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Nom du blog :
fandefessees
Description du blog :
Histoires sur les séries Supernatural, Smallville, Charmed, Harry Potter... contenant des fessées :)
Catégorie :
Blog Télévision
Date de création :
10.07.2007
Dernière mise à jour :
14.06.2008
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Lily

Posté le 20.01.2008 par fandefessees
D'abord merci pour tous tes messages. J'avais arrêté de posté ici car je n'avais pas assez de comms (que veux-tu, on en veut toujours plus!) et j'ai recommencé pour ceux qui s'étaient inscrits sur mon groupe que pour HP et pas pour la fessée. Car je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais je ne traduis des fics qu'avec des fessées (cf. le titre de mon blog).
Bref, je dois traduire la suite d'un nouvel endroit pour grandir et reprendre un jour (!) le gardien idéal! Les fics sont en anglais sur ffnet.

Mais en fait, je me suis mise à écrire et j'ai donc moins de temps pour traduire. J'écris des histoires hors HP et séries pour la plupart. J'ai écrit quelques histoires sur HP, et je viens de créer aujourd'hui un autre blog où j'ai posté une histoire Rogue/Sirius.

Voilà donc les nouvelles. J'aurais du temps pendant les vacances (dans 3 semaine pour moi) pour traduire. Il va falloir attendre un petit peu. Faut en profiter pour lire les autres traductions hors HP! :)



--

Un nouvel endroit pour grandir chap11

Posté le 16.01.2008 par fandefessees
Je rappelle que cette histoire est de Perry.


Un nouvel endroit pour grandir, chap11 1/2


Harry agenouillé dans une rangée de romarin à désherber sentait la douce chaleur du soleil de l’après-midi lui caresser le dos à travers son t-shirt. Il avait retiré sa cape une heure auparavant et il n’avait pas l’intention de la remettre, quoique puisse en dire Rogue. Rogue voudrait sûrement qu’il la porte sous le soleil brûlant et se lamenterait ensuite de l’imbécillité d’Harry pour attraper un coup de chaud. Ne nous volons pas la face, Rogue prenait un malin plaisir à souligner les erreurs des autres et encore plus quand il s’agissait d’Harry.

Une brise souffla sur le jardin, ébouriffant les cheveux d’Harry et faisait trembler les jeunes pousses. Les mains d’Harry était recouverte de poussière, ses genoux et son pantalon tâchés de boue. Oh, et bien si Rogue ne lui donnait pas de vêtement pour jardiner, ce n’était pas de la faute d’Harry.

« Vous avez oublié un endroit », dit une voix derrière lui.

Harry tourna la tête et vit par dessus son épaule Rogue qui surveillait son travail, les bras croisés et le visage sévère en supervisant le travail de son pupille.

« Je n’ai pas encore fini », protesta Harry avant de recommencer à désherber. « Je reviendrai dessus après. »

« Ca fait deux heures que vous êtes là et vous n’avez fait que trois plants. Vous les désherbez avec vos dents, ou est-ce que vous aimez aller aussi lentement que les escargots ? »

Le sarcasme sifflant dans la voix de Rogue donna l’envie à Harry de lui lancer une poignée de sable.

« Je fais ce que je peux, arrêtez de me crier dessus », grogna Harry en tirant sur une mauvaise herbe particulièrement vicieuse.

Elle refusait de se déraciner, résistant avec entêtement. Harry l’attrapa par les deux mains et tira de toutes ses forces. Le sol s’ouvrit et la mauvaise herbe en sortit amenant avec elle un des plants de romarin. Harry s’essuya le visage avec sa main, laissant une trace de sueur poussiéreuse sur son front, et attendit que Rogue commente sur les garnements qui s’amusaient à détruire les jardins et qui était une source de problème supérieur à ce qu’ils valaient.

« Doucement Potter », dit Rogue d’une voix sarcastique. « Il y a des mauvaises herbes qui ne viennent pas tout de suite, et vous devez faire attention de ne pas arracher les autres plantes. »

Harry poussa un soupir agacé et jeta la mauvaise herbe sur le tas de mauvaises herbes qui grossissait à mesure que l’après-midi s’écoulait. « Ce serait nettement plus facile avec ma baguette. Je pourrais le faire en quelques minutes et ensuite faire autre chose au lieu de farfouiller dans la saleté. Il fait chaud et humide et je n’avance pas beaucoup et rien n’a l’air bien. »

« Le dur labeur forme le caractère », fit Rogue d’un ton condescendant en faisant demi tour. « Quelque chose dont vous auriez grandement besoin. Un travail dur et laborieux, c’est ce qu’il vous faut, plus que n’importe quoi. Et en tant que bon tuteur, j’ai bien l’intention de vous permettre d’accéder à ce besoin le plus souvent possible. »

Harry ne put se retenir. Il jeta une poignée de boue à Rogue. La boue s’écrasa sur la robe de Rogue, mais retomba à terre sans laisser de trace. Rogue se retourna vers Harry.

« Monsieur Potter, est-ce que vous venez juste de me lancer de la boue parce que j’ai dit la vérité ? »

Harry fronça les sourcils, agacé et tendit les mains vers une autre mauvaise herbe refusant de donner satisfaction à Rogue en lui répondant. Puis, Harry se retrouva volant dans les airs au dessus du jardin et atterrit dans l’étang dans un grand splash. Un instant après, ses fesses touchèrent le fond de l’étang, l’eau lui arrivant au dessus des épaules. Le souffle coupé par la température glaciale de l’eau comparée à la chaleur du soleil, il se débattit pour se remettre debout. Il perdit l’équilibre, battit des bras et finit par se remettre sur ses pieds. Il se retourna de l’eau jusqu’au genou et vit Rogue debout au bord de l’eau, souriant.

« Voyons, voyons, Potter, une baignade si tôt dans la saison. Vous ne pourriez pas d’abord vous changer ? Et j’apprécierai que vous me demandiez l’autorisation avant. »

« Ha, ha, ha, vous êtes fichtrement drôle », lança Harry en sortant de l’eau. « Merci beaucoup de m’avoir envoyé valser dans l’eau. Maintenant, je ne peux plus désherber. »

Rogue leva un sourcil interrogateur.

« Allez quoi », protesta Harry en se retenant de se lancer sur Rogue et de lui envoyer un coup de pied. « Je dégouline. Je ne peux pas travailler comme ça. J’ai froid aussi. »

« Mettez votre cape alors », conseilla Rogue de cet air froid et suffisant qu’Harry détestait. « Ca vous réchauffera. »

« Espèce de sale monstre », marmonna Harry en se dirigeant vers les plantations.

« Je crois que quelqu’un a besoin de faire la sieste », fit Rogue. « Et la bouche lavée au savon avant le dîner. J’ai quelques barres de savon parfumées à la lavande et à la crème pour bébé qui rempliraient très bien votre bouche et qui n’ont pas encore été utilisées. »

Harry s’arrêta et respira profondément pour se calmer. S’énerver ne l’aiderait pas maintenant. « Je suis désolé de vous avoir insulté. Et je n’aurais pas dû vous jeter de la boue. S’il vous plaît, ne me laver pas la bouche au savon. »

Il savait que Rogue ne l’écouterait pas, il ferait ce qu’il voudrait sans se préoccuper des requêtes d’Harry. C’était la façon dont agissait Rogue, déterminé à démontrer qu’il n’était pas le moins du monde impressionné par ce que faisait le garçon qui avait survécu. Rien de ce qu’avait pu dire Harry n’avait jamais rien changé. Même s’il se comportait parfaitement, Rogue trouvait toujours quelque chose à critiquer, les moindres détails insignifiants qu’Harry aurait négligés.

« Ramassez votre cape, commanda Rogue, et aller vous changer à l’intérieur. Vous pouvez étudier dans la bibliothèque cet après-midi jusqu’au souper. Mais si j’entends la moindre grossièreté sortant de votre bouche, vous aurez une bouche lavée au savon et vous passerez une heure au coin. »

XXXXXXXXXXXXXXXXX

Une fois dans la bibliothèque, Harry se mit à travailler sur son plan. Il commença par faire une liste de ce dont il avait besoin pour partir à l’assaut du Manoir des Malfoy. Il devait connaître les plans du Manoir pour savoir où ils seraient le plus à même de cacher les objets précieux. Il devrait aussi recenser les gens et les créatures du Manoir. Lucius était toujours en prison à Azkaban à ce qu’avait entendu Harry, mais il y avait cependant une chance que le vil Mangemort se soit échappé. Narcissa serait sûrement au Manoir à tenir un profil bas après la disgrâce qui avait touché son mari. En ce qui concernait Draco, et bien, il pouvait être n’importe où, en voyage, à rendre visite à des amis malsains ou à sa famille, à participer à un meeting de Mangemorts, ou simplement à flâner dans le Manoir comme un prince pourri gâté. Et les Malfoys avaient certainement des elfs de maison. Sachant que Rogue en avait deux, Harry ne serait pas surpris que les Malfoys en aient quatre ou cinq, même après avoir perdu Dobby.

Dobby. Où était-il ? Peut-être pourrait-il renseigner Harry sur le Manoir. Dobby saurait tout sur les Malfoys même s’il n’avait pas travaillé pour eux depuis trois ans. Si Harry pouvait trouver Dobby et lui soutirer quelques informations, Harry serait à mi chemin pour mettre la main sur le collier. Mais connaissant les elfs de maison, Dobby serait réticent à dire quoique ce soit et finirait par se frapper la tête avec un gros livre avant de pouvoir fournir un renseignement valable. Harry allait devoir lui tendre un piège mais il fallait déjà qu’il découvre où Dobby se trouvait. Aux dernières nouvelles, Dobby et Winky servaient à Poudlard dans les cuisines.

Pour envoyer un message à Dobby, Harry devait trouver une chouette. Pour se faire, il devrait demander l’autorisation à Rogue et ensuite convaincre Hedwige de prendre la lettre. Quand Harry s’était rendu dans le pigeonnier, Hedwige avait fondu sur lui en colère et lui avait asséné des coups de becs aux oreilles. Mais, faire face à un oiseau en colère était toujours plus facile que de persuader Rogue d’envoyer les lettres.

Harry grogna en imaginant le flot de questions que prononcerait Rogue. Pourquoi voulez-vous envoyer une lettre ? Qu’est-ce que vous avez à dire qui ne puisse attendre que l’école ne redémarrre ? Vous ne souhaitez envoyer de lettres qu’à M. Weasley et Mlle Granger, n’est-ce pas ? Pourquoi avez-vous besoin d’envoyer une lettre à Poudlard ? A un elf de maison ? Potter, cessez de m’importuner et continuez à jardiner avant que je ne vous renvoies les fesses dans le lac.

Une conversation très productive. Est-ce qu’Harry pouvait envoyer Hedwige avec une lettre sans le dire à Rogue ? Non, il devait y avoir une sorte de protection autour du Manoir qui ne laisserait pas passer les animaux sans en être averti.

Harry posa sa tête sur la table, frustré. Il était las d’essayer de surpasser Rogue et de se jouer de lui. Le Maître des Potions semblait être partout, omniscient et toujours avoir un train d’avance sur Harry. Est-ce que c’était cela avoir un parent ? Harry n’avait jamais imaginé que les parents pouvaient être aussi futés.

Pas qu’il pense que les parents étaient idiots. Mais prenons les parents de Ron. Leurs sept enfants faisaient toujours des bêtises et ils s’en sortaient toujours. Leurs parents ne les attrapaient qu’une fois sur deux. Et les autres parents n’avaient aucune idée de ce qui se passait à Poudlard jusqu’à ce que le Ministère réagisse et décide d’intervenir. Les parents étaient tellement aveugles, tellement accaparés par leurs propres problèmes qu’ils ne se rendaient compte de rien jusqu’au moment où le désastre les frappait en plein visage.

Mais Rogue… Harry frémit. Rogue était le pire des parents qu’on pouvait avoir. On ne s’en tirait jamais. Il avait ce sixième sens pour découvrir ce qu’on était en train de faire, et il n’hésitait pas administrer les punitions quand c’était mérité. Rogue vous faisait marcher droit, ne tolérait pas qu’on lui réponde, et savait vous faire comprendre qu’il savait exactement ce que vous faisiez à chaque minute.

Bien sûr, cela pouvait être une bonne chose. Sans s’en rendre compte, Harry se mit à griffonner les coins de la feuille, perdu dans ses pensées. Après un an où personne n’avait cru au retour de Voldemort, à cacher les réunions secrètes de l’AD, et à s’opposer seul à Ombrage, cela faisait du bien d’avoir un adulte qui le prenne au sérieux. C’était le côté sympathique de la chose (peut-être même le seul) de Rogue : il était honnête. On savait à quoi s’en tenir, il ne disait pas quelque chose en pensant le contraire, il était constant dans sa façon de s’occuper de son pupille et ne l’abandonnerait pas sur un coup de tête. Non, Rogue disait ce qu’il pensait, pensait ce qu’il disait et il valait mieux qu’Harry écoute ou sinon… Après des années à côtoyer des adultes aux deux visages, il était plaisant de dépendre d’une personne qui restait fidèle à elle-même.

« Potter ! », raisonna la voix sévère de Rogue à travers la bibliothèque. « Qu’est-ce que vous faites ? Ca fait une heure que vous êtes là, et tout ce que vous avez fait c’est du gribouillage sur une feuille ? C’est pour cette raison que vous n’irez pas voler aujourd’hui. Une fois que vous m’aurez prouvé que vous pouvez mener une tâche à son terme sans que j’ai à vous surveiller constamment, alors je pourrait vous faire confiance et vous laisser seul. C’est l’heure de souper, et ce soir vous vous installerez dans mon bureau que je puisse garder un œil sur vous. »

Ouais, pensa Harry en se levant et en rangeant ses feuilles dans le casier de sa table, c’était du Rogue tout craché. Toujours constant, toujours le même esclavagiste méprisable et machiavélique depuis qu’Harry le connaissait. Rien que des règles, des punitions et des commentaires sarcastiques. Et par chance, Harry était coincé avec lui toutes les grandes vacances.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

« Est-ce que je pourrais envoyer des lettres demain ? », demanda Harry en boutonnant la veste de son pyjamas près à se glisser sous les couvertures.

Rogue se retint de lever les yeux au plafond, mais dit d’une voix à contrecœur : « très bien, mais je me réserve le droit d’y jeter un œil avant que vous ne les envoyiez. Je ne tiens pas à ce que vous envoyiez à la Gazette du Sorcier une plainte pour être secouru des griffes d’un vampire de Maître des Potions, et à voir une flopé de sorciers et de sorcières en colère frapper à ma porte. »

« Je n’envoie pas ce genre de lettre aux journaux », protesta Harry. « La seule chose que j’ai dite aux journaux est cette interview de Rita Skeeter, et seulement pour arrêter Ombrage. L’autre truc, comme cet article que vous avez lu en classe, n’était qu’un amas de propos déformés et faux. »

« Vraiment ? », fit Rogue peu convaincu. « Comme cela vous n’étiez pas intéressé par Mademoiselle Chang pendant le Tournoi des Trois Sorciers ? »

« Pas tant que ça », fit Harry en essayant de cacher les couleurs qui lui montaient aux joues.

Rogue toussota et pointa le lit du doigt. « Couchez vous et prenez votre potion. »

« Dans ma prochaine interview, je leur dirait que j’ai été drogué tout l’été », déclara Harry en prenant la fiole remplie d’un liquide marron des mains de Rogue tout en grimaçant.

« C’est une dose de vitamines et d’oligoéléments pour que vous restiez en pleine forme, et non un somnifère. »

« Beurk », fit Harry en avalant la potion et en tendant la fiole vide à Rogue. « C’est dégoûtant. Pourquoi est-ce que ça doit toujours être écoeurant ? Les Moldus donnent à leurs enfants des médicaments en forme de bonbons et des sirops sucrés. Et non, je ne veux pas de bonbons ou de sirop alors vous pouvez garder vos commentaires pour vous. »

« Susceptible aujourd’hui ? », fit Rogue en souriant. « Vous voulez me dire pourquoi vous êtes si ronchon ou préférez-vous bouder au lit ? »

« Je ne boude pas, et je ne suis pas ronchon », protesta Harry en se laissant tomber sur les oreillers. « Je suis coincé avec vous qui me crier dessus pour le reste des vacances, et je devrais être heureux ? »

« Seriez-vous plus heureux dans votre famille ? »

Harry se redressa sur les coudes et jeta un regard noir à Rogue. « Vous voulez savoir des choses sur ma famille ? Vous aimeriez savoir comment s’était de grandir là-bas, d’être le plus jeune et le plus petit et d’avoir tout le monde qui s’en prend à vous ? »

« S’il vous plaît, Potter », répliqua Rogue en prenant une chaise et en s’asseyant près d’Harry. Il prit l’air de quelqu’un qui était parfaitement à l’écoute s’attendant à apprendre quelque chose de passionnant. « faites moi le plaisir de me raconter cela afin que j’en sache plus sur vous et votre vie. »

A suivre

Un nouvel endroit pour grandir 6

Posté le 11.01.2008 par fandefessees
Je rappelle que cette histoire est de Perry.


Un nouvel endroit pour grandir, chap10


Harry se demandait s’il devait dire quelque chose à Rogue, peut-être lui crier de ne pas faire le fou et de sortir de la voiture tant qu’ils étaient encore en vie tous les deux.

Rogue mit le contact. C’était une voiture automatique et Harry pu voir le pied de Rogue sur la pédale de frein sur le point de relâcher la pédale. Harry eut une pensée reconnaissante que la voiture ne soit pas avec une boîte manuelle, mais il se demanda ensuite si une voiture à boîte manuelle ne serait pas plus indiquée pour une morte rapide et efficace.

« Poudre de cheminette ! », hurla soudain Harry. « On pourrait passer par les cheminées. »

« Trop risqué », répondit Rogue le pied toujours appuyé sur le frein. « Je ne suis pas sûr de ce qui pourrait vous arriver si vous essayiez d’utiliser une cheminée dans mon bureau, étant donné votre récent accident. De plus, avec votre chance, vous arriveriez dans une toute autre cheminée que moi. Nous y allons en voiture alors essayez de vous asseoir sans bouger. »

Rogue lâcha progressivement la pédale de frein et appuya sur la pédale de l’accélérateur. La voiture avança d’un coup, les roues crissant sur le trottoir. Rogue avait l’air imperturbable, mais Harry lui pouvait à peine respirer pendant que la voiture prenait de la vitesse sur la route. Au loin, il y avait un virage. Ils avançaient rapidement et Rogue ne tournait toujours pas, et il y avait un énorme arbre devant eux. Si Rogue ne tournait pas dans le virage, la voiture percuterait l’arbre.

L’arbre se rapprochait, et ils ne tournaient pas. Harry se rendit compte qu’il ne pouvait émettre un seul mot, sa bouche était sèche. Il fit la seule chose qu’il pouvait faire en ce moment-la : il ferma les yeux et agrippa fort l’accoudoir. C’était une façon peu banale de mourir, pensa Harry. Il avait toujours cru qu’il serait tué par Voldemort ou qu’il mourrait de vieillesse, l’un ou l’autre. S’écraser contre un arbre en voiture conduite par un sorcier arrogant qui avait lu le mode d’emploi quelques heures auparavant, cela n’avait pas fait partie de ses plans.

Dans quelques secondes, ils allaient percuter l’arbre. Dans quelques secondes…

Mais rien ne se produisit, aucun bruit de bris de verre, ni de froissement de taule. Etait-ce arrivé si vite qu’il était déjà mort ?

Harry ouvrit un œil avec précaution. Ils avaient dépassé le cirage et se trouvait toujours sur la chaussée, voyageant à une vitesse rapide mais rien de déraisonnable. Il jeta un coup d’œil à Rogue. Ce dernier souriait content de lui.

« Oh, mon cher Potter », se lamenta le maître des Potions. « Tellement naïf et incrédule. Quand vous rencontrerez le Seigneur noir, il vous dira probablement que cette guerre n’est qu’un jeu, qu’il ne voulait pas faire tout ça et vous le croirez, du moins assez longtemps pour qu’il ait le temps de vous tuer. »

« Quoi ? », demanda Harry interloqué.

« Croyiez-vous vraiment que j’étais assez stupide pour conduire une voiture pour la première fois avec vous comme passager, en direction de Londres sans savoir comment conduire ? »

« Vous avez déjà conduit ? »

« Bien sûr. Il y a quinze ans, dès ma sortie de Poudlard mais ce n’est pas quelque chose que l’on oublie. J’ai adoré la tête que vous avez fait, complètement paniqué, vos phalanges blanches à force de serrer l’accoudoir dans une tentative pathétique de protéger votre vie. Vraiment amusant. »

Harry lui jeta un regard noir. « Détestable crétin », marmonna Harry, son cœur battant toujours la chamade bien qu’il essayait de le cacher.

« Votre langage Monsieur Potter », dit Rogue bien qu’il ne sembla pas vexé. « Mais je vais essayer de ne plus vous effrayer. »

« Je n’avais pas peur », annonça Harry en retirant ses mains de l’accoudoir et en s’enfonçant dans le siège en feignant une attitude nonchalante. « Je savais que vous me tueriez pas car vous auriez à en répondre devant Dumbledore. »

Rogue donna un brusque coup de volant et Harry sursauta.

« Mes excuses », dit Rogue sarcastique. « Je ne voudrais pas mettre à l’épreuve vos nerfs fragiles. »

« Ha, ha ! », rétorqua Harry. Il se rallongea au fond du siège en regardant par la fenêtre les arbres et les champs défilés au bord de la route. Il faisait doux dans la voiture, et Harry se sentait un peu fatigué. Il aurait été agréable de somnoler sous les rayons du soleil pénétrant par la fenêtre. Mais il était bien éveillé et durant l’heure qui suivit, il s’amusa à regarder le vent jouer dans le feuillage des arbres sur le bord de la route, images floues qui disparaissaient aussi vite qu’elles apparaissaient.

« Vous êtes bien silencieux », observa Rogue en engageant la voiture sur une voix rapide où un panneau indiquait Londres 40 kilomètres. « Soit vous boudez, soit vous préparez un mauvais coup. »

« Je ne prépare rien », dit Harry sortant de ses songes. « Les choses me tombent dessus, et je me défends c’est tout, et après tout le monde dit que c’est ma faute et que je cherche les ennuis. »

« Menteur », dit Rogue en regardant droit devant lui.

« Hé ! », protesta Harry.

« Vous mentez », insista Rogue. « Vous cherchez les ennuis, admettez-le ! »

« Très bien », fit Harry en croisant les bras sur sa ceinture de sécurité. « Vous croyez toujours savoir mieux que tout le monde, et vous voulez toujours avoir raison alors je ne vais pas prendre la peine de riposter. »

« Vraiment, Potter », répliqua Rogue en secouant la tête prenant un air moqueur. « C’est la chose la plus intelligente que vous aillez dite en cinq ans. »

C’était une insulte, mais Harry se rendit compte qu’il s’en fichait que Rogue se moque de lui. « Merci », répondit Harry sur le même ton. « Bien sûr, j’attends toujours que vous fassiez une remarque intelligente, mais j’ai encore deux années à faire à Poudlard alors je garde les doigts croisés. »

La tape qu’il reçu sur le bras n’effaça pas son sourire, et Harry sourit encore plus quand Rogue ne trouva rien à redire.

Londres grouillait de voitures et de passants, mais Harry trouva ça étrange qu’ils n’eurent pas à s’arrêter à un feu rouge ou à un stop. Le feu était rouge au loin devant eux, mais dès qu’ils arrivaient au niveau du feu, celui-ci passait au vert. Quand ils approchèrent la rue où se trouvait l’entrée du Chemin de Traverse, Harry ne vit aucune place de stationnement de libre. Et pourtant, quand ils arrivèrent devant l’entrée, il y avait une large place de parking juste devant comme si elle n’avait attendu qu’eux.

« Est-ce légal ? », demanda Harry en débouclant sa ceinture de sécurité.

« Ce n’est pas illégal », répondit Rogue en garant la voiture et en éteignant le moteur. « De plus, la voiture est ensorcelée pour nous amener ici le plus vite possible. »

Harry se figea, la main sur la poignet de la portière. « Quoi ? C’est une voiture magique ? Est-ce que le Ministère le sait ? »

« Oui, je leur ai emprunté », répondit Rogue en descendant de voiture.

Harry se dépêcha, fermant la portière derrière lui. « Mais je croyais qu’elles étaient illégales. Le père de Ron a eu des problèmes pendant notre seconde année… »

« M. Weasley a ensorcelé une voiture pour voler et n’a pas essayé de l’enregistrer, mais il l’a gardé chez lui pour son usage personnel », dit sévèrement Rogue. « Il y a une différence. Dépêchez vous je n’ai pas toute la journée. »

Harry se figea. « Attendez ! Et mon apparence ? »

Rogue soupira et regarda le garçon comme d’un air désolé. « Je suis navré ; Potter, tôt ou tard vous auriez réalisé à quel point vous êtes hideux, mais c’est plus la faute de vos parents que la votre. »

« Non, pas ça », grogna Harry. « Je veux dire, est-ce que quelqu’un ne va pas me reconnaître ici ? Et ne voudront-ils pas savoir ce que je fais avec vous ? »

« Regardez par là », dit Rogue en pointant une vitrine sombre.

Harry s’avança devant la vitre et eut le souffle coupé. « Qu’est-ce que vous m’avez fait ? »

Le garçon qui le regardait dans la vitrine ne lui ressemblait pas. Il avait de long cheveux marron clair, et son nez était plus long et plus droit. Ses yeux étaient bleus. Harry fit demi tour pour regarder Rogue qui avait l’air amusé.

« Quand avez-vous changé mon apparence ? Je ne veux pas ressembler à ça ! »

« Détendez vous Potter », fit Rogue en se remettant à marcher. « Ce n’est qu’un simple charme qui change l’apparence extérieur et qui s’effacera à la fin de la journée. Je vous les jeté quand je vous ai taper la tête avec ma baguette pour votre insolence. »

« Vous auriez pu me prévenir, et non, je n’aurais pas protesté », ajouta Harry, devinant juste ce que Rogue aurait pu avancer comme argument. « Je comprends que je ne peux pas me balader avec ma tête. Mais je n’ai pas senti la transformation. Pourquoi est-ce que ces changements superficiels sont-ils si faciles à réaliser quand la Potion de Polyjus est tellement difficile à concocter et douloureuse quand on l’ingère ? »

« Parce que la Potion de Polyjus vous transforme en la personne à laquelle vous voulez ressembler, en vous donnant son apparence extérieure et intérieure. Ce charme ne change que quelques aspects de votre visage. Si quelqu’un y regardait de plus près, ils trouveraient que vous ressemblez à M. Harry Potter plus que quiconque, mais personne ne vous regardera d’aussi près. Pour le moment, votre nom est Henry, et si quelqu’un vous le demande, vous êtes mon neveu qui est venu me rendre visite pendant les vacances d’été. »

« Votre neveu ? », grimaça Harry. « Je n’ai pas envie d’avoir un lien de parenté avec vous. »

« De plus, continua Rogue comme si Harry n’avait rien dit. Vous êtes un petit diable et ma chère sœur ne sait plus comment venir à bout de vous alors elle vous a envoyé chez votre oncle Rogue pour qu’il vous discipline un peu. »

Harry leva les yeux au ciel. Ils étaient maintenant arrivés devant l’entrée, et rogue commença à tapoter les briques pour ouvrir le passage.

« Ne vous éloignez pas », le prévint Rogue en même temps que les briques libéraient le passage, et que le Chemin de Traverse apparaissait devant eux. « Restez près de moi, et si je vous appelle Henry, vous feriez mieux de venir rapidement. Un quelconque problème de votre part, et je trouverai un endroit discret pour m’occuper de vous. Est-ce clair ? »

« Oui, Oncle Rogue », répondit Harry d’un ton méprisant.

Il y avait peu de monde dans le Chemin de Traverse ; les rues étaient presque désertes. Harry se demanda s’il n’était pas trop tôt pour faire les magasins, ou si les récentes nouvelles à propos de Voldemort avaient fait fuir les passants. Harry se dirigea automatiquement vers la banque Gringott, rejetant une carte qui faisait de la publicité pour des fausses fleurs qui fabriquait des arcs en ciel sur lesquels on pouvait marcher. Un ruisseau ? Vous en voulez pas vous mouiller les pieds, plantez la fleurs et un joli arc en ciel apparaîtra au dessus du ruisseau et vous pourrez ainsi le franchir sans vous mouiller les pieds. Harry se demanda ce que dirait Rogue s’il voulait s’en acheter une. Il lui dirait sûrement de sauter au dessus du ruisseau ou de chercher un pont. Connaissant Rogue, l’homme lui dirait certainement de sauter du pont quand il serait dessus !

« Où allez-vous ? », demanda Rogue en attrapant Harry par le bras et en le tirant vers lui.

« Hein ? », lança Harry en sortant de ses songes à propos de l’arc en ciel. « Je vais à la banque. Vous savez, pour retirer de l’argent pour acheter les potions ? »

Rogue hésita puis dit : « Et bien, laissons le côté financier pour le moment. J’ai écris à quelques magasins et je leur ai dit que mon jeune hôte avait détruit ma réserve de potions, et ils m’ont répondu que comme j’étais un client régulier ils consentaient à me réapprovisionner à un bas prix. Ils n’auront néanmoins pas tout ce dont j’ai besoin, alors je vais devoir faire pousser les ingrédients dans mon jardin, jardin dont vous vous occuperez jusqu’à la fin de l’été. »

Harry cligna des yeux et fixa Rogue. Est-ce que l’homme voulait dire qu’il n’allait pas prendre son argent ?

« N’ayez pas l’air trop reconnaissant », grogna Rogue, en se dirigeant vers un petit magasin au coin d’une rue. « Je ne fais pas ça pour être gentil. Je n’allais pas dépenser votre fortune familiale pour que vous veniez frapper à ma porte quelques années plus tard, en vous plaignant de ne pas avoir d’argent. Arrêtez de lambinez et venez ! »

Le premier magasin de potions étaient sombre comparé au soleil rayonnant du dehors, et Harry eut besoin de quelques secondes pour que ses yeux s’accoutument à la pénombre. Une fois que sa vue fut ajustée, il espéra revenir en arrière et ne rien voir. Il n’y avait non seulement des pots et des flacons qui contenaient des choses visqueuses et dégoûtante sur de multiples étagères, mais il y avait aussi des tonneaux remplis de choses encore vivantes. Il y avait une sorte de créature longue qui grouillait et serpentait dans un des tonneaux. Ce n’était ni un serpent, ni un crapaud, ni un verre mais un mélange de tout ça avec des yeux ronds énormes. Harry enfouit ses mains dans ses poches, ne voulant rien toucher.

Rogue parlait déjà à l’homme derrière le comptoir, un sorcier rabougri avec la moitié des dents manquantes et un nez crochu. « Oui », fit Rogue d’une vois fatiguée. « Le jeune Henry a décidé de jouer avec mes potions dans ma réserve à l’étage et a réussi à la faire exploser. Je n’ai pu sauver qu’une poignet d’ingrédient comme je vous l’ai dit dans ma lettre. »

L’homme derrière le comptoir tourna ses horribles yeux vers Harry. « Je vois », coassa-t-il. « J’espère que le neveu Henry a reçu sa juste récompense de la part de son oncle pour s’être montré aussi vilain. »

« Croyez moi, il n’a pas été déçu », répondit sèchement Rogue. Harry essaya de ne pas rougir de honte. « Maintenant, si je pouvais jeter un œil à ce que vous m’avez mis de côté. »

Les deux hommes passèrent dans l’arrière boutique, discuter des potions. Harry sauta sur cette opportunité et sortit en courant du magasin. Il se dit qu’il avait environ un quart d’heure avant que Rogue s’aperçoive qu’il était parti. Il tourna dans la rue et continua à courir aussi vite qu’il le put jusqu’à ce qu’il atteigne le début de l’Allée Knockturn. La rue semblait s’assombrir, les magasins avaient pris un air menaçant et dangereux. Harry sentit un frisson lui parcourir le corps. Avalant difficilement, il se dépêcha de trouver le magasin de Borgin et Burkes, celui où il était accidentellement apparut par la cheminée l’été de sa deuxième année. Le magasin n’avait pas changé, rempli d’objets de Magie Noire, mais Harry se rendit compte qu’il n’était plus aussi effrayé qu’il y avait quatre ans de cela. En haletant, il se rua vers le comptoir où M. Borgin était assis, l’air déprimé.

« Excusez-moi », dit rapidement Harry. « Est-ce que vous avez des retourneurs de temps ? »

« Des retourneurs de temps ? », demanda l’homme en lui lançant un regard noir. « Non, nous n’en avons pas. Le Ministère les a confisqué il y a des années. Et si l’on considère le zèle avec lequel ils surveillent tout en ce moment, j’aurais de la chance d’être encore ouvert dans un mois. Il y a des raides tous les jours, les familles vendent tous leurs biens pour éviter qu’on ne les soupçonne, et personne n’achète. »

« Oui », l’interrompit Harry. « C’est terrible en effet. Et le Collier de Timord ? Vous n’en avez jamais entendu parler ? »

« Bien sûr oui », répondit Borgin en regardant Harry avec précaution. « Pourquoi voudriez-vous un objet de ce genre ? »

« J’ai fait une erreur et je voudrais la réparer. »

« Quelle genre d’erreur ? »

Harry se prépara pour sortir son plus beau mensonge. « Heu, j’ai trompé ma copine, et elle ne veut plus de moi, mais moi je veux qu’elle me revienne. Je voudrais remonter le temps pour tout arranger. »

M. Borgin s’esclaffa. « Oh, vous les jeunes ! Et bien, je suis désolé mais je n’ai pas le Collier de Timord. J’ai cependant un bracelet qui ferait oublié à la jeune femme ce que vous avez fait, ou une bague qui lui ferait accepter cela assez longtemps pour que vous puissiez la reconquérir. »

« Non, ça va », répondit Harry en s’éloignant du comptoir. Jouant le tout pour le tout, il se retourna et demanda : « vous en sauriez pas où est le collier par hasard ? »

« Bien sûr que je sais », répondit fièrement Borgin. « En ce moment même, il est en la possession de Lucius Malfoy au Manoir des Malfoy. »

Harry sentit des petites aiguilles le piquer tout le long de sa colonne vertébrales. « Le Manoir des Malfoy ? »

« Oui, mais n’allez pas vous imaginer le prendre aux mains des Malfoy », le conseilla Borgin. « Il vous tuerait avant que vous ne puissiez attendre la porte de sortie. »

« Merci », lança Harry avant de rejoindre la porte au pas de course. En descendant à toutes jambes l’Allée Knockturn, il pensa à ce qu’il venait d’apprendre. Le Collier se trouvait à la porte d’à côté au Manoir Malfoy. C’était plus qu’une coïncidence, c’était comme le destin, sa destiné, ce qu’il devait faire. Tout n’était pas perdu, il pouvait corriger ses erreurs.

Rogue regardait des douzaines d’ingrédients quand Harry se faufila à l’intérieur du magasin de Potions. Rogue ne releva pas la tête en disant à l’homme derrière le comptoir : « Bien, je les prends tous. Mettez-les dans ma voiture devant le magasin. »

« Certainement, Monsieur », dit l’homme en empaquetant les ingrédients.

« Allons-y Henry », dit Rogue à Harry. Ils se dirigèrent vers la porte. Une fois dehors, Rogue attrapa fermement Harry par la peau du cou.

« Aïe ! », se plaignit Harry mais il ne recula pas.

« Je croyais vous avoir dit de rester près de moi », le sermonna Rogue. « Je voulais bien dire rester à côté de moi, et non partir en courant dans la rue. Est-ce que vous allez commencer par m’écouter ou dois-je étendre votre punition qui consiste à rester dans mon champ de vision un jour de plus ? »

« Non, monsieur, je suis désolé », s’excusa Harry. « Je…je voulais juste aller voir…heu, le nouveau magasin de farces et attrapes de Fred et George. Je ne pensais pas que vous voudriez y entrer… »

« Et vous auriez eu raison », répliqua Rogue. Le maître des Potions sortit sa baguette et la dirigea sur Harry. « Retournez vos poches. »

« Quoi ? » Harry n’avait rien dans ses poches, mais il ne comprenait pas ce que voulait Rogue.

« Je ne vous laisserai pas acheter ces bonbons ou quoique ce soit d’autre pour que vous puissiez me transformer en oiseau ou en rat ou quoique ce soit de ce genre. Vous n’amènerez pas ces bonbons dans ma maison alors videz vos poches. »

Harry retourna ses poches. « Vous voyez ? Y a rien. »

Rogue ne parut pas satisfait. Harry se sentit exaspéré.

« Ecoutez, à moins que vous ne vouliez me fouiller complètement ici, vous allez devoir me croire quand je vous dis que je ne vais pas vous faire de farce. Je ne suis ni Fred, ni George, et je n’ai plus douze ans, alors faites moi confiance. »

Rogue continua à froncer les sourcils, mais il lâcha le cou d’Harry et avança vers le prochain magasin. « Encore un magasin et nous pourrons aller manger. Ensuite, nous irons chercher vos livres. Et si je me transforme en quoique ce soit pendant que vous restez au Manoir de Pendragon, vous feriez mieux de vous trouver à une centaine de kilomètres, ou vous ne vivrez pas assez longtemps pour le regretter. »

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Le siège arrière de la voiture était encombré de potions, de livres et de sacoches d’herbes séchées quand ils remontèrent en voiture. Harry était ballonné par le souper que lui avait fait manger Rogue, surtout qu’il avait déjà beaucoup mangé le midi. Et Harry était aussi fatigué d’être resté si longtemps debout. Quelqu’un devrait penser à mettre des chaises dans ces magasins. Harry s’enfonça dans le siège et Rogue démarra la voiture.

« Est-ce que je dois commencer à étudier demain ? », demanda Harry en essayant de ne pas avoir l’air de se plaindre. « J’aimerais bien avoir le temps de faire d’autre truc. »

« Comme quoi ? »

« Je ne sais pas. Je voudrais voler sur mon balai et peut-être envoyer une lettre à Ron et à Hermione. Oh, non ! », fit Harry en se redressant sur son siège, la ceinture de sécurité lui pressant l’épaule. « Où est Hedwig ? Je ne l’ai pas vu depuis des semaines. La dernière chose dont je me rappelle, c’est que je l’ai envoyée chez les Weasley avec une lettre, et ensuite je suis parti. Est-ce qu’elle est retournée chez les Dursley ? Ils l’ont sûrement tué depuis le temps. »

« Détendez-vous », dit calmement Rogue. « Votre chouette est dans le pigeonnier dans la plus haute tour du Manoir de Pendragon. Mais je pense qu’elle ne doit être ravi que vous ne pensiez à elle que maintenant. »

« Je suis désolé », protesta Harry. « J’étais trop occupé à prendre feu et à me faire botter les fesses pour pouvoir penser à ma chouette. »

Rogue se contenta de sourire, mais Harry se sentit encore plus mal d’avoir ignoré Hedwig. Elle allait sûrement lui pincer les doigts et lui taper la tête de son bec pour le punir. Harry s’affala sur son siège, il ne pouvait plus rien faire maintenant.

Une fois en dehors du centre ville, le soleil commença à se coucher, et Harry se sentit tomber de sommeil. Ses paupières se fermaient quand il remarqua dans le reflet de la vitre qu’il avait retrouvé ses cheveux noir, son petit nez et ses yeux verts.

« La prochaine fois que vous changez mon apparence, prévenez moi », marmonna Harry. Il n’y eut pas de réponse, seulement le ronronnement du moteur.

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Il était dix heures passées quand Harry entra dans la chambre de Rogue. Il enfila difficilement son pyjamas avant de se diriger d’un pas titubant de fatigue vers la salle de bain. Des repas copieux, des siestes tout le temps, rester debout toute la journée…quand Harry reprendrait l’entraînement de Quidditch en automne, il ne saurait plus rester sur un balai. Il pouvait déjà se voir s’écrouler de son balai pour faire une sieste sur l’herbe.

Demain, il ferait quelque chose d’intéressant, il devait bien y avoir un moyen d’entrer dans le Manoir des Malfoy. Une idée brillante traversa Harry, et il arrêta de se brosser les dents pour se regarder dans le miroir. Il pourrait faire la Potion Polujuice pour ressembler à Draco. Il était dans la maison d’un maître des Potions, tous les ingrédients étaient à porté de main, il pouvait le faire ! Mais non, la Potion nécessitait au moins un mois pour être réalisée, et où allait-il trouver un échantillon de Draco ?

Et bien, et pourquoi le charme qu’avait utilisé Rogue aujourd’hui ? Juste quelque chose de temporaire et de facile à faire. Il avait seulement besoin d’entrer dans le Manoir des Malfoy et de trouver le Collier.

Harry rinça sa bouche et s’essuya les mains avec une serviette. Il glissa dans le sofa converti en lit et continua à concocter son plan.

Il pourrait surveiller dans un premier temps le Manoir des Malfoy, pour repérer quand il n’y avait personne. Ensuite, il y entrerait, mais s’il y avait des elfs de maison qui surveillaient les entrées ? Peut-être qu’avec sa cape d’invisibilité…mais non, il ne pouvait pas recommencer à la chercher. Rogue l’enchaînerait à une chaise s’il retrouvait son pupille fouiner juste après avoir été puni. Mais il devait y avoir un moyen. Les choses semblaient trop bien marchées pour lui pour que ce ne soit qu’une simple coïncidence. Il lui fallait seulement bien y réfléchir, planifier son plan dans les moindres détails.

Rogue entra dans la chambre au moment où la pendule sonnait dix heures trente. Il s’était attendu à devoir attraper Harry pour le mettre au lit, et il fut pris d’un moment de surprise en voyant que le garçon-qui-avait-survéci était profondément endormi. C’était déconcertant de voir le gamin dormir ; il avait l’air tellement jeune et innocent. Tout ce qui lui manquait c’était un ours en peluche à serrer dans ses petits bras, et Rogue serait tellement écoeuré par cette image de douceur et de naïveté qu’il ne regarderait plus jamais le garçon.

Au moins, il était silencieux. Il restait encore beaucoup de jours de vacances, et le gamin devenait plus sûr de lui-même et commençait à bien maîtriser les répliques qu’il envoyait quand Rogue lui faisait ses éternelles réflexions. A ce rythme-la, le garçon reviendrait à l’école avec assez de répliques malicieuses pour agacer tous les professeurs de l’école.

Avec un dernier regard pour s’assurer que Potter dormait, Rogue éteignit les bougies. Il n’y avait aucune raison de le réveiller à nouveau.

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Il lui suffisait de tenir jusqu’à quatre heures. C’était l’heure à laquelle la punition avait démarré trois jours auparavant, et elle se terminerait à quatre heures cet après-midi la. Il n’avait rien fait pour que Rogue allonge la punition, et Harry était assis calmement sur sa chaise, à écrire les lignes qu’il aurait dû rendre la nuit précédente. Bien qu’il détestait l’admettre, Rogue avait été plutôt gentil ces derniers temps. Harry avait été tellement fatigué le soir d’avant quand il était descendu de voiture, mais il s’était attendu à ce que Rogue lui ordonne de sortir une plume et un parchemin pour se mettre à écrire. Au lieu de cela, Rogue l’avait laissé boire une tasse de chocolat chaud et avait insisté pour qu’il aille se coucher. Alors, tout ce qu’Harry avait à faire était de se tenir à carreaux pendant les six heures qui suivirent jusqu’à quatre heures. Six heures, c’était assez long pour s’attirer toutes sortes d’ennuis.

Harry gigotait sur la chaise dure, et son bras renversa l’encrier qui se renversa sur ses lignes. Rogue qui lisait son courrier poussa un soupir.

« Potter… »

« Elles comptent », insista Harry. « Vous m’avez vu les écrire. Ca fait une centaine de lignes, je n’ai pas envie de les réécrire. »

« Si vous aviez envie de les écrire, ce ne serait pas une punition », commenta Rogue. « Prenez un nouveau parchemin et écrivez cinquante lignes de plus, et ensuite vous pourrez commencer à feuilleter vos livres de classe. J’ai fait un plan de travail pour vous…3

Harry grogna bruyamment.

« Et vous le suivrez à la lettre », ajouta Rogue fermement.

« Je n’ai pas envie d’étudier », grommela Harry. « Je suis fatigué d’étudier. Ma punition finit cet après-midi, et j’ai fait tout ce que vous m’avez dit, et j’ai envie d’aller voler. »

Même Harry rougit tellement sa voix était plaintive, et il savait que Rogue devait penser qu’il n’était qu’un « gamin grincheux ». Mais Harry trouvait qu’il avait été très sage toutes choses pris en compte, et ce n’était pas comme s’il avait voulu vivre avec Rogue au départ…

« Très bien », grogna Rogue. « si vous ne m’ennuyez pas, vous pourrez aller voler cet après-midi après avoir fait le jardin pendant une heure. Mais il y aurait des règles à suivre concernant l’endroit et le temps où vous volerez, et si vous ne les suivez pas à la lettre, je casserais votre balai en deux. »

Et rogue le ferait, le sale type. Mais Harry savait que cela le ferait réfléchir à deux fois avant de faire quelque chose qui pourrait mettre en danger le balai que Sirius lui avait donné. Cependant, Harry réalisa, en recommençant à écrire ses lignes, qu’il était prêt à faire n’importe quoi pour ramener son parrain. Ce devrait Sirius assis sur cette chaise, à lire son courrier. Ce devrait être à Sirius de le critiquer et lui dire ce qu’il devait faire. Et si le besoin se faisait sentir, et bien qu’Harry pense que ce ne serait pas le cas, ce devrait être à Sirius de le punir, et non une chauve-souris géante de maître des Potions avec une main démesurément dure.

Harry se sentit pénétré d’une nouvelle détermination. Il allait sauver Sirius et Rogue ne saurait jamais ce qui l’avait frappé.

A suivre

Un nouvel endroit pour grandir 5

Posté le 11.01.2008 par fandefessees
« Ca a l’air dégoûtant, et je ne suis pas malade, juste courbaturé d’avoir nettoyé », dit Harry d’une voix fatiguée. C’était ridicule de refuser parce qu’il savait que Rogue pourrait le forcer à prendre la potion, mais Harry n’allait pas faire tout ce que lui demandait Rogue juste parce qu’il était aux commandes. Ce mec était un maniaque du contrôle, se repaissant du pouvoir de la façon dont les vampires se repaissent du sang. Une fois qu’Harry abandonnerait, le maître des Potions le sucerait jusqu’au sang.

« Immobulus ». Rogue avait sortit sa baguette de sa main libre et Harry retomba sur son oreiller dans un bruit sourd. Rogue reposa la cuillère sur la table et attrapa la bouteille. « Je crois que vous avez besoin d’une dose supplémentaire de cette délicieuse médecine pour vous aider à tenir votre langue. » Rogue commença à verser la substance visqueuse dans la bouche ouverte d’Harry, et les yeux d’Harry lui sortirent de la tête au goût horrible de la potion. Franchement, chaque potion semblait être encore plus dégoûtante que la précédente, et seulement faites pour le torturer avec leurs goût détestable. Et maintenant, il allait s’étrangler parce qu’il ne pouvait pas avaler sous le sort, et il ne pouvait pas non plus le dire à Rogue, bien qu’il doutait que Rogue s’intéresserait de savoir si Harry s’étranglerait tant qu’il restait tranquille et silencieux.

Après avoir versé ce qui semblait être la moitié de la bouteille dans la bouche d’Harry, Rogue referma la bouteille et ferma la bouche d’Harry. De la potion coula de la commissure de ses lèvres, mais Rogue l’essuya avec un mouchoir en papier. « Très bien, Potter, maintenant avalez. Vos réflexes naturels marchent. Avalez la potion et ensuite vous dormez. »

La potion ragoûtante fit son chemin dans la gorge d’Harry, laissant un arrière goût immonde sur son passage.

« Comme vous ne pouvez pas m’obéir pour de simples choses, dit Rogue d’un ton plus ferme, j’étends votre temps sous ma supervision à trois jours. » « De plus… », ajouta Rogue juste avant de s’arrêter brusquement, le visage livide de douleur.

La peur traversa Harry, mais il ne pouvait bouger, ni exprimer son inquiétude.

La main droite de Rogue agrippa son poignet gauche, où sous la manche de la robe noire, Harry avait deviné que la marque noire devait le brûler. Voldemort devait appeler un rendez-vous entre Mangemorts.

Rogue se redressa, calme et résolu une fois de plus. « Je dois partir pour quelques temps. Heureusement, c’est l’heure de dormir pour vous alors je n’ai pas besoin de m’inquiéter de vos petites errances. Fermez vos yeux et endormez vous, et je serai de retour dans quelques heures. »

Harry essaya de parler, de crier, mais tout ce qu’il réussit à faire fut un léger grognement étouffé dans sa gorge. Il essaya de parler avec ses yeux, mais cela n’avait pas marché la dernière fois, et il ne s’attendait pas vraiment à ce que ça marche.

« Potter, tout ira bien, à votre grand désarroi je suppose », dit Rogue avec une pointe d’ironie. Il remonta les couvertures jusqu’aux épaules d’Harry et éteignit la bougie. « Le Seigneur Noir n’a pas tué de partisan ces derniers temps, nous ne sommes pas très nombreux déjà, et il a besoin de nous tous en vie et loyaux. Maintenant, décontractez vous et ne vous inquiétez pas. Je rentrerai avant demain matin, et si ce n’est pas le cas, les elfs de maison s’occuperont de vous. »

Harry réémit le grognement étouffé, espérant que Rogue le laisse parler.

« Potter, il n’y a rien que vous puissiez dire qui me fera rester, ou comme vous le préféreriez, que je vous laisse m’accompagner. Vous restez allongé sur ce sofa parce que vous êtes punis. Bonne nuit. »

Rogue disparut dans un craquement tonitruant, laissant Harry seul dans la chambre sombre. Harry fixa le plafond, clignant rapidement des yeux. Il refusa de pleurer, il se fichait de ce que lui avait fait Rogue, mais ce picotement aux coins de ses yeux était plus fort que sa résolution de ne pas pleurer.

La réalité de la situation l’engloutit. Quelques fois, Voldemort et la prophétie semblait être un rêve lointain, quelque chose à se préoccuper que plus tard. Mais ici, dans la maison de Rogue, c’était réelle. Rogue venait d’être appelé à un meeting des Mangemorts, et connaissant par expérience le besoin de Voldemort d’infliger de la souffrance, il y avait des chances que Rogue soit torturé ce soir. Et s’il était torturé au point de craquer et de révéler où se trouvait Harry ? Et si des Magemorts pénétraient dans le manoir de Pendragon cette nuit même pendant qu’Harry était allongé sur le sofa, impuissant et incapable de se défendre ? Il imaginait les masques effrayant s’approcher de son lit, se pencher sur lui avec un regard froid caché derrière.

Harry ferma les yeux fort, essayant de repousser ses images. Rogue était plus fort que ça, il n’aurait pas accepté qu’Harry reste chez lui sans s’assurer de la sécurité d’Harry. Et si Rogue ne pouvait pas révéler où se trouvait Harry et que Voldemort le torture jusqu’à ce qu’il perde l’esprit, comme les Lonbottoms ? Et ensuite, il serait envoyé à St Mungos pour y apsser le reste de ses jours dans un état végétatif, se marmonnant à lui-même comme les parents de Neville. Et Harry serait le responsable, comme il était responsable de tout le reste. Ce n’était pas suffisant qu’il ait ruiné la maison de Rogue et son été, maintenant il s’assurait que Rogue souffre physiquement.

Harry commença à sentir les effets de la potion. Il avait déjà moins mal et se sentait mieux. Son corps ne demandait qu’à plonger dans le sommeil. Mais il se força à garder les yeux ouverts. Il ne dormirait pas tant que Rogue ne serait pas revenu, pas tant que Rogue ne serait pas dans la chambre, en vie et en un seul morceau.

Cela allait être une longue nuit pour tous les deux.

La nuit s’enfonça dans la pénombre. Les bougies brûlèrent lentement, chacune laissant un eu plus les ténèbres envahirent la pièce.

Harry savait qu’il aurait dû dormir, mais il se força à garder les yeux ouvert. Le charme d’immobilisation ne s’effaça pas aussi vite ; Harry entendit l’horloge dans le couloir sonner deux heures du matin, et il n’avait reprit que le contrôle de ses bras. Il s’était assoupi deux ou trois fois mais il réussit à rouvrir les yeux, déterminé à ne pas dormir. La potion que Rogue lui avait donnée ne devait pas le faire somnoler mais relâcher ses muscles.

Les premières lueurs du jour éclairaient déjà à travers la fenêtre quand Harry fut enfin capable de bouger tous les membres de son corps. Il s’assit et repoussa les couvertures. Il n’allait pas rester ici indéfiniment à s’inquiéter de savoir si Rogue était en vie ou à l’agonie au meeting des Mangemorts. Il allait le retrouver.

La porte de la chambre s’ouvrit en grand, et Harry poussa un sourire de soulagement quand il vit Rogue entrer dans la pièce. Ce sentiment de soulagement s’envola quand il vit le visage pâle de Rogue, plus pâle que d’habitude et marquée par la douleur. L’homme pouvait à peine marcher, il se traîna difficilement jusqu’à son lit.

« Qu’est-ce qu’il vous a fait ? », demanda Harry en se levant du sofa.

« Potter, pas si fort, s’il vous plaît. » Rogue commença à retirer avec peine sa robe noire. « J’irai mieux dans un moment. » Rogue retira sa robe en grimaçant et se tint debout à côté du lit en pantalon noir et chemise blanche. On aurait dit qu’il était sur le point de faire une remarque acerbe et méchante, mais il abandonna l’idée.

Harry regarda avec anxiété Rogue se hisser sur son lit et se coucher sur les oreillers. Il n’avait jamais vu Rogue de retour d’un meeting, et qu’importe ce qu’avait pu s’imaginer Harry sur les horrible douleur que devait infliger Voldemort à ses meeting, il n’était pas préparé pour la dure réalité de la torture.

« Potter, dit Rogue sans bouger, pouvez-vous aller dans le placard là-bas et m’apporter la petite bouteille verte sur l’étagère du haut ? »

Rogue demandant gentiment ? Il devait vraiment souffrir. Harry se dépêcha d’aller vers le placard et l’ouvrit. Heureusement, il n’y avait qu’une bouteille verte sur l’étagère du haut et il l’apporta immédiatement à Rogue.

Rogue se redressa un peu et prit la bouteille. Il but la potion en plusieurs gorgées. Rogue posa la bouteille sur la table de chevet, se rallongea sur le lit et ferma à nouveau les yeux.

« Potter, je vais me reposer un moment. »

« Je vais m’en aller », dit Harry en commençant à s’éloigner du lit.

« Non ! » Les yeux toujours clos, Rogue pointa un doigt dans la direction d’Harry. « Je ne vous quitte pas des yeux pendant encore deux jours. Habillez vous. Les elfs de maison vous apporteront le petit déjeuner. Ensuite vous vous assiérez dans le coin et vous lirez calmement. »

« Très bien », répondit Harry dont l’inquiétude s’était changée en agacement en se dirigeant vers la salle de bain. « J’avais oublié que les vampires devaient dormir le jour. »

« J’ai entendu ! », le prévint Rogue de son lit.

Rogue ne bougea pas pendant plusieurs heures. Après avoir petit déjeuné, Harry pensa regarder Rogue dormir juste pour s’assurer que l’homme n’allait pas mourir dans son sommeil. Mais comme Harry était incapable de savoir quand quelqu’un était mort à moins de ne plus voir leur poitrine se lever et s’abaisser quand la personne était allongée, il opta plutôt pour la lecture assis dans un coin de la chambre. Il jetait de temps en temps des regards vers le lit.

La chambre était chaude et calme en cette matinée qui passait. La mauvaise nuit qu’Harry avait passé l’avait fatigué, et il se reposa bien calé dans le fauteuil confortable, ses jambes sur l’un des accoudoirs et son dos sur l’autre. Il ferma un instant les yeux, et le livre qu’il tenait glissa sur sa poitrine.

« Potter ! », raisonna une voix. Harry sentit quelque chose lui taper doucement le genou.

« Allez vous en », marmonna Harry les yeux toujours clos.

« Potter, il est presque quatre heures de l’après-midi. Je n’arriverais jamais à vous faire aller au lit si vous ne vous réveillez pas maintenant. »

« Laissez moi tranquille », grogna Harry. Il s’assit tout de même et frotta ses yeux fatigués. Rogue se tenait debout devant lui. L’homme semblait aller mieux, la douleur ayant quitté son visage et il portait à nouveau sa robe noire. Mais il avait pas l’air content.

« Vous étiez supposé dormir la nuit dernière. Je vous jure que cet entêtement doit cesser. Quand je vous dis d’aller au lit, je veux dire pour dormir et pas pour reste allongé éveillé toute la nuit. LA prochaine fois que je dois m’absenter la nuit, je vous donne une potion e sommeil. »

Harry voulait lui jeter un regard noir, mais il était trop fatigué pour s’intéresser à autre chose se que de se rallonger et de dormir. Rogue, sans cœur comme toujours, l’attrapa par le bras et tira Harry hors de la chaise et le mis sur ses pieds.

« Vous devez toujours nettoyer le sol de ma réserve, et ensuite je veux que vous m’écriviez cinq cents fois ‘je ne dois pas désobéir à mon tuteur pour quelques raisons que ce soit’. »

« Héé », commença à se plaindre Harry, mais Rogue le stoppa net avec un de ses regards menaçants.

« Vous préférez six cents fois ? »

« C’est bon, je vais nettoyer et écrire », répondit Harry en suivant Rogue dans le couloir.

Vinrent ensuite des heures de nettoyage, pendant lesquelles Harry resta sur ses mains et ses genoux pendant que Rogue restait debout au dessus de lui à le critiquer jusqu’à ce qu’Harry est envie de lui transpercer la gorge avec la brosse à dents. Il n’arrivait pas à croire que Rogue l’obligeait à utiliser une brosse à dents.

« J’y arriverais beaucoup plus vite si vous me laissiez utiliser une vraie brosse récurer », protesta Harry en revenant sur le même endroit pour la troisième fois là où une tâche tenace s’était incrustée entre les lattes de bois du plancher.

« Je veux que cela vous prenne du temps », répliqua Rogue en souriant. « Cela vous permet d’être occupé et de ne pas faire de bêtise. Un Potter avec trop de temps libres finit toujours par créer des problèmes à un moment ou à un autre. »

Harry se retint de peu de jeter la brosse à dents sur Rogue. « Ha, ha, très drôle. Vous n’avez pas du travail plus important à faire pour l’Ordre ? »

« J’ai fait ma part en allant au meeting des Mangemorts. Maintenant, j’ai le droit d’avoir un peu de plaisir en vous regardant souffrir. Un peu plus vite, vous n’arriverez jamais à nettoyer ce sol en le caressant de cette façon. »

Harry marmonna quelque chose content que Rogue ne puisse pas entendre.

« Vous êtes le genre de personne qui a besoin de quelque chose pour occuper son temps », continua Rogue, ravi d’avoir capté son public. « J’ai toujours pensé que c’était à cause de cela que vous vous attiriez tant d’ennuis à l’école : trop d’heures sans surveillance. Certaines personnes trouvent des choses constructives à faire pendant leur temps libre, mais apparemment vous et votre père n’avez jamais utilisé ce temps libre à bon escient. »

« Je ne m’amuse pas à ennuyer les gens parce que je ne sais pas quoi faire », répliqua Harry. « J’essaie de ne pas embêter les autres, à part Malfoy, et c’est parce que c’est lui qui a commencé. Et vous n’auriez pas dû les laisser vous traiter comme ça. »

Rogue baissa les yeux sur Harry. « Excusez-moi ? »

« Vous étiez intelligent, vous auriez dû trouver un moyen de vous défendre », insista Harry, en attaquant le sol avec plus de vigueur. « JE veux dire, Malfoy arrive à trouver des tonnes de façons de me rendre la vie impossible, et vous êtes bien plus intelligent qu’il ne le sera jamais. Pourquoi n’avez vous pas transformer mon père en crapaud, ou lui jeter un sort pour qu’il parle comme un troll ? Personne ne l’aurait aimé alors. Vous auriez pu vous lier avec ma mère et ensemble vous auriez pu les battre. »

« Vous auriez voulu que l’on engage une bataille ? » Un sourire se dessina sur les lèvres de Rogue.

« Et bien, la bataille était déjà déclarée, vous auriez pu vous défendre au lieu de subir. Je ne laisse pas Malfoy m’avoir à chaque fois, et c’est plus dur parce que Crabble et Goyle me rosseraient s’ils pensaient que j’essaie quoique ce soit. Est-ce que Sirius et Lupin ont déjà essayé de vous taper ? »

« Non, et concentrez vous sur le sol », répondit Rogue, sans avoir l’air trop fâché.

« J’adorerais pouvoir me venger une bonne fois de Malfoy, juste une fois », déclara Harry songeur. « Moody l’a transformé en furet une fois et il l’a fait rebondir sur le sol. Enfin, c’était Barty Crouch junior mais je me rappelle encore de l’air terrifié qu’avait Malfoy avant d’être transformé. Bien sûr, McGonagall a forcé Barty Crouch Junior à redonner à Malfoy sa véritable apparence, mais on était tous d’accord pour dire qu’il était nettement mieux en furet. »

« C’est plutôt méchant de votre part, Potter, dit Rogue d’un ton désapprobateur. « Où est donc votre noblesse Gryffondor ? »

« Cela ne tient plus quand il s’agit de Malfoy. »

« JE vois. Et supposez que dans quinze ou vingt ans, le jeune Monsieur Mlfoy ait un fils. Comment le verriez-vous ? »

« Vous plaisantez ? N’importe quel fils de Malfoy sera démoniaque, probablement doté de la même attitude déplaisante et de ces cheveux blonds… » la voix d’Harry se tut réalisant ce qu’il venait de dire. C’était vrai, il détesterait sûrement n’importe quel enfant apparenté à Draco Malfoy, même avant de les rencontrer. Harry sentit ses oreilles rougir et il baissa la tête, frottant assez fort pour rayer le parquet.

« Ce sera suffisant pour le moment », dit Rogue d’une voix calme. « Allez vous nettoyer et nous pourrons souper. »

Harry laissa tomber la brosse à dents dans la bassine d’eau sale et se leva. Son dos le faisait souffrir de s’être trop courbé et ses genoux lui faisait également mal. Il savait que Rogue allait lui faire encore boire cette potion immonde de la veille. Combien de litre de potions allait-il ingérer pendant son séjour à Pendragon ? Assez pour toute une vie.

Le souper était délicieux et chaud, et Harry se mit à manger goulûment bien qu’il ralentit avant que Rogue ne fronce les sourcils.

« Quand nous irons au Chemin de Traverse », dit Rogue sur le ton de la conversation. « nous achèterons en même temps vos livres. Comme cela, vous pourrez commencer à étudier vos cours du premier semestre et ce jusqu’à la fin de l’été. »

« Super », grogna Harry. « Une année entière à étudier. Les gens ne distingueront plus Hermione et moi. »

« La sixième année est très importante », insista Rogue. « Et vous serez reconnaissant plus tard d’y avoir consacré du temps et des efforts pendant que el reste des étudiants s’amusent à faire des pitreries. »

Harry haussa les épaules, voyant la logique de Rogue mais refusant de l’admettre.

« Avez-vous pensez à ce que vous ferez pour gagner votre vie ? », demanda Rogue aussi naturellement que possible en commençant à manger. « Après avoir décroché votre diplôme ? »

La tête d’Harry se redressa d’un coup. « Quoi ? JE veux dire, je suis supposé affronter Volde…vous savez, la prophécie ? »

« Oui, mais après ça. Supposez que vous le battiez, c’en est fini pour lui, ou supposez qu’il n’attaque pas avant trente ans. Qu’allez-vous faire en attendant ? »

Harry n’y avait jamais pensé. « Et bien, j’avais envie de devenir un Aurore. »

Rogue secoua la tête. « Non, vous ne serez pas un Aurore. »

La gorge d’Harry se serra, mais il essaya de garder une expression normale. « Oui, je sais que vous savez que je n’ai pas eu d’assez bonnes notes aux BUSE pour prendre le niveau ASPIC pour l’entraînement des Aurores. »

« Non, pas ça Potter. Il y a des moyens de contourner les règles quand il s’agit de prendre les niveaux ASPICs. Je parle de vous, vous n’avez pas la bonne attitude et la bonne personnalité pour devenir un Aurore. »

Harry sentit la colère l’envahir, mais il essaya de rester calme. « Bien sûr que si ! Mes parents étaient des Aurores, et vous dites tout le temps que je suis comme mon père. »

« En fierté et en arrogance, peut-être », le contredit Rogue. « Vous êtes beaucoup trop impatient et impulsif pour être un Aurore. Les Aurores travaillent sous couverture et sont discrets dans leur mission. Vous courez après la gloire et le pouvoir, en combattant tout ce qui se dresse sur votre chemin en faisant assez de bruit pour réveiller les morts. Vous réussissez parce que vous prenez les gens par surprise et cet élément de surprise vous permet de l’emporter. Travailler en tant qu’Aurore signifie des opérations bien étudiées, préparées et menées avec un long travail en couverture, quelque chose que vous détesterez dès la première semaine. Non, vous n’aimeriez pas être un Aurore au bout du compte. »

« Que pensez-vous que je devrais faire alors ? », demanda Harry un peu déprimé. « Et ne dites pas rien car je rate toujours tout ce que je fais. Soyez honnête. »

« Je pense que vous ferez un excellent Professeur de Défense Contre les Forces du Mal »n dit Rogue avant de boire une gorgée de vin.

C’était inattendu et Harry ne put que fixer Rogue les yeux et la bouche grands ouverts, l’air abasourdi.

« Est-ce tellement incroyable que vous soyez obligé de me regarder comme une truite ? », demanda Rogue.

Harry ferma la bouche. « Non, mais vous pensez que je serai un bon professeur ? Je n’ai pas assez de patience pour être un Aurore, et vous pensez que je pourrai supporter des étudiants et rester à Poudlard toute ma vie ? »

« Apparemment. Enseigner n’est pas aussi dur que vous le pensez ou vous n’auriez pas commencé votre petite classe de Défense quand Umbridge se montrait incompétente. »

« Vous le saviez ? », s’étonna Harry.

« S’il vous plaît ! Tous les professeurs savaient pour vos petites pratiques sauf Umbridge qui ne connaissait rien au comportement des enfants. Croyez moi, je l’aurais su si vous vous étiez entraîné à fabriquer des Potions en dehors de ma classe. »

« Mais un professeur ? », répéta Harry avant que Rogue ne puisse le réprimander pour étudier plus et jouer moins. « Je ne sais pas si je ferais un bon professeur. »

« Pourquoi pas ? Les autres étudiants vous ont écouté, et vous saviez de quoi vous parliez. Les élèves savent reconnaître les compétences d’un professeur très rapidement. »

« Ca doit être pour ça qu’on n’écoute pas dans votre classe », répliqua Harry. Cela avait été trop tentant pour ne pas en profiter, et il ne fut pas surpris quand Rogue lui donna une claque derrière la tête, mais elle lui fit moins mal que ce à quoi il s’était attendu.

« Tenez vous bien, ordonna Rogue, ou vous ne vous assiérez pas confortablement toute l’année qui arrive. »

« Vous ne pouvez pas punir un de vos collègues », répliqua Harry en souriant.

« Oui, enfin, je n’ai pas dit que vous seriez enseignant à Poudlard », objecta Rogue. « Il y a d’autres écoles où vous serez très bien, et très loin de moi et de ma réserve de potions. »

Harry sourit malicieusement. « Non, je pense que ce serait sympa d’enseigner à Poudlard. Imaginez un peu, vous et moi, assis à la même table pendant les repas, pendant les réunions d’enseignants, se disputant pour savoir qui aura le terrain pour s’entraîner au Quidditch. Nous nous croiserions dans les couloirs et je dirais, ‘Sévérus’ et vous me répondriez ‘Harry’, et ensuite nous nous séparerions en sachant que nous pourrions nous croiser dans les couloirs encore et encore et ce jusqu’à la fin de nos vies. »

Rogue eut l’air d’avoir avalé une potion abjecte. « A mieux y réfléchir, je crois que le programme des Aurores est tout à fait ce qu’il vous faut. Ou mieux encore, faites de votre mieux pour vous faire tuer pendant la Bataille. »

Harry ne put s’empêcher de sourire tout le reste du dîner. Et pourtant son estomac se soulevait en pensant à ce qu’allait être sa future carrière. Est-ce que devenir un Aurore était un si mauvais choix pour lui ? McGonagall lui avait dit qu’elle l’aiderait, mais avait-elle dit cela pour ennuyer Umbridge ? Devait-il devenir un professeur ? Une fois que Voldemort serait battu, cela aurait du sens de continuer à enseigner la Défense Contre les Forces du Mal pour que personne n’essaie de devenir un autre Seigneur Noir. Il s’imaginait debout devant une classe, revêtu d’une robe noire, et un première année lèverait timidement la main et demanderait : « Professeur Potter, pouvez-vous nous expliquer à nouveau ce que font les Détraqueurs, s’il vous plaît ? »

« Avant de vous enfoncer dans un rêve éveillé où vous êtes sûrement le maître de l’Univers, commenta sarcastiquement Rogue, je vous rappelle que vous avez toujours des lignes à m’écrire ce soir. Je veux que vous en écriviez la moitié ce soir et l’autre moitié pourra attendre demain soir. Demain, juste après le petit déjeuner, nous irons au Chemin de Traverse.

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A huit heures précises, Harry était allongé sur le sofa, sa main lui faisant mal d’avoir autant écrit, à regarder le plafond pendant que Rogue étudiait des papiers. Harry n’était pas fatigué, mais il ne disait rien de peur que Rogue ne lui fasse prendre une potion pour dormir. Il se sentait toujours coupable d’avoir fait sauter la réserve de potions. Une sensation désagréable apparut dans son estomac et il essaya de penser à autre chose.

« Arrêtez de bouger et endormez vous », ordonna Rogue.

« Qu’est-ce qui se passe aux meeting des Mangemorts ? » Harry roula sur le côté pour pouvoir voir Rogue. « Est-ce qu’il y a un schéma précis ou est-ce que les gens se font torturer au hasard ? »

« Cela ne vous regarde pas. Dormez. »

« Non, vraiment », insista Harry, se mettant sur un coude. « Qu’est-ce qui arrive ? Il y a que des Mangemorts ou est-ce que ceux qui postulent peuvent y assister ? Est-ce que c’est un club ou on peut adhérer ou est-ce que c’est plus comme la mafia ? »

« Je ne vous dirai rien », répliqua sèchement Rogue.

« Pourquoi non ? »

« Parce que cela vous effraierait. »

Harry poussa un soupir indigné, mais Rogue secoua la tête. « Non, Potter, je sais que vous pensez avoir vu beaucoup de violence et que vous avez souffert ces dernières années à Poudlard, mais ce n’est qu’un aperçu de ce qui se passe vraiment autour du Seigneur Noir. Vous êtes trop jeune et trop naïf pour supporter la vrai nature du mal. Vous êtes nerveux et impulsif à propos de la prophétie et si je devais vous dévoiler les horreurs qui vous attendent, vous ne réussiriez plus à dormir et je n’aurai plus aucun moment de répit. »

« Mais ne pas savoir me rend encore plus inquiet », protesta Harry. « J’étais terrifié avant la première épreuve au tournoi des Trois Sorciers, mais une fois que je savais ce qu’i m’attendait, je me suis senti mieux et j’ai pu me préparer. »

« Vous pouvez essayer tout ce que vous voulez, mais je ne vous dirai rien », conclut fermement Rogue.

Harry pensa bouder, mais ses pensées l’entraînèrent vers un autre sujet d’inquiétude. « Pourquoi toutes les bons sorciers et les bonnes sorcières ne s’allieraient pas et iraient à un meeting des Mangemorts ensemble et leur règleraient leur compte ? »

« Potter », commença Rogue en soufflant, mais Harry poursuivit.

« Non, sérieusement. On se met tous ensemble et on y va armés de nos baguettes et d’armes. Vous nous conduisez au meeting, on attrape Voldemort par surprise, et on l’écrase. Peut-être que je pourrai me cacher jusqu’à la dernière minute, et ensuite le tuer avant que quelqu’un me voit, et tout serait fini. Attrapés tous les Mangemorts et envoyés à Azkaban, et on jette un sort pour que Voldemort ne puisse plus jamais revenir, et voilà. Une attaque directe, sans espionner, sans s’inquiéter de savoir quand il va attaquer, juste une attaque éclaire. Allez, donnez moi une raison pour laquelle ça ne marcherait pas. »

« Et bien, premièrement, le Seigneur Noir a placé des sorts de protection pour l’alerter si quelqu’un autre qu’un Mangemort essayait de l’approcher à moins de trois kilomètres. Deuxièmement, aux meetings, il a mis des charmes sur lui pour ne pas être blessé. Ces charmes sont très puissants et imprégnés de magie noire, et il me tuerait avant que je puisse retirer le premier. »

« Oh », dit Harry se sentant un peu bête. « On devrait quand même aire quelque chose. On devrait avoir une défense. »

« Potter, grogna Rogue, agacé, que pensez-vous que soit l’Ordre du Phoenix ? Une partie de thé pour discuter des livres ou d’autres sujets futiles ? Nous travaillons très dur, et je sais que vous voudriez pouvoir faire quelque chose mais pour le moment votre contribution c’est de dormir et de me laisser travailler comme je suis un membre de l’Ordre du Phoenix. »

« Un membre suspicieux », marmonna Harry conscient qu’il se ferait punir s’il n’arrêtait pas rapidement. Il essayait pourtant une dernière fois. « Allez-vous retourner à un meeting de Mangemorts pendant que je serais là ? »

Rogue chercha à attraper sa baguette.

« Je veux dire, reprit rapidement Harry, je ne veux pas que vous y retourniez. Je ne savais pas si quelque chose vous était arrivé, et je ne pouvais pas me lever du sofa, et les Mangemorts auraient pu envahir les lieux et je ne pouvais pas bouger. »

« Vous n’étiez pas en réel danger. Au moindre signe de danger, mes elfs de maison avaient l’ordre de vous mener à Dumbledore sur le champ. J’ai posé d’autres protections pour que personne ne sache que vous étiez là. Pour le reste du monde, vous êtes dans votre famille où personne ne sais vraiment où cela se trouve. »

« Ron m’a trouvé en deuxième année », contesta Harry. « Il savait où je me trouvais. »

« M. Wesley Senior savait où vous étiez », corrigea Rogue. « Et il l’a probablement dit à son fils par inadvertance ce qui n’était pas très sage de sa part. »

« Est-ce que je peux écrire à Ron et à Hermione ? », dit Harry en changeant de sujet. « Ils aimeraient savoir où je suis. Je ne leur dirai pas où je suis exactement, juste que je vais bien. J’aimerais bien les voir cet été. Hermione sera tout ce qu’il faut savoir sur les cours du premier semestre, et elle a sûrement reçu les meilleurs notes aux BUSEs. Ron se sentira sûrement idiot car il ne pourra jamais avoir d’aussi bonnes notes, bien qu’ils ne se disputent jamais à propos de l’école. C’est sur tout le reste, ils se crient dessus et ensuite ils ne se parlent plus pendant des jours. Je voudrais juste passer une année tranquille, alors je pourrai… »

Phht ! Sans crier gare, Harry retomba sur les oreillers, les yeux fermés ainsi que la bouche. Il commença à respirer profondément et lentement.

Rogue rangea sa baguette, la fumée du sort d’endormissement s’échappant encore en un mince filet de son bout.

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Harry essaya d’avoir l’air décontracté en attendant près de la porte que Rogue soit prêt. Harry était déjà allé au Chemin de Traverse, il y avait même vécu plusieurs semaines avant de commencer sa troisième année, mais à chaque fois, il était tout excité à l’idée d’y retourner. Il adorait les magasins, spécialement les nouveaux avec des articles de magie qu’il n’avait jamais vu auparavant. Le magasin de farces et attrapes de Fred et George était un lieu très prisé, et Harry espérait pouvoir s’éclipser pour y faire un tour pendant que Rogue marchanderait ses potions. Bien sûr, connaissant Rogue, il garderait sûrement Harry tout près de lui tout le temps, dans quelques vieux magasins douteux qui contenaient des bouteilles d’ingrédients qui donneraient à Harry la nausée.

Et si Rogue était vraiment occupé, Harry déciderait de filer hors des magasins pour aller chercher un remonteur de temps. Oui, il savait qu’il ne devrait pas, et oui, il savait que Rogue lui ferait payer s’il l’apprenait, et Harry serait chanceux s’il pouvait s’asseoir le reste de l’année, mais il avait un plan ! Harry avait un plan et il s’y collerait, et Rogue n’allait pas se dresser en travers de son chemin.

« Vous êtes prêt ? », demanda Rogue en entrant dans le hall d’entrée, tenant un sac et un trousseau de clefs.

« Oui », dit Harry en fermant sa cape avec la pince en forme de serpent. « Ca fait des heures que je vous attends. »

« Ne soyez pas insolent avec moi, Potter », prévint Rogue. « Nous avons une longue journée, et nous n’allons pas commencer avec vos effronteries. »

« Mais on peut commencer avec vos remarques désobligeantes ? », grogna Harry.

Rogue lui donna deux coups de baguette sur la tête. « Et il y en aura d’autre si je vous entends encore faire l’effronté. »

« Comment va-t-on allé au Chemin de Traverse ? », s’enquit Harry, résistant à l’envie de se frotter la tête. Il ne voulait pas voir Rogue se moquer de lui une nouvelle fois. « On peut voler ? »

« Non, c’est trop dangereux. » Ils sortirent, et Rogue se retourna pour fermer la porte à clef.

« Pourquoi est-ce que vous n’utilisez pas votre baguette ? », demanda Harry en clignant des yeux sous le soleil.

« Toutes les magies ne se font pas avec une baguette », répondit Rogue. « En fermant avec la clef, le manoir ne peut être ouvert par quiconque autre que moi avec cette clef. De cette façon, je n’ai pas à m’inquiéter de rentrer chez moi et de trouver une foule de Détraqueurs. »

L’image du Manoir de Pendragon fourmillant de Détraqueurs, forme noires menaçantes flottant dans les airs faisait froid dans le dos même en pleine journée. Harry chassa cette image de sa tête. « Alors si on ne peux pas prendre de balai, on peut apparaître là-bas ? »

« Non, vous êtes trop jeune. » Rogue rangea la clef dans une poche et sortit d’une autre poche une paire de clefs.

« D’accord, le train alors », dit Harry en dernier choix. Ils se dirigèrent vers l’un des côté de la maison.

« Non, nous allons utiliser la vieille façon moldue. »

« On va marcher ? On est si près de Londres ? »

« Non, nous allons y aller en voiture », dit Rogue en montrant du doigt une sedan noire.

La bouche d’Harry s’ouvrit en grand. « On prend la voiture ? »

« Oui, je présume que vous êtes déjà monté dans ce genre d’engin », dit Rogue en marchant vers le côté conducteur.

« Mais c’est une voiture, une voiture moldue », protesta Harry. « Et vous êtes un sorcier. »

« Cela ne veut pas dire que je ne peux pas tirer avantage de la sciences des Moldus quand j’en ai besoin. C’était plus simple et moins cher de louer cette voiture que d’y aller avec un portauloin. »

« Je peux conduire ? », demanda Harry. Ce ne serai pas aussi amusant que de voler sur un balai mais il pourrait toujours s’amuser.

Rogue poussa un petit ricanement. « Oh, cet humour typiquement Potter. J’avais oublié combien vous pouviez être drôle. Siège passager ou arrière ? »

« Très bien », dit Harry en prenant place sur le siège passager et en refermant la portière. Rogue prit place derrière le volant. Harry mit sa ceinture tout comme Rogue.

Rogue se débattait avec les clefs et Harry lui jeta un regard inquiet.

« Vous savez conduire, n’est-ce pas ? »

« Oui, Potter, je sais conduire. J’ai lu le manuel hier soir. » Rogue appuya sur un bouton et sa fenêtre se baissa. « Vous voyez ? Et là », dit Rogue ne appuyant sur un autre bouton ce qui enclencha la fermeture centralisée. « La sécurité enfant. JE suis le seul à pouvoir ouvrir. Et il faut tourner le volant dans la direction où on veut aller. C’est bon, allons-y. » Rogue tourna la clef et le moteur démarra.

Je vais mourir, fut la dernière pensée qui traversa l’esprit d’Harry en s’enfonçant dans le siège et en agrippant l’accoudoir avec ses deux mains.

A suivre

Un nouvel endroit pour grandir 4

Posté le 11.01.2008 par fandefessees
Rogue marcha jusqu’en haut de la colline et se tint devant son pupille, le regard empli d’une fureur qu’aucun mot n’aurait pu décrire. Harry recula, se demandant q’il ne pouvait pas s’enfuir en courant. Il était plutôt fatigué, mais il pensa qu’il pourrait quand même distancer Rogue s’il essayait. De plus, Harry avait un pantalon et un large t-shirt alors que Rogue était revêtu de ses longues robes.

Harry fit un mouvement pour faire demi-tour, et Rogue mugit : « Potter, si vous faites ne serait-ce qu’un pas en arrière, je vous fige sur un arbre et je vous y laisse jusqu’à vos vingt ans ! »

Harry se retourna vers Rogue. Il ne croyait pas vraiment que Rogue le figerait pendant les quatre prochaines années, mais il n’avait aucun doute que son Professeur le figerait quand même un petit moment. Que Rogue veuille transformer Harry en arbre ou l’enfermer dans un tronc, Harry n’était pas pressé de le savoir.

« Quelle heure est-il ? », demanda Rogue.

« Je ne sais pas, monsieur », dit Harry en haussant les épaules. « Je n’ai pas de montre. »

« Avez-vous pensé à en demander une maintenant que vous devez suivre un emploi du temps ? »

« Non, mais vous ne m’en avez pas donné une », protesta Harry.

« Je pensais que vous étiez assez responsable pour connaître vos besoins sans que je n’ai à m’occuper des moindres petites choses. Je vois que je me suis grandement trompé. »

Harry croisa ses bras et se demanda ce qui se passerait s’il attrapait la baguette de Rogue et qu’il le figeait lui contre un arbre.

« Avant de partir, je vous avais dit de rester sur le chemin en gravier. Vous m’aviez entendu ? »

« Oui, mais on aurait dit qu’il s’arrêtait près d’une espèce de mangeoire à oiseaux », expliqua Harry.

Rogue leva presque les yeux au ciel. « Si vous aviez continué sur ce chemin, vous auriez pu voir que le chemin tourne nettement à gauche après les mangeoires. LE chemin en gravier fait une boucle de cinq cents mètres à travers les jardins devant la maison. Le chemin que vous avez pris va derrière la maison sur des kilomètre. Il revient vers la maison au bout de vingt-cinq kilomètres. Vous avez fait plus de six kilomètre. Vous n’avez pas eu l’impression de faire un long trajet et que vous auriez dû être de retour au Manoir depuis le temps ? »

C’était trop injuste. Harry voulait hurler de frustration. Rogue jouait encore à le tourmenter. Il s’arrangeait pour qu’Harry ait toujours tort. Rogue s’évertuait à ce qu’Harry se sente le plus inconfortable, mal à l’aise et malheureux que possible, et Rogue se délectait de chaque seconde de la misère d’Harry.

« Il y a un chemin de terre qui part de ce chemin là-bas, ajouta Rogue, si vous l’aviez pris, vous seriez arrivé au Manoir des Malfoy ! »

Harry cligna des yeux. « Vous habitez à côté des Malfoy ? »

« Si par à côté, vous voulez dire à vingt-cinq kilomètres, alors oui, j’habite à côté d’eux », rétorqua Rogue. « Et la prochaine fois que je vous dis quelque chose sur la maison ou le jardin, écoutez-moi ! Il est plus de onze heures, et vous avez raté une demi-heure d’étude. »

Rogue plia l’emploi du temps et le fourra dans sa poche. Il mit également sa baguette dans sa robe. Il attrapa Harry par les épaules et l’approcha de lui. « Ne bougez pas. »

Harry voulut se dégager et reculer, il n’aimait pas être si près de Rogue, mais Rogue avait une poigne de fer. Ensuite, ils disparurent dans un crac.

Harry n’aima pas non plus cette sensation. C’était pire que de voyager avec un portauloin , soudain et bruyant avec une sensation d’être tirer dans tous les sens qui tendait tous les muscles du corps. Rogue le relâcha dès qu’ils atterrirent, et Harry tomba par terre en poussant un gémissement. Il regarda autour de lui, ils se trouvaient dans le jardin principal, la maison n’était plus qu’à quelques mètres de là. Rogue se pencha et releva Harry par le bras. Une fois qu’il fut sûr que le garçon était sur ses pieds, Rogue lui pinç al’oreille et commença à le traîner vers le Manoir.

« Aïe ! Mais je croyais que le chemin s’arrêtait », protesta Harry en trottant pour que Rogue ne lui arrache pas complètement l’oreille.

« Vous saviez très bien ce que j’avais dit », dit Rogue en continuant à marcher, ses doigts comme des pinces sur l’oreille d’Harry. « Vous croyiez que vous saviez mieux que les autres alors vous avez décidé de prendre votre propre route en ignorant mes directives. Typique des Potter. Croire que vous savez mieux que les autres. Je croyais qu’on avait déjà eut cette discussion auparavant, mais apparemment le message n’est pas rentré. »

« Non, non », répondit rapidement Harry, sa voix très respectueuse. « Je me suis trompé c’est tout. Je ne pensais pas que vous aviez tort, je promets de rester sur le chemin en gravier la prochaine fois, même si je pense qu’il ne mène nulle part. »

Ils atteignirent la porte, et Rogue lui lâcha enfin l’oreille. Harry eut à peine le temps de lui frotter l’oreille avant que Rogue l’attrape par l’épaule et le propulse vers la bibliothèque.

« Pas un mot de plus, Potter », ordonna le maître des Potions. « Asseyez-vous au bureau et commencer votre essai. Il vaudrait mieux que je n’entende pas un mot sortir de votre bouche jusqu’au déjeuner, ou alors que Merlin m’aide… » Rogue le regarda le regard menaçant avant de faire demi tour et de sortir en claquant la porte derrière lui.

Harry s’assit en tremblant devant le petit bureau et attrapa le parchemin et une plume. Il l’avait échappé belle, ça n’était pas passé loin. Il avait besoin de survivre s’il devait ramener Sirius et Cédric, et énerver Rogue n’allait pas l’aider. Fais ce qu’il dit, pensa Harry en déroulant le morceau de parchemin et en plaçant l’encrier en haut du parchemin pour éviter qu’il ne s’enroule. Fais ce qu’il dit, et quand il se sera habitué à toi, tu te casses.

Comme d’habitude, dès qu’il posa les yeux sur le parchemin vierge, il ne put trouver rien à y écrire. Cela l’ennuyait à l’école quand il s’asseyait pour écrire et Hermione commençait à gratter des mots derechef comme s’ils attendaient de sortir de ses doigts pour se déposer sur la page. Elle commençait à écrire, et elle aurait pu ignorer tout le monde dans la classe et écrire, écrire, écrire, et puis changer un mot ou reconsidérer la fin, tout cela avec un regard de concentration intense sur le visage. Harry essayait de rester concentré, assis à côté d’elle, mais il était toujours déconcentré par Ron qui trifouillait ses livres ou Dean Thomas qui parlait du dernier match de Quidditch. Et après Harry voulait se joindre à la conversation et poser des questions sur le seeker des Serdaigles ou le batteur des Poufsouffle. Et ensuite, il se rendait compte qu’il était très tard et que le préfet envoyait tout le monde au lit.

Mais ici, c’était différent. Pas de distraction dans la silencieuse bibliothèque, personne à qui parler, rien pour le perturber. Et il n’avait quand même rien à dire.

« Comment montrer le respect et l’obéissance dû à ses aînés ». Au moins il pensait que c’était le sujet de la dissertation. Assez propre espérait-il. Le respect, le respect dû. Comme la chanson moldu, R-E-S-P-E-C-T, juste un peu, juste un peu…

Il fredonna l’air entre ses dents en prenant des notes. S’il se mettait à chanter devant Rogue ? Le maître des Potions penserait qu’il était devenu fou. R-E-S-P-E…

Non, concentre-toi ! Ne chante pas, écris !

Harry jeta un regard au parchemin et vit ce qu’il avait écrit. Le respect et l’obéissance sont dus si…si quoi ?...si on veut être malheureux vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Si vous voulez n’avoir aucune joie et vous ennuyer à mourir ? …si on veut grandir et vivre comme un bon citoyen respectueux des lois (ouais, sûrement ou un Mangemort), et un bon sorcier ou une bonne sorcière (ou un professeur détesté).

Voilà, il y avait une phrase. Une phrase entière qui prenait deux lignes. Il devait écrire deux pages, encore une page trois-quarts. Il essaya de repenser aux réprimandes que lui avait fait McGonagall quant au fait de devoir suivre les règles et rester dans le droit chemin. Il n’avait pas écouter grand chose, plus occupé à rêver debout du prochain match de Quidditch que de prêter attention aux réprimandes. Peut-être qu’ écouter devait se trouver dans son essai, quelque chose comme être attentif à ce que disaient les adultes ?

Harry avait à peine finit la première page quadn il entendit un crac et qu’un elf de maison apparut devant le bureau.

« Oui ? », demanda Harry. Il commençait juste à se sentir inspiré par le sujet et n’aiamit pas être interrompu.

« Maître Rogue dit que M. Potter doit venir déjeuner », couina l’elf de maison.

« Quoi ? ça peut pas déjà être l’heure », objecta Harry. « Je viens de commencer. »

« Maître Rogue a demandé aussi que M. Potter amène son devoir avec lui », continua l’elf de maison comme s’il n’avait pas entendu Harry.

« Mais je n’ai pas fini. Je n’ai eu qu’une heure. J’ai encore un epage à écrire. »

L’elf de maison parut nerveux et mal à l’aise. Finalement, il dit : « M. Potter dira ça à Maître Rogue au déjeuner, et Maître Rogue s’en occupera. »

« Super », dit Harry en reposant la plume dans l’encrier et en suivant l’elf de maison vers la salle à manger.

Rogue était déjà assis à la table, feuilletant des lettres. Il leva les yeux quand Harry approcha de la table. « Où est votre essai ? »

« Je ne l’ai pas fini. Vous ne m’avez pas laissé assez de temps. Je n’écris pas très vite. »

« Vous ne faites pas grand chose très vite, M. Potter », commenta sèchement Rogue. « Pourquoi devrai-je être étonné que l’écriture n’en fait pas partie ? Arrêtez de buder et asseyez-vous. »

Un montre de poche en or était posée à côté de l’assiette d’Harry. Rogue la désigna de la tête.

« Peut-être que ça vous aidera à être dans les temps, Potter, bien que j’en doute. Essayez de ne pas la perdre ou de la casser la première heure, voulez-vous ? »

Le repas était délicieux, et Harry fit très attention à ses manières. Serviette sur ses genoux, assis bien droit, aucun manque de soin pour empêcher Rogue de le critiquer. Le verre devant lui contenait un liquide rouge foncé qu’Harry pensa être du vin ou du jus de canneberge. Il le goûta : forcément Rogue ne le laisserait pas boire du vin. C’était proche de la canneberge, mais avec un goût plus proche de la framboise et de la pomme et d’un autre goût qu’Harry ne réussit pas à identifier. Quelque chose d’âpre mais d’un peu sucré avec un arrière goût de myrtille,peut-être ?

Harry leva soudain les yeux. « Vous avez mis de la potion dedans ? » C’était typique de Rogue, verser de la potion quand les gens s’y attendait le moins. Spécialement après cette conversation lors de sa quatrième année, où Rogue lui avait promis de verser du Veritaserum dans le jus de citrouille d’Harry.

« S’il vous plait, Potter », soupira Rogue. « Si je voulais vous faire prendre une potion, je vous tendrais la fiole et je savourerais le spectacle de vous voir la boire. La plupart des potions ne marchent pas quand elles sont mélangées à d’autres boissons. Les fruits mixés que vous avez appréciés auraient neutralisés les effets de la plus simple des potions. »

Harry remua légèrement le verre et regarda le liquide bouger sur les bords du verre. « Pourquoi vous ne pouvez pas ajouter une saveur aux potions ? Pourquoi faut-il qu’elles aient toujours un goût affreux ? »

Rogue poussa un soupir en reposant son verre.

« Je sais que vous nous l’avez déjà probablement dit un millier de fois en classe, ajouta Harry, en devinant les pensées de Rogue, mais je vous le demande une nouvelle fois. »

« Comme j’ai essayé de le dire à tous les élèves le premier jour de classe », dit Rogue en se parant de l’air qu’il prenait quand il enseignait les Potions à une bande d’imbéciles, « les potions sont des substances délicates et capricieuses. Ce n’est pas comme de faire des cookies où même si vous mettez trop de beurre ou pas assez de farine, ils seront tout de même bons. Vous ne pouvez pas vous mettre à mélanger les ingrédients au hasard en espérant qu’ils vont remplir leurs fonctions. Si vous ajoutez ne serait-ce qu’un vingtième de petite cuillère en trop, la potion tout entière sera fichue. »

Harry ouvrit la bouche pour protester, pour insister sur le fait que les potions ne devraient pas être aussi particulières, mais Rogue secoua la tête.

« Bien, Potter, imaginez que vous voliez droit vers le vif d’or. Si vous accélérez vous l’attrapez dans les cinq mètres. Soudain, le vif d’or vire cinq centimètres sur la droite. Si vous ne changez pas votre direction pour le suivre, vous le rater une fois les cinq mètres parcourus. Les potions sont pareil. Vous avez compris ? »

« Et bien, si les Potions sont si dures à faire, pourquoi est-ce que vous vous énervez quand on les rate en classe ? », demanda Harry, sèchement. « Vous nous reprochez de ne pas les réussir, et vous venez de dire que c’était pratiquement impossible de ne pas rater. »

Rogue reposa sa fourchette qui émit un petit tintement sur la table. « Potter, quel âge avez-vous ? »

Harry rougit. Il n’avait pas envie de jouer au casse-tête avec Rogue. « Vous savez quel âge… »

« Répondez juste à la question. »

« Bien, je vais avoir seize ans dans trois semaines. »

« Et, continua Rogue sans aucune expression sur le visage, depuis combien de temps suivez-vous les cours à Poudlard ? »

« Cinq ans, mais je ne vois pas… »

« Et durant ces cinq années, combien de fois avez-vous pris le cours de Potions ? »

« Pendant toutes mes années, mais… »

« Alors, vous avez dû suivre probablement trois cents classes de Potions ? Je devine bien ? »

Ca faisait tellement que ça ? Harry additionna rapidement dans sa tête. Au moins deux fois par semaine, neuf mois dans l’année, cinq ans. « Ca doit être ça », admit-il.

« Et lors de ces classes, combien de fois diriez-vous que vous êtes venu en ayant lu les lectures recommandées ? »

Harry sentit ses joues s’empourprer. « Heu… »

« A chaque fois ? », demanda Rogue en observant Harry ce qui fit frémir ce dernier. « Une fois par semaine ? »

Harry regarda ailleurs, se trémoussant sur sa chaise.

« Une fois par mois ? Une fois tous les deux mois ? Oh, aller, Potter, mentez si vous le devez ! Vous êtes-vous déjà préparé pour venir en classe ? »

« Oui, je sais que j’ai lu ce qu’il fallait pour au moins quatre de mes classes », insista Harry.

Le silence de Rogue pesa de manière omniprésente dans la salle à manger et Harry sentait un nœud se former dans son estomac et se déplacer. Harry évitait le regard perçant de Rogue en fixant la table devant lui.

« J’avais beaucoup de choses à faire », essaya de se justifier Harry en rompant enfin le silence. « J’avais d’autres classes et… »

« Et le Quidditch, et faire l’imbécile avec vos amis, et vagabonder la nuit », dit le maître des Potions en fronçant les sourcils. « Je sais que Mademoiselle Granger entrait dans la classe en ayant lu ce qu’elle était supposée lire et arrivait tout de même à suivre les matchs de Quidditch et à garder ses amis. Vous avez passé neuf mois de l’année où exactement ? Dans le parc à jeux de Poudlard ? A la garderie de Poudlard ? Non, à l’école de Poudlard ! »

Harry prit une mine boudeuse et poussa son assiette presque vide loin de lui.

« Quant au fait de réussir les potions, espérez-vous vraiment que danser dans un laboratoire et vous mettre à jeter les ingrédients vous feront réussir la potion sans aucun entraînement ou aucune connaissance du sujet ? Cela relève du miracle que vous, les élèves, n’explosent pas ma salle de classe. Si cela ne tenait qu’à moi, aucun sorcier en de moins de quinze ans aurait le droit d’entrer dans un laboratoire de potions. Tant que vous ne réalisez pas la dangerosité de certaines substances, vous ne devriez pas mettre les pieds dans un laboratoire. »

« Je suis désolé d’avoir demandé », rétorqua Harry. « La prochaine fois que j’ai une question, je chercherai la réponse au lieu d’écouter un sermon de dix minutes. »

« Vous êtes impossible », dit Rogue en secouant la tête et en retournant à son repas. « J’offre une petite critique constructive… »

« Constructive ? », cria presque Harry. « Il n’y a rien de constructif là dedans. Vous ne faites que lister ce que je fais de travers, en sachant pertinemment que je ne peux rien faire comme je vis dans votre maison avec vos règles. »

« Que pensez-vous que je souhaite que vous fassiez l’année prochaine ? Hein, Potter ? »

« Etudier plus pour les cours et arrêter de jouer », marmonna Harry.

« Et si vous le faites, je pourrai espérer que vous avez changé vos habitudes épouvantables grâce à mes leçons. Alors, quelque chose de bon en sera ressorti. »

Harry s’adossa à sa chaise, battu. L’homme avait réponse à tout. De plus, il ne voulais pas que Rogue ait raison. Il préférait quand le maître des Potions lui balançait des insultes méprisantes juste pour être désagréable. Alors, il était plus facile de le détester.

« Si je finis mon essai cet après-midi, est-ce que je pourrai me promener autour du Manoir pendant mon temps libre ? », demanda Harry après quelques minutes de silence.

« Vous voulez vous mettre à explorer ? », dit Rogue en levant un sourcil, signifiant implicitement qu’il pensait à un autre mot plus déplaisant.

« Non, je ne vais pas fouiner partout », insista Harry. « Juste jeter un coup d’œil. J’avais l’habitude de marcher dans les couloirs à Poudlard pour voir les portraits et les différentes pièces. Je n’ai jamais été dans une maison de sorcier, à part celle des Weasley, oh, et celle de Sirius. » Une ombre passa sur le visage d’Harry, et Rogue répliqua rapidement.

« Très bien, vous pourrez jeter un coup d’œil, mais il y a deux règles que vous devrez respecter. Une, vous restez au rez-de-chaussée et au premier étage. Vous n’allez ni dans les donjons ni dans les tours. Deux, vous n’entrez pas si la porte est fermée. Compris ? »

Harry voulut protester. Il avait prévu d’aller voir chaque coin du manoir jusqu’à ce qu’il trouve sa cape et sa baguette, mais il n’était pas nécessaire de le dire à Rogue ! Rogue l’enfermerait sûrement dans sa chambre s’il avait des soupçons sur ce que son jeune pupille allait faire.

« Oui, monsieur », dit Harry en hochant la tête.

« Maintenant que nous avons discuté des potions et de votre exploration, peut-être aimeriez-vous parler de votre emploi du temps. Je pense que je n’aurai plus de caprice venant de votre part à moins que vous ne vouliez faire plus ample connaissance avec le coin ? »

« Non », dit Harry en lui jetant un regard noir, mais il ne dit rien de plus.

« Gentil garçon. J’ai relu le planning une dernière fois et j’en suis arrivé à la conclusion que rien n’a besoin d’être changé. J’espère que vous avez arrivé à cette même conclusion. Si ce n’est pas le cas, je peux toujours ajouter des heures d’études et des couvre feu plus tôt. »

« C’est très bien comme ça », l’assura Harry. Il aurait préféré que Rogue lui tende l’emploi du temps en lui disant : « Voilà votre planning, il est à suivre à la lettre, Potter. » Cette discussion ennuyait Harry plus que l’emploi du temps lui-même. Parler des choses rendait Rogue plus humain, et Harry préférait qu’il reste méchant, la chauve-souris démoniaque que Rogue avait toujours été.

« J’ai réfléchi aux conséquences si vous désobéissez », continua Rogue devinant ce qu’Harry pensait. « Idéalement, j’aimerais croire qu’il n’y ait pas besoin d’une quelconque sanction car vous ne désobéirez en rien, mais nous savons tous les deux que ce serait une pensée naïve. »

Il était difficile de na pas bouder. Harry pouvait sentir sa lèvre inférieure le démanger. Il se retint de ne pas la laisser pendre en une bouderie enfantine et serra ses lèvres pour résister à la tentation. Il ne ferait pas ce plaisir à Rogue.

« Maintenant, croyez-le ou non », dit l’homme en buvant une gorgée de son thé. « je crois qu’il y a différent degré de désobéissance. Premièrement, il y a l’ignorance, ne pas connaître les règles. Dans ce cas, il me suffira de vous informer des règles et rien de plus. Ensuite, il y a les erreurs de tous les jours, des choses qui pourraient devenir de vrais problèmes si elles n’étaient pas étouffées dans l’œuf. Il en découlera une réprimande. Ensuite, viennent la mauvaise conduite et le langage, comme par exemple les jurons, les regards insolents et votre passe temps favoris, faire la moue. Selon le degrés de votre mauvais comportement, je vous enverrai au coin ou dans votre chambre. Si vous jurez, en revanche, vous aurez votre bouche lavée au salon. Quatrièmement, la désobéissance pur et simple. Je vous ai dit de faire quelque chose et vous faites l’opposé en sachant très bien que vous désobéissez. Vous recevrez alors la pire des punition. Vous avez des question ? »

Oui, Harry voulut crier, c’est quoi la pire punition ? Mais il avait l’impression qu’il savait très bien de quoi il s’agissait. Il secoua la tête en disant : « Non, monsieur, mais si j’en ai, je pourrai les poser plus tard ? »

« Oui, accepta Rogue, mais les règles s’appliquent des maintenant. Si je vous surprends à me défier ou à ignorer ce que je vous dis encore une fois… »

Si Harry se débrouillait bien, Rogue ne l’attrapera plus pour quoique ce soit. A la première occasion, Harry se tirerait d’ici.

« Maintenant, si vous avez fini, pourquoi n’allez-vous pas continuer votre essai dans votre chambre ? », proposa Rogue en désignant la porte de la salle à manger de la tête.

Entre la fin de son essai et la lecture de quelques chapitres d’un vieux livre d’Histoire de la Magie, et le souper, Harry n’eut pas le temps d’explorer le manoir. Il était sur son lit à finir la dernière phrase de son essai quand Rogue entra dans sa chambre.

« Il est dix heures moins le quart, Potter », annonça le maître des Potions. « Vous avez certainement fini votre essai maintenant. »

Harry lui tendit le parchemin sans un mot. Il espérait que Rogue le mette de côté pour le lire plus tard une fois qu’il serait parti, mais bien sûr, il se mit à le lire debout au milieu de la pièce.

Harry bougea mal à l’aise. Devait-il resté assis sur son lit ou se lever et se mettre au garde à vous pendant que Rogue lisait ? C’était trop injuste. Personne d’autre au monde ne devait avoir à écrire un devoir comme punition pendant les vacances d’été. Horrible, dégoûtant…

« M. Potter ? », demanda Rogue d’une voix sévère.

« Oui, monsieur ? ». Harry sauta sur ses pieds.

« Je crois que je vous avait également demandé une liste de punitions appropriées avec votre devoir. »

Harry était prêt pour cette remarque. « Oui, monsieur, mais nous avons discutez pendant le déjeuner des punitions, alors je croyais qu’on avait déjà couvert le sujet. Cependant, ajouta-t-il prestement avant que Rogue ne désapprouve, je serais heureux de vous citer au mot près pour vous prouver que je vous ai écouté, ce qui et d’ailleurs l’un des points de mon essai. »

« Bien que je serai ravi de vous voir vous transformer an perroquet, dit Rogue, ce ne sera pas nécessaire. Demain, vous aurez une interrogation orale. J’espère que si j’arrive à vous faire garder en tête les conséquences de toute désobéissance, cela vous dissuadera de le faire. Préparez-vous à aller au lit. »

« Mais, je n’ai pas sommeil », se plaint Harry, passant ses pieds au bord du lit et se levant. « Je ne vais jamais dormir à dix heures. » Il s’attendait à ce que Rogue lui rappelle qu’il s’était enflammé vingt-quatre heures auparavant et qu’il avait par conséquent besoin de se reposer, mais Rogue se contenta de rétorquer : « Potter, au lit ! Tout de suite ! »

Cela faisait bizarre de se traîner jusqu’à la salle de bain pour se préparer, de revenir et de se glisser dans le lit avec Rogue debout comme une statue qui l’observait. C’était le quatrième nuit qu’Harry passait au Manoir de Pendragon, mais les autres nuits, il avait été perturbé par ses émotions ou par sa fièvre. Maintenant, Harry ne sentait ni angoissé ni malade, mais comme un gamin, comme un petit garçon qui allait être bordé pour la nuit. Il s’allongea sur les oreillers et remonta la couverture jusqu’à ses épaules pendant que Rogue ramassa ses vêtements sales et les mis dans une panière. A ce rythme là, Harry pensa qu’il devrait s’agripper à un ours en peluche et sucer son pouce avec une veilleuse pour l’aider à dormir. Il doutait que Rogue lui mette une veilleuse.

« Très bien »n dit Rogue en croisant ses bras sur sa poitrine. « Quand j’ai discuté des termes de cette tutelle, le directeur m’a fait promettre que je parlerai avec vous de vos…de vos sentiments. » Le mot sembla coincé dans la gorge de Rogue un instant, et l’homme n’aimait pas le goût de ce dernier. « Bien que je trouve que j’ai vu assez de vos émotions pour vivre trois vies, je tiendrai ma promesse. Comment vous sentez-vous ce soir ? »

Le ton de sa voix était tellement haché qu’Harry cligna des yeux un moment avant de répondre : « Heu, bien, je pense. »

« Est-ce que vous vous sentez triste, malheureux, en colère, ou stressé ? », pressa Rogue se retenant tout juste de lever les yeux au plafond.

« Heu, pas vraiment. » Harry n’était pas sûr de devoir ou non regarder son professeur en répondant. Il n’avait pas l’habitude de répondre à de telles questions tout comme Rogue n’avait pas l’habitude de les poser.

« Alors, je peux en conclure que vous êtes calme et que vous devriez vous endormir sans problème ? », continua Rogue, les bras toujours croisés.

« Oui », hasarda Harry. Il n’allait pas se relever pour explorer cette nuit. Cela devrait attendre le lendemain matin.

« Alors bonne nuit, Potter. Si je vous surprends hors du lit, vous payerez le prix pour le refus de suivre les règles et le mensonge. » Sur ces paroles réconfortantes, Rogue sortit de la chambre et referma la porte derrière lui.

Harry fixa le sombre plafond. Cet endroit était vraiment incongru. Rogue prétendant s’intéresser à ses émotions ? C’était un territoire inexploré ! Toutes ces règles, ces restrictions, et les conséquences…à ce rythme-la il allait répondre aux coups de sifflet comme dans ce film avec les sept enfants où tout le monde se mettaient à danser périodiquement.


Espérant à la fois que Rogue n’allait pas redevenir méchant et que le maître des Potions saute dans un lac et se noie, Harry s’enfonça plus profondément dans le lit. Plus tard, il eut l’impression d’entendre la porte de sa chambre s’ouvrir et il fut persuadé d’avoir ouvert les yeux pour voir Rogue debout au dessus de son lit et lui bordant la couverture autour de ses épaules, mais Harry fut certain qu’il rêvait. Il referma les yeux dans l’espoir de retomber dans ce rêve de l’autre nuit où James lui parlait de vol.

Le lendemain matin, Harry resta sur le chemin en gravier et trouva au lieu des fatigantes montées et descentes sur les collines que le chemin en gravier passait à travers de beaux jardins avec plein d’endroits pour s’asseoir et admirer la vue. Contrairement à l’autre chemin, celui en gravier semblait enchanté. Harry était certain que le Manoir était derrière lui, mais quand il passa sous une arcade en pierre, le Manoir apparut devant lui. Plus loin, une cascade se déversait dans un petit bassin, et Harry se pencha sur la surface de l’eau et aperçut des poissons orange et argentés qui nageaient entre les plantes aquatiques. Dans un coin, des rosiers rouges grimpaient le long d’un mur, s’élevant vers le ciel bleu.

Plus loin encore, le graviers laissa la place à des pierres. Quand Harry posa le pied sur la première pierre, des petits jets d’eau sautèrent du bord du chemin. Il s’écarta mais vit d’autres jets d’eau sauter dans sa direction. Apparemment, vous étiez supposés éviter d’être touché par les jets d’eau en sautant et en se déplaçant sur les côtés. Bien qu’Harry trouve que cela était un jeu plutôt simple, il ne put s’empêcher d’y jouer un bon moment. L’eau était malicieuse et Harry se retrouva touché au visage plus de fois qu’il ne l’aurait admis.

A une cinquantaine de mètres, Harry vit une petite barque attaché à un ponton. Le bassin s’ouvrait sur un lac et Harry put voir plusieurs canards gris de l’autre côté de la rive. Peut-être que Rogue le laisserait ramer et qu’Harry pourrait nourrir les canards là-bas. Pour le moment, il s’amusa à faire des ricochets sur l’eau du lac sous le regard de quelques tortues pas le moins du monde impressionnées.

Bien qu’Harry détestait l’admettre, le chemin en gravier était bien plus amusant que l’autre chemin. Si vous vouliez faire une marche de trois heures, l’autre chemin qui passait par la forêt était tout indiqué. Une petite promenade matinale, en admirant le paysage, restez sur le chemin en gravier.

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Harry passa dans le long couloir sur la pointe des pieds. C’était son temps libre de l’après-midi, mais il se sentait tout de même mal à l’aise d’explorer le manoir sans Rogue. Les portraits le toisaient de haut, silencieux mais d’un air désapprobateur, et Harry fut certain d’en entendre un dire : « Il a l’air louche, celui-la. »

La plupart des portes étaient ouvertes au premier étage, et Harry jeta un coup d’œil à l’intérieur mais ne s’y aventura pas. Rogue n’aurait pas caché les affaires de son pupille à la vue de tous. Harry avait traversé le couloir et avait vu beaucoup de chambres et de petits salons. Deux portes étaient fermées dans un des couloirs, mais il se dit que ce devait être la chambre de Rogue et son dressing. Bien que Rogue pouvait avoir caché la cape et la baguette dans sa propre chambre, Harry ne voulait y entrer qu’en dernier ressort. Quelque part, fouiller dans la chambre de Rogue lui sembla pire que d’avoir mis son nez dans sa pensive.

L’étage inférieur était une autre affaire. La plupart des portes étaient fermées, et Harry essaya toutes les poignets. Elles étaient toutes fermées à clef, apparemment, Rogue ne lui faisait pas confiance pour obéir aux règles, ce qui n’était pas un tort de la part de Rogue toutes choses considérées. La dernière porte fermée au bout du couloir s’ouvrit, et Harry glissa la tête à l’intérieur.

Il faisait sombre mais Harry distingua des étagères qui recouvraient les murs. Il ouvrit la porte pour mieux voir. C’était une réserve de potions, des centaines de bouteilles de toutes les tailles, de toutes les couleurs et de toutes les formes. Quelques unes étaient étiquetées, d’autres non. Certaines ressemblaient à des épices, et Harry refusa de regarder plus d’une seconde certaines autres. La pièce sentait la poussière, mais elle paraissait propre et entretenue. Une demi-douzaine de chaudrons étaient alignés sur une table en bois. Des instruments pour couper, écraser et remuer étaient également alignés sur la table.

C’était exactement ce à quoi devrait ressembler la réserve privée de Rogue, bien net et fonctionnelle, prête à être utilisée convenablement. Harry pensa au bazar qu’il possédait, habituellement éparpillé dans sa chambre ou au fond d’une male. Comme avec la bibliothèque, Rogue aimait que les choses soient rangées bien en ordre. Pas de rangement au hasard, pas de désordre, tout à la bonne place.

Harry était sur le point de quitter la pièce quand il remarqua quelque chose au dessus de l’étagère dans un coin. Il regarda de plus près et vit une sorte de tissu qui pendait. Couleur vives…c’était sa cape d’invisibilité ! Il l’avait trouvée.

Tout excité, Harry chercha autour de lui une échelle. L’étagère du haut était au moins à un mètre au dessus des bras levés d’Harry, et bien que Rogue soit plus grand, Harry savait qu’il ne pouvait pas atteindre l’étagère du haut. Mais il ne vit aucune échelle, même pas un marche pied. Il y avait un petit tabouret pas loin, et Harry le ramena rapidement sous les étagères.

Une fois debout sur le tabouret, il s’étira le plus qu’il put. Il n’arrivait même pas à toucher le bas de l’étagère du bout de ses doigts. Regardant par dessus son épaule, Harry prit une rapide décision. Il avait besoin de sa cape, et c’était la sienne, et Rogue ne remarquerait probablement pas qu’elle avait disparue.

Harry posa son pied sur une des étagères et se hissa. De sa main droite, il attrapa la cape et tira dessus.

Un moment après, il réalisa avec déception qu’il ne s’agissait pas de sa cape. Elle avait la même taille, mais les couleurs et la forme n’étaient pas les mêmes. Il la replia rapidement et tendit les bras pour la reposer sur l’étagère. Il remettrait le tabouret à sa place, refermerait la porte et Rogue ne saurait jamais qu’il était entré.

Un grincement se fit entendre. Harry jeta un coup d’œil anxieux vers la porte. Personne. Le grincement se fit à nouveau entendre et il regarda les étagères. Au niveau de son regard ; il vit avec étonnement les clous qui sortaient de la planche. C’était bizarre. Il réalisa trop tard que c’était en fait l’étagère qui se détachait du mur et que c’était les clous qui grinçaient.

Une bouteille étiquetée yeux de crapauds glissa de l’étagère et se brisa par terre. Harry regarda en bas, les yeux de crapauds étaient maintenant mélangés aux morceaux de verre de la bouteille le tout éparpillé sur le sol de pierre.

Ensuite, il se sentit tomber en arrière quand l’étagère se détacha complètement du mur et tomba en avant. Harry redescendit rapidement et se rua vers la sortie. Il arriva juste à temps dans le couloir au moment où l’étagères et son contenu se brisa sur le sol.

Il entendit ensuite une explosion. La porte sortit de ses gonds et Harry se couvrit les oreilles. Un moment de silence envahit l’air en même temps qu’une odeur de sulfure et de formol.

Harry entendit ensuite les autres étagères se renverser sur le sol. Le bois craqua comme des centaines d’arbres tombant sur le sol d’une forêt. Le verre des bouteilles ne cessait de se briser et Harry put voir des morceaux de verre glisser jusque sur le sol du couloir.

Ensuite, tout redevint calme à nouveau, à l’exception de quelques bouteilles dont le liqui