. C’était bizarre. Il réalisa trop tard que c’était en fait l’étagère qui se détachait du mur et que c’était les clous qui grinçaient.

Une bouteille étiquetée yeux de crapauds glissa de l’étagère et se brisa par terre. Harry regarda en bas, les yeux de crapauds étaient maintenant mélangés aux morceaux de verre de la bouteille le tout éparpillé sur le sol de pierre.

Ensuite, il se sentit tomber en arrière quand l’étagère se détacha complètement du mur et tomba en avant. Harry redescendit rapidement et se rua vers la sortie. Il arriva juste à temps dans le couloir au moment où l’étagères et son contenu se brisa sur le sol.

Il entendit ensuite une explosion. La porte sortit de ses gonds et Harry se couvrit les oreilles. Un moment de silence envahit l’air en même temps qu’une odeur de sulfure et de formol.

Harry entendit ensuite les autres étagères se renverser sur le sol. Le bois craqua comme des centaines d’arbres tombant sur le sol d’une forêt. Le verre des bouteilles ne cessait de se briser et Harry put voir des morceaux de verre glisser jusque sur le sol du couloir.

Ensuite, tout redevint calme à nouveau, à l’exception de quelques bouteilles dont le liquide gouttait sur le sol.

Harry resta figé sur place pendant quelques horribles secondes, entendant le lourd battement de son cœur dans ses oreilles. Il était mort.

Rogue allait le tuer. Rogue allait le découper en morceaux. Oublié le fait d’avoir regarder dans sa pensive, d’avoir volé dans sa réserve personnelle à Poudlard, et d’avoir été irrespectueux dans sa classe, oublié le fait d’avoir fait irruption dans sa maison, d’avoir ignoré les instructions de Rogue, oublié tout cela. C’était la pire chose qu’Harry pouvait faire après mettre le feu à la maison. Quand Rogue en aurait fini avec lui, faire face à Voldemort serait un partie de plaisir.

Les portraits parlaient entre eux avec ferveur, et Harry savait que ce n’était plus qu’une question de temps avant que Rogue arrive dans un tournoiement de robes à travers le couloir et qu’il s’enquière de ce qui s’était passé. Harry entendit des bruits de pas à l’autre bout du couloir, et il se mit à paniquer. Il courut de l’autre côté, ignorant les cris des portraits qui lui intimaient de rester où il était pour que leur maître s’occupe de lui.

Le cœur battant, Harry se faufila par une porte ouverte. C’était le salon où il était arrivé la première fois par la cheminée ensorcelée. Oh, ce sort semblait bien anodin maintenant comparé à ce qu’allait lui faire Rogue.

S’il trouvait de la poudre de cheminette, Harry pourrait essayer de sortir de la maison. Pas pour toujours, mais assez longtemps pour que Rogue se calme et réalise que son invité indésirable n’avait pas fait exprès de faire sauter son laboratoire. Harry se mit à regarder dans les différentes boîtes et vases sur l’étagère au dessus de la cheminée. Personne n’avait jamais utilisé cette cheminée pour se transporter depuis des années, mais Harry était trop angoissé pour réfléchir rationnellement.

« Harold James Potter ! », grogna la voix de Rogue depuis le couloir. « Où êtes-vous ? Montrez vous sur le champ ! »

« Il est allé dans le parloir », dit un portrait.

Au milieu de sa terreur, la seule pensée cohérente d’Harry fut qu’il réduirait ce portrait en lambeaux s’il survivait à la colère de Rogue.

« Merci », répondit la voix de Rogue qui se rapprochait.

Harry sentit la panique l’envahir et il ne pouvait se rappeler un moment où il avait été aussi terrifié. Même la bataille au Ministère de la Magie n’était rien en comparaison. Il fit la seule chose appropriée tant une telle situation…il se cacha. Plus tard, il dû admettre que c’était stupide et infantile mais sur le coup cela sembla sa seule option. Il se précipita vers le sofa et se cacha derrière en se collant au mur. Il enroula ses bras autour de ses genoux repliés et attendit apeuré.

Il était maintenant caché. Peut-être pourrait-il le rester pendant quelques jours. Le Manoir de Pendragon était grand et il était sûr de pouvoir trouver une dizaine de cachettes dès qu’il entendrait Rogue approcher. Harry avait appris à se cacher chez les Dursley pendant dix ans, ce ne serait pas tellement différent excepté que Rogue lui jetterait un sort s’il le trouvait alors que les Dursley le frappait.

Des pas lourds de colère entrèrent dans le salon. Harry essaya de rester assis sans bouger, respirant sans bruit espérant que Rogue ne l’entende pas. Ne bouge pas, ne dit rien, reste tranquille.

« Je sais que vous êtes là Potter », dit Rogue d’une voix dure comme les pierre et froide comme la glace. « Les portraits m’ont dit que vous étiez entré ici, et il n’y a pas d’autre issue. Sortez de votre cachette immédiatement, je suis sérieux. »

Est-ce que Rogue avait déjà dit quelque chose sans être sérieux ? Harry penserait à lui demander pourquoi il finissait toujours ses phrases par je suis sérieux. Enfin, encore fait-il qu’Harry vive assez longtemps pour ça.

« Potter, je suis sérieux. » La voix de Rogue se faisait menaçante. « Je compte jusqu’à trois, et vous feriez mieux de sortir ou que Merlin me vienne en aide, vous vous retrouverez en retenue avec moi tous les soirs de l’année scolaire. Un, retenue de trois heures tous les soirs. Deux, et je m’arrangerai pour que vous ayez une retenue chaque fois que vous aurez un temps libre. Tro… »

« Très bien », dit Harry en sortant de derrière le sofa. « Je suis ici. Mais c’était un accident, je le jure. Je n’ai pas…aïe ! »

Rogue s’était avancé et avait attrapé l’oreille d’Harry entre son pouce et son index. L’homme était livide, plus en colère qu’Harry ne l’avait jamais vu avant, y compris la fois où Sirius s’était échappé avec Buckbeak.

« Je vais vous poser des questions très simples », dit Rogue d’une voix mielleuse. Harry en eut des frissons dans le dos. « Si vous me répondez sincèrement, je vous laisserais peut-être vivre jusqu’à demain matin. Quand vous étiez dans le couloir tout à l’heure, est-ce que la porte était ouverte ? »

« Non », répondit Harry qui se retrouva juste sous le visage de Rogue pour ne pas que ce dernier lui arrache l’oreille. « Mais elle n’était pas fermée à clef. »

« Avez-vous entendu ce que j’ai dit à propos des portes fermées ? », demanda Rogue d’une voix encore plus doucereuse.

« Oui, mais… »

« Et Potter, commença Rogue dans un murmure, avez-vous compris ce que je voulais dire par n’entrez pas dans les pièces dont la porte est fermée ? »

« Oui », répondit Harry en commençant à rougir de honte.

« Alors vous avez ouvert la porte et vous êtes entré en sachant très bien que vous n’aviez pas le droit d’y être. Avez-vous cru qu’il serait amusant de jouer avec les potions, des les mélanger pour voir ce qui se passerait ? »

« Non, j’ai vu la cape sur l’étagère du haut… » Harry s’arrêta brusquement réalisant qu’il venait de s’enfoncer.

Une lueur de colère passa dans le regard de Rogue. « Alors, vous étiez à la recherche de votre cape, n’est-ce pas ? Vous avez décidé de la trouver malgré mes mises en garde selon lesquelles vous n’aviez pas besoin de votre cape. Elle était sur l’étagère du haut. Avez-vous essayé d’escalader les étagères pour l’attraper ? »

« Oui, mais j’ai remis la cape à sa place dès que j’ai vu que ce n’était pas la mienne. Ensuite, les étagères ont commencé à tomber. J’ai sauté et j’ai couru vers la porte, et après tout à explosé. »

« Alors, vous ne m’avez pas seulement désobéit à nouveau mais vous avez risqué à nouveau votre vie simplement que vous pensiez mieux savoir que moi. Commencez-vous à voir votre erreur là, Potter ? »

Harry détourna le regard. Le sentiment horrible dans son estomac revenait à la charge.

« Avez-vous la moindre idée du temps qu’il m’a fallu pour remplir cette réserve ? », demanda Rogue, ses doigts se resserrant sur l’oreille d’Harry qui grimaça de douleur. « Avez-vous une idée du coût de ses potions ? Heureusement, j’ai une autre petite réserve en bas à côté de mon laboratoire, mais je gardais une douzaine de potions extrêmement importantes ici. Les ingrédients qui m’ont servi à faire la potion que je vous ai donné pour vous empêcher de brûler l’autre nuit venaient d’ici. »

« Je suis désolé », s’écria Harry. Il se sentait horrible, comme s’il avait un vide en lui impossible à combler, et il rougissait encore, et peut-être que finalement Rogue ferait mieux de le tuer tout de suite pour qu’il arrête de se sentir si mal. Il gâchait tout, dès que quelqu’un essayait de l’aider, Harry réussissait à tout gâcher.

Rogue n’avait aucune sympathie. « Croyez-moi Potter, vous allez recevoir la pire des punitions que vous pouvez imaginer. Vous saviez ce que je vous avais dit, mais vous avez tout de même fait ce que je vous voulez en ignorant mes ordres. Cela relève de la désobéissance directe. Je ne vous ai pas exposé les différents types de désobéissance juste pou m’entendre parler. Je vous les ai énoncées pour que vous puissiez réfléchir à deux fois avant de me désobéir ! Mais comme vous persisté à vous comporter comme un enfant je vous traiterai comme tel. Pendant les deux prochains jours, autrement dit pendant les prochaines quarante-huit heures, je ne vous quitterai pas des yeux. Comme je ne peux pas vous faire confiance pour suivre mes directives quand je ne suis pas là, je vais rester avec vous tout le temps et voir comment vous vous comportez. Vous vous asseyez à côté de moi quand je travaillerai dans mon laboratoire, vous viendrez avec moi dans mon bureau quand j’enverrai des lettres, et vous dormirez sur le sofa dans ma chambre la nuit. A la fin de ces deux jours, et si je pense que vous pouvez rester seul à nouveau, vous pourrez suivre à nouveau votre emploi du temps sous certaines restrictions. Sinon, vous resterez à mes côté jusqu’à la rentrée des classes. »

La bouche d’Harry s’ouvrit grand mais il ne put articuler aucun son.

« De plus, vous irez au lit à huit heures tous les soirs la semaine qui vient, et vous ferez des corvées dans le manoir pour me prouver combien vous êtes désolé. Si j’entends des plaintes, je prolonge votre punition. Vous m’accompagnerez également dans le chemin de Traverse pour remplacer les ingrédients manquants. En somme, vous allez être le garçon le plus aimable, le plus serviable et le plus prévenant ou vous serez à Potter très malheureux. »

Harry hocha la tête, essayant d’avoir l’air aussi contrit et misérable que possible. Il se sentait mal, cela avait été stupide et irréfléchi de faire sauter le laboratoire de Rogue. Harry se rappela combien il avait été bouleversé en deuxième année quand quelqu’un avait fouillé dans ses affaires pour trouver le journal de Riddle. C’était Ginny et elle était possédée, mais Harry se rappelait combien il avait été en colère que quelqu’un puisse abîmer ses affaires, sans se soucier de ses sentiments. Il n’avait pas aimé ce qu’il avait ressentit et Rogue devait se sentir encore plus frustré parce qu’il avait besoin des potions pour travailler, en tant que professeur et qu’espion.

« Je suis désolé, vraiment désolé », insista Harry. « Je promets que j’écouterai mieux maintenant, c’est vrai. »

« Nous verrons cela », grogna Rogue. « Oh, une dernière chose. » Il tira Harry jusqu’au sofa et s’asseyant dessus tira Harry sur ses genoux.

« Oh, non ! », protesta Harry, à la fois apeuré et honteux. Il avait oublié que c’était ce même sofa où Rogue l’avait puni la première fois. Pourquoi avait-il choisi cette pièce pour se cacher ? S’il s’était caché ailleurs, Rogue ne se serait peut-être pas rappelé combien Harry détestait être puni de cette façon.

« Accio règle », dit Rogue avec un certain plaisir dans la voix.

Harry croisa ses bras en colère, pas facile à faire quand vous êtes allongé sur les genoux de quelqu’un. C’était une chose que Rogue le punisse, mais Harry savait que s’il regardait derrière lui, il verrait Rogue sourire sadiquement, heureux d’avoir une nouvelle excuse de punir son pupille.

Ce n’est pas juste, pensa Harry. Tu as fait sauter son laboratoire et tu es surpris qu’il soit sur le point de te donner une fessée ?, dit une petite voix dans la tête d’Harry.

Oui,mais il va utiliser une règle au lieu de sa main, et il ne devrait pas avoir l’air si heureux quand il me punit. C’est la seule personne mise à part Flinch et Ombrage qui prend du plaisir à faire mal aux autres, à savourer leur punition comme un sadique qu’il était.

Tu lui as désobéi, répliqua la petite voix. Tu as entendu ce qu’il a dit, et tu as fait tout le contraire. Je t’avais dit de ne pas entrer dans la pièce, mais il a fallut que tu y ailles. Et si ça avait été ta cape sur l’étagère, il aurait su qu’elle n’était plus là et il serait venu te trouver. Ce n’est pas Poudlard où tu peux reporter la faute sur un autre étudiant, il n’y a que vous deux.

Et bien, quand même, il ne devrait pas être aussi content. Il pouvait avoir l’air un peu désolé de devoir me botter les fesses alors que je ne l’ai pas fait exprès.

Oh, tais toi, rétorqua la voix. Tu as détruit une partie de sa maison. Tu mérites cette punition de A à Z. En fait, il devrait se servir d’une ceinture même, et pas une règle ridicule. Alors dès qu’il commencera, comporte toi comme un homme et accepte la punition sans broncher.

Toutes ces pensées lui traversèrent l’esprit en quelques secondes, mais Harry eut à peine le temps de se résigner et d’accepter son sort avant que Rogue n’abatte la règle sur son postérieur avec un bruit retentissant.

Harry se mit à haleter et sut que sa conscience avait tort sur deux points. Premièrement, la règle n’était pas frêle du tout. Harry ne pouvait pas la voir mais il eut l’impression qu’un épais morceau de bois lui claqua ses fesses ainsi exposées. Et deuxièmement, il n’y avait aucune chance qu’il encaisse sa punition comme un homme, le second et le troisième coup avait provoqué un picotement dans ses yeux et il put à peine se retenir de passer ses mains derrière lui pour protéger ses fesses.

« J’avais cru que vous étiez trop vieux pour ce genre de punition », dit Rogue entre deux coups retentissants. « Après tout, vous allez bientôt avoir seize ans, et cela est plus approprié pour un enfant de huit voir neuf ans. Cependant, il semble que cela fasse son effet bien plus vite que tout autre chose. »

Harry essaya de ne pas pleurer, il se dit qu’il était trop vieux pour pleurer, et il ne voulait pas conforter Rogue dans son opinion que c’était une punition appropriée. Mais Rogue connaissait son affaire, et après le dixième coup, Harry sentit quelques larmes commencer à couler. Après le vingtième coup de règle, il ne se souciait plus de sa dignité ou de sa fierté et totu ce qui comptait c’était que Rogue arrête rapidement.

« Très bien, très bien », sanglota Harry, se contorsionnant en vain sur les genoux de son professeur pour éviter les coups de règles. « Je jure que je ne…aah…vous désobéirai plus. Je le jure, je le jure, je serai sage. »

« Oh, des promesses, toujours des promesses », se moqua Rogue, ne s’arrêtant pas une seconde. « Au moment même où vous en aurez l’opportunité, vous foncerez tête baissée, oubliant les règles, et ne faisant que ce que vous voulez. Mais une fois que vous vous faites attraper, ce n’est que des larmes et des regards de chiens battus. Alors, arrêtez de couiner et laissez-moi finir. Je peut dire que les seules fois où vous vous comportez bien c’est juste après que je vous ai fessé correctement. Je devrais vous botter les fesses chaque matin pour que vous m’écoutiez le reste de la journée. »

« Non ! » Harry était désespéré. « Non, ne faites pas ça ! S’il vous plait, je serai sage, vous devez me croire. » Les larmes coulaient maintenant abondamment sur ses joues, et il ne se souciait plus de les essuyer.

« Je n’ai pas à vous croire », rétorqua Rogue. « Je m’arrêterai quand j’aurai décidé que vous avez compris la leçon, espèce de petit insolent détestable. »

Quatre coups de règle plus tard, quelque chose en Harry se brisa, faisant écrouler ses résolutions et il se mit à éclater en sanglots. Même après que Rogue eut administré le dernier coup de règle sur le postérieur d’Harry et qu’il ait mis la règle de côté, Harry ne fit pas un seul mouvement, il resta sur les genoux du maître des Potions en larmes et plein de remords. Il s’attendait à ce que Rogue le soulève et l’asseye sur le sofa pour le sermonner à nouveau. Ou pire, qu’il l’envoie au coin un long moment pour le faire réfléchir sur la façon dont il devait s’améliorer. Ou encore qu’il ne lui hurle de sortir de la pièce pour qu’il n’ait plus à le regarder.

Mais Rogue ne fit rien de tout cela. Il secoua la tête en disant : « Vraiment, Potter, vous causez plus de problèmes que ce que vous n’en valez. » Mais en parlant, il aida Harry à se remettre sur ses pieds, et le tint debout par les bras.

L’air profondément contrit, Harry resta là, debout, les larmes coulant sur ses joues et se sentant comme un enfant qui avait été bien puni. Pour des raisons inconnues, il avait envie d’être près de quelqu’un, de n’importe qui pourvu qu’il ne reste pas seul dans sa misère. Il détestait ce sentiment de solitude, encore plus fort depuis la mort de Sirius.

« Aller, Potter, ressaisissez-vous », dit Rogue d’une voix assez sévère mais plaçant une main chaleureuse sur l’épaule d’Harry et la serrant en signe de réconfort.

Plus tard, Harry rougit et regarda ailleurs en repensant à ce qu’il allait faire maintenant. C’était tellement immature, tellement infantile, si Ron l’apprenait, Harry ne pourrait plus jamais le regarder en face. Mais debout dans le salon, Harry abandonna toute logique et entoura ses bras autour des poignets de Rogue et reposa sa tête sur l’avant-bras de son professeur. Cela lui faisait tellement de bien d’être proche de quelqu’un, de ne pas se sentir perdu et seul au monde.

Rogue faillit repousser l’étreinte du garçon mais il soupira lourdement à la place. « Aller, aller », dit-il maladroitement, en donnant à Harry des petites tapes dans le dos. « N’en faites pas toute une histoire. Et je suis toujours très remonté contre vous. Venez maintenant, vous êtes vraiment trop vieux pour pleurer de cette façon. »

Harry recula brusquement, le sentiment de réconfort envolé. « D’abord vous dites que j’agis comme un enfant et que je dois être puni comme tel, et maintenant vous dites que je suis trop vieux ? Faudrait savoir ce que vous dites ! »

Rogue l’attrapa par le col, le tourna sur le côté et lui administra deux claques fermes sur les fesses. « Ne vous avisez pas de me parler sur ce ton, mon garçon, ou vous allez vous retrouver sur mes genoux jusqu’à ce que vous appreniez le respect. Maintenant, nous allons voir si nous pouvons sauver quelque chose de ma réserve de potions. »

Résistant à l’envie de frotter son douloureux postérieur, Harry fut poussé vers le lieu du désastre. Heureusement, ses larmes avaient cessé de couler, mais il se sentait toujours mal à l’aise qu’il se soit laissé aller de la sorte, comme un gamin de deux ans fatigué qui avait eu besoin de faire une sieste et qui avait éclaté en sanglots. Si jamais Rogue racontait ça…et bien, Harry n’était pas sûr de ce qu’il ferait, mais il savait qu’il ne serait pas très content de Rogue.

« Je ne comprends pas pourquoi vous ne pouvez pas utiliser la magie pour remettre tout en état », risqua Harry, faisant très attention de garder une voix très respectueuse. « Ne pouvez-vous pas, vous savez, inverser le processus et décasser les fioles et remettre les potions à l’intérieur ? J’ai vu Hermione réparer mes lunettes qui étaient cassées. »

« Ce n’est pas aussi simple », grogna Rogue, en poussant toujours Harry par le col. « Je pourrai peut-être réparer une bouteille et la remplir d’un ingrédient s’il n’a pas été trop secoué. Mais une fois qu’ils ont été mélangés, vous ne pouvez pas les dissocier. Cela devient un mélange chimique, pas physique. »

« Mais ne pouvez-vous .. ? »

« Non, on ne peut pas », insista Rogue irrité. « Ce n’est pas comme de la glace fondues que l’on peut recongeler. C’est plutôt comme cuire de la viande et essayer ensuite de la remettre crue. LA magie ne peut pas changer toutes les lois de la physique même si un nombre considérable de petits insolents souhaiterait le contraire. Et ajoutez à cela les produits chimiques inflammables qui prennent feu quand ils sont mélangés. »

Harry sentit la main du maître des Potions sur sa nuque se resserrer.

« Potter », commença Rogue de son murmure menaçant, « vous devriez prier pour que je retrouve au moins un ingrédient intacte dans ce chaos ou vous serez incapable de vous asseoir pendant au moins une semaine. »

L’odeur devint insoutenable au fur et à mesure qu’ils s’approchaient de la porte, et Harry essaya de ne pas avoir de haut le cœur. La réserve de potions était en fouillis : des étagères brisées jonchaient le sol, des tessons de verre ébréchés étaient éparpillés un peu partout par terre, des matières poisseuse et visqueuses suintaient un peu partout sur le verre et le bois, des parfums puants s’élevaient encore lentement en l’air en épaisses fumées. Harry plaqua une main sur sa bouche, espérant qu’il n’allait pas vomir.

« Regardez moi ça, mais regardez moi ça », dit Rogue hors de lui.

Harry essayait de ne pas voir.

« Vous ne faites jamais les choses à moitié, n’est-ce pas ? » Rogue enjamba les vestiges de la porte pour avoir une meilleure vue du chaos. « Foies de chauve-souris envolés, ailes de dragons détruites…vous avez cassé ma seule fiole de poussière de corne de licorne ! Avez-vous la moindre idée de la difficulté pour s’en procurer ? Cela va coûter la moitié de la fortune de vos parents pour tout remplacer, alors j’espère que vous êtes content. »

Oh, c’était un fiasco. Harry s’enfonça un peu plus dans le désespoir. L’argent que ses parents avaient amassé à la sueur de leurs fronts pour lui assurer un avenir allait finalement servir à réapprovisionner la réserve de potions du rival de son père. Peut-être était-ce une justice poétique…quelque part.

« Rien, rien », répéta Rogue ne soulevant une étagère en morceaux et en regardant dessous. « Ruiné, écrasé, explosé, ha, ha ! Une bouteille d’œufs de dragon intacte. » Il lévita la bouteille en dehors de la pièce jusque dans le couloir.

Harry ne savait pas s’il devait offrir son aide ou rester où il était. L’un ou l’autre, Rogue allait probablement lui crier dessus. Harry fronça les sourcils et se frotta rapidement les fesses pendant que Rogue regardait ce qui devait être des orteils de cochon et des morceaux de cœurs de dragon. Harry voulait ressentir de la colère, de la haine, mais la vérité c’est que Rogue l’avait laissé vivre pour le moment et Harry avait appris à être reconnaissant pour les petites bénédictions.

« Très bien », dit Rogue en se redressant et en passant une main à travers ses cheveux noirs. « dans une réserve de potions qui contenait 768 ingrédients parfaitement ordonnés, j’ai retrouvé quatre fioles intactes. Cela veut dire qu’il faut que je trouve 764 nouveaux ingrédients avant septembre. Et je pensais que nous pourrions avoir un été relaxant. »

« J’ai dit que j’étais désolé », protesta Harry. « Et je ne me suis pas plaint de ma punition, sur rien. »

« Parce que si vous l’aviez fait, j’utiliserais à l’instant votre langue comme un remplacement de mes ingrédients perdues », rétorqua Rogue. « Bien, cesser de rester planté là comme un idiot. Nous allons allés en bas pour vous équiper de gants de protection, et ensuite, vous allez nettoyer tout cela pendant que j’écrierai des lettres afin d’obtenir de nouveaux ingrédients. Aller, remuez vous ! »

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Rogue était fidèle à ses mots. Pendant deux heures pendant qu’Harry nettoyait, Rogue était assis sur une chaise sur le seuil de la porte à feuilleter des catalogue de fournitures de potions et marquait les potions dont il avait besoin. Harry essaya de travailler rapidement, les gants de caoutchouc épais à ses mains et un linge enchanté plaqué sur son nez et sa bouche pour qu’il puisse respirer en toute sécurité, mais il avait beaucoup à faire. Ce qui enrageait le plus Harry c’était qu’il était persuadé que Rogue pouvait tout nettoyer d’un simple coup de baguette. De plus, Harry aurait également pu tout nettoyer avec sa baguette si la chauve-souris assise sur la chaise le laissait le faire au lieu de le forcer à exécuter pendant des heures ce travail de nettoyage ennuyeux et fastidieux.

« Vous avez oublié un endroit », fit remarquer Rogue en pointant de sa baguette le coin le plus éloigné sans lever le nez de son catalogue.

Harry se raidit, essuya de son bras la sueur perlant à son front et écartant le linge plaqué sur son visage. « Le sol a été taché à plusieurs endroits. Qu’est-ce que j’utilise pour le nettoyer ? »

« Votre langue », répliqua Rogue sans lever le nez de son catalogue.

« très drôle », rétorqua Harry.

« Très bien, j’ai une brosse à dents que vous pourrez utiliser plus tard pour nettoyer le sol », annonça Rogue.

« Ce sera plus utile sur le sol que sur vos dents », marmonna Harry.

Rogue leva les eyux. « Qu’avez-vous dit ? »

« Rien, je nettoie », répondit rapidement Harry en se remettant au travail.

Quand la pièce fut suffisamment nettoyée, tous les morceaux de verre dans les poubelles et le sol débarrassé mais en grand besoin d’un bon nettoyage, il était l’heure de souper. Les épaules d’Harry le faisait souffrir d’avoir soulevé toutes les étagères, et son dos lui faisait mal de s’être penché tout du long. Ses fesses l’élancèrent quand il essaya de s’asseoir sans couiner et en dissimulant son inconfort. Il put remarquer que Rogue essayait de ne pas sourire, ce qui agaça Harry plus que tout autre chose.

Mais le pire fut quand Rogue lui annonça qu’il était l’heure d’aller se coucher. Harry, l’air sinistre, suivit Rogue au premier étage jusqu’à la porte du maître des lieux. La chambre de Rogue était étrangement banale, jolie et très masculine. Rogue tendit à Harry un pyjamas et lui montra du doigt la salle de bain. Un long bain chaud semblait une très bonne idée pour se décontracter.

Harry se dirigea vers la salle de bain, mais quand il se retourna, il vit Rogue debout sur le seuil de la porte, les bras croisés avec un regard décidé.

« Hé, je me déshabille là ! », protesta Harry.

« J’ai dit que je ne vous quittai pas des yeux pendant deux jours », répondit calmement Rogue. « Autant que je sache, vous essaierez d’inonder la salle de bain pour voir si vous pouvez créer une piscine intérieure », ajouta-t-il en campant sur ses positions.

« Je ne me déshabille pas si vous me regardez », déclara Harry en croisant ses bras.

« Oh, ne faites pas le bébé Potter. Vous avez déjà pris des douches avec des garçons, et je suis chef de la Maison Serpentar depuis des années. Ce n’est pas comme si je n’avais jamais vu des garçons tout nus avant, et si ça peut vous réconforter, je préfère quelque chose de plus féminin et de plus âgé, une femme avec des charmes et pas un gamin capricieux à peine pubère. »

« Je ne vous ai jamais vu vous intéresser aux femmes », dit Harry d’un air suspicieux, mais en retirant sa chemise tout en parlant.

« A Poudlard ? Là où les seuls membres de la gente féminine sont des étudiantes mineur et des professeurs mariées ou des vieilles filles ? Vous avez raison Potter, comment avez-vous pu ignorer mon intérêt pour les femmes attirantes quand je suis entouré de si bons partis ? »

Harry était en train de retirer ses chaussures et ses chaussettes, mais il s’arrêta un instant. « Et Tonks ? Elle n’est pas trop jeune ou trop vieille, et vous n’avez jamais eu l’air intéressé. »

« C’est tout ce dont j’ai besoin, une moitié de sorcière avec des cheveux qui changent de couleur et qui joue les petite maligne. Prenez un bain et arrêtez de m’ennuyer avec vos questions. »

Harry était allongé dans le bain chaud et moussant, savonnant un linge de toilette quand il demanda : « Est-ce que les Mangmorts ont le droit de se marier ? »

Rogue qui était adossé à l’entrée de la salle de bain attendant qu’Harry finisse de prendre son bain, posa son regard sur le garçon couvert de savon. « Pardon ? »

« Vous savez, est-ce que vous pouvez vous marier après que vous soyez devenu Mangemort ? Je sais que Lucius Malfoy est un Mangemort et Bellatrix Lestrange aussi, et ils sont tous les deux mariés, mais je crois qu’ils sont devenus des Mangemorts après. Je veux dire, est-ce qu’il autorise ses partisans à aimer quelqu’un d’autre que lui ? »

« Je ne sais pas », répondit rapidement Rogue. « Personne n’a jamais mentionné de mariage aux réunions. Et ne prononcez pas le nom de Bellatrix dans cette maison. »

Harry cligna des yeux. « Vous n’aimez pas Bellatrix ? Mais je croyais… »

« Je vous ai dit de ne pas parler d’elle », ordonna Rogue, la voix ferme. Ses yeux noirs brillaient de rage, et Harry put voir que Rogue serrait les poings à l’intérieur de ses manches. « Arrêtez de parler. Commencez à vous frotter et lavez vos sales cheveux. »

C’était une excellente opportunité de dire à Rogue qu’il ferait mieux de se laver lui-même les cheveux, mais Harry hocha la tête sans dire un mot et il attrapa le shampooing.

Trente minutes plus tard, Harry était allongé sur son nouveau lit : un sofa large avec un oreiller tout doux et des draps et des couvertures bordés autour de lui. Son corps était fatigué de sa journée éreintante de travail, mais l’esprit d’Harry continuait à cogiter, refusant de le laisser se reposer. Pourquoi Rogue haïssait-il Bellatrix ? Elle avait tué l’un des ennemis jurés de Rogue. Et est-ce que Rogue allait vraiment le laisser aller au Chemin de Traverse pour collecter des Potions ? Et Rogue aimait vraiment les femmes ? Ce n’est pas qu’Harry pensait que le maître des Potions devrait aimer les hommes mais, pour être honnête, il n’aimait pas penser que Rogue puisse être romantique. Il essaya d’imaginer Rogue courtisant une femme dans les donjons, lui disant qu’elle était belle tout en écrasant des scarabées pour concocter une horrible potion.

« Arrêtez de rêvasser et aller au lit », ordonna Rogue assis sur son bureau de l’autre côté de la pièce.

« Il est trop tôt pour dormir », se plaint Harry en se retournant sur le sofa. Et il trouvait ça bizarre d’être couché sur le canapé à essayer de dormir pendant que Rogue travaillait à son bureau. Ce qui était encore plus étrange, c’est qu’Harry ne trouvait pas la situation tellement déconcertante. Il avait fait quelque chose d’horrible et avait été bien puni, mais au lieu de rester allongé à préparer sa revanche, Harry se sentait bien et en sécurité au fond de lui. Il aurait du être en colère, mais cela prendrait une quantité d’énergie colossale, et il était bien plus intéressant d’imaginer ce qui allait se passer pendant les semaines suivantes que de comploter contre Rogue, ce qui semblait lui apporter plus de problèmes qu’autre chose.

« Comment vous sentez-vous ? », demanda Rogue, feuilletant un livre d’une main.

« Douloureux », marmonna Harry, en essayant de trouver une position confortable sur le canapé.

Rogue se leva et se dirigea vers une large garde robe et regarda à l’intérieur jusqu’à ce qu’il trouve une petite bouteille. Il sortit une cuillère à soupe et marcha jusqu’au sofa. « Tenez, buvez ça », Rogue remplit la cuillère de cette substance épaisse et noire et la tendit à Harry.



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:: Les commentaires des internautes

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Posté par lily le 19.01.2008
j'adore ce chap, je m'amuse a le relire, oui je sais j'ai vraiment du temps a perdre!!lol


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